Jules Alexandre Milz

Jules Alexandre Milz, né le à Virton et mort le à Bruxelles, est un militaire et explorateur belge. Actif dans le nord-est de l'État indépendant du Congo, il participe à plusieurs expéditions dans le bassin de l'Uele et contribue à établir que cette rivière constitue le cours supérieur de l'Oubangui.

Jules Alexandre Milz
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
belge
Activité
militaire, explorateur

Il prend également part à l'expédition de Guillaume Van Kerckhoven vers le Nil en 1891 et 1892, dont il prend le commandement après la mort de ce dernier.

Biographie

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Jeunesse et carrière militaire

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Jules Alexandre Milz naît le à Virton, en Lorraine belge. Il est le fils de Jacques Milz et de Joséphine Philippart.

Il s'engage au 2e régiment de chasseurs à cheval le , puis est nommé sous-lieutenant au 4e régiment de lanciers le . En 1888, il entre au service de l'État indépendant du Congo[1].

Expédition Roget

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Le , Milz quitte Anvers en qualité d'officier de la Force publique. Il arrive à Boma le et est affecté au district des Bangala, où Guillaume Van Kerckhoven prépare l'avant-garde de l'expédition dirigée par Léon Roget. Celle-ci a pour mission d'établir des camps retranchés sur l'Aruwimi et le Sankuru afin de lutter contre les trafiquants d'esclaves arabes[1].

Milz quitte le poste de Bangala le avec une colonne commandée par Francis Dhanis. Celle-ci fonde des postes à Umangi, Upoto et Yambuya. Le , elle atteint le confluent de l'Aruwimi et du Congo, où est fondé le poste de Basoko, qui devient le chef-lieu du nouveau district de l'Aruwimi-Uele. Roget en prend le commandement le [1].

L'expédition fonde ensuite les postes de Bomane, Bassoa et Yambisi. Milz reçoit successivement le commandement de Bomane et de Bassoa. En avril 1890, il accompagne Roget et Joseph Duvivier dans une expédition destinée à établir un poste à Djabir, l'actuelle ville de Bondo, sur l'Uele. Les membres de l'expédition fondent également le poste d'Ibembo, sur l'Itimbiri, puis celui d'Ekwangatana, sur la Likati[1],[2].

Après être retournés à Ibembo, ils progressent vers le nord-nord-est en direction du cours supérieur de la Likati et de Djabir, en traversant le bassin de la Tinda. Le , ils fondent le poste de Mopocho. Ils traversent la Likati le et atteignent deux jours plus tard l'Uele, en face du village du sultan Djabir. Celui-ci conclut un traité avec Milz et un poste est établi à l'emplacement de l'ancienne zeriba égyptienne de Deleb[1].

Milz commence la construction du poste pendant que Roget tente de rejoindre Alphonse van Gele à Yakoma. Roget regagne Djabir le , puis repart en juillet vers Basoko, le Pool Malebo et Boma, laissant Milz à la tête du poste avec pour mission d'établir une liaison avec Yakoma[3].

En juillet et août 1890, Milz, son adjoint Mahutte et le sultan Djabir conduisent une troupe composée de cent fusiliers et de quatre cents lanciers le long de la rive droite de l'Uele. Ils doivent toutefois regagner Djabir après neuf jours. En septembre, Milz repousse une attaque menée par des troupes placées sous les ordres de Kipanga-Panga[3].

Le , Milz rencontre Alphonse van Gèle près du village de Gamanza. Cette rencontre permet de confirmer que l'Uele forme le cours supérieur de l'Oubangui, alors que cette rivière avait auparavant été considérée comme un possible affluent de la Bénoué ou du lac Tchad[3].

Milz et Van Gèle apprennent ensuite que des trafiquants arabes opèrent dans les régions de la basse Bima et de la Rubi. Ils se rendent dans cette région et parviennent à les en chasser en décembre 1890[1],[4].

Expédition vers le Nil

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À l'expiration de son premier terme de service, Milz regagne le Pool Malebo. En mars 1891, Van Kerckhoven lui demande de retourner dans l'Uele afin de devenir le commandant en second d'une expédition vers le Nil. Milz accepte et rejoint Basoko le [1].

Au début de juillet 1891, l'expédition Van Kerckhoven est rassemblée à Djabir. Elle comprend quinze Européens et environ cinq cents soldats africains de la Force publique. L'avant-garde, dirigée par Pierre Ponthier, part le . En août, Milz est envoyé auprès du sultan Semio afin d'obtenir son soutien. Le , il annonce que celui-ci s'est allié à l'expédition. Milz et Semio rejoignent ensuite le camp de la Bomokandi avec six cents soldats et cinq cents porteurs[1].

Les colonnes quittent leur camp le et se rejoignent le à Amadi, où elles entreprennent la construction d'un poste. Le , Van Kerckhoven, Milz, Ponthier et plusieurs autres membres de l'expédition quittent Amadi. Ils atteignent le confluent de la Mbe et de la Bomokandi le . Ponthier tombe malade et doit regagner Boma par Djabir[1].

