Killing Zoe
Killing Zoe est un film franco-américain réalisé par Roger Avary et sorti en 1994. Premier long métrage du réalisateur canadien, il met en scène Eric Stoltz, Jean-Hugues Anglade et Julie Delpy. Ami du réalisateur, Quentin Tarantino participe à la production du long métrage. L'histoire suit Zed, un perceur de coffres-forts américain qui revient en France pour aider un vieil ami à braquer une banque. Il rencontre par ailleurs Zoé, une prostituée parisienne.
| Réalisation | Roger Avary |
|---|---|
| Scénario | Roger Avary |
| Musique | Tomandandy |
| Acteurs principaux |
Eric Stoltz Jean-Hugues Anglade Julie Delpy |
| Sociétés de production |
Davis-Films Live Entertainment |
| Pays de production |
|
| Genre | thriller |
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 1994 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Roger Avary a ensuite écrit le scénario d'une suite qui, avec le temps, évoluera en un film indépendant, Lucky Day, sorti en 2019.
Synopsis
modifierZed est un perceur de coffres-forts de génie. Cet Américain revient à Paris pour aider un ami d'enfance, Éric, qu'il n'a pas revu depuis 11 ans. Le Français a besoin de lui pour braquer une banque. Dans le taxi qui le conduit à son hôtel, Moïse le chauffeur lui propose de lui trouver une prostituée pour la soirée. Alors que Zed sort de la douche, la jeune femme, Zoe, arrive. Après avoir fait l'amour, ils discutent amicalement et expriment leur affection mutuelle. Zoe lui confie qu'elle étudie l'art et exerce un métier « très ennuyeux » par ailleurs. Ils sont interrompus par l'irruption d'Eric, qui renvoie brusquement Zoe de la chambre. Eric emmène Zed chez lui, où ce dernier rencontre les amis d'Eric. Eric expose son plan : le lendemain, c'est le et tout est pratiquement fermé, à l'exception de la BIP (Banque Internationale de Paris), qu'ils prévoient de braquer. Zed renonce à se reposer pour passer la nuit à faire la fête avec Eric et ses amis dans un club de jazz miteux, qu'Eric décrit comme le « vrai Paris ». Au cours de la soirée, Eric confie à Zed qu'il est séropositif, ayant contracté le virus par usage de drogues par voie intraveineuse.
Le lendemain, Zed est réveillé par Eric alors qu'ils s'apprêtent à pénétrer dans la banque. Affublée de masques de carnaval, l'équipe d'Eric abat rapidement quiconque refuse de coopérer, tandis que Zed est escorté au sous-sol jusqu'au coffre-fort. La situation tourne mal avec l'arrivée de la police ; les braqueurs réalisent qu'ils devront soit forcer le passage par les armes, soit finir leur vie en prison. Eric fait sauter un coffre à l'explosif et découvre une grande quantité de lingots d'or, mais les voleurs ne peuvent espérer sortir vivants de la banque avec leur butin. La tension monte d'un cran lorsque Zed reconnaît Zoe — qui travaille par hasard dans cette banque — et tente de la protéger, au grand dam d'Eric. Une fusillade éclate entre l'équipe d'Eric et la police, prenant Zed au piège. La plupart des braqueurs sont tués, laissant Zed et Eric s'affronter. La police abat Eric. Blessé, Zed est rapidement emmené par Zoe, qui prétend faussement qu'il est un client de la banque. Ils s'enfuient à bord de la voiture de la jeune femme ; Zoe promet alors à Zed que, lorsqu'il sera rétabli, elle lui fera découvrir le « vrai » Paris.
Fiche technique
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Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre original : Killing Zoe
- Réalisation et scénario : Roger Avary
- Musique : Tomandandy
- Décors : David Wasco
- Photographie : Tom Richmond
- Montage : Kathryn Himoff
- Maquillages : Tom Savini
- Producteur : Samuel Hadida
- Coproducteur : Jeff Schechtman
- Producteurs délégués : Quentin Tarantino, Lawrence Bender et Rebecca Boss
- Sociétés de distribution : Films octobre, Davis-Films et Live Entertainment
- Budget : 1,5 million de dollars[1]
- Pays de production :
États-Unis - Langues originales : anglais, français
- Format : couleurs - Dolby
- Genre : film de casse, action, thriller
- Durée : 96 minutes, 99 minutes (version director's cut)
- Dates de sortie[2] :
- New York :
- France :
- États-Unis :
- Classification[3] :
Distribution
modifier- Eric Stoltz : Zed
- Jean-Hugues Anglade : Éric
- Julie Delpy : Zoé
- Tai Thai : François
- Bruce Ramsay : Ricardo
- Kario Salem : Jean
- Salvator Xuereb : Claude
- Gary Kemp : Oliver
- Martin Raymond (VO : Djimon Hounsou) (VF : Jacques Martial) : Moïse, le chauffeur de taxi
- Éric Pascal Chaltiel : Bellboy
- Cecilia Peck : Martina
- Gladys Holland : Sub Lobby Teller
- Kimberly Beck : une cliente de la banque
- Ron Jeremy : le concierge de la banque (caméo)
Production
modifierGenèse et développement
modifierLe projet débute lorsque le producteur Lawrence Bender cherche des lieux de tournage pour Reservoir Dogs de Quentin Tarantino. Il tourne ainsi une banque à Downtown Los Angeles. Mais Quentin Tarantino dit qu'elle ne convient pas à son film, mais qu'elle serait parfaite pour un film se déroulant dans une banque. Lawrence Bender contacte alors la plupart des scénaristes qu'il connait et leur demande s'ils ont un script dont l'histoire se déroulerait dans une banque. Roger Avary ment et répond qu'il a bien un script. Il écrira alors rapidement un premier jet en moins de deux semaines[4],[5],[6].
