Kafr Yasif (كفر ياسيف ou en hébreu moderne Kufr Yaseef כַּפְר יָסִיף) est un village arabe d'Israël doté d’un conseil local du District nord. Il est situé à 11 kilomètres au nord-est d’Acre et voisin d’Abu Sinan et de Yarka. Sa population est arabe chrétienne, musulmane et druze, respectivement à 52,4%, 44,9% et 2,7% en 2022[1] avec une vingtaine de Juifs israéliens.

Kafar Yassif
Rue de Kafar Yassif.
Nom local
(he) כפר יאסיףVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays
District
Superficie
3,19 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
62 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
9 587 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
3 005,3 hab./km2 ()
Histoire
Événement clé
Identifiants
Site web
Localisation sur la carte d’Israël
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Y a été découvert une porte de tombeau en pierre calcaire présentant de nombreux symboles. Elle est détenue par Le Louvre sans être exposée depuis 1902[2].

Géographie

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En 1945, la superficie du village était de 6763 dounams (6,8 kilomètres carrés)[3], dont 3234 dounams (323 hectares) étaient classés comme plantations ou terres irrigables et 3310 dounams (331 hectares) étaient consacrés aux céréales[4].

Histoire

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Antiquité

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De nombreux vestiges antiques ont été mis au jour à Kafr Yasif, dont des sols de mosaïque, des colonnes corinthiennes et des citernes taillées dans le roc[5].

Des vestiges des époques perse[6], hellénistique (IVe – IIIe siècles av. J.-C.[6],[7]) et romaine ont été mis au jour[6],[8]. Selon une tradition de Kafr Yasif, citée par F.-M. Abel, le village était appelé Kefar Akko, littéralement le village d’Akko, jusqu’à ce que Flavius Josèphe le fortifie durant la première guerre judéo-romaine et le rebaptise de son propre nom[9].

De l’Empire byzantin à la période arabo-musulmane

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D’autres restes de la période byzantine[6],[10],[11] et des débuts de la période arabo-musulmane (Omeyyades[10] et Abbassides[8]) ont aussi été découverts[6], notamment des fours à bassin pour la cuisson du verre servant à fabriquer les verres byzantins, datant de l’empire byzantin mais toujours actifs sous les califes (Ve – VIIe siècles)[12].

Croisades et période mamelouke

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Des vestiges de l’époque du royaume de Jérusalem[6],[12],[13] et de celle du sultanat mamelouk[6],[8],[12] ont été mis au jour à Kafar Yasif.

Le village est appelé Cafresi, Cafriasif, par les croisés[14] ou Cafriasim[15]. En 1193, la reine Isabelle Ire et son époux Henri II de Champagne accordent le casal de Kafr Yasif au prieur Heinrich de l’ordre des chevaliers Teutoniques[16]. Au XIIIe siècle, le village est habité par des chrétiens et payait la dîme à l’évêque d’Acre[17]. En 1257, Kafr Yasif est cité dans un document à propos d’un différend entre l’évêque d’Acre et les chevaliers Teutoniques sur la question des impôts versés par le village[18]. Le village devient ensuite un casal des Hospitaliers[15]. Il est attribué au domaine croisé pendant la trêve signée avec le sultan Kélaoun en 1283[19].

Empire ottoman

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Anciennes pierres tombales juives.

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.

Les principales cultures au XVIIe siècle sont les oliviers et le coton[20]. Le defter (registre fiscal) de 1596 indique que Kafr Yasif relève du sandjak de Safed, a une population de 58 foyers et sept célibataires musulmans et de 19 foyers juifs. Les villageois payaient un impôt à taux fixe de 25 % sur de multiples produits agricoles, dont le blé, l’orge, les fruits, le coton, les chèvres et les ruches, les pâturages d’hiver, la djizîa, plus des impôts occasionnels, pour un total de 12 877 akçe. Tous les impôts payés par le village allaient à un waqf (fondation pieuse)[21],[22]. En 1618, le gouverneur druze de Safed, Fakhreddine II, détruit la maison du notable chiite Ahmad Quraytim pour avoir rejoint les forces qui s’opposaient à son rival, le gouverneur du sandjak de Lajjun, Ahmad Turabay (en)[23].

