L'Arabe du futur

série de bande dessinée de Riad Sattouf

L'Arabe du futur est une série de romans graphiques autobiographiques de Riad Sattouf créée en et publiée par Allary Éditions. La série compte 6 tomes.

L'Arabe du futur
Série
Image illustrative de l’article L'Arabe du futur

Auteur Riad Sattouf
Genre(s) Roman graphique autobiographique

Thèmes L'enfance de Riad Sattouf
Personnages principaux Riad Sattouf, sa famille, son entourage
Lieu de l’action Bretagne, Libye, Ter Maaleh, Homs...
Époque de l’action -

Pays France
Langue originale Français
Autres titres Une jeunesse au Moyen-Orient
Éditeur Allary Éditions
Première publication
Nombre d’albums 7
Grand prix RTL de la bande dessinée
Fauve d'or : prix du meilleur album

Histoire

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Dans le premier tome, Riad décrit la rencontre de ses parents à Paris, et leur installation en Libye, puis au village de Ter Maaleh en Syrie. Il pose les bases des thématiques principales de la série : l'image du père, le contexte géopolitique au Moyen-Orient de l'époque et le contraste entre les cultures et traditions européennes et orientales.

Dans le deuxième tome, il raconte particulièrement les conditions de sa vie d'écolier dans son village rural syrien Ter Maaleh avec le déroulement des cours, la violence des enseignants, les relations entre les enfants, l'antisémitisme, la place de la religion et de la politique dans le système scolaire ainsi que la pression par son père.

Le troisième tome met l'accent sur les différences culturelles entre l'Orient et l'Occident : il évoque les évènements religieux comme Noël et le Ramadan, la question de la religion d'une façon générale (aussi bien musulmane que chrétienne) et le contexte de sa circoncision[1].

Le quatrième tome raconte principalement l'adolescence de l'auteur au cap Fréhel avec sa mère et ses frères, alors que son père, de plus en plus religieux, raciste et négationniste, vit seul en Arabie saoudite[2]. Ce tome marque la césure définitive entre le père et le reste de la famille (chose qui avait déjà été préparée dans les tomes précédents), notamment en raison des divergences de pensées et de modes de vie qui les opposent.

Le cinquième tome relate la vie de la famille de l'auteur après l'enlèvement de Fadi, son plus jeune frère, par son père. Il raconte le déchirement entre sa vie « d'adolescent » englobant ses questionnements sur son avenir, son cercle social et sa découverte du sentiment amoureux, et sa vie de famille marquée par l'enlèvement de Fadi, les moyens mis en œuvre pour le retrouver et l'image du père salie.

Le sixième et dernier tome présente la vie artistique de Riad. Sa mère est toujours désespérée par l'enlèvement de son plus jeune fils Fadi. Son père absent continue à lui empoisonner la vie après son départ. Ce tome dévoile la résolution des drames qui ont secoué sa famille, jusqu'à la guerre en Syrie. On y découvre aussi son parcours d'étudiant, ses débuts au cinéma, et surtout comment il a réalisé son rêve de toujours : devenir un auteur de bandes dessinées. Ces années sont marquées par l'absence du père, dont la voix reste pourtant omniprésente tout au long du récit, sous la forme d'une petite bulle rouge coincée dans un coin de presque toutes les cases.

Liste des volumes

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  1. Une jeunesse au Moyen-Orient (-), (ISBN 978-2-37073-014-5).
  2. Une jeunesse au Moyen-Orient (-), (ISBN 978-2-37073-054-1).
  3. Une jeunesse au Moyen-Orient (-), (ISBN 978-2-37073-094-7).
  4. Une jeunesse au Moyen-Orient (-), (ISBN 978-2-37073-125-8).
  5. Une jeunesse au Moyen-Orient (-), (ISBN 978-2-37073-352-8).
  6. Une jeunesse au Moyen-Orient (-), (ISBN 978-2-37073-424-2).
  7. Moi, Fadi le frère volé, tome 1 (-), (ISBN 978-2-9591337-2-5).

