Jules-Claude Ziegler

peintre céramiste photographe français

Jules-Claude Ziegler, né le à Langres et mort le à Paris, est un peintre, céramiste et photographe français. Artiste à l’inventivité foisonnante, il s’est d’abord imposé en tant que peintre avant d’expérimenter la céramique et la photographie.

Jules-Claude Ziegler
Jules-Claude Ziegler par Nadar (détail), Paris, musée d'Orsay.
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Cimetière de Soyers (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Vue de la sépulture.

Biographie

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Jeunesse et formation

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Né à Langres en 1804, après avoir passé son enfance au Prieuré de Soyers[1], Jules Claude Ziegler étudie le droit contre son gré et reçoit le titre de docteur en droit. Malgré les réticences de son père Jean-Jacques Ziegler, il devient l'élève de Jean Auguste Dominique Ingres et de François Joseph Heim à l'école des beaux-arts de Paris. Il connut la consécration en 1833 avec son tableau Giotto dans l'atelier de Cimabue[2], « la meilleure invention du salon » selon la critique de Théophile Gautier. Plusieurs commandes publiques de tableaux historico-religieux lui sont alors attribuées, notamment pour le nouveau musée historique au château de Versailles (la future Galerie des Batailles), ainsi que des compositions à sujet religieux, dans le cadre du vaste programme initié par le roi Louis-Philippe pour décorer les églises, comme le triptyque de l'église d'Ouge située à proximité de son village natal de Soyers. Ziegler illustre parfaitement la renaissance de la peinture religieuse sous la monarchie de Juillet[3] Si Raphaël et les maîtres italiens de la Renaissance constituent la référence majeure de son apprentissage, le répertoire de sa peinture ingriste emprunte aussi beaucoup au Caravage et aux maîtres espagnols. Il est ainsi l'un des premiers à s'intéresser aux peintures espagnoles qu'il découvre dans la Galerie de Louis-Philippe au musée du Louvre, dans la collection du maréchal Soult, et chez Alexandre Aguado. Il copie alors le Saint François de Zurbarán et l’Assomption de Murillo. Il expose plusieurs toiles au Salon, en particulier Saint Georges terrassant le dragon (musée des beaux-arts de Nancy)[3] et réalise entre autres le tableau de la Paix d'Amiens en 1853 (musée de Picardie), commande de Napoléon III[4]. Artiste en cour, il fréquente Victor Hugo, Gérard de Nerval et Théophile Gautier.

Le décor peint de l'église de la Madeleine à Paris

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En 1835, se produit l'événement décisif de la carrière du peintre Ziegler, « une de ces fortunes rares qu’un artiste peut attendre en vain toute sa vie », dira de lui le célèbre poète et romancier Théophile Gautier[4]. Ziegler peint L'Histoire du christianisme pour la coupole de l'église de la Madeleine à Paris[5], une réalisation de trois mille pieds carrés (une des plus grandes d'Europe), enlevée à Paul Delaroche qui devait l'exécuter. C'est Adolphe Thiers, alors ministre de l'Intérieur, qui confie à Ziegler cette fresque monumentale nécessitant trois années de travail jusqu'à son achèvement en 1838. Il représente le Christ entouré des apôtres et accordant le pardon à Marie-Madeleine, agenouillée au milieu des principaux personnages de l'Église d'Orient et d'Occident. On y découvre la fondation et le développement de l'Église catholique, mais on y voit aussi Mahomet, le Juif errant, Luther, de nombreux empereurs romains, Charlemagne et Napoléon. Ce chef-d'œuvre lui vaut la croix de la Légion d'honneur, mais l'a fatigué et lui a causé une maladie des yeux.

Céramiste et photographe

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Ziegler est le premier artiste à passer de la peinture à la céramique. Dans son ouvrage intitulé Études céramiques : recherche des principes du beau dans l'architecture, l'art céramique et la forme en général, théorie de la coloration des reliefs, l'artiste raconte avoir été attiré dès l'adolescence par cette pratique artistique[6]. Il aurait même, selon ses propres dires, installé un tour de sa fabrication dans la maison familiale du Prieuré de Soyers avec la complicité de sa mère. Mais son père, désapprouvant les inclinations de son fils, fit démanteler l'ouvrage[6]. C'est à la faveur d'une mission en Allemagne en 1834, où le roi l'envoie étudier le vitrail, qu’il s’intéresse à nouveau au travail de la terre, et plus particulièrement aux fameux grès allemands du Moyen Âge. Il se tourne alors vers cette technique en fondant la manufacture de grès salés de Voisinlieu, à côté de Beauvais dans l'Oise[4]. Au début des années 1840, il séjourne régulièrement dans la propriété familiale de Haute-Marne, où il s'adonne à la céramique[7] et, sous la direction d'Hippolyte Bayard, à l'art naissant de la photographie[4]. À la manufacture de Voisinlieu, il produit entre 1839 et 1843 des vases artistiques en grès bruns vernis au sel[8], avec notamment des motifs inspirés de décors de fleurs et de dessins de Claude-Aimé Chenavard[9]. Si ses créations s'inspirent au départ de modèles rhénans du XVIe siècle et du XVIIe siècle[9], ses vases à motifs floraux en particulier connurent un vif succès, notamment en Angleterre[10]. Ziegler dessinait ses œuvres et c'était un potier qui se chargeait de les réaliser selon ses consignes[10]. Leur aspect rustique et rugueux allait à l'encontre de l'esthétique en vogue dans les manufactures, qui consistait en des poteries aux surfaces lisses, sans aspérités[9]. L'activité de la manufacture de Ziegler est très importante pour l'histoire du travail de la terre en France puisqu'elle marque le début de la tendance pour certains céramistes de devenir indépendants de grandes manufactures telles que Sèvres pour poursuivre leurs propres recherches, et elle marque le retour de l'intérêt pour le grès dans la céramique artistique[9]. Le Musée Départemental de l'Oise, le Musée de la céramique de Sèvres et le Musée des Arts et Métiers de Paris conservent plusieurs pièces créées par Ziegler, son chef-d'œuvre étant le Vase aux apôtres[11]. Mais la production n'ayant duré que trois ans, le nombre de pièces artistiques sorties des fours de Voisinlieu n'est estimé qu'à quelques milliers[12], ce qui en fait aujourd'hui des objets rares et recherchés des collectionneurs[13].