Après avoir obtenu l'appui de plusieurs chefs locaux et réuni suffisamment de pirogues, l'expédition regagne Amadi le , puis repart le . La flottille atteint la Bomokandi le . Milz, Gustave Gustin, Clément-François Van de Vliet et Semio progressent par voie terrestre le long de la rive méridionale de l'Uele. Attaqués par les Barambo, ils poursuivent leur marche en prenant contact avec les chefs locaux et en choisissant les emplacements de futurs postes[1].

Le , ils atteignent le confluent de la Gada et de l'Uele. Ils choisissent d'établir un poste dans le village de Mbegu, qui prend le nom de Niangara. Van Kerckhoven y arrive le et place Jean-Hubert Cloesen à la tête du nouveau poste[1].

Le , l'avant-garde poursuit sa progression, tandis que Van Kerckhoven, malade, reste à Niangara. Milz et Van de Vliet quittent la Bomokandi le et atteignent Mbittima le . Semio est envoyé en avant afin de préparer le passage de la colonne auprès des populations locales[1].

Le , Van Kerckhoven, Milz, Montangie et Van de Vliet quittent Mbittima en pirogue. Ils atteignent Surur le et tentent de remonter la Nzoro. Leur progression est interrompue par des rapides qui reçoivent le nom de chutes Milz. Deux cents hommes sont laissés au pied des rapides, tandis que le reste de la colonne poursuit sa progression à la recherche de l'avant-garde de Gustin et de Semio[1].

Le , Van Kerckhoven et Milz progressent par voie terrestre le long de la rive méridionale de la Nzoro. En raison du manque de porteurs, les soldats doivent transporter eux-mêmes leurs charges. Ils atteignent Tagomolanghi le [1].

Van Kerckhoven meurt accidentellement le à Djebel Watti, tué par un coup de feu provenant de l'arme que son domestique était en train de recharger. Il est enterré sur place et Milz prend le commandement de l'expédition[4].

Milz quitte le mont Beka le et atteint le Khor Arave, un affluent du Nil. Le , il se trouve au mont Lehmin, dans une région habitée par les Kakwa. Le , il atteint la rivière Kibbi, où il établit un camp appelé Fort Lehmin. Il poursuit sa marche vers le nord-est et atteint l'ancienne zeriba égyptienne de Ganda, où il installe Gustave Gustin[1].

En octobre 1892, Milz atteint Wadelai, sur le Nil, au nord du lac Albert. Il recrute des soldats autrefois placés sous les ordres d'Emin Pacha, mais ceux-ci se révèlent peu fiables. Sous la pression des mahdistes, il est contraint de se retirer[5].

Milz se dirige alors vers l'ouest, en direction de la Dungu. Il laisse Semio à Ndirfi et poursuit sa route vers Faraki, sur le cours supérieur de la Dungu. Il fonde le poste de Faradje en amont de Mundu. Le , il atteint le confluent de la Dungu et de la Kibali, où Florimond Delanghe l'attend afin de reprendre le commandement de l'expédition. Milz commence à y aménager un poste qui devient la ville de Dungu[1].

Fin de carrière

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Le , Milz remet officiellement à Florimond Delanghe le commandement des postes du Nil et du Haut-Uele. Il accompagne ensuite Delanghe jusqu'à Niangara, qu'ils atteignent le [1].

Milz regagne Boma le , puis embarque à Cabinda le . Il est ensuite nommé capitaine au 1er régiment des guides[1].

Le , il repart pour l'Afrique afin d'effectuer une mission spéciale consacrée à la délimitation de la frontière entre les possessions belges et allemandes dans le Kivu. Il revient en Europe le [1].

Jules Alexandre Milz meurt d'une angine de poitrine à Bruxelles le , à l'âge de 41 ans[1].

Hommages

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L'actuel mont Mungwa, au Soudan du Sud, a un temps porté le nom de Pic Milz, en l'honneur de Jules Alexandre Milz.

Un vapeur naviguant sur la Rubi a aussi reçu son nom[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 M. Coosemans, « Milz (Jules-Alexandre) », dans Biographie coloniale belge, vol. 1, Institut royal colonial belge, , 697-701 p. (lire en ligne)
  2. Haut-Uele : trésor, Le Cri éditions et Musée royal de l'Afrique centrale, (ISBN 978-2-87106-578-4, lire en ligne)
  3. 1 2 3 L. Lotar, La Grande Chronique de l'Ubangi, Institut royal colonial belge, (lire en ligne)
  4. 1 2 (en) Richard Bradshaw et Juan Fandos-Rius, Historical Dictionary of the Central African Republic, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-0-8108-7992-8, lire en ligne)
  5. (en) Martin Ewans, European Atrocity, African Catastrophe: Leopold II, the Congo Free State and its Aftermath, Taylor & Francis, (ISBN 978-1-317-84907-0, lire en ligne)

Voir aussi

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