La Brigade des maléfices
La Brigade des maléfices est une série télévisée française en six épisodes de 55 minutes, créée par Claude Guillemot et Claude-Jean Philippe, diffusée du au , le lundi à 20 h 30, sur la Deuxième chaîne de l'ORTF. Diffusé à partir du dimanche 20 juin 1971 à 20 h 15 à la RTB, chaîne publique francophone belge.
| Titre original | La Brigade des Maléfices |
|---|---|
| Genre |
Policier Fantastique Mystère |
| Création |
Claude Guillemot Claude-Jean Philippe |
| Production | Les films Jacques Baillon |
| Acteurs principaux |
Léo Campion Marc Lamole Jacques François |
| Musique |
Jorge Milchberg Armand Migiani |
| Pays d'origine |
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| Chaîne d'origine | Deuxième chaîne de l'ORTF |
| Nb. de saisons | 1 |
| Nb. d'épisodes | 6 |
| Durée | 55 minutes |
| Diff. originale | – |
Synopsis
modifierLa « brigade des maléfices », à la préfecture de police de Paris au 36 quai des Orfèvres, est chargée d’enquêter sur les affaires insolites. Ce sont les affaires que la science policière classique n’arrive pas à résoudre, malgré le travail de l’inspecteur Muselier qui ne croit pas au surnaturel.
Le chef de la brigade des maléfices, Guillaume-Martin Paumier, supervise les opérations d’investigation. Avec son adjoint, Albert, ils poursuivent des malfaiteurs inattendus : fées, vampires, fantômes et même une incarnation du diable dans un corps de femme…
Production
modifierDéveloppement
modifierL'idée de la série est de Claude-Jean Philippe et Jean-Pierre Chartier. Lors d’une promenade dans la forêt de Rambouillet, Chartier arrive dans un lieu du lac de Rambouillet, appelé « la mare aux fées ». Lui vient l'idée d’une série fantastique. Claude Guillemot et Claude-Jean Philippe écrivent la série : elle doit laisser le bénéfice du doute aux spectateurs (et aux personnages) quant à la réalité des éléments merveilleux et fantastiques. Claude-Jean Philippe veut un personnage principal qui puisse « déraper facilement vers un fantastique à l'américaine »[1].
Concept
modifierLa série s'inspire des séries fantastiques américaines, comme Madame et son fantôme (The Ghost and Mrs. Muir). L'apparition répétée des personnages, qu’ils soient policiers officiels ou détectives privés, s’inspire également de cette série[2].
Les auteurs font entrer le concept de la série dans l’univers merveilleux. Le projet est difficile à mettre en place, les producteurs n’y croient pas. Un financement de 18 millions de francs leur est accordé pour chaque épisode, (soit trois fois moins que pour un Arsène Lupin). Les épisodes sont tournés en quelques jours, avec une équipe d’une vingtaine de personnes.
Attribution des rôles
modifierLe rôle principal (l'inspecteur Paumier) est incarné par l'acteur Léo Campion. Le choix a été évident pour Claude Guillemot[3],[4].
L'acteur a une carrière diversifiée : il a été caricaturiste, chansonnier, producteur d’émissions radiophoniques, etc.) ; ces expériences allaient enrichir le personnage atypique de l’inspecteur Paumier.
Léo Campion déclarera : « Si j'ai obtenu le rôle de Paumier à la télévision, c'est tout simplement parce que j'étais inconnu »[5]. Il affirme que Claude Guillemot a pris des risques en lui attribuant le rôle principal.
Fiche technique
modifier- Création : Claude Guillemot et Claude-Jean Philippe
- Dialogues : Claude Guillemot, Claude-Jean Philippe et Monique Lefebvre
- Producteur : Les films Jacques Baillon et ORTF Paris (Office national de radiodiffusion télévision française, 1971)
- Société de production : ORTF (France)
- Images et chef de la photographie : Denys Clerval et Noel Very
- Musique : Jorge Milghberg et Armand Migiani
- Son : Jean Louis Ughetto et Dominique Dalmasso
- Décors : Jean Louis Dhuit et Henri Offroy
- Régisseur général : Pierre Andrieux
- Assistant réalisateur : Jean Yves Rousseau et Jean Roger Sahunet
- Script : Beatrice Morch
- Maquilleuse : Monique Sausseau
- Photographe : Jacques Boulay
- Techniciens généraux : Bernard Borel et Rocher Bucher
- Montage : Marie Aimée Debril et Bella Kesbi
Diffusion
modifier| Titre de l’épisode | Date de diffusion | Durée | Heure de diffusion |
|---|---|---|---|
| Les Disparus de Rambouillet | 53 min 32 s | 20 h 30 | |
| La Septième Chaîne | 1 h 1 min 8 s | 20 h 32 | |
| Voir Vénus et mourir | 1 h 10 min 44 s | 20 h 41 | |
| La Créature | 53 min 0 s | 20 h 34 | |
| Les Dents d'Alexis | 51 min 55 s | 20 h 32 | |
| Le Fantôme du HLM | 52 min 52 s | 20 h 34 |
Elle a ensuite été rediffusée en juin-[6] sur la même chaîne et en sur TF1.
