Khouit Ire

femme politique

Khouit Ire est une reine de la Ve dynastie, fille d'un roi et épouse d'un autre roi.

Khouit Ire
Image illustrative de l’article Khouit Ire
Reconstitution possible de la représentation de la reine basée sur l'iconographie de l'Ancien Empire
Nom en hiéroglyphe
Aa1G43M17
X1
B7
Transcription Ḫwj.t
Période Ancien Empire
Dynastie Ve dynastie
Fonction principale Reine d'Égypte
Sépulture
Nom Mastaba D14
Type mastaba
Emplacement Saqqarah
Découvreur Auguste Mariette

Attestation

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La reine n'est attestée que par sa tombe, le mastaba D14, située à Saqqarah. Parmi ses titres qu'elle porta, on relèvera les suivants[1],[2] :

  • « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts),
  • « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t),
  • « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆),
  • « Suivante du Grand » (ẖt.t-Wr),
  • « Fille du Roi » (sȝ.t-n-nsw.t)[note 1],
  • « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t),
  • « Épouse du Roi sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f),
  • « Celle qui est honorée par Osiris » (jmȝḫwt ḫr Wsjr).

Généalogie

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Khouit Ire est à la fois une fille de roi et une épouse d'un autre roi. Malheureusement, les noms de ces deux rois n'ont pas été retrouvés[1]. Il existe toutefois un consensus parmi les égyptologues quant à l'hypothèse qu'elle ait très probablement vécu durant la seconde moitié de la Ve dynastie, notamment par la présence d'une formule incluant Osiris, qu'on ne rencontre pas avant cette date[3],[1].

Par élimination, l'égyptologue autrichien Wilfried Seipel suggère qu'elle était une épouse du roi Menkaouhor de la Ve dynastie, en attribuant des rois à des reines dont les mariages sont mieux documentés[4]. Cette proposition a été critiquée par l'égyptologue français Michel Baud, qui souligne le fait selon lequel les rois égyptiens pouvaient avoir plusieurs épouses simultanément[1]. Baud propose plutôt que le roi Ounas puisse également être considéré comme une candidate, en raison de similitudes dans le style des titres inscrits appartenant à d'autres reines[1].

Si Khouit Ire avait été une épouse royale d'Ounas, elle aurait pu vivre à la même époque que deux autres épouses de ce roi, Nebet et Khenout, également enterrées dans un mastaba qu'elles partagent, mais cette-fois près de la tombe du roi. Au contraire, conformément à la proposition de Seipel, Khouit Ire pourrait avoir vécu à peu près à la même époque que Mérésânkh IV, une autre reine proposée comme épouse de Menkaouhor sur la base de l'affiliation proche de sa sépulture, cependant la datation du règne de Mérésânkh IV est également incertaine[5].

Sépulture

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Khouit Ire
Type Mastaba
Emplacement Saqqarah
Date de découverte
Découvreur Auguste Mariette
Fouilles
Objets découverts

Khouit Ire possède un mastaba[note 2] dans la nécropole de Saqqarah, au nord du complexe funéraire de Djéser. Il fait partie d'un groupe de mastaba installés le long de l'enceinte à redans dès le début de la Ve dynastie et comportant plusieurs tombeaux de dignitaires depuis le règne d'Ouserkaf qui installa son propre complexe funéraire à proximité de l'angle nord-est de la même enceinte. Ce tombeau a été identifié pour la première fois par Auguste Mariette à la fin du XIXe siècle, qu'il consigné dans un manuscrit, publié de manière posthume sous le titre de Mastabas de l'Ancien Empire[6].

Mariette estima sa construction en calcaire et nota son mauvais état de conservation[6]. Concernant le mastaba lui-même, il rapporta qu'il était enfoui sous le sable et jonché d'innombrables fragments de calcaire, sa chambre funéraire étant vraisemblablement dégradée par le temps[6].

Le mastaba a livré une stèle fausse porte qui était recouverte de stuc qui se serait désagrégé peu de temps après sa mise au jour, avant même d'être répertoriée, détruisant l'inscription dédicatoire et peut-être les noms de ses parents ou tout du moins de son royal époux. Toutefois, selon le catalogue des artefacts entrés dans le Musée de Boulaq, la stèle dans un état de « conservation médiocre » serait entrée dans les réserves du musée sous le numéro JE 15160[7]. Toujours est-il que d'autres parties décorées du mastaba ont subsisté et donné les titres de la reine permettant d'assurer son statut royal, notamment le tambour de la porte d'accès à sa chapelle funéraire[6].

Peter Jánosi observa que la sépulture de Khouit Ire est l'un des rares cas particuliers à Saqqarah de reines apparemment inhumées hors de leur contexte, loin de leur époux[8].

Notes et références

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  1. ↑ La graphie du titre de « Fille du Roi » est normalement en égyptien antique sȝ.t-nsw.t :
    M23X1
    G39
    Ici, la graphie est sȝ.t-n-nsw.t :
    M23N35X1
    G39
    Il pourrait s'agir d'une erreur du scribe, ou bien le scribe avait commencé à écrire le titre « Fille du Roi de son corps » (sȝ.t nsw.t n.t ẖt⸗f) avant de se raviser[2].
  2. ↑ Mastaba référencé no 70 ou D14 sur les cartes du site ; cette dernière référence est due à Auguste Mariette qui a fouillé le site à la fin du XIXe siècle[6].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 Baud 2005, p. 537.
  2. 1 2 Callender 2011, p. 194.
  3. ↑ Jánosi 1992, p. 53.
  4. ↑ Seipel 1980, p. 214.
  5. ↑ Tyldesley 2006, p. 55-56.
  6. 1 2 3 4 5 Mariette et Maspero 1889, p. 207-208.
  7. ↑ Baud 2005, p. 538.
  8. ↑ Jánosi 1993, p. 62.

Bibliographie

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  • Auguste Mariette et Gaston Maspero, Les mastabas de l'Ancien Empire - Fragment du dernier ouvrage de A. Mariette, publié d'après le manuscrit de l'auteur, Paris, F. Vieweg, librairie-éditeur, (lire en ligne) ;
  • (de) Wilfred Seipel, Untersuchungen zu den ägyptischen Königinnen der Frühzeit und des alten Reiches: Quellen und historische Einordnung, Hambourg, University of Hamburg, , 345 p. (lire en ligne) ;
  • (en) Peter Jánosi, « The Queens of the Old Kingdom and their Tombs », Bulletin of the Australian Centre for Egyptology, no 3,‎ , p. 51–57 ;
  • (de) Peter Jánosi, « G 4712 - Ein Datierungsproblem », Göttinger Miszellen, no 131,‎ , p. 53–65 ;
  • Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
  • (en) Joyce Ann Tyldesley, Chronicle of the Queens of Egypt : From Early Dynastic Times to the Death of Cleopatra, London, Thames & Hudson, , 224 p. (ISBN 978-0500051450) ;
  • (en) Joyce Tyldesley, Chronicle of the Queens of Egypt : from early dynastic times to the death of Cleopatra, Londres, Thames & Hudson, , 224 p. (ISBN 0-500-05145-3) ;
  • (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6).