Josué Pierre-Louis
Josué Pierre-Louis, né le 16 juin 1970 à Petit-Goâve, est un juriste, magistrat, universitaire et haut fonctionnaire haïtien. Docteur en droit public de l’Université d’Aix-Marseille, il est également détenteur d’un master en administration publique obtenu à l’École nationale d’administration (ENA). Il a exercé au cours de sa carrière diverses fonctions judiciaires, administratives, gouvernementales, diplomatiques et universitaires[1].
| Josué Pierre-Louis | |
Josué Pierre-Louis en juillet 2022 | |
| Fonctions | |
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| Président-fondateur du Centre de recherche et d'études juridiques (CREJ) | |
| Secrétaire général de la Présidence d'Haïti | |
| – (2 ans, 4 mois et 23 jours) |
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| Premier ministre | Ariel Henry |
| Secrétaire général du Conseil des ministres | |
| – | |
| Premier ministre | Ariel Henry |
| Coordonnateur général de l'OMRH | |
| – (4 ans et 5 mois) |
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| Secrétaire général de la Primature | |
| – (1 an) |
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| Ministre de la Justice et de la Sécurité publique | |
| – (1 mois et 3 jours) |
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| Premier ministre | Garry Conille |
| Gouvernement | Conille |
| Biographie | |
| Lieu de naissance | Petit-Goâve, Haïti |
| Nationalité | Haïtienne |
| Diplômé de | Université d'Aix-Marseille |
| Profession | Juriste, magistrat, constitutionnaliste et professeur de droit |
| Résidence | Port-au-prince |
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Son parcours professionnel est marqué par une progression au sein de la magistrature haïtienne, puis par son accession à plusieurs postes de responsabilité dans l’administration centrale de l’État. Il a notamment été directeur général du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, ministre de la Justice et de la Sécurité publique, secrétaire général de la Présidence, membre et président du bureau provisoire du Conseil électoral de 2012, secrétaire général de la Primature, coordonnateur général de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), secrétaire général du Conseil des ministres et, à partir de novembre 2021, secrétaire général de la Présidence de la République avec rang de ministre.
Parallèlement à ses responsabilités publiques, il poursuit une activité universitaire et scientifique consacrée principalement au droit public, aux institutions, à la gouvernance et au constitutionnalisme. Ses recherches portent notamment sur la modernisation du droit haïtien et sur les rapports entre les normes juridiques, l’histoire, les institutions et les réalités sociales du pays.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et études consacrés au droit et au fonctionnement des institutions haïtiennes, notamment La modernisation du droit haïtien, un défi pour l’avenir, issu de sa thèse de doctorat, et Ce que je sais de la Constitution haïtienne de 1987, publié en 2026[2].
Biographie
modifierOrigines et formation
modifierJosué Pierre-Louis naît le 16 juin 1970 à Petit-Goâve, dans le département de l’Ouest d’Haïti. Il entreprend des études de droit et s’oriente progressivement vers la magistrature, l’administration publique et l’enseignement supérieur.
Il poursuit une partie de sa formation professionnelle en France. Il est notamment élève de l’École nationale d’administration (ENA) et de l’École nationale de la magistrature (ENM). Il complète sa formation par des études en administration publique et obtient le Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA). Il est inscrit au barreau de Port-au-Prince[3].
Il entreprend ensuite des études doctorales en droit public à l’Université Paul-Cézanne, devenue par la suite partie intégrante d’Aix-Marseille Université. Sa thèse, intitulée La modernisation du droit haïtien, un défi pour l’avenir, est dirigée par le professeur Thierry-Serge Renoux et soutenue le 8 juillet 2013.
Cette recherche doctorale constitue le socle de plusieurs de ses travaux ultérieurs consacrés à l’évolution du système juridique haïtien, à la réforme des institutions et aux rapports entre droit et société[4].
Carrière judiciaire
modifierDébuts dans la magistrature
modifierJosué Pierre-Louis commence sa carrière professionnelle dans la magistrature au milieu des années 1990. Il exerce d’abord les fonctions de substitut du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Petit-Goâve.
