Lac Huron
Le lac Huron (en anglais : Lake Huron) est l'un des cinq Grands Lacs d'Amérique du Nord. Il est bordé au nord et à l'est par la province canadienne de l'Ontario et au sud et à l'ouest par l'État américain du Michigan.
| Lac Huron | ||||
Les Grands Lacs avec en bleu foncé le lac Huron. | ||||
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| Administration | ||||
|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||
| Subdivision | Ontario et Michigan | |||
| Fait partie de | Lac Michigan-Huron, Grands Lacs et frontière entre le Canada et les États-Unis | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 44° 48′ N, 82° 24′ O[1] | |||
| Type | Lac d'eau douce | |||
| Origine | Lac glaciaire | |||
| Superficie | 59 600 km2 |
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| Longueur | 332 km | |||
| Largeur | 295 km | |||
| Périmètre | 6 159 km | |||
| Altitude | 176 m | |||
| Profondeur · Maximale · Moyenne |
230 m 59 m |
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| Volume | 3 538 km3 | |||
| Hydrographie | ||||
| Bassin versant | 193 473 km2 | |||
| Alimentation | Rivière Sainte-Marie, Détroit de Mackinac | |||
| Émissaire(s) | Rivière Sainte-Claire | |||
| Durée de rétention | 22 ans [note 1] | |||
| Îles | ||||
| Nombre d’îles | 30000 | |||
| Île(s) principale(s) | île Manitoulin, île Mackinac | |||
| Géolocalisation sur la carte : Canada
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
Géolocalisation sur la carte : Ontario
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Sur le plan hydrologique, situé à la même altitude que le lac Michigan auquel il est relié par le détroit de Mackinac, le lac Huron forme avec lui une même étendue d'eau, le lac Michigan-Huron, qui est le plus grand lac d'eau douce au monde en superficie.
Le principal affluent est la rivière Sainte-Marie, en provenance du lac Supérieur, et le principal émissaire est la rivière Sainte-Claire, qui coule vers le lac Érié. L'eau s'écoule rapidement dans le lac Huron, avec une durée de rétention de 22 ans. Le bassin versant du lac Huron couvre des parties du Michigan et de l'Ontario.
La partie nord du lac comprend le chenal du Nord et la baie Georgienne. Celle-ci, partie la plus orientale du lac Huron, délimitée par la péninsule Bruce et l'île Manitoulin, se trouve entièrement à l'intérieur du Canada.
Le nom du lac Huron provient des premiers explorateurs français qui l'ont nommé ainsi en référence au peuple autochtone qu'ils connaissaient sous le nom de Hurons (Wyandot). Depuis le XVIIIe siècle, le gouvernement britannique a signé avec les autochtones de nombreux accords de cessions de terres. Les Premières Nations ont intenté des actions en justice pour non-respect des engagements.
L'économie autour du lac repose sur les industries minière, pétrolière et du bois, ainsi que sur l'agriculture, la pêche et le tourisme.
L'écosystème du lac Huron souffre notamment à cause de la pollution due aux industries et aux ruissellements agricoles, des espèces envahissantes, etc. Placé sous surveillance internationale, le lac est depuis quelques années dans un état stable et satisfaisant.
Toponymie
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Les trappeurs et coureurs des bois français et Canadiens français, premiers Européens à visiter la région, désignent souvent le lac Huron sous le nom de « Mer Douce ». En 1650, une carte du cartographe français Nicolas Sanson mentionne le lac sous le nom de « Karegnondi », un mot wyandot qui a été traduit de diverses manières, par « Mer d’eau douce », « Lac des Hurons » ou simplement « lac »[2],[Lien 1],[Presse 1]. L'appellation « Lac des Hurons » fait référence au peuple autochtone des Wyandot, que les Français appelaient Hurons[3]. L'explorateur Louis Hennepin reprendra le nom Karegnondi[4].
D'autres appellations, liées aux peuples autochtones (lac des Algonkins, lac Michigange), ou à la royauté française (lac d'Orléans), sont remplacées par celle de « Lac des Hurons », généralement utilisée sur la plupart des cartes européennes de l'époque de la Nouvelle-France et de la Louisiane française[Presse 1].
Géologie
modifierAvant les glaciations quaternaires
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Avant la dernière période glaciaire, le lac Huron est une dépression peu élevée traversée par les rivières Laurentienne (en) et Huronienne, aujourd'hui submergées. Son lit est sillonné par un vaste réseau d'affluents de ces anciens cours d'eau, dont de nombreux chenaux sont encore visibles sur les cartes bathymétriques. La crête d'Alpena-Amberley, située sous la surface du lac Huron, s'étend d'Alpena (Michigan), au sud-ouest jusqu'à Point Clark (en) (Ontario)[Lien 2].
Les glaciations quaternaires
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L'avancée de la calotte glaciaire, puis lors de son retrait vers la fin de cette période glaciaire sculpte la dépression des Grands Lacs[5].
- A l'avancée maximale de la glace (11 800 ans AP), le débordement des lacs Chicago (en) et Algonquin se fait vers le sud à Chicago et Port Huron[6].
- Vers 11 500 ans AP, la déglaciation fait déborder le lac Algonquin vers l'est jusqu’au lac Ontario primitif via un exutoire à Kirkfield. Les bassins des deux lacs sont reliés au sud du détroit de Mackinac, amenant la baisse du lac Huron jusqu'au niveau appelé « stade de Kirkfield ». Le retrait rapide des glaces dans la région de North Bay (Ontario) ouvre des exutoires vers l'est et le bassin versant de la rivière Petawawa, et met fin à l'exutoire de Kirkfield[6].