| Titre de l’épisode | Date de diffusion | Durée | Heure de diffusion |
|---|---|---|---|
| Les Disparus de Rambouillet | 53 min 32 s | 15 h 21 | |
| Les Dents d'Alexis | 51 min 55 s | 14 h 46 | |
| Le Fantôme du HLM | 52 min 52 s | 15 h 6 | |
| La Créature | 53 min 0 s | 15 h 14 | |
| La Septième Chaîne | 1 h 1 min 8 s | 15 h 17 | |
| Voir Vénus et mourir | 1 h 10 min 44 s | 15 h 19 |
| Titre de l'épisode | Date de diffusion | Durée | Heure de diffusion |
|---|---|---|---|
| Les Disparus de Rambouillet | 53 min 32 s | 13 h 59 | |
| La Septième Chaîne | 1 h 1 min 8 s | 14 h 22 | |
| Voir Vénus et mourir | 1 h 10 min 44 s | 13 h 59 | |
| La Créature | 53 min 0 s | 13 h 57 | |
| Les Dents d'Alexis | 51 min 55 s | 14 h 1 | |
| Le Fantôme du HLM | 52 min 52 s | 13 h 50 |
Au Québec, elle a été diffusée à partir du à la Télévision de Radio-Canada[7].
En France, elle est rediffusée en sur LCP.
Distribution
modifier| N° et titre de l'épisode | Acteurs / personnages principaux de la série | Acteurs / personnages principaux de l'épisode | Acteurs / personnages secondaires de l'épisode | Invité de l'épisode |
|---|---|---|---|---|
| Épisode 1 : Les Disparus de Rambouillet |
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| Épisode 2 : La Septième Chaîne |
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| Épisode 3 : Voir Vénus et mourir |
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| Épisode 4 : La Créature |
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| Épisode 5 : Les Dents d'Alexis |
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| Épisode 6 : Le Fantôme du HLM |
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Épisodes
modifierGénérique
modifierGénérique d'ouverture
modifierLe générique débute par un écran noir ; puis apparaît le nom du producteur : « Les Films Jacques Baillon », accompagné du thème musical de la série.
Le générique est en trois parties. La première présente les quatre personnages principaux : les deux membres de la brigade des maléfices, Paumier et Albert, arrivant dans un side-car jaune et rouge, image qui symbolise ces enquêteurs hors du commun ; puis les deux membres de la « police rationnelle » : le principal et le commissaire Muselier, observant leur arrivée. Le plan montre le visage de l’acteur et son nom en lettre capitale, juste au-dessus du nom du personnage, en minuscule. La musique reprend avec le nom de la série : en fond, Paumier et Albert arrivent à leur bureau, puis apparaissent quelques noms de l’équipe technique.
Dans la deuxième partie du générique, la musique s'arrête, une porte s'ouvre sur le bureau de la brigade des maléfices, un narrateur explique en quoi elle consiste : une brigade secrète et illégale à qui la police fait appel lorsqu'elle est confrontée à l’incroyable et au surnaturel. L'inspecteur Paumier, à la tête de la brigade, a accepté de partager certaines de ses enquêtes. Cette annonce veut donner au spectateur l'illusion qu'il va suivre les aventures de la brigade, le temps d’une enquête.
Le générique insère alors le début de l’épisode, dans une courte scène.
La troisième partie du générique est propre à chaque épisode : Le thème musical reprend, le nom de l’épisode est affiché, sur un fond en lien avec l'univers de l’enquête. Les personnages principaux sont présentés, avec les seuls noms d'acteurs ; puis, les noms des acteurs secondaires défilent ; le nom d'un éventuel acteur invité, avec son rôle ; et enfin, l’autre partie de l’équipe technique est présentée.