En 1999, il rejoint le tribunal de première instance de Port-au-Prince. L’année suivante, il exerce au tribunal de première instance des Gonaïves, où il est notamment associé au traitement d’un dossier judiciaire important.
En 2001, il devient commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince. Cette fonction le place au sein du ministère public de la juridiction de la capitale et constitue une étape importante de son parcours judiciaire.
Son parcours se poursuit au niveau des juridictions d’appel. En 2004, il devient substitut du commissaire du gouvernement près la cour d’appel de Port-au-Prince. En 2005, il est nommé juge à la cour d’appel de Port-au-Prince. Son parcours judiciaire couvre ainsi plusieurs niveaux de la hiérarchie juridictionnelle haïtienne, du tribunal de première instance jusqu’à la cour d’appel.
Cette expérience constitue la base de son accession ultérieure à des fonctions de direction dans les institutions judiciaires et dans l’administration publique[5].
Administration de la justice
modifierÉcole de la magistrature
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Parallèlement à ses fonctions juridictionnelles, Josué Pierre-Louis s’intéresse à la formation des professionnels de la justice. Il rejoint l’École de la magistrature, où il exerce successivement des responsabilités liées à la direction des études puis à la direction générale.
Dans ces fonctions, il participe à l’organisation de la formation des magistrats et à la professionnalisation du système judiciaire. Cette expérience contribue à élargir son parcours de la pratique juridictionnelle vers la gestion et la réforme des institutions judiciaires.
En 2006, il devient directeur général du ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Cette nomination intervient après plusieurs années d’expérience dans les juridictions et dans la formation des magistrats. Elle l’amène à participer directement à la gestion de l’administration centrale de la justice et aux politiques publiques liées au fonctionnement du système judiciaire.
Son parcours administratif comprend également des responsabilités dans le secteur social, notamment comme directeur régional du Bureau des affaires sociales du Sud-Ouest. Il participe par ailleurs à diverses initiatives de coopération institutionnelle portant sur la justice, la gouvernance et le renforcement des capacités administratives[5].
Fonctions gouvernementales et institutionnelles
modifierMinistre de la Justice et de la Sécurité publique
modifierEn 2011, Josué Pierre-Louis est nommé ministre de la Justice et de la Sécurité publique. Il exerce cette fonction du 19 octobre au 22 novembre 2011. Son passage au ministère intervient après plusieurs années consacrées à la magistrature, à la formation judiciaire et à l’administration du système de justice. Cette nomination constitue son entrée directe au sein du gouvernement haïtien.
Après son départ du gouvernement, il poursuit sa carrière dans les institutions centrales de l’État et est notamment appelé à exercer des responsabilités auprès de la Présidence et dans le système électoral[5].
Conseil électoral de 2012
modifierNomination au Conseil électoral
modifierEn août 2012, Josué Pierre-Louis est désigné membre du Conseil électoral constitué cette année-là. Il représente le pouvoir exécutif au sein de l’institution[6]. Les sources contemporaines de 2012 décrivent cette structure comme un Conseil électoral permanent dont la composition demeure toutefois incomplète, trois représentants du Parlement n’ayant pas encore été désignés.
Les sources officielles ultérieures utilisent également l’appellation de Conseil électoral provisoire pour désigner cette institution. Cette différence terminologique doit être replacée dans le contexte institutionnel particulièrement complexe de la période[7].
À la suite de son installation, Josué Pierre-Louis devient président du bureau provisoire du Conseil électoral. Son passage à la tête de l’institution intervient dans une période de débats importants autour de la mise en place du système électoral haïtien et de la composition du Conseil[8].
Il défend alors publiquement l’organisation d’élections qu’il présente comme libres, impartiales et transparentes. Cette fonction électorale constitue cependant une séquence relativement courte de son parcours institutionnel[9],[10],[11],[12].
Fonctions diplomatiques
modifierJosué Pierre-Louis exerce également des responsabilités dans le domaine diplomatique. Il est nommé envoyé extraordinaire et plénipotentiaire d’Haïti, avec rang d’ambassadeur, auprès de l’Union européenne, de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg.