Réalisation

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Riad Sattouf en .

Même si la Syrie l'a longtemps inspiré dans son œuvre, c'est le déclenchement de la guerre civile syrienne qui pousse Riad Sattouf à concrétiser son projet[3],[4]. Depuis l'échec commercial de son film Jacky au royaume des filles, il s'isole pour travailler cette histoire familiale qui lui tient à cœur et qu'il a du mal à raconter[5].

Il se base principalement sur ses souvenirs, et cela explique les références régulières aux odeurs et le point de vue enfantin[4].

La couleur dominante des illustrations et des pages de la bande dessinée varient en fonction du lieu de l'action : bleu pour la France, rose pour la Syrie et le Liban, jaune pour la Libye, vert clair pour Jersey, rouge pour la fiction, l'imaginaire ou les éléments violents. D'après Riad Sattouf, ce code couleur « s'est imposé assez facilement [...] ce sont les couleurs de l'émotion »[3].

Fin , Riad Sattouf annonce que la série compterait finalement six volumes[6]. Toutefois, en , il publie Moi, Fadi, le frère volé, prolongeant le récit et d'ailleurs surtitré L'Arabe du futur.

Réception critique

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À sa sortie, le premier tome connait un succès critique[7]. Il remporte différents prix, dont le Fauve d'or d’Angoulême[8].

En , peu de temps après la sortie du tome 2, qualifié d'« excellente autobiographie » par Le Figaro, le volume est déjà annoncé comme un succès de librairie avec 75 000 exemplaires mis en place[9],[10].

En , les deux premiers tomes se sont vendus à plus d'un million d'exemplaires (700 000 en France[1]) et ont été traduits dans dix-sept langues[11].

En France, une critique de l'universitaire Laurent Bonnefoy publiée sur Orient XXI déplore que l'œuvre puisse renforcer certains stéréotypes concernant les Arabes[12] — Nada Yafi écrit dans Plaidoyer pour la langue arabe[13] que Laurent Bonnefoy a dévoilé la caricature d'un Arabe « sale, violent, arriéré, toujours bête, vulgaire, bigot et, bien sûr... antisémite » —, ce à quoi Sattouf répond qu'il caricature dans la même mesure les Français[14],[1]. Un journaliste du New Yorker, dans un portrait consacré à Riad Sattouf, affirme toutefois que L'Arabe du futur est un livre très populaire chez les Syriens expatriés. Le journaliste rencontre également plusieurs intellectuels algériens qui sont frappés par la ressemblance entre l'enfance de Sattouf et la leur dans l'Algérie de Boumédiène[4].

La réception critique dans le monde est excellente[15] : le tome 2 est élu « roman graphique du mois » par le journal anglais The Guardian[16] et le New York Times le qualifie d'« artistiquement exceptionnel »[17].

Dans la revue Caractère, la journaliste Isabelle Calvo-Duval rapporte qu'en , les deux premiers tomes de la série se sont écoulés à 343 300 exemplaires, ce qui en fait les troisième et quatrième ouvrages les plus vendus de l'année (après Le Papyrus de César et Bienvenue en adolescence !)[18].

En , selon RTL[19], les ventes pour les trois premiers volumes représentent plus d'un million et demi d'exemplaires et les traductions existent dans vingt-deux langues, mais pas en arabe.

Prix et distinctions

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Tome 1
Tome 2
Tome 3
Tome 4

Traductions

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Le tome 2 mentionnait des éditions en 15 langues : français, allemand, anglais, brésilien, catalan, coréen, danois, espagnol, finnois, italien, néerlandais, norvégien, polonais, portugais et suédois.

Le tome 3 ajoute 6 langues aux précitées : américain, croate, grec, russe, slovène et tchèque.

Le tome 4 ajoute à ces 21 langues le roumain et le serbe, mais ne mentionne plus le grec.