Dans les années 1740, dix familles juives, composées de disciples du rabbin Soloman Abadi, s’établissent à Kafr Yasif. Elles sont rejointes par d’autres familles venues de Safed dans les années 1760, après le tremblement de terre de 1759 (en). Selon des voyageurs juifs, les Juifs de Kafr Yasif vivaient bien sous le règne de Dahir al-Umar, qui dominait la Galilée à l’époque et avait autorisé les Juifs à s’installer ici[24].

Sur la carte de Pierre Jacotin, réalisée lors de campagne d'Égypte et de Syrie de Bonaparte, le village est indiqué sous le nom de Koufour Youcef[25].

En 1838, Kafr Yasif avait une majorité de chrétiens orthodoxes et des minorités druze et musulmane[26]. En 1880, Victor Guérin évalue la population du village à environ 600 habitants, dont 500 grecs orthodoxes et 100 musulmans. Le village avait une église, que Guérin date des années 1740 ; plusieurs icônes de son iconostase étaient offertes par la Russie. Un puits taillé dans le roc, des citernes de pierre et des abreuvoirs, une tour de pierre ornée de croix sculptée, subsistant des fortifications anciennes du village, étaient aussi visibles. Le vieux cimetière juif était encore utilisé par les Juifs d’Acre[27],[28],[29]. Selon l’enquête du Palestine Exploration Fund, les maisons de Kafr Yasif sont construites en pierre ; le village est entouré d’oliveraies ; la terre est fertile et les habitants s’approvisionnent en eau dans les citernes. Le village est habité par environ 300 chrétiens orthodoxes et 50 Druzes[28]. Une liste de population de 1887 recense 910 habitants à Kafar Yassif, dont les trois-quarts de catholiques grecs byzantins et un quart de musulmans[30].

Palestine mandataire

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École de Kafr Yasif (1950).

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Kfar Yassif est conquise en 1918 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations. La population participe à la grande révolte arabe de 1936-1939 et l'armée britannique incendie soixante-dix maisons de la ville en , suivies de quarante autres ensuite. On découvre plus tard que les auteurs d'attaques contre les soldats britanniques n'étaient pas originaires de Kafar Yassif, aussi la municipalité reçoit-elle des compensations pour construire une nouvelle école et un hôtel de ville. Le desservant anglican note que les habitants s'efforcent de souligner que les soldats qui avaient détruit leurs maisons n'étaient pas Anglais, mais Irlandais[31].

Au recensement de 1922, Kafr Yasif a une population de 870 habitants, dont 665 chrétiens, 172 musulmans et 33 Druzes[32]. Le , Kafr Yasif devient l’un des rares villages arabes de Galilée à recevoir le statut de conseil local. Yani Kustandi Yani est maire de 1933 à 1948[33]. Au recensement de 1931, la population de Kafar est de 1057 habitants[34].

Les 14–, durant la grande révolte arabe, un groupe de rebelles palestiniens installe une mine sur la route près de Kafr Yasif, mine qui détruit un véhicule britannique et tue neuf soldats (selon les Arabes) ou un soldat et en blesse deux autres (selon les Britanniques). L’armée britannique détruit plusieurs maisons de Kafar Yasif en représailles, incendiant de 68 à 72 maisons avant d’être informée que ce sont des habitants de Kuwaykat qui sont responsables de l’attaque. Les soldats britanniques tuent neuf Arabes venant de Kuwaykat en allant au village[35]. En compensation, le village est reconstruit par les Britanniques avec une nouvelle école et un nouvel hôtel de ville, toujours en usage actuellement[36],[37]. Selon un aumônier britannique, « Les habitants de Kafar Yassif étaient très désireux de signaler que les soldats qui avaient détruit leurs maisons n’étaient pas Anglais mais Irlandais[37]. »

Dans les statistiques de Village de 1945, Kafar Yassif a une population de 1400 habitants[3], dont 350 musulmans, 1105 chrétiens et 40 habitants recensés sous la rubrique "Autres" (Druzes)[38],[39].

Guerre de 1948

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Bâtiment ancien.

Le , pendant la première trêve de la première guerre israélo-arabe, l’armée israélienne reçoit l’ordre de conquérir plusieurs gros villages de Galilée ; les habitants d’un certain nombre de ces villages sont expulsés ou autorisés à rester sur place, pour des raisons différentes dans chaque village[40].

