Kakei Katsuhiko

juriste japonais

 

Katsuhiko Kakei
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(à 88 ans)
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Katsuhiko Kakei (筧 克彦, Kakei Katsuhiko?), né le à Suwa, préfecture de Chikuma (aujourd'hui préfecture de Nagano) et mort le , est un juriste et penseur shintoïste japonais. Il fut professeur à la faculté de droit de l'université impériale de Tokyo et à l'université Kokugakuin. Il est docteur en droit et reçut le titre de troisième rang et l'ordre du Trésor sacré de deuxième classe[1],[2].

Biographie

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Il naquit à Kami-Suwa, dans le district de Suwa, préfecture de Chikuma (aujourd'hui ville de Suwa, préfecture de Nagano), où se situe le sanctuaire Suwa Taisha. Il est le fils aîné de Kakei Bokurou, ancien samouraï du domaine de Suwa. Après avoir fréquenté le collège préfectoral de Tokyo et le Premier Lycée, il entre à la faculté de droit de l'université impériale de Tokyo. En 1897, il obtient son diplôme en étant majeur de sa promotion et représente donc les élèves lors de la cérémonie de remise des diplômes. Parmi ses camarades de promotion figurait Tatsukichi Minobe (faculté de sciences politiques)[3]. Après l'obtention de son diplôme, il poursuivit immédiatement ses études en doctorat et, à partir de 1898, étudia pendant six ans en Allemagne, auprès d'Otto von Gierke, d'Adolf von Harnack et de Wilhelm Dilthey.

À son retour au Japon en 1903, il devint professeur à l'université impériale de Tokyo (second département de droit administratif). Son prédécesseur à ce poste était Hozumi Yatsuka. Avant la guerre, il enseigna et mena des recherches en droit constitutionnel, droit national, droit administratif et philosophie du droit à la faculté de droit de l'université impériale, aux côtés de Minobe Tatsukichi, Nomura Junji et Uesugi Shinkichi. Il enseigna également le droit administratif et le droit constitutionnel à l'université Meiji, à l'université Kokugakuin et à l'École navale impériale[4]. Après avoir quitté son poste à l'université de Tokyo, il devint professeur à l'université Kokugakuin. De 1935 à 1940, il enseigna le droit constitutionnel à l'université de commerce de Tokyo (aujourd'hui université Hitotsubashi), succédant à Minobe Tatsukichi, et jusqu'à ce que Tagami Jouji (ja) le remplace[5]. Le , il se rendit à la villa impériale de Hayama pour s'entretenir avec l'empereur[6]. Il meurt en 1961. Sa tombe se trouve au cimetière d'Aoyama.

Famille

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  • Père : Kakei Bokuro (samouraï du domaine de Suwa)
  • Fils aîné : Kakei Motohiko (chef de la division des affaires générales du ministère de la Maison impériale (ancêtre de l'Agence impériale), puis chef du cabinet de l'impératrice douairière. Au moment de la capitulation japonaise, il a secrètement transporté l’enregistrement du Gyokuon-hoso à la station de radiodiffusion d’Atago[7]).
  • Fils cadet : Kakei Yasuhiko (professeur émérite à l'université Gakushūin, compilateur des œuvres posthumes de son père).

Recherche, idéologie et activité

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Théorie des relations entre les choses

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Le fondement de la doctrine juridique de Kakei est le concept de « relation entre les choses ». Kakei appelait « relation d'expression » la relation dans laquelle les choses individuelles peuvent être réduites à une même chose originelle, et « relation d'indépendance » la relation dans laquelle les choses individuelles sont indépendantes les unes des autres, et il expliquait sa théorie du droit public en termes de cette relation entre les choses.

En 1934, le politologue Yabe Teiji (ja) a approfondi la théorie de Kakei et, dans sa contribution au recueil d'essais commémorant le 60e anniversaire de Kakei Katsuhiko, intitulé « La base sociale de la représentation », il a mis en évidence une troisième relation sociale (la « représentation ») qui existe entre la relation d'expression et la relation d'indépendance.

Pensée shintoïste

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Il commença très tôt à étudier le shintoïsme ancien et influença la compréhension de ce dernier durant la période d'avant-guerre.