Cette expérience élargit son parcours aux relations internationales après plusieurs années consacrées à la justice et à l’administration publique. Elle l’amène à représenter Haïti auprès d’États européens et d’institutions internationales.
Son parcours international comprend également différentes activités de coopération dans les domaines de la justice, de la gouvernance, de l’administration publique et du renforcement institutionnel[12].
Entre 2015 et 2016, Josué Pierre-Louis exerce les fonctions de secrétaire général de la Primature. Cette fonction l’amène à participer à la coordination administrative du gouvernement et au suivi de dossiers relevant de l’action gouvernementale.
Elle s’inscrit dans la continuité de ses expériences précédentes à la Présidence, au ministère de la Justice et dans le système judiciaire. Son passage à la Primature précède son retour vers les questions de réforme administrative, avec sa nomination à la tête de l’Office de management et des ressources humaines[12].
Office de management et des ressources humaines
modifierCoordonnateur général de l’OMRH
modifierEn 2017, Josué Pierre-Louis devient coordonnateur général de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), avec rang de ministre. L’OMRH intervient notamment dans la modernisation de l’administration publique, la gestion des ressources humaines de l’État, la réforme des structures administratives et l’amélioration des mécanismes de recrutement et de gestion des carrières publiques[13].
Sous sa coordination, l’OMRH développe notamment des initiatives visant à renforcer le recrutement fondé sur le mérite.
L’institution organise des concours et travaille à la constitution d’un corps d’administrateurs d’État. En 2017, un concours national aboutit notamment à la sélection de 50 lauréats parmi plusieurs milliers de candidats[14].
Ces initiatives s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la professionnalisation de la fonction publique et la restructuration de la gestion des ressources humaines de l’État[15].
Dans le cadre de ses fonctions à l’OMRH, Josué Pierre-Louis participe également à plusieurs activités de coopération internationale. En novembre 2017, il participe notamment à une mission de travail à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à Paris, consacrée aux questions de gouvernance et de réforme administrative.
L’OMRH développe alors des relations avec plusieurs partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, l’USAID et l’OCDE, autour de la modernisation de l’administration publique haïtienne[16].
Secrétariat général du Conseil des ministres
modifierEn septembre 2021, Josué Pierre-Louis est nommé secrétaire général du Conseil des ministres, avec rang de ministre. Il est installé dans ses fonctions le 16 septembre 2021. Cette fonction intervient après plusieurs années d’expérience dans la justice, la Présidence, la Primature, la diplomatie et la réforme administrative[12].
En qualité de secrétaire général du Conseil des ministres, il participe au fonctionnement administratif de cette institution, notamment à la préparation et au suivi des dossiers gouvernementaux.
Le 24 novembre 2021, Josué Pierre-Louis est nommé secrétaire général de la Présidence de la République, avec rang de ministre, en remplacement de Lyonel Valbrun. Il est installé dans ses fonctions le lendemain.
Cette nomination intervient quelques mois après son arrivée au secrétariat général du Conseil des ministres et marque son retour au sein de l’administration présidentielle. Cette fonction s’inscrit dans la continuité de son expérience antérieure de secrétaire général de la Présidence en 2012. Il quitte cette fonction en 2024 après avoir présenté sa démission, dans un contexte de transition politique et institutionnelle en Haïti.
La période passée à la Présidence constitue ainsi une nouvelle étape de son parcours au sein des principales institutions administratives de l’État[12].
Carrière universitaire
modifierEnseignement du droit
modifierParallèlement à ses responsabilités judiciaires et administratives, Josué Pierre-Louis poursuit une activité d’enseignement et de recherche.
Il enseigne le droit depuis le début des années 2000 et intervient notamment dans le domaine du droit public et du droit privé. Il participe également à différents programmes de formation juridique et administrative. Son parcours universitaire comprend notamment une expérience à l’Université d’État d’Haïti (UEH) ainsi que des responsabilités à l’Université Quisqueya[17].
En 2005-2006, il exerce les fonctions de doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Quisqueya. Cette responsabilité universitaire intervient alors qu’il poursuit parallèlement son parcours dans la magistrature et l’administration de la justice[5],[18].
