La Semaine sanglante
La Semaine sanglante est une chanson révolutionnaire de Jean Baptiste Clément, écrite en 1871 à Paris où il combattait pour la Commune de Paris, et chantée sur l'air du Chant des Paysans de Pierre Dupont.
| Auteur | Jean Baptiste Clément |
|---|---|
| Compositeur | Pierre Dupont |
| Édition | 1885 |
Elle dénonce le massacre des communards par les Versaillais (armée régulière répondant aux ordres du gouvernement légal du pays, dirigé par Adolphe Thiers et qui siégeait à Versailles) durant la Semaine sanglante, derniers jours de la Commune.
Historique
modifierÉcrite en à Paris juste après les événements de la Semaine sanglante (21 au )[1], Jean Baptiste Clément publie sa chanson seulement quatorze ans plus tard, en 1885, dans un ouvrage édité par souscription intitulé Chansons de J.-B. Clément. Ce recueil de chansons est d'ailleurs dédié « Aux fusillés de 71 ! »[2].
Interprètes
modifierLa chanson a été reprise par différents artistes et groupes :
- Germaine Montero
- Marc Ogeret[Note 1] en 1969, réédition sur l'album CD Autour de la Commune en 1994, compilation, Florilège de la chanson populaire française, Disques Vogue.
- Serge Kerval en 1970, Complaintes et ballades de France, n°5.
- Les Quatre Barbus, La Commune de Paris (1970).
- Francesca Solleville[Note 2] en 1971, réédition sur l'album CD La Commune en chantant en 1988, Disc AZ.
- Rosalie Dubois, Chants de révolte (1978).
- Zap en 1989.[réf. nécessaire]
- Michèle Bernard en 1973 sur Le temps des crises. L’histoire de France à travers les chansons
- Les Amis d'ta femme, Noir... et rouge aussi un peu, 2003.
- La Compagnie Jolie Môme
Musique
modifierElle est composée par Pierre Dupont pour l'air du Chant des Paysans[3].
Paroles
modifier- La Semaine Sanglante
- Sauf des mouchards et des gendarmes,
- On ne voit plus par les chemins,
- Que des vieillards tristes en larmes,
- Des veuves et des orphelins.
- Paris suinte la misère,
- Les heureux mêmes sont tremblants.
- La mode est aux conseils de guerre,
- Et les pavés sont tout sanglants.
- Refrain
- Oui mais !
- Ça branle dans le manche,
- Les mauvais jours finiront.
- Et gare ! à la revanche
- Quand tous les pauvres s’y mettront.
- Quand tous les pauvres s’y mettront.
- Les journaux de l'ex-préfecture
- Les flibustiers, les gens tarés,
- Les parvenus par l'aventure,
- Les complaisants, les décorés
- Gens de Bourse et de coin de rues,
- Amants de filles au rebut,
- Grouillent comme un tas de verrues,
- Sur les cadavres des vaincus.
- Refrain
- On traque, on enchaîne, on fusille
- Tous ceux qu’on ramasse au hasard.
- La mère à côté de sa fille,
- L'enfant dans les bras du vieillard.
- Les châtiments du drapeau rouge
- Sont remplacés par la terreur
- De tous les chenapans de bouges,
- Valets de rois et d'empereurs.
- Refrain
- Nous voilà rendus aux jésuites
- Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
- Il va pleuvoir des eaux bénites,
- Les troncs vont faire un argent fou.
- Dès demain, en réjouissance
- Et Saint-Eustache et l’Opéra
- Vont se refaire concurrence,
- Et le bagne se peuplera.
- Refrain
- Demain les manons, les lorettes
- Et les dames des beaux faubourgs
- Porteront sur leurs collerettes
- Des chassepots et des tambours
- On mettra tout au tricolore,
- Les plats du jour et les rubans,
- Pendant que le héros Pandore
- Fera fusiller nos enfants.
- Refrain
- Demain les gens de la police
- Refleuriront sur le trottoir,
- Fiers de leurs états de service,
- Et le pistolet en sautoir.
- Sans pain, sans travail et sans armes,
- Nous allons être gouvernés
- Par des mouchards et des gendarmes,
- Des sabre-peuple et des curés.
- Refrain
- Le peuple au collier de misère
- Sera-t-il donc toujours rivé ?
- Jusques à quand les gens de guerre
- Tiendront-ils le haut du pavé ?
- Jusques à quand la Sainte Clique
- Nous croira-t-elle un vil bétail ?
- À quand enfin la République
- De la Justice et du Travail ?
- Refrain
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ Carel et Ribard 2021, p. 37.
- ↑ Carel et Ribard 2021, p. 36.
- ↑ Mémoire de la chanson - 1100 chansons du Moyen Âge à 1919, réunies par Martin Pénet. Éditions Omnibus, 1998. (ISBN 2-258-05062-6)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Marion Carel et Dinah Ribard, « Un mode d’action politique : l’énonciation chantée », Langage et société, vol. 3, no 174, , p. 33-54 (ISBN 9782735128082, DOI 10.3917/ls.174.0035).
- Robert Brécy, Les chansons de la Commune : Chansons et poèmes inspirés par la Commune de 1871, Paris, Les Éditions Ouvrières, , 273 p..