Il plaçait un tatami dans son laboratoire, sur lequel était installé un kamidana et, avant de commencer ses cours et conférences universitaires au ministère de l'Éducation, il frappait dans ses mains, et prêchait le « Kannagara », c'est-à-dire le principe shintoïste d'agir selon la volonté des dieux[8],[9]. Pour ces raisons, il acquis une certaine célébrité comme professeur à la faculté de droit de l'université de Tokyo.

Au sein du Conseil de réforme de l'éducation, créé en 1935 après l'incident de la théorie de l'organe impérial, il fut une figure de proue de la cause impérialiste et nationaliste[10]. Ses propositions de réforme de l'éducation se démarquèrent par leur originalité, et dans son « Projet personnel de réforme de l'éducation » présenté lors de la deuxième réunion spéciale le , il proposa ce qui suit[10] :

  • L'établissement d'un bureau des dieux (神祇府, bureau destiné à l'étude et l'enseignement du shintoïsme), ainsi que du Saio (membres masculins de la famille impériale qui accomplissaient des devoirs impériaux) et du bureau du Saio, du poste de Jingikan et du conseil du Jingikan (officiels relevant directement de l'empereur et se penchant sur l'étude et l'enseignement du shintoïsme).
  • La création d'une faculté d'études impériales et d'un Institut de recherche en études impériales au sein des universités impériales afin d'y mener des activités d'enseignement et de recherche. Aussi, la mise en place et la vénération d'un kamidana dans ces universités.
  • La mise en place d'une épreuve d'études impériales dans les concours d'admission aux universités et les concours administratifs.

Interprétation du Kokutai

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En 1912, Kakei critiqua implicitement le débat dit « Uesugi-Minobe », un conflit au sujet de la Constitution de l'empire du Japon, opposant plusieurs théories importées du droit constitutionnel allemand. Il affirma que l'État, l'empereur et le peuple étaient « originellement un seul et même » et que « même un mendiant fait partie de l'État ». Il soutint que, remontant à la fondation du pays, il ne devrait pas y avoir de conflit tant que les théories s'intéressent au Kokutai comme objet d'étude[réf. nécessaire].

Dans les années 1930, il soulignait également que la caractéristique distinctive du régime impérial résidait dans l’union de deux aspects : « l’unité inséparable de l’empereur et de la nation » et « le seigneur » de la « Nation impériale »[réf. nécessaire]. Dans son ouvrage Les principes fondamentaux de la Constitution de l'empire du Japon, il précise :

  • « L'empereur est le seigneur de la nation selon la volonté des dieux. Son pouvoir et la vie de la nation impériale sont inséparables ».
  • « L’empereur et la nation ne sont pas des entités dualistes s’opposant l’une à l’autre, mais ne font qu’un depuis l’Âge des Dieux. La Nation Impériale fut fondée lorsque les descendants des dieux descendirent du ciel. Dès l’origine, il n’y eut qu’une seule vie, une seule vertu et un seul droit de régner, et le pouvoir originel est le pouvoir universel de la nation ».

Dans ses écrits d'après-guerre, Nakajima Kenzo, une figure littéraire de gauche de la même époque, décrit Kakei, qui défendait de telles théories, comme un « possédé notoire » qui « défendait une théorie de l'unité de la religion et de la politique basée sur le shintoïsme » qui « n'avait absolument rien à voir avec la science politique moderne »[11].

Critique de « Banzaï »

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Kakei rejeta le mot dérivé du chinois « banzaï » et défendit la supériorité de « iyasaka » (弥栄)[12]. Il fit remarquer que le fait de s'exclamer « banzaï » était une tradition construite remontant à l’ère Meiji (1889) et la critiqua comme une pensée individualiste chinoise[12]. D’un point de vue linguistique, il affirma également que « banzaï » est une combinaison des prononciations Kan-on et Go-on, et qu’il est composé de sons avec diacritiques, tandis qu’« iyasaka » est un mot purement Yamato composé de consonnes sourdes, et est donc supérieur[12].

Le concept de « Iyasaka » de Kakei a influencé les Boy Scouts du Japon de Goto Shinpei[12].

Disciples et influences

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Parmi ses principaux étudiants figurent les spécialistes du droit administratif Sugimura Shouzaburou (ja) (professeur émérite à l'université de Tokyo et à l'université Aoyama Gakuin), Junjiro Yamada (professeur émérite à l'université Meiji) et Mitsuma Shingo (ja) (professeur émérite à l'université d'économie de Takasaki).