La petite ville est prise entre le 8 et le par les troupes israéliennes de la brigade Carmeli et par la 7e brigade blindée israélienne, dans le cadre de l'opération Dekel (ou opération Palmier)[41]. Le maire, Yani Yani, s’appuyant sur ses contacts avec la famille druze des Ma'di du village voisin de Yirka, qui avaient maintenu des liens amicaux avec les Israéliens, réussi à signer un accord de reddition par l’intermédiaire de l’officier Haim Orbach, le , empêchant ainsi l’expulsion des habitants du village[42]. Contrairement à la majorité des autres villages arabes, les habitants de Kafar Yassif ne s'enfuient pas et accueillent les réfugiés des villages voisins d'Al-Birwa, d'Al-Manshiyya (rasé), et de Kuwaykat (rasé), soit 700 réfugiés. Le , la plupart de ces villageois sont embarqués de force dans des camions et envoyés dans des camps de réfugiés au Liban[43],[44]. Le lendemain, , c'est au tour de 250 autres réfugiés[45]. Un député arabe chrétien de la Knesset, Tawfik Toubi, membre du parti communiste israélien, est l'un des rares à protester[46].

Période israélienne

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Ruelle à Kafar Yassif en 1952, quatre ans après la conquête israélienne.

En 1951, la ville compte encore 27 % de réfugiés sur ses 1 930 habitants. Ces réfugiés sont en majorité musulmans.

Kafar Yasif est un des rares villages arabes de Galilée à conserver la plus grande partie de son territoire d’avant 1948[47] : sur les 673 hectares de 1945, 458 hectares sont conservés dans le territoire de Kafar Yassif en 1962. Une première expropriation concerne 76 hectares en 1952–1953[48]. En 2025, son territoire a été réduit à moins de la moitié de ce qu’il était en 1948, à la suite des expropriations israéliennes successives.

Résistance palestinienne à la municipalité

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Après une suspension de trois ans, le gouvernement israélien réactive le conseil local du village le , cas unique pour un village palestinien en Israël[33]. La stratégie israélienne sous-tendant cette politique est la volonté de diviser les Palestiniens d’Israël en accroissant les rivalités au sein de la communauté[33]. Aux premières élections, en , l’ancien maire Yani Yani est réélu, à la tête de la liste d’alliance du parti communiste et du parti nationaliste, battant le candidat soutenu par le Mapaï[49]. Yani reste en place jusqu’à sa mort en 1962[33]. À la tête du conseil local, Yani Yani défend sa conception des Arabes d’Israël comme minorité nationale, qu’il défend dans ses discours, ses actions et ses rapports avec les autorités. Il est très médiatisé et obtient une grande célébrité dans le pays. Il proteste à de nombreuses reprises contre les spoliations de terres arabes par Israël (voir loi sur la propriété des absents) et les morts de Palestiniens, tués par les forces israéliennes[33]. Il vise les politiques israéliennes de discrimination envers les non-Juifs et l’oppression subie par les Palestiniens, le racisme anti-Arabes et l’inaction gouvernementale. Ce discours détonne à l’époque où les Palestiniens d’Israël sont tous placés sous la loi martiale, et où leurs représentants se contentent de louer la politique israélienne[33]. Il refuse également de célébrer l’anniversaire des dix ans d’Israël, qui a lieu un an après le massacre de Kafr Qassem[33]. Les enseignants envoyés par le gouvernement dans les villages arabes étant souvent considérés comme des informateurs espionnant ces villages, il décide que le conseil local recrutera lui-même les instituteurs[33].

En 1958, plus de 350 Palestiniens sont arrêtés lors des manifestations du , décision est prise par plusieurs militants de créer le Front populaire arabe (FPA ou APF, créé le ), qui devient le mouvement Al Ard (en). Le gouverneur militaire utilise les dispositions de la loi martiale pour empêcher les délégués de se rendre au congrès de fondation, dont Yani Yani[33]. Il devient néanmoins un des leaders du Front, et crée sa branche locale à Kafar Yassif. Le FPA fait campagne pour la protection des propriétés des waqfs (fondations pieuses finançant des équipements collectifs) en Israël, l’abolition des restrictions de circulation imposées par la loi martiale aux Palestiniens, le droit au retour des réfugiés, les discriminations anti-Arabes à l’embauche, la fin des confiscations des terres arabes, la fin du double système judiciaire (tribunaux civils pour les Juifs, tribunaux militaires pour les Arabes), le jugement des soldats responsables du massacre de Kafr Qassem, etc[50],[33].

