L'Esclave nue
L'Esclave nue[1] est un roman écrit par le célèbre peintre, écrivain et théoricien de l'art français Émile Bernard (1868–1941). Ce roman à forte dimension confessionnelle s'inspire directement de l'histoire d'amour de l'artiste avec Catherine Schwartz (dite Rina), une prostituée qu'il avait rencontrée et qu'il cherchait à sauver de la déchéance[2].
| L'esclave nue | |
Page de garde de l'édition en volume par le Club international du livre | |
| Auteur | Émile Bernard |
|---|---|
| Pays | France |
| Genre | Roman |
| Éditeur | Mercure de France |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1931 |
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Contexte et inspiration
modifierL'œuvre s'inscrit dans un imaginaire fortement marqué par l'Orient, la sensualité des formes, l'érotisme et la stylisation des figures féminines. C'est un prolongement littéraire de l'univers esthétique d'Émile Bernard, très proche de sa démarche picturale. Des témoignages d'époque (comme le journal de Paul Léautaud) mentionnent que le milieu littéraire appréciait la justesse de sa plume pour parler des femmes et de l'amour[3].
Catherine Schwartz, la dernière muse
modifierOriginaire d'Alsace et de 40 ans sa cadette, Catherine Schwartz travaillait comme prostituée à Paris lorsqu'elle rencontra Émile Bernard au début des années 1930. Fervent catholique habité par des questionnements spiritualistes, le peintre tomba profondément amoureux d'elle et chercha à la « sauver » de sa condition[4]. Bernard prit entièrement soin d'elle, lui fournit un appartement parisien et l'emmena en voyage en Italie (notamment à Rome et à Venise en 1933)[5]. Elle devint son modèle favori, posant pour de nombreuses toiles. La présence de Rina poussa l'artiste vers un style académique encore plus réaliste et charnel, se focalisant intensément sur l'étude des nus féminins et des portraits intimistes[6]. Leur histoire d'amour s'interrompt brutalement en 1935 (ou 1936 selon les sources), lorsque Catherine Schwartz meurt prématurément dans un accident de la route. Dévasté par sa disparition, Émile Bernard continua de peindre des nus féminins de manière quasi obsessionnelle.
Diffusion
modifierLa première parution s'est faite sous forme de feuilleton littéraire, répartie dans les deux numéros de janvier de la célèbre revue le Mercure de France. Bien que le roman ait été initialement encensé lors de sa publication par le Mercure de France dès 1931, il n'a pas été publié en livre relié à cette époque. Il a fallu attendre une édition posthume en 1958 chez le Club international du livre pour qu'il paraisse en volume, combiné avec La Danseuse persane, et enrichi d'une longue introduction de Auriant ainsi que de dessins inédits[7].
Double expression artistique
modifierÉmile Bernard a également réalisé une œuvre picturale homonyme. Son tableau L'esclave nue (Nu dans un paysage de rochers)[8], une huile sur toile signée et datée de 1934, fait écho direct aux obsessions thématiques développées dans ses écrits.
Notes et références
modifier- ↑ « L'Esclave nue : roman : suivi de La danseuse persane | WorldCat.org », sur search.worldcat.org (consulté le )
- ↑ « Biographie et œuvre d’Émile Bernard (1868-1941) », sur RIVAGE DE BOHÈME (consulté le )
- ↑ « Émile Bernard », sur Léautaud, (consulté le )
- ↑ « Émile Bernard romancier », sur INHA - Institut national d'histoire de l'art (consulté le )
- ↑ (en) Emile Bernard, Émile Bernard Et Ses Amis, Etc. [With Reproductions and a Portrait.]., (lire en ligne)
- ↑ Fred Leeman, Émile Bernard, (lire en ligne)
- ↑ « Emile Bernard. L'Esclave nue , roman. Suivi de : La Danseuse persane. [Emile Bernard, préface par Auriant.] », sur ccbmn.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Lesclave nue Nu dans un paysage de rochers par Émile Bernard sur artnet », sur www.artnet.fr (consulté le )