Josué Pierre-Louis participe également à des programmes interdisciplinaires de niveau master consacrés aux sciences humaines et sociales.
Son enseignement et ses activités académiques dépassent ainsi le seul domaine du droit positif et s’étendent à des questions relatives à la gouvernance, aux institutions, à l’histoire et aux transformations sociales. Il participe également à différents jurys et activités académiques à l’étranger[réf. nécessaire].
Travaux sur la modernisation du droit haïtien
modifierLa thèse de doctorat
modifierLa réflexion juridique de Josué Pierre-Louis trouve une expression majeure dans sa thèse de doctorat intitulée La modernisation du droit haïtien, un défi pour l’avenir, soutenue en 2013 à l’Université d’Aix-Marseille sous la direction du professeur Thierry-Serge Renoux[19].
Il y analyse l’évolution du système juridique haïtien, ses héritages historiques et les difficultés liées à la transformation du droit dans un contexte institutionnel et social spécifique. La question de la modernisation n’est pas envisagée uniquement sous un angle technique. Elle est également mise en relation avec les pratiques sociales, les institutions et l’histoire du pays[19].
Les recherches développées dans la thèse donnent lieu à la publication, en 2022, de l’ouvrage La modernisation du droit haïtien, un défi pour l’avenir. Le livre reprend les principales conclusions de la recherche doctorale tout en développant la réflexion sur les conditions de transformation du système juridique haïtien. Droit, société et institutions. Un des axes centraux de ses travaux concerne l’écart pouvant exister entre le droit formel et les pratiques sociales[20].
Il s’intéresse notamment à la manière dont les modèles juridiques étrangers ont été introduits en Haïti et aux conditions de leur adaptation au contexte national. Cette approche associe l’analyse juridique à l’histoire, aux sciences sociales et à l’étude des institutions[21].
En septembre 2026, Josué Pierre-Louis prolonge cette réflexion dans un article intitulé « Moderniser le droit haïtien sans s’occidentaliser », publié par CPGNNews. Il y revient sur les conditions de transformation du système juridique haïtien et sur la nécessité de prendre en compte les réalités historiques, sociales et institutionnelles propres au pays.
Dans cette réflexion, il examine notamment les rapports entre les héritages juridiques, les modèles étrangers et leur adaptation au contexte haïtien. Il souligne que la modernisation du droit ne saurait se réduire à l’importation ou à la reproduction de modèles juridiques extérieurs, mais suppose une appropriation et une adaptation aux réalités nationales.
L’article aborde également la distinction entre le droit écrit et le droit effectivement appliqué, ainsi que les questions relatives à l’effectivité des normes, au fonctionnement des institutions, à l’accès à la justice et à la transformation de l’administration publique. La réflexion porte également sur le rôle des technologies numériques dans la modernisation de l’État et sur la notion de souveraineté juridique.
Cette contribution s’inscrit ainsi dans le prolongement des travaux développés dans sa thèse de doctorat et dans son ouvrage publié en 2022, en élargissant la réflexion aux enjeux contemporains de la transformation du système juridique haïtien[22].
Réflexion constitutionnelle
modifierLa Constitution comme contrat social
modifierLa réflexion de Josué Pierre-Louis s’étend également au constitutionnalisme haïtien. Dans ses interventions publiques, il considère la Constitution non seulement comme un texte organisant les pouvoirs publics, mais également comme un instrument de régulation des rapports entre l’État et la société. Il insiste notamment sur la dimension collective du processus constitutionnel et sur la nécessité d’une participation suffisamment large de la société à l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Cette conception apparaît particulièrement dans ses interventions de 2025 dans le cadre du débat sur l’avant-projet de Constitution[23].
Instabilité constitutionnelle, une autre dimension de sa réflexion porte sur l’histoire constitutionnelle d’Haïti. Il s’intéresse à la succession des textes constitutionnels, aux ruptures institutionnelles et aux difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des mécanismes prévus par les différentes Constitutions. Cette analyse est particulièrement développée dans son ouvrage Ce que je sais de la Constitution haïtienne de 1987.