Pour la violence du film, Roger Avary cite comme influences des films des années 1970 comme Légitime Violence (1977) de John Flynn et Coffy, la panthère noire de Harlem (1973) de Jack Hill. Pour le personnage de Zed, il avoue s'être inspiré du style de l'écrivain Bret Easton Ellis (quelques années plus tard, Roger Avary réalisera une adaptation du roman Les Lois de l'attraction)[4]. Pour certains personnages, dont celui d'Éric, il s'inspire par ailleurs de véritables personnes qu'il a rencontrées lors d'un séjour en Europe en 1987[5].
Possédant un passeport canadien, Roger Avary tente un temps de faire financer son film par une société de production locale mais abandonnera face aux exigences de ladite société. Le projet sera finalement produit par le Français Samuel Hadida, rencontré au festival de Cannes et qui distribuait Reservoir Dogs en France[5].
Attribution des rôles
modifierQuentin Tarantino voulait incarner Éric, mais Roger Avary ne le voyait pas incarner un Français. C'est finalement Jean-Hugues Anglade qui est choisi. De plus, l'acteur traduit lui-même les dialogues anglais en français. Cependant, en raison des règles syndicales, il ne sera pas crédité au générique pour cela. Dans le générique, on peut lire que la traduction a été faite par un certain Yrava Regor, une anagramme de Roger Avary[4].
Tournage
modifierBien que le film se déroule principalement à Paris, le tournage a eu lieu quasiment entièrement à Los Angeles. Seules les scènes d'ouverture et de conclusions ont été tournées dans les rues de Paris. Par ailleurs, Roger Avary voulait tourner dans un restaurant McDonald's français, mais il n'a pas reçu l'autorisation[4],[7].
Pour la séquence dans le club de jazz, Roger Avary et son directeur de la photographieTom Richmond utilisent un objectif à bascule et décentrement[5].
Bande originale
modifierOriginal Soundtrack Music
| Sortie | 1994 |
|---|---|
| Enregistré | TomandAndy Studios (New York) |
| Genre | musique de film, musique électronique, house, ambient[8] |
| Format | CD, cassette |
| Compositeur | Andy Milburn, Thomas Hajdu |
| Producteur | Samuel Hadida |
| Label | Milan |
La musique du film est composée par le groupe américain Tomandandy.
| Liste des titres | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 1. | Go! (Opening) | 2:18 | |||||||
| 2. | Red Drugs | 6:18 | |||||||
| 3. | Z Names | 2:12 | |||||||
| 4. | Entering The Bank (With Romance Remix) | 5:24 | |||||||
| 5. | Clarinets | 2:54 | |||||||
| 6. | Safe Heroin (Disco 2000 Remix) | ||||||||
| 7. | The Assembler (écrit par Stephanie Rubin) | 3:20 | |||||||
| 8. | Gold | 6:20 | |||||||
| 9. | But You Must (Brothers In Rhythm Remix By Rhythm Method) | 5:22 | |||||||
| 10. | Ambient Dixie | 2:03 | |||||||
| 11. | Canaan | 3:15 | |||||||
| 12. | Flying Home (écrit par Robin O'Brien) | 3:44 | |||||||
Accueil
modifierSur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film récolte 36% d'opinions favorables pour 28 critiques et une note moyenne de 5,14⁄10[9].
Roger Ebert le décrit comme « le premier film de braquage de banque de la Génération X »[10]. Roger Avary dira plus tard qu'il veut que l'une des phrases extraite de la critique de Roger Ebert soit écrite sur sa pierre tombale : « Ça a dû être encore plus épuisant de faire ce film que de le regarder »[4].
Dans L'Humanité, Jean Roy écrit notamment « pour le meilleur ou sans doute pour le pire, ce film est symptomatique du travail sur l'ultraviolence auquel se livre toute une jeune génération actuellement, comme s'il n'y avait plus de recours possible que dans une forme moderne de nihilisme qui rencontrerait obligatoirement le carnage sur son chemin, sauf à prendre pour un appel au secours ces films qui font passer Massacre à la tronçonneuse pour du cinéma de pensionnat. (...) ... Les sociologues ont du pain sur la planche. À eux, au moins, on conseillera de voir Killing Zoe. »[11].
