Bataille de Karameh
La bataille de Karameh (en arabe الكرامة) fait référence à l'attaque par l'armée israélienne les 20 et du camp palestinien de Karameh, en Jordanie.
| Date | 20 et |
|---|---|
| Lieu | Karameh, Jordanie |
| Issue |
Victoire tactique israélienne Victoire stratégique du Fatah |
inconnu |
15 000 hommes 1 000 hommes |
33 morts 161 blessés 4 chars perdus 1 avion |
40 à 84 morts 108 à 250 blessés 13 chars détruits 100 à 200 morts 100 à 150 blessés 100 à 150 capturés |
Batailles
- Déclaration Balfour (1917)
- Émeutes de Jérusalem (1920)
- Émeutes de Jaffa (1921)
- Émeutes de 1929
- Grande Révolte arabe (1936-1939)
- Guerre civile (1947-1948)
- Guerre israélo-arabe (1948-1949)
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- Guérilla des fedayins palestiniens (1949-1956)
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- Guerre de Suez (1956-1957), et Occupation de Gaza
- Loi martiale israélienne
- Guerre des Six Jours (1967)
- Guerre de Quatre Ans (Gaza) (1967-1971)
- Bataille de Karameh
- Assassinats du Mossad après Munich (1972-1992)
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- Guerre de Gaza (2023)
- Massacres de 1948
- Qibya (1953)
- Kafr Qassem (1956)
- Massacre de Munich (1972)
- Massacre de Sabra et Chatila (1982)
- Génocide de Gaza
- Massacres de Palestiniens
| Coordonnées | 31° 57′ 00″ nord, 35° 34′ 48″ est | |
|---|---|---|
Les deux camps déclarent victoire. Les Israéliens se retirent ou sont repoussés après une journée de combats. Sur le plan tactique, cependant, Israël réussit à détruire le camp de Karameh et revendique la capture d'environ 140 membres de l'OLP[1]. Mais sur le plan politique, l'attaque est condamnée par l'ONU.
La bataille a une valeur symbolique : pour la première fois depuis l'humiliation de la guerre des six jours, les Palestiniens parviennent à résister à l'armée israélienne.
Bataille de Karameh
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En février 1968, Moshe Dayan, alors ministre de la Défense d'Israël, déclare que la ville de Karameh est « un repaire du Fatah »[2].
Le , une mine placée sur une route près d'Eilat tue un médecin et blesse une vingtaine d'enfants[3].
Le soir du , les Israéliens attaquent par surprise et ne laissent pas mettre en place le plan palestinien, établi quelques heures plus tôt[réf. nécessaire]. La bataille durera 15 heures.
Selon Benny Morris, la Légion arabe avait été prévenue par la CIA de l'opération[réf. nécessaire].
Bilan de la bataille
modifierLes bilans du combat divergent selon les sources.
Israël : Benny Morris estime en 2001 les pertes israéliennes à 33 tués et 161 blessés et indique la perte de 4 chars de combat, 3 half-tracks, 2 voitures blindées ainsi qu'un avion[5]. Selon l'armée jordanienne, on annonce plus de 200 tués israéliens et plus de 45 chars abandonnés par Tsahal, dont 18 en état de marche[2]. Yasser Arafat était présent dans le camp[6].
OLP : Concernant le Fatah, Chaim Herzog estime ses pertes à 200 tués et 150 capturés, Benny Morris déclare 156 morts et 141 capturés, et Kenneth Michael Pollack (ancien analyste de la CIA) les estime à 100 tués, 100 blessés, et 120–150 capturés, soit un tiers des combattants engagés sont tués ou blessés.
Jordanie : Herzog : 40 morts ; Morris : 84 morts et 250 blessés. Les Jordaniens ont également eu 13 chars détruits, 20 chars endommagés et 39 autres véhicules endommagés ou détruits[1].
Le quotidien israélien Haaretz qualifie l'opération de « malheureuse tant sur le plan politique que militaire »[6]. Sur le plan militaire, l'opération s'avère plus difficile que ce qui avait été prévu[7]. Si l'armée israélienne atteint son objectif de détruire le camp, c'est seulement après un combat mené rue par rue. Arafat s'échappe[3]. Pour le New York Times, c'est un échec[8]. Un autre article publié par Haaretz qualifie l'opération de « débâcle » et d'un « des chapitres les plus sombres de l'histoire militaire d'Israël »[9].
Bilan politique
modifierCette bataille est considérée comme légendaire dans le monde arabe. Les photos des pertes israéliennes font la une des journaux[10]. Pour la première fois depuis la guerre des Six-Jours, les forces arabes n'ont pas reculé. Même si les pertes sont lourdes, la bataille donne un nouveau souffle à la résistance[11]. Le nom de la bataille lui-même, Karameh (qui signifie Dignité en arabe) participe à l’onde de choc dans le monde arabe[12]. Le Fatah gagne en popularité, et ses partisans se multiplient[4]. La réputation de Yasser Arafat, qui sera élu à la tête de l'OLP l'année suivante, s'en trouve renforcée[13],[11]. Il sort de la clandestinité le en devenant le porte-parole officiel du Fatah[14].
La résolution 248 des Nations Unies « condamne l'action militaire lancée par Israël en violation flagrante de la Charte des Nations Unies et des résolutions relatives au cessez-le-feu»[15].
Références
modifier- 1 2 Pollack, Kenneth M. Arabs at War: Military Effectiveness, 1948–1991. Bison Books., 2004. (ISBN 0803287836)
- 1 2 Palestine De Jérusalem à Munich, Abou Daoud, p. 189
- 1 2 Alon Liel, « Du Sinaï à Karameh, souvenirs d’un soldat israélien », sur Orient XXI, (consulté le )
- 1 2 Jean-Pierre Filiu, Histoire de Gaza, Fayard, , 910 p. (ISBN 9782213664200), p. 286
- ↑ Morris, Benny. Righteous Victims: A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881–2001. Vintage. (ISBN 0679744754)
- 1 2 (he) Tom Segev, « זה התחיל בכראמה - מוסף הארץ - הארץ » [« Tout a commencé avec karama »] [archive du ], sur www.haaretz.co.il, (consulté le )
- ↑ Christophe Ayad, « La Palestine résiste », Libération, (lire en ligne)
- ↑ « It failed ». Thomas F. Brady. « GUERRILLAS BACK AT JORDAN CAMP; Attack by Israelis Failed to Destroy Base at Karameh or Wipe Out Commandos » in New York times, 23 mars 1968 en ligne
- ↑ (en) Amir Oren, « Debacle in the desert », Haaretz.com, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Elias Sanbar, Les Palestiniens dans le siècle, Gallimard, (ISBN 9782070532568), p. 79-80
- 1 2 Jean-Pierre Filiu, Comment la Palestine fut perdue, Seuil, , 1050 p. (ISBN 978-2-02-153834-2), p. 551
- ↑ Jean-Pierre Filiu, Histoire de Gaza, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », (ISBN 978-2-818-50770-4), p. 197.
- ↑ « ÉCLAIRAGE. Chronologie d'une vie de combattant », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ « L'ORGANISATION DE GUÉRILLA EL FATH DÉSIGNE M. YASSER ARAFAT COMME SON PORTE-PAROLE OFFICIEL », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Nations Unies, « Résolution 248 », sur docs.un.org, (consulté le )