En réponse, le Mapai tente d’abord de négocier, sans succès. Tous les membres du Front populaire de Kafar Yassif voient leurs permis de déplacement suspendus[33]. Aux élections de 1960, le NCC emporte 4 des 9 sièges du conseil, le Mapam 2, le Mapaï 3 Après les élections de 1960, il persuade Fawzi Khuri de porter plainte contre Yani devant la cour suprême d'Israël, qui statue en faveur du maire et inflige une amende à Khuri[33].

Ère post-Yani

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Église Saint-Georges.
Église du Rédempteur (culte catholique grec.
Église du Sauveur (culte anglican).

Après l’ère Yani, le Mapai négocie pour emporter la présidence du conseil local. Parmi les mesures prises, il y a un don de 1000 livres pour la construction d’une mosquée[33]. Bechor-Shalom Sheetrit, ancien ministre des Minorités ayant la confiance de la minorité palestinienne, est requis pour un meeting en février, ainsi que le ministre du logement et du développement, Yosef Almogi (en), en mars, qui promet d’enfin raccorder le village au réseau électrique et des logements sociaux. D’autres personnalités du parti sont également enrôlées dans la campagne : Sief al-Deen al-Zou'bi, maire de Nazareth, Muhammad Hbeshi, député-maire d’Acre, Muhammad Shabaan, membre du conseil des travailleurs d’Acre[33]. Deux nouvelles listes émergent aux élections de 1964, la Liste musulmane et le Bloc uni, qui emportent chacune deux sièges, le Mafdal (parti religieux sioniste) un, tous partis affiliés au Mapai. Le NCC ne gagne que trois sièges. L’un des enjeux de la campagne est l’autorisation ou non de l’élevage de porcs dans le village.

En 1972–1973, Violette Khoury (en), fichée comme nationaliste palestinienne[33], est élue mairesse de Kafar Yassif, faisant d’elle la première femme arabe à diriger un conseil local en Israël[51]. La population reste sous loi martiale jusqu’en .

Le premier congrès des intellectuels druzes a lieu à Kafar Yassif le . Il se réunit à l’initiative de jeunes des villages druzes de Galilée dirigés par Salman Faraj. Après que les dirigeants druzes du département des Affaires des Minorités apprirent la préparation du congrès, ils tentèrent de persuader Salman Faraj de le repousser. Ayant échoué, le chef spirituel de la communauté des Druzes israéliens, le cheikh Amin Tarif ferma les portes du sanctuaire d’Al-Khidr, où la réunion devait avoir lieu. Il se tint alors dans une maison voisine ; une de clauses de la déclaration finale exprime la solidarité druze avec le reste des communautés arabes d’Israël[52].

C’est à Kafar Yassif qu’eut lieu le premier incident violent entre chrétiens et druzes israéliens, le . Il se produit à l’occasion d’un match de football entre supporters de l’équipe locale et ceux de l’équipe du village druze voisin de Julis. Un jeune homme de Julis est poignardé par un chrétien de Kafar Yassif et meurt de ses blessures. Bien que des pourparlers de réconciliation aient immédiatement lieu pour prévenir d’autres violences, le conseil local de Kafar Yassif refuse de donner le nom de l’assassin présumé. L’irruption de centaines de jeunes druzes de Julis à Kafar Yassif poussa le maire à appeler la police régionale en soutien d’urgence, ce qui lui est refusé. Le , 60 policiers armés sont placés dans un champ entre les deux villages, où un sulha (cérémonie traditionnelle d’accord de paix) devait être négocié[53],[54]. Pendant la négociation, un groupe d’habitants de Julis lourdement armés attaque la ville, brûlant 85 maisons, 17 boutiques, quelques ateliers et 31 voitures. Une église est aussi endommagée[53]. À la fin de l’attaque, on relève trois morts et plusieurs blessés parmi les habitants de Kafar Yassif. La police n’intervient pas, certains policiers affirmant qu’ils n’étaient pas assez armés. Aucun des attaquants, parmi lesquels des soldats de l’armée israélienne, n’est arrêté[55]. La plupart des compensations perçues par le village sont venues des waqf d’Israël et du conseil œcuménique des Églises[56].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1933 1962 Yani Kustandi Yani Liste communiste et nationaliste palestinienne interruption de 1948 à 1951 ;
mort en fonctions
1964   Rafeq Shehadeh liste Bloc uni  
  1972 Fawzi Khoury    
1972 1973 Violette Khoury    
  en cours Shadi Shweiry    