Ce que je sais de la Constitution haïtienne de 1987
modifierPublié en 2026 par C3 Éditions, Ce que je sais de la Constitution haïtienne de 1987 constitue l’un de ses principaux travaux récents. L’ouvrage revient sur l’histoire constitutionnelle d’Haïti et sur la succession de plusieurs textes fondamentaux depuis l’indépendance.
Josué Pierre-Louis y analyse notamment la Constitution de 1987, son architecture institutionnelle, les difficultés rencontrées dans son application et les rapports entre les différentes composantes de l’État. Son analyse met également en relation le fonctionnement des institutions avec les réalités historiques, sociales et anthropologiques du pays[21],[2].
Réforme constitutionnelle de 2025
modifierCommission du Barreau de Port-au-Prince
modifierEn 2025, Josué Pierre-Louis participe aux travaux d’une commission ad hoc constituée par le Barreau de Port-au-Prince afin d’examiner l’avant-projet de nouvelle Constitution. La commission est présidée par Bernard Gousse et Josué Pierre-Louis en est le rapporteur[24].
Ses travaux portent notamment sur les fondements juridiques du processus de réforme constitutionnelle et sur sa compatibilité avec l’ordre constitutionnel existant.
La commission présente son rapport en août 2025 et formule plusieurs réserves concernant le processus engagé par les autorités. Le 1er septembre 2025, Josué Pierre-Louis et Bernard Gousse présentent les conclusions du rapport au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Dans ses interventions publiques, Josué Pierre-Louis insiste notamment sur le fait qu’une Constitution doit être considérée comme un contrat social et qu’elle ne devrait pas être élaborée par un groupe restreint sans participation suffisante de la société.
Programme de modernisation de l’État 2018-2023
modifierEn 2018, Josué Pierre-Louis, alors coordonnateur général de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), préside le comité chargé de l’élaboration du Programme de modernisation de l’État 2018-2023 (PME-2023). Le programme s’inscrit dans le cadre des orientations de réforme de l’administration publique haïtienne et vise à renforcer la performance de l’État et la qualité de l’action publique. Dans son introduction, Pierre-Louis souligne la nécessité d’un changement de paradigmes et de pratiques dans l’administration publique, ainsi que l’importance d’une implication des agents publics et des acteurs de la société civile.
Le PME-2023 est structuré autour de trois piliers principaux : la rénovation du système administratif, le renforcement de la coordination de l’action gouvernementale et de la gouvernance territoriale, ainsi que la réforme des finances publiques et de la gouvernance économique. Le premier pilier comprend notamment l’amélioration de la prestation des services publics, l’orientation de l’administration vers les résultats, la rénovation de la fonction publique et la gouvernance électronique. Le deuxième porte sur la coordination gouvernementale et la gouvernance territoriale, tandis que le troisième traite notamment de la mobilisation des ressources, du cadre budgétaire, de la trésorerie et de la comptabilité publique, du contrôle externe, de la transparence et des systèmes d’information financière[25].
Dans la présentation du programme, Josué Pierre-Louis met notamment en avant le principe consistant à « placer l’usager au cœur de la réforme de l’État ». Le document accorde ainsi une place importante à l’amélioration des services publics, à la performance administrative, à la modernisation des procédures et au renforcement des mécanismes de gouvernance. Il prévoit également un plan d’action, un modèle logique, un dispositif institutionnel de suivi ainsi que des orientations et des conditions de mise en œuvre de la réforme.
Le PME-2023 constitue ainsi un document de référence dans la réflexion institutionnelle menée à cette période sur la modernisation de l’administration publique haïtienne. Sa conception met en relation la réforme administrative, la professionnalisation de la fonction publique, la transformation numérique, la coordination de l’action publique, la gouvernance territoriale et la gestion des finances publiques. Dans une perspective critique, le programme peut également être lu comme une réflexion sur les conditions nécessaires au renforcement de la capacité de l’État à concevoir, coordonner et mettre en œuvre durablement les politiques publiques[25].
Activités internationales et coopération institutionnelle
modifierLa carrière de Josué Pierre-Louis comporte une importante dimension internationale. Outre ses fonctions diplomatiques auprès de l’Union européenne, de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg, il participe à des programmes de coopération consacrés à la justice, à la gouvernance et à la réforme administrative.