L'impératrice Teimei était un fervent soutien de Kakei, lequel lui a donné des leçons privées.[13] Selon le prince Takamatsu-no-miya, le testament de l'impératrice prévoyait de donner des écrits de Kakei au prince Chichibu-no-miya et au prince Mikasa-no-miya en héritage. Le fils de Kakei, Motohiko, a également était employé au ministère des affaires impériales.

L'empereur mandchou Puyi a également reçu des leçons privées de Kakei sur le sujet de la monarchie constitutionnelle[14].

Katou Kanji (ja), a développé une théorie du retour à la terre basée sur le shintoïsme de Kakei[15].

Ishiwara Kanji explique dans son ouvrage Sensoushi Taikan qu'il en est arrivé à vénérer Nichiren en passant par la lecture des ouvrages de Kakei.

Les ouvrages de Kakei ont servi de manuels aux jeunes officiers de la faction de la voie impériale[16].

Le ministre de la justice Okinori Kaya explique avoir été influencé par les conférences de Kakei alors qu'il était étudiant à l'université de Tokyo, et considérait Kakei comme son « maître éternel ».

Le politologue et directeur de l'université de Tokyo Nanbara Shigeru (en)indique avoir commencé à s'intéresser à la philosophie grâce à Kakei[8].

Le gouverneur de Corée et de Taïwan Ishiguro Hidehiko (ja)a étudié sous Kakei[17].

Notes et références

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  1. (ja) 『官報』第3728号「叙任及辞令」,
  2. (ja) « JACAR(アジア歴史資料センター)Ref.A11113822500、叙位裁可書・昭和三年・叙位巻十五 », sur 国立公文書館
  3. (ja) 高見勝利, « 講座担任者から見た憲法学説の諸相--日本憲法学史研究序説 », 北大法学論集, 北海道大学大学院法学研究科, vol. 52, no 3, , p. 803-840 (ISSN 0385-5953, lire en ligne)
  4. 高見勝利, « 講座担任者から見た憲法学説の諸相--日本憲法学史研究序説 », 北大法学論集, 北海道大学大学院法学研究科, vol. 52, no 3, , p. 803-840 (ISSN 0385-5953, lire en ligne)
  5. (ja) 市原昌三郎, « 一橋と公法学--憲法学・行政法学 (一橋の学問<特集>) », 『一橋論叢』, vol. 93, no 4, , p. 473-485 (lire en ligne)
  6. (ja) 宮内庁, 昭和天皇実録第十二, 東京書籍, (ISBN 978-4-487-74412-1)
  7. Il a publié ses mémoires "L'empereur et sa mère l'impératrice Teimei" (今上陛下と母宮貞明皇后, 1987). Il a également raconté les évènements dans des interviews télévisées.
  8. 1 2 高見勝利, « 講座担任者から見た憲法学説の諸相--日本憲法学史研究序説 », 北大法学論集, 北海道大学大学院法学研究科, vol. 52, no 3, , p. 803-840 (ISSN 0385-5953, lire en ligne)
  9. (ja) 佐藤卓己, ファシスト的公共性--総力戦体制のメディア学, 岩波書店, , 248 p.
  10. 1 2 (ja) 西田彰一, 筧克彦の皇族論について, 立命館大学人文科学研究所紀要,
  11. (ja) 中島健蔵, 昭和時代, 岩波新書, , p. 111-112
  12. 1 2 3 4 (ja) 河野有理, 偽史の政治学, 第五章
  13. Le livre qui a rassemblé ces leçons, nommé "La voie des dieux" (神ながらの道) fut placé à l'index sous l'occupation américaine.
  14. (ja) 古海忠之・片倉衷, 挫折した理想国 -満州国興亡の真相-, 現代ブック社, , p. 253
  15. (ja)内木, 満蒙開拓青少年義勇軍--その生活の実態, (DOI 10.15088/00000329, lire en ligne)
  16. (ja) 林正子, « 近代日本の〈民族精神〉による〈国民文化〉の系譜 : ドイツとの比較を視座として », 岐阜大学地域科学部研究報告, vol. 25, , p. 1-25
  17. (ja) 石黒英彦君, 台湾統治と其功労者, 橋本白水 南国出版協会,
(ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en japonais intitulé « 筧克彦 » (voir la liste des auteurs).