Générique de fin
modifierLe générique de fin reprend le thème musical de la série, et présente l’autre partie de l'équipe technique. Dans les deux premiers épisodes, c'est sur un plan fixe de la situation finale. Pour les autres épisodes, seuls les noms s’affichent lors de ce générique de fin, en jaune pour le troisième épisode et en rouge pour les trois derniers, ces couleurs renvoyant aux thèmes des différentes enquêtes.
Épisode 1 : Les Disparus de Rambouillet
modifierScénario
Invités
- Roger Riffard : le braconnier Garou
- Pierre Cordier : le garde-chasse
- Jean-Pierre Andréani : Jacques Lancelot, le photographe
- Virginie Vignon : Musidora
- Alain Lionel : M. Roger Demartin
- Anne Kerylen : Mme Demartin
- Sylvie Fennec : la fée
Épisode 2 : La Septième Chaîne
modifierScénario
- Jean Sagols : Rochemont
- Pierre Brasseur : Diablegris / Diablevert
- Jacques Serres : Antoine Tourmelon
- Annie Sinigalia : Marie Tourmelon
Épisode 3 : Voir Vénus et mourir
modifierScénario
- Philippe Clay : Adonis Kergeyan
- Gérard Lartigau : Jérôme Baraduc
- Olga Valery une victime de Kergeyan
- Anny Duperey : Vénusine
Épisode 4 : La Créature
modifierScénario
- Pierre Brasseur : Diablegris
- Claude Brasseur : Eugène Laurentin
- Albert Simono : Alphonse
- Jenny Arasse : Florence
- Catherine Jacobsen : Marguerite
Épisode 5 : Les Dents d'Alexis
modifierScénario
Épisode 6 : Le Fantôme du HLM
modifierScénario
- Georges Audoubert : M. de Ventoux
- Paul Villé : Le marquis de Palaiseau
- Gérard Séty : Anatole de Palaiseau
- Nicole Gueden : Mme Valentin
- Gabrielle Doulcet : La vieille dame
Univers de la série
modifierLe Merveilleux
modifier- Sortie en 1971, en plein essor des séries[10], La Brigade des maléfices est un mélange de fantastique et de merveilleux[Note 1]. En effet, l’inspecteur Paumier ne semble jamais étonné des faits surnaturels ; il lui semble évident que la résolution des mystères y soit liée. Dans un univers fantastique, ancré dans la réalité, les événements surnaturels ne sont pas acceptés, à l’image de l’inspecteur Muselier, cherchant toujours une explication rationnelle aux événements.
Personnages principaux
modifierL’inspecteur Paumier, personnage principal, apparaît dans tous les épisodes. Il est un enquêteur peu ordinaire, grâce à son lien avec le monde surnaturel. Il a été créé dans un but défini : faire croire à la thèse surnaturelle. Claude Guillemot explique : « Toute la question était d’y croire. Ou de pas y croire. À nos yeux la réponse était donnée puisque nous avions pris le parti de l’imagination. Mais comment y faire croire. C’est alors que naquit Guillaume Martin Paumier, responsable à la préfecture de police, de la Brigade des maléfices. »[1]. Claude Guillemot le décrit : « Il nous fallait un Maigret de la féerie, un Sherlock Holmes du surnaturel »[4]. Claude Guillemot avoue s’être inspiré du personnage du Colonel March, de la série anglaise Les Aventures du colonel March, diffusé en 1955-1956 sur ITV[4].
Albert, un jeune policier pas très sérieux, interprété par l'acteur Marc Lamole, est un des membres de la Brigade des maléfices, fidèle associé de Guillaume Martin Paumier, le chef de la brigade. Il conduit ce dernier à bord de son side-car jaune et rouge, vêtu d'un costume d'aviateur de la belle époque ; il représente la figure de l’assistant, à l’instar de Watson chez Sherlock Holmes.
Le principal : le commissaire principal, un supérieur hiérarchique de Muselier, est interprété par Jacques François, acteur et homme de théâtre français. Il représente, comme Muselier, la police cartésienne et réaliste. Il fait appel à ses deux collègues : Paumier et Albert. Jacques François décrit son rôle pour Télé 7 jours de J-C. Verots : « Je tiens l’emploi d’une sorte de patron d’une Police Judiciaire assez extraordinaire »
Le commissaire Muselier, membre de la police judiciaire, ambitieux et s’appuyant sur des méthodes d'investigation modernes, est toujours sceptique face à Paumier, mais obligé de collaborer avec lui ; son supérieur, le principal, fait appel à la brigade des maléfices dès qu’un élément de l'enquête l’intrigue. Il y a un réel contraste entre la manière de réfléchir et de réaliser l’enquête de ces deux personnages rivaux. Muselier est souvent confus à l'issue des enquêtes de la brigade des maléfices.