Conservateur du musée des beaux-arts de Dijon

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Il revient à la peinture au Salon de 1844 et, trois ans plus tard, peint sa Judith (musée des beaux-arts de Lyon). En , il figure parmi les fondateurs de la Société héliographique dont il rédige les statuts, puis participe activement à la rédaction de la première revue de critique photographique : La Lumière.

Devenu conservateur du musée des beaux-arts de Dijon et directeur de l'école des beaux-arts de cette ville, Ziegler meurt brutalement le à Paris. Il est inhumé dans le petit village de ses ancêtres maternels, à Soyers dans la Haute-Marne[14].

Éléonore Escallier fut l'une de ses élèves.

Collections publiques

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Céramique

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Photographie

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Publications

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  • Études céramiques: recherche des principes du beau dans l'architecture, l'art céramique et la forme en général, théorie de la coloration des reliefs, Paris, 1850
  • Traité de la couleur et de la lumière, Paris, 1852
  • Compte rendu de la photographie à l'Exposition de 1855, Dijon, 1855

Hommage et distinctions

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  • Une rue de Langres, sa ville natale, porte son nom.
  • La place de l'église de Soyers, le village où il a passé son enfance et où il est enterré, porte son nom.
  • Légion d'honneur pour la réalisation d'une fresque monumentale à l'église de la Madeleine à Paris.

Notes et références

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  1. Jules-Claude Ziegler, Études céramiques : recherche des principes du beau dans l'architecture, l'art céramique et la forme en général, théorie de la coloration des reliefs, Paris, Mathias, , 348 p. (lire en ligne), p. 3.
  2. « Giotto dans l'atelier de Cimabue », sur pop.culture.fr (consulté le ).
  3. 1 2 « Saint Georges terrassant le dragon – Ziegler Jules-Claude » (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 Jacques Werren, « Jules Ziegler un élève oublié d'Hippolyte Bayard », Études photographiques, no 12, (ISSN 1270-9050, lire en ligne, consulté le ).
  5. « L'intérieur de la Madeleine [archive] », sur Église de la Madeleine.
  6. 1 2 Jules Ziegler, Études céramiques : recherche des principes du beau dans l'architecture, l'art céramique et la forme en général, théorie de la coloration des reliefs, Paris, Gihaut frères et Lévêque, , 348 p. (lire en ligne), p. 3.
  7. « Jules Ziegler, l'homme aux talents multiples [archive] », sur Proantic, 2 mars 2018.
  8. Jacques Werren, Jules Ziegler, Céramiste, peintre, photographe, Éditions de la Reinette, 2010, 336 p.
  9. 1 2 3 4 Collectif, The Second Empire: Art in France under Napoleon III, (lire en ligne), p. 170.
  10. 1 2 « Beauvais : Un livre du GRECB sur Jules Ziegler, le premier artiste à utiliser le grès pour des œuvres d'art », (consulté le ).
  11. L'Objet d'Art hors série Musée no 86, p. 48–49, éditions Faton, janvier 2015.
  12. Jacques Werren, Jules Ziegler, peintre, céramiste, photographe, Le Mans, éditions de la Reinette, , 336 p., p. 76.
  13. « Estimation Céramique Jules Ziegler | Cote et Prix », sur ArtFlow Enchères, (consulté le ).
  14. Michel Thénard et Dominique Grandjean, « Jules Ziegler (1804–1856), le fresquiste des 3 Provinces à Soyers [archive] », sur Écho des 3 Provinces, décembre 2020–janvier 2021.

Annexes

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Bibliographie

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  • Catherine Castéja, « L’héroïsation des primitifs italiens dans la peinture du XIXe siècle – Ingres et ses élèves », dans Bulletin spécial du musée Ingres, Montauban, 2000, p. 37–47.
  • Stéphane Guégan, « Ziegler dans l’œil des critiques », Bulletin des musées et monuments lyonnais, no 4, 1990, p. 12–21.
  • Stéphane Guégan, « Ces bonheurs-là n'arrivent qu'aux habiles - Gautier et la photographie artiste », dans 48/14, 2009, tome 28, p. 6–23.
  • Jacques Werren, « Jules Ziegler : un élève oublié d’Hippolyte Bayard », Études photographiques, no 12, 2002, p. 64–97.
  • (de) Jacques Werren, « Jules Ziegler : Erneuerer des künstlerischen Steinzeugs in Frankreich unter dem Einfluss der rheinischen Renaissance », Keramos, no 185, 2004, p. 69–100.
  • Jacques Werren, Jules Ziegler : peintre, céramiste, photographe, Le Mans, La Reinette éditions, 2010, 336 p.

Articles connexes

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Liens externes

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