Il travaille notamment avec des partenaires internationaux et participe à des initiatives soutenues par des organisations telles que les Nations unies, l’USAID et l’OCDE. Dans le cadre de l’OMRH, son activité internationale porte particulièrement sur la modernisation de la fonction publique, la gestion des ressources humaines de l’État et les mécanismes de réforme administrative.
Engagements professionnels et associatifs
modifierJosué Pierre-Louis est également associé à différentes initiatives professionnelles et institutionnelles dans les domaines du droit et de la recherche. Il est notamment présenté comme fondateur du Centre de recherches et d’études juridiques (CREJ) et comme membre de structures professionnelles réunissant d’anciens élèves de l’ENA.
Il est également associé à des activités sportives et institutionnelles, notamment au sein du Racing Club Haïtien et de la Fédération haïtienne de football. Son parcours associatif comprend également des responsabilités liées à Petit-Goâve et à différentes organisations intervenant dans le développement et les questions institutionnelles.
Controverse judiciaire de 2012-2013
modifierAffaire judiciaire et clôture de la procédure
modifierEn novembre 2012, Josué Pierre-Louis, alors président du Conseil électoral permanent, est accusé de viol et de violences physiques par Marie-Danielle Bernadin, une collaboratrice de l’institution. L’affaire suscite une importante couverture médiatique dans un contexte de tensions politiques[26].
Au cours de la procédure, Marie-Danielle Bernadin se désiste formellement de la poursuite engagée contre Josué Pierre-Louis, dans le cadre d’une démarche effectuée devant notaire, selon les informations rapportées à ce sujet[27]. Des éléments évoqués dans le dossier, notamment la mention d’un certificat médical présenté comme négatif, ainsi que des informations relatives à une éventuelle relation personnelle entre les deux protagonistes, ont également été associés aux discussions entourant cette affaire.
L’instruction judiciaire aboutit à une ordonnance de non-lieu [28]. La procédure se termine sans condamnation pénale à son encontre. L’affaire est ainsi close sur le plan judiciaire, sans qu’une décision de culpabilité ait été prononcée contre lui[29].
Distinctions et responsabilités diverses
modifierAu cours de sa carrière, Josué Pierre-Louis reçoit notamment une distinction du Service de coopération technique internationale de police (SCTIP), organisme français intervenant dans le domaine de la coopération policière internationale.
Il exerce également diverses responsabilités dans des organisations professionnelles, universitaires, sportives et de recherche.
Le parcours de Josué Pierre-Louis se caractérise par l’articulation entre pratique judiciaire, administration publique, enseignement universitaire et réflexion juridique. Ses travaux peuvent être regroupés autour de plusieurs grandes problématiques : la modernisation du droit haïtien, la professionnalisation de la justice, la réforme de l’administration publique, la gouvernance, la légitimité des institutions et le constitutionnalisme.
Un fil conducteur apparaît dans ses recherches : la nécessité de considérer le droit non seulement comme un ensemble de normes, mais également comme un phénomène inscrit dans une histoire, une société et des pratiques institutionnelles particulières.
Cette approche conduit à questionner les limites d’une transposition mécanique de modèles juridiques étrangers et à rechercher les conditions d’une adaptation des institutions aux réalités haïtiennes.
Ses travaux sur la Constitution de 1987 prolongent cette réflexion en mettant l’accent sur les rapports entre droit, institutions, histoire et société.
Publications
modifierLes publications attribuées à Josué Pierre-Louis comprennent notamment :
- Haïti et ses institutions ;
- La gouvernance démocratique : instrument majeur de la réforme institutionnelle et de développement durable ;
- Regard des Haïtiens sur l’Europe et les États-Unis .
- Le défi du respect des droits de l’homme en Haïti.
- Vers une nouvelle approche de la sanction pénale.
- Ce que je sais de la Constitution haïtienne de 1987[32].
Ses travaux portent principalement sur le droit haïtien, la justice, la gouvernance, les institutions publiques, les droits humains et le constitutionnalisme[33].