Démographie

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Prêtre grec orthodoxe en 1950.

En 1950, Kafar Yassif compte 1730 habitants, dont 300 réfugiés internes et 60 Druzes[57]. En 1951, ce sont 27% des 1930 habitants de Kafr Yasif qui sont des réfugiés internes[58].

Le recensement de 1961 comptabilise 1747 chrétiens, 1138 musulmans et 90 Druzes, soit 2975 habitants[59]. En 1995, la population recensée est de 6700 habitants[57], de 8700 au recensement de 2009[60] dont 56 % de chrétiens, 40 % de musulmans et 4 % de Druzes[61].

La famille la plus nombreuse du village est celle des Safiah[62].

Monuments

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Selon la croyance locale, al-Khidr, le tombeau du saint monothéiste vénéré par les Druzes, est située à Kafar Yassif. Un pèlerinage annuel y a lieu le . Le bâtiment comporte une grande salle de réunion proche du tombeau, plus des salles et des cours qui servent aux pèlerins et aux autres visiteurs[63]. Al-Khidr est le nom arabe du saint chrétien, saint Georges de Lydda, Lydda étant une ville importante de Palestine.

Il y a quatre églises et deux mosquées à Kafar Yassif. L’évêque principal des chrétiens orthodoxes est Atallah Makhouli.

Culture

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Édifices religieux

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Il y a trois églises et deux mosquées à Kafar Yassif. La communauté orthodoxe arabophone est la communauté chrétienne la plus nombreuse.

Culture locale et éducation

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Sanctuaire druze al-Khidr de Kafar Yassif.

Selon l’historien Atallah Mansour, Kafar Yassif est la ville arabe la plus universitaire d’Israël[64] ; Sylvia Smith l’appelle la ville la plus importante culturellement parlant[62]. Avec l’expulsion quasi-totale de la population arabe des villes d’Haïfa et de Jaffa lors du nettoyage ethnique de la Palestine, Kafar Yassif a pris une place centrale pour la culture et la politique arabe en Israël[65]. Ses écoles, sa situation proche et entre les principales villes arabes et proche des autres villages arabes, la répartition relativement égalitaire de la propriété foncière entre les foyers et la diversité de population apportée par les réfugiés internes sont d’autres facteurs qui ont contribué à cette importance[65]. En 1948, c’était la seule localité arabe de Galilée à avoir un lycée en-dehors de Nazareth, Shefa-Amr et Haïfa[65]. Les élèves de plus de cinquante villages arabes étaient inscrits à Kafar Yassif après la Nakba[65]. Plusieurs élèves de ce lycée sont devenus des poètes connus, dont Mahmoud Darwish ; la ville accueille des récitals de poésie hebdomadaires[65].

Le Rabeah Murkus Dance Studio, premier studio de danse arabe d’Israël, est situé à Kafar Yassif. Rabeah Murkus, fille de l’ancien maire Nimr Murkus, a aussi ouvert un cours de danse pour les élèves du lycée, cours autorisé par le ministre israélien de l’Éducation[66]. Ayman Safiah (en), un de ses anciens élèves, né et ayant grandi à Kafar Yassif, est le premier Palestinien danseur de ballet[62] et premier Arabe dansant aussi bien la danse classique que contemporaine[67]. Plusieurs milliers de personnes ont assisté à ses funérailles à Kafar Yassif le [68].