Dans Les Inrockuptibles, Frédéric Bonnaud écrit : « Chaque plan du film est bourré de sens jusqu'à la gueule et chaque séquence pensée de manière à intensifier l'action vers plus de brutalité. (...) Cultivé, Avary l'est presque trop et son film abonde en citations picturales, de Jérôme Bosch à Francis Bacon en passant par William Blake. Pourtant, et peut-être à cause de cette abondance référentielle, Killing Zoe est un film qui tend vers l'abstrait, une fascinante cosa mentale »[12].
Ne connaissant qu'une sortie limitée en salles, le film ne rapporte que 418,961 $ aux États-Unis, pour un budget d'environ 1,5 million de dollars[1]. En France, il n'enregistre que 120 520 entrées[13]
Distinctions
modifierLors de la MystFest 1994, Killing Zoe obtient les prix du meilleur film et de la critique. Il obtient le Grand prix au festival international du film fantastique de Yubari 1994. Il est également présenté en compétition officielle au Fantasporto 1995, mais n'y obtient aucun prix[14].
Commentaires
modifierAnalyse
modifierLe film est divisé en trois parties : rouge, blanc et bleu (soit des couleurs des drapeaux américain et français). Le film est « blanc » du début à l'arrivée d'Éric, « bleu » jusqu'à la fête et enfin « rouge » lorsqu'ils se préparent à entrer dans la banque jusqu'à la fin. Les couleurs sont amenées par petites touches, notamment le t-shirt de Zed[4].
Zed et Zoé ne sont jamais sur le même plan, jusqu'à leur scène de sexe[4].
Selon Roger Avary, la banque est censée représenter le cerveau d'Éric[4].
Le titre du film est un oxymore. En grec, zoe ou zoï signifie « vie », « existence ». Killing signifie « tuer » en anglais[4].
Clins d’œil
modifier- Dans la chambre d'Éric, on peut voir une affiche française de Pulsions de Brian De Palma sorti en 1980[4], ainsi que celle de La Reine des Vikings de Don Chaffey sorti en 1967.
- Parmi les tatouages de Zed, on peut voir le logo du groupe de punk hardcore américain Black Flag[4].
Version director's cut
modifierLe coffret 3 DVD de 2004 propose une version director's cut. Ce montage est plus long de deux minutes et quelques secondes. Il ne diffère que très peu de la version cinéma et consiste principalement à quelques plans plus violents et explicites[6],[15],[16].
Projet de suite
modifierRoger Avary a écrit une suite, provisoirement intitulée Lucky Day, qui n'a jamais été produite. Dans son script, Zed et Zoé cherchent à fuir les autorités françaises et se réfugient au Maroc. Ils se rendent dans un casino où ils découvrent que le propriétaire n'est autre que le frère jumeau d'Éric[4]. Plus de 20 ans plus tard, il réalise finalement Lucky Day qui sort en 2019 avec un scénario remanié sans lien avec Killing Zoe[17],[18].
Notes et références
modifier- 1 2 (en) « Killing Zoe », sur Box Office Mojo (consulté le )
- ↑ « Informations sur la sortie » (dates de sortie), sur l'Internet Movie Database
- ↑ « Parental guide » ((en) guide parental), sur l'Internet Movie Database
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 « Trivia » ((en) anecdotes), sur l'Internet Movie Database
- 1 2 3 4 Making-of Shooting Zoe (58 minutes), présent notamment sur le coffret 3 DVD édité en 2004
- 1 2 « Critique du film et du DVD Zone 2 Killing Zoe (1994) », sur DevilDead (consulté le ).
- ↑ « Filming locations » (tournage et production), sur l'Internet Movie Database
- ↑ (en) Killing Zone (Original Soundtrack) - Discogs
- ↑ (en) « Killing Zoe (1994) », sur Rotten Tomatoes, Fandango Media (consulté le )
- ↑ (en) « Killing Zoe review », sur RogerEbert.com, (consulté le )

- ↑ « Ça casse ou ça trépasse », sur L'Humanité, (consulté le )
- ↑ Frédéric Bonnaud, « Killing Zoé », sur Les Inrockuptibles, (consulté le )
- ↑ « Killing Zoe », sur JP's Box-office (consulté le )
- ↑ « Awards » ((en) récompenses), sur l'Internet Movie Database
- ↑ « Alternate versions » ((en) versions alternatives), sur l'Internet Movie Database
- ↑ (en) [https://www.movie-censorship.com/report.php?ID=1618 Killing Zoe Comparison: R-Rated / Director's Cut
- ↑ « Lucky Day : saviez-vous que ce devait être la suite de Killing Zoe ? », sur Allociné, (consulté le ).
- ↑ (en) « Director Roger Avary wrote 'Lucky Day' during year-long incarceration with 'dialogues, ruminations and themes' from 'cell block C4' | MEAWW »,
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :