Léon Katakalon
Léon Katakalon (grec ancien : Λέων Κατακαλών), également appelé Léon Katakalos, Katakylas ou Katakoilas selon les sources, est un général byzantin actif sous les règnes de Basile Ier le Macédonien (867-886) et de Léon VI le Sage (886-912). Parent du patriarche Photios, il est d'abord drongaire de la Vigla sous Basile Ier. Disgracié à l'avènement de Léon VI, il est rappelé quelques années plus tard et devient en 896 domestique des Scholes. À ce titre, il commande l'armée byzantine lors de la lourde défaite de Bulgarophygon face au tsar Siméon de Bulgarie.
La Prosopographie der mittelbyzantinischen Zeit (PmbZ) propose de l'identifier également à plusieurs personnages portant des variantes du nom Katakalon mentionnés sous Léon VI, notamment au général qui s'empare de Théodosioupolis et à un ancien magistros devenu moine et auteur d'un traité militaire. Ces identifications, bien que cohérentes, ne sont pas toutes certaines.
Biographie
modifierÉléments certains
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Les origines de Léon Katakalon sont méconnues. Il est généralement considéré comme le premier représentant connu de la famille Katakalon, qui fournit plusieurs hauts officiers et généraux à l'Empire byzantin aux XIe et XIIe siècles. Les sources hagiographiques le présentent toutefois comme un parent du patriarche Photios. Sous le règne de Basile Ier le Macédonien, il exerce la fonction de drongaire de la Vigla, l'un des principaux commandements des tagmata impériaux. Il appartient ainsi vraisemblablement à l'entourage militaire et politique de l'empereur[1].
Au début du second patriarcat de Photios, en 877 ou peu après, Katakalon intervient contre les partisans de l'ancien patriarche Ignace qui refusent de reconnaître son successeur. La Vie d'Ignace le montre prenant des mesures contre ces ecclésiastiques, probablement pour le compte du pouvoir impérial[1].
La mort de Basile Ier et l'avènement de Léon VI le Sage en 886 provoquent sa disgrâce. Selon la Vie d'Euthyme, il est soumis à une tonsure infamante, exilé et ses biens sont confisqués. Cette disgrâce s'inscrit dans l'éviction de plusieurs proches de Basile Ier et de Photios au début du nouveau règne. Deux propriétés appartenant à Katakalon sont alors confisquées : l'une dans le quartier constantinopolitain de Psamathia, à proximité du monastère du Stoudion, et l'autre au lieu-dit ta Agathou, sur le Bosphore[1].
Son exil est cependant de courte durée. Léon VI fait construire pour son conseiller spirituel Euthyme un monastère à Psamathia sur le terrain précédemment confisqué à Katakalon. Ayant appris l'origine de la propriété, Euthyme refuse le don impérial tant que Katakalon n'est pas rappelé et que ses biens ne lui sont pas restitués. L'empereur accède à sa demande. La chronologie de la Vie d'Euthyme permet de situer ce rappel vers 889-890[1].
Katakalon retrouve ensuite une position importante dans la hiérarchie militaire. En 896, Léon VI le nomme domestique des Scholes en remplacement de Nicéphore Phocas l'Aîné. La reprise de la guerre contre la Bulgarie conduit l'empereur à rassembler une armée considérable comprenant les troupes des thèmes d'Asie Mineure, des contingents des thèmes occidentaux et les tagmata. Katakalon en reçoit le commandement, assisté du patrikios et protovestiarios Théodose[1].
À l'été 896, cette armée affronte celle de Siméon Ier à Bulgarophygon, en Thrace. Les Byzantins subissent une lourde défaite et Théodose trouve la mort au combat. Katakalon parvient en revanche à s'échapper avec quelques hommes et à rejoindre Bulgarophygon ; Skylitzès souligne qu'il se sauve « honteusement » (grec ancien : αἰσχρῶς)[1].
La Chronique du Logothète mentionne par ailleurs qu'il possède une résidence à Rhabdos, dont la localisation exacte demeure incertaine[1].