Personnalités liées à Kafar Yassif

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. « כפר יאסיף », sur Central Bureau of Statistics (consulté le )
  2. porte de tombeau, (lire en ligne)
  3. 1 2 Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 40.
  4. Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 80.
  5. Dauphin, 1988, p. 638–39.
  6. 1 2 3 4 5 6 7 Zedan, 2017, Kafr Yasif.
  7. Streger, 2020, Kafr Yasif (B).
  8. 1 2 3 Abu Raya, 2010, Kafr Yasif (B).
  9. Avi-Yonah 1953, p. 97, note 11.
  10. 1 2 ‘Uqsa, 2021, Kafr Yasif
  11. Streger, 2020, Kafr Yasif (A)
  12. 1 2 3 Abu Raya, 2010, Kafr Yasif (A)
  13. Pringle, 1997, p. 119 : No Crusader remains had (by 1997) been identified in the village.
  14. Pringle, 1997, p. 119
  15. 1 2 Conder, 1890, p. 31
  16. Strehlke, 1869, p. 25, no 29 ; cité par Röhricht, 1893, RRH, p. 190, no 710 ; cité par Pringle, 2009, p. 132.
  17. Ellenblum, 2003, p. 149.
  18. Strehlke, 1869, p. 91–94, no 112 ; cité par Röhricht, 1893, RRH, p. 331, no 1260 ; cité par Ellenblum, 2003, p. 146.
  19. Barag, Dan, « A new source concerning the ultimate borders of the Latin Kingdom of Jerusalem », Israel Exploration Journal, vol. 29, , p. 197–217
  20. Lewis, 1952, p. 17.
  21. Hutteroth, Abdulfattah, 1977, p. 191.
  22. Rhode, 1979, p. 6 « https://web.archive.org/web/20200301141739/https://www.academia.edu/2026845/The_Administration_and_Population_of_the_Sancak_of_Safed_in_the_Sixteenth_Century »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), écrit que le registre étudié par Hütteroth et Abdulfattah ne date pas de 1595/6, mais de 1548/9.
  23. Abu-Husayn, 1985, p. 107.
  24. Barnay, 1992, p. 156.
  25. Karmon, 1960, p. 162 « https://web.archive.org/web/20191222063351/http://jchp.ucla.edu/Bibliography/Karmon,_Y_1960_Jacotin_Map_(IEJ_10).pdf »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), .
  26. Robinson, Smith, 1841, vol 3, 2nd appendix, p. 132.
  27. Guérin, 1880, p. 4-5; "A midi trente minutes, je parviens à Kefr Yasif, et pendant que l'on dresse ma tente sous un bouquet de vieux oliviers, je vais examiner ce village. Il est assis sur une colline dont les pentes inférieures vers l'ouest sont soutenues par un puissant mur d'appui, aux blocs réguliers, la plupart de grand appareil et antiques. Kefr Yasif renferme 600 habitants, parmi lesquels 100 tout au plus sont Musulmans; les autres appartiennent à la religion grecque schismatique. Ces derniers ont une église qui date de cent quarante ans et dans l'intérieur de laquelle quelques tableaux passables, qui ornent l'iconostase, sont, m'a-t-on dit, un don de la Russie. La construction la plus ancienne du village est une sorte de petite tour carrée, bâtie avec des pierres très régulières, et renfermant une chambre voûtée qu'éclaire un œil-de-bœuf au-dessus duquel une croix a été sculptée au dehors. Elle faisait partie autrefois d'un bâtiment plus considérable, qui a été démoli et remplacé par des maisons toutes modernes. Au bas de la colline du village, vers l'ouest, est un beau puits, profond de 25 brasses et d'apparence antique. Il est construit en pierres de taille. Le réservoir et les auges qui l'environnent sont aussi bâtis avec des pierres de même appareil. A cinq minutes au sud de Kefr Yasif, on me signale l'emplacement d'une ancienne église, dont il ne subsiste plus que le souvenir. De là on a extrait plusieurs colonnes et de nombreuses pierres de taille."
  28. 1 2 Conder, Kitchener, 1881, SWP I, p. 146–47.
  29. Conder, Kitchener, 1881, SWP I, p. 169.
  30. Schumacher, 1888, p. 172.
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  33. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Ahmad H. Sa'di, « Control and resistance at local-level institutions: A study of Kafr Yassif's local council under the military government », Arab Studies Quarterly, été 2001, volume 3, no 3, p. 31-47.
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  36. Kafr Yasif (Israel) Municipality Flags and Descriptions].
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