Accueil
modifierLa série fut appréciée, pour ses scenarii et pour sa distribution, pour le mélange du policier et du fantastique. La Belgique et la Suisse confirmèrent le succès.
Le public attendait une deuxième saison. Sept épisodes étaient écrits, prêts à être tournés. L'éclatement de l'ORTF annulera le projet.
Mise en abyme
modifierVers la moitié du 6e épisode, l'un des personnages, dans son salon, assiste à l'annonce de la fin des programmes sur son poste de TV en noir et blanc. La speakerine conclut : « J'espère que vous avez passé une agréable soirée en notre compagnie. Je vous rappelle que demain, sur la deuxième chaîne, à 20h30, vous verrez le 49e épisode de La Brigade des Maléfices : « La Sorcière du Drugstore ». Maintenant, je vous souhaite une très bonne nuit. Bonsoir… » Métaréférence humoristique : le 49e épisode a d'autant moins existé que ce 6e épisode était en fait le dernier.
Produits dérivés
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Selon la définition de Larousse, le merveilleux est ce qui s'éloigne du cours ordinaire des choses, ce qui est miraculeux, surnaturel. L'intervention de moyens et d'êtres surnaturels, de la magie, de la féerie, en font également partie. Le fantastique est quant à lui ce qui n'existe que dans l'imagination, ce qui relève de l'inexplicable. Ces deux mondes qui semblent pourtant proches sont en fait opposés. Dans un univers merveilleux, le surnaturel en fait partie, il est accepté autant par les personnages de l’histoire que par le public (lecteurs, spectateurs), ce qui est ici le cas.
Références
modifier- 1 2 Claude-Jean Philippe, « La Brigade des maléfices », Télérama, no 1124, semaine du 1er au 7 août 1971
- ↑ Zoom no 4, Le magazine de l'image,
- ↑ Lors de l'audition de Léo Campion, Claude Guillemot se serait exclamé : « c'est lui, c'est Paumier ! »
- 1 2 3 Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret, Meurtres en séries : les séries policières de la télévision française, Paris, Huitième art, , 289 p. (ISBN 2-7304-0540-2).
- ↑ Laredj Karsallah, « Le Champion des maléfices c'est Champion », Télérama,
- ↑ Date à laquelle la diffusion d'une deuxième saison était prévue mais l'éclatement de l'ORTF a mis fin à ce projet.
- ↑ « Horaire du jeudi », Ici Radio-Canada, vol. 8, no 7, , p. 13 (lire en ligne)
- ↑ « Les Disparus de Rambouillet », sur INAthèque (consulté le )
- ↑ « La Septième Chaîne », sur INAthèque (consulté le )
- 1 2 Séverine Barthes, « 71 Année Fantastique. Réflexivité et séries télévisées sur les chaînes de l'ORTF », Alternative Francophone, vol. 1, no 8, , p. 127–147 (ISSN 1916-8470, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Voir Vénus et mourir », sur INAthèque (consulté le )
- ↑ « La Créature », sur INAthèque (consulté le )
- ↑ « Les Dents d'Alexis », sur INAthèque (consulté le )
- ↑ « Le Fantôme du HLM », sur INAthèque (consulté le )
- ↑ « La Brigade des maléfices », sur Institut national de l'audiovisuel (consulté le )
- ↑ Claude Guillemot et Claude Jean-Phillipe, La Brigade des maléfices, Hachette, , 251 p.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret, Merveilleux, fantastique et science-fiction à la télévision française, Bry-sur-Marne / Paris, INA / Huitième art, coll. « Les dossiers du 8e art », , 183 p. (ISBN 2-908905-09-4).
- Télé 7 jours no 593, .
- Claude-Jean Philippe et Claude Guillemot, La Brigade des maléfices, Éditions Hachette, 1971.
- Interview de JC. Vérots du Télé 7 jours no 593, de Jacques François,
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- « Fiche de la série », sur Annuséries
- « Dossier », sur Le Monde des Avengers
- Visionner les épisodes de La Brigade des Maléfices sur ina.fr