En , l’Arabe du futur n'a toujours pas été traduit en arabe.

Notes et références

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  1. 1 2 3 Jean-Pierre Filiu, « L'Arabe du futur arrive à maturité », sur Libération, (consulté en ).
  2. ↑ Aurélia Vertaldi, « Riad Sattouf : « Avec L'Arabe du futur 4, je me suis libéré de mon secret de famille » », Le Figaro, (consulté le ).
  3. 1 2 Vincent Brunner, « Riad Sattouf, la mémoire vive de «L'Arabe du futur» », sur Slate.fr, (consulté le ).
  4. 1 2 3 (en) Adam Shatz, « Drawing Blood », The New Yorker, (consulté le ).
  5. ↑ Adrien Schwyter, « Riad Sattouf: avec L'Arabe du futur 4 "'je ne paie plus l'ISF qui n'existe plus" », Challenges, (version du sur archive.org).
  6. ↑ « "L’Arabe du futur" pourrait compter six tomes », sur Tout en BD, (version du sur archive.org).
  7. ↑ Laurence Le Saux, « La bédéthèque idéale : les 10 meilleures BD de l'année  », Télérama, .
  8. 1 2 Frédéric Potet, « Riad Sattouf remporte le Fauve d'or à Angoulême pour « L’Arabe du futur » », Le Monde, (consulté le ).
  9. ↑ Aurélia Vertaldi, « L'Arabe du futur 2 : déjà un succès en librairies », Le Figaro, (consulté le ).
  10. ↑ Julia Dumont, « L'Arabe du futur 2 : l'enfance syrienne de Riad Sattouf séduit les lecteurs », France 24, (consulté le ).
  11. ↑ Stéphane Jarno, « L'Arabe du futur vole de succès en succès », Télérama, (consulté le ).
  12. ↑ Laurent Bonnefoy, « L'Arabe du futur ou la force des préjugés - Une bande dessinée marquée par les stéréotypes », Orient XXI, (consulté le ).
  13. ↑ Nada Yafi, Plaidoyer pour la langue arabe, Montreuil, Libertalia, coll. « Orient XXI » (no 3), , 191 p. (ISBN 978-2-37729-276-9 et 978-2-37729-277-6), p. 164.
  14. ↑ (en-GB) Olivia Snaije, « Riad Sattouf draws on multicultural past for The Arab of the Future », The Guardian, (consulté le ).
  15. ↑ (en) « The Arab of the Future – Riad Sattouf », sur tworoadsbooks.com (version du sur archive.org).
  16. ↑ (en-GB) Rachel Cooke, « The Arab of the Future 2 – terrifying school days in Syria », The Guardian, (consulté le ).
  17. ↑ (en-US) Jennifer Senior, « Review: In ‘The Arab of the Future 2,’ Back to Syria in  », The New York Times, (consulté le ).
  18. ↑ Isabelle Calvo-Duval, « Autour de la bande dessinée », Caractère,‎ .
  19. ↑ Arnaud Mulpas, Nassim Aziki et Riad Sattouf, « Riad Sattouf présente L'Arabe du futur 4 sur RTL », RTL, .
  20. 1 2 Cyril Coantiec, AFP, « Riad Sattouf remporte le grand prix RTL de la BD 2014 », Le Figaro, (consulté le ).
  21. ↑ « Les 5 finalistes », sur fnac.com.
  22. ↑ « L'Arabe du futur de Riad Sattouf remporte le Los Angeles Times Book Prize », L'Obs, (version du sur archive.org).
  23. ↑ « Festival of Books », Los Angeles Times (consulté le ).
  24. ↑ (no) Lauréats du prix Sproing, sur tegneserieforum.no.
  25. ↑ (en) « Manga Division | 2020 [23rd] », Japan Media Arts Festival Archive, sur archive.j-mediaarts.jp (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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Liens externes

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