Hypothèses d'identification
modifierLa suite de la carrière de Léon Katakalon est plus difficile à établir en raison des différentes formes sous lesquelles son nom apparaît dans les sources. La Vie d'Euthyme connaît un Λέων Κατακοίλας, la Vie d'Ignace un Λέων Κατάκαλος, Constantin VII un Λέων Κατάκυλας ou Κατακαλών, tandis que d'autres chroniques emploient encore les formes Κατακαλός et Κατακαλώ. Skylitzès utilise quant à lui le nom Katakalon et lui attribue le surnom d'Abidélas (Ἀβίδηλας). La PmbZ considère que ces formes désignent un seul individu et que Katakalon pourrait être un nom familial alors en cours de formation[1].
Cette identification n'est toutefois pas unanimement admise. Dès la fin du XIXe siècle, Carl de Boor défend l'hypothèse d'un seul personnage[2]. D'autres chercheurs ont ensuite discuté cette reconstruction. Winkelmann appelle notamment à la prudence, tandis que John Haldon présente les différentes possibilités sans se prononcer définitivement[1],[3].
Conquête de Théodosioupolis
modifierLa PmbZ considère comme très probable que Léon Katakalon soit également le général auquel Constantin VII Porphyrogénète attribue une campagne victorieuse dans l'est de l'Anatolie. Celui-ci s'empare de la forteresse de Théodosioupolis et de la région de Phasianè, portant ainsi un coup important aux positions musulmanes de la frontière orientale[1].
La campagne doit avoir lieu sous Léon VI, mais sa date exacte demeure incertaine. Steven Runciman propose de situer la prise de Théodosioupolis en 902. Les Taktika de Léon VI évoquent également, sans le nommer, un stratège qui a récemment arraché Théodosioupolis à ses adversaires et l'a soumise à l'Empire. La PmbZ considère que ce passage se rapporte probablement à la même campagne[1].
La domination byzantine sur Théodosioupolis et la Phasianè n'est cependant que temporaire. La région repasse sous contrôle musulman avant sa nouvelle conquête par Jean Kourkouas dans les années 930 ou au début des années 940[1].
Retraite monastique et œuvre militaire
modifierConstantin VII mentionne par ailleurs un ancien magistros nommé Léon Katakylas qui, devenu moine au monastère de Sigrianè, rédige sur ordre de Léon VI un ouvrage consacré aux campagnes impériales. La PmbZ propose de l'identifier à Léon Katakalon[1].
Si cette identification est correcte, Katakalon aurait donc reçu la dignité de magistros après son commandement militaire, avant de se retirer dans un monastère. Son traité, aujourd'hui perdu, est encore connu de Constantin VII au Xe siècle et constitue l'une des sources utilisées dans la compilation impériale consacrée aux expéditions. Constantin VII porte toutefois un jugement sévère sur ses qualités littéraires et reproche à son texte de comporter de nombreux barbarismes, solécismes et défauts de syntaxe[1].
Identification avec Léon Katakalitès
modifierEnfin, la PmbZ envisage que Léon Katakalon puisse être identique à Léon Katakalitès, impliqué en 913 dans la tentative d'usurpation de Constantin Doukas. Après l'échec du coup de force, Katakalitès est aveuglé et exilé[4].
Cette identification est cependant plus conjecturale que les précédentes. Elle repose principalement sur la proximité des noms Katakalon et Katakalitès. En l'absence d'éléments permettant d'établir formellement qu'il s'agit du même homme, la participation de Léon Katakalon à la tentative d'usurpation de 913 ne peut être considérée comme certaine[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Pmbz, Leon (#24329).
- ↑ (de) Carl de Boor, Vita Euthymii. Ein Anecdoton zur Geschichte Leo's des Weisen A. 886–912, Berlin, G. Reimer, , p. 140-142.
- ↑ (en) John F. Haldon, Constantine Porphyrogenitus: Three Treatises on Imperial Military Expeditions, Vienne, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, coll. « Corpus Fontium Historiae Byzantinae / 28 », , p. 180-182.
- ↑ Pmbz, Leon Katakalites (#24404).
Bibliographie
modifier(de) Prosopographie der mittelbyzantinischen Zeit, Zweite Abteilung (867–1025), Berlin, De Gruyter, , Leon (#24329)