Distinctions et décorations
modifier- Le Service de coopération technique internationale de police (SCTIP), de la police nationale française lui a attribué une plaque d’honneur[34].
Références
modifier- ↑ Josué Pierre-Louis, « La modernisation du droit haïtien, un défi pour l'avenir », theses.fr, Aix-Marseille, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 La rédaction, « « Ce que je sais de la Constitution haïtienne de 1987 » : Josué Pierre-Louis décrypte l'instabilité chronique d'Haïti », sur Juno7, (consulté le )
- ↑ « Renoux Thierry S. », sur Portail Universitaire du Droit (consulté le )
- ↑ « Marie-Anne Cohendet », sur Portail Universitaire du Droit (consulté le )
- 1 2 3 4 CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE, « Communication », Bruxelles, le 2 août 2013, vol. 3, no 6, bruxelles, le 2 août 2013, p. 3 (lire en ligne [PDF])
- ↑ (fr-CA) « 2640.300.- Conseils Électoraux : 2012-2020 » Haiti-Référence », sur Haiti-Référence (consulté le )
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- ↑ Metropole, « Les 6 membres du CEP ont été nommés par arrêté présidentiel », sur METROPOLE, (consulté le )
- ↑ Metropole, « Le président du CEP promet des élections crédibles », sur METROPOLE, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 DirTIC, « Installation de Me Josué Pierre-Louis dans ses fonctions de Secrétaire général du Conseil des ministres », sur Gouvernement de la République d'Haïti, (consulté le )
- ↑ DirTIC, « "Assurer un meilleur pilotage de la réforme administrative", tel est le vœu du Dr Josué Pierre-Louis. », sur Gouvernement de la République d'Haïti, (consulté le )
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- ↑ DirTIC, « Réforme de l’Administration Publique, recrutement sur concours… l’OMRH poursuit sa mission », sur Gouvernement de la République d'Haïti, (consulté le )
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- ↑ « DR. JOSUÉ PIERRE-LOUIS: ¿MODERNIZAR EL DERECHO HAITIANO SIN OCCIDENTALIZARSE? - CPGNNEWS », (consulté le )
- ↑ « Accueil | », sur c3editions.com (consulté le )
- ↑ DirTIC, « Le Premier ministre rencontre le Barreau de Port-au-Prince autour de l’Avant-projet de Constitution », sur Gouvernement de la République d'Haïti, (consulté le )
- 1 2 K. Tellor, « Le Programme de modernisation de l’État 2018-2023 : une lecture critique de la pensée de Josué Pierre-Louis sur la transformation de l’État haïtien – Parole Visible » (consulté le )
- ↑ « Maître Josué Pierre-Louis rejette les accusations de viol dont il est l’objet de la part de son assistante – Radio Vision 2000 » (consulté le )
- ↑ (en) « Ce qui se cache derrière les attaques contre Josué Pierre-Louis », sur Gazette Haiti (consulté le )
- ↑ « Viol : Marie Danielle Bernadin abandonne sa poursuite contre Josué Pierre-Louis », sur www.haitienmarche.com (consulté le )
- ↑ « Josué Pierre-Louis répond à Pierre Espérance », sur lenouvelliste.com (consulté le )
- ↑ Josué Pierre-Louis, « La modernisation du droit haïtien, un défi pour l'avenir », theses.fr, Aix-Marseille, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jinaud Augustin, « Dr Josué Pierre Louis : "La modernisation du droit haïtien, un défi pour l’avenir ». », sur Juno7, (consulté le )
- ↑ (en-US) Impulse WebMedias, « « Ce que je sais de la Constitution haïtienne de 1987 », de Josué Pierre-Louis : penser la réforme constitutionnelle au-delà du texte », sur ColorMag, (consulté le )
- ↑ (en-US) Vant Bèf Info, « Haïti : “La Modernisation du Droit Haïtien, un défi pour l'avenir" du Dr Josué Pierre-Louis, bientôt en signature », sur Vant Bèf Info (VBI), (consulté le )
- ↑ Service de Coopération Technique Internationale de Police (SCTIP)