- Vers 11 000 ans AP, les deux bassins ne font qu'un. Le trop-plein s'écoule vers l'est, jusqu'à la vallée de l'Outaouais et le lac Mink (en)[6].
- Vers 9 900 ans AP, les lacs Chippewa (en) et Stanley (en) sont distincts et connaissent leur baisse finale lorsque la glace (vers 10 300 ans AP) se retire de North Bay. Le lac Chippewa se déverse vers l’est via la rivière Mackinac (en). Des lacs distincts occupent les bassins profonds du lac Huron. Ils débordent par la baie Georgienne et North Bay[6].
- La surélévation du déversoir de North Bay fait monter le niveau dans la baie Georgienne, puis dans le bassin principal du lac Huron (9 000 ans AP), enfin dans son bassin sud (8 500 ans AP). Les bassins des lacs Michigan et Huron sont réunis au niveau du détroit de Mackinac (8 000 ans AP). Plus tard, le lac déborde vers le sud, à Chicago (6 300 ans AP), puis à Port Huron (6 100 ans AP)[6].
- Vers 4 500-4 000 ans AP, un soulèvement condamne l'exutoire de North Bay. Celui de Chicago cesse vers 4 000 ans AP, marquant le début des Grands Lacs supérieurs hydrologiquement modernes, qui débordent par les rivières Sainte-Marie et Sainte-Claire[6].
Son bassin est formé de roches du Bouclier précambrien et de roches du phanérozoïque[Lien 3]. La glaciation huronienne tire son nom des preuves recueillies dans la région du lac Huron.
Géographie
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Avec une superficie de 59 570 km2 (23 000 mi2)[Lien 4], le lac Huron est le deuxième plus grand des Grands Lacs. C'est le troisième plus grand lac d'eau douce de la planète[note 2].
Le lac a une longueur de 332 km (179 nmi) et une largeur maximale de 295 km (159 nmi)[7]. La surface du lac Huron est à 176 m (577 pi) au-dessus du niveau de la mer[7].
En incluant ses 30 000 îles[Lien 5], la longueur de littoral du lac Huron est de 6 159 km (3 827 mi)[Lien 4],[note 3]. C'est le plus long littoral des Grands Lacs[Lien 4].
La plus grande de ses îles, l'île Manitoulin, détient le titre de la plus grande île lacustre au monde[Lien 7]. Elle-même comprend le lac Manitou avec le titre du plus grand lac au monde se trouvant sur une île dans un lac. L'île Manitoulin sépare le chenal du Nord et la baie Georgienne du lac Huron.
La baie Georgienne est une grande baie qui s'avance au nord-est du lac Huron. Elle est parfois appelée « le sixième Grand Lac » du fait de sa dimension et de sa position distincte du lac Huron. Elle recouvre environ 15 000 km2 (5 792 mi2)[Lien 8].
La péninsule Bruce sépare la baie Georgienne de la partie principale du lac Huron est une réserve mondiale de biosphère de l'UNESCO, connue pour sa flore et sa faune uniques, ainsi que pour ses falaises spectaculaires[Lien 8]. La baie de Saginaw est une baie plus petite qui s'avance au sud-ouest du lac Huron. Elle se situe entièrement dans le Michigan.

Autour du lac Huron, la population s'élève à 1,5 million d'habitants de chaque côté de la frontière[Lien 8]. Il n'y a aucune ville de plus de 100 000 habitants, la plus grande étant Sarnia. Parmi les villes de plus de 10 000 habitants, on compte Saugeen Shores (en) au Canada, ainsi que Bay City, Port Huron et Alpena aux États-Unis. Les principaux centres urbains de la baie georgienne sont Owen Sound, Wasaga Beach, Collingwood, Midland, Penetanguishene, Port Severn et Parry Sound.
Hydrologie
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La voie navigable des Grands Lacs
modifierLe lac Supérieur, situé à une altitude supérieure de 6,4 m (21 pi), se déverse dans la rivière Sainte-Marie, qui alimente le lac Huron. L'eau s'écoule ensuite vers le sud jusqu'à son principal émissaire, la rivière Sainte-Claire, à Port Huron (Michigan) et à Sarnia (Ontario). La voie navigable des Grands Lacs se poursuit de là jusqu'au lac Sainte-Claire, puis débouche par la rivière Détroit dans le lac Érié à Détroit (Michigan), et enfin – via le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent – jusqu'à l'océan Atlantique.
Le bassin versant
modifierLe lac reçoit également les eaux de la rivière Au Sable (Michigan). Au total, le lac Huron possède un bassin versant relativement vaste (193 473 km2 (74 700 mi2)), couvrant des parties du Michigan et de l'Ontario.
L'eau s'écoule plus rapidement dans le lac Huron que dans les autres Grands Lacs, à l'exception du lac Erié, avec une durée de rétention de 22 ans.
Le lac Michigan-Huron
modifierLe lac Huron est séparé du lac Michigan par le détroit de Mackinac, un bras de 8 km (5 mi), et 37 m (121 pi) de profondeur. Les deux surfaces ayant la même altitude, ils constituent du point de vue hydrologique une seule et même étendue d'eau appelée lac Michigan-Huron, parfois décrite comme deux « lobes d'un même lac »)[Lien 9],[Presse 2]. Avec une superficie totale de 117 300 km2 (45 290 mi2), le lac Michigan-Huron est, selon la terminologie officielle, le plus grand lac d'eau douce au monde[Lien 5],[Lien 9].
Profondeur
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La profondeur moyenne du lac est de 59 m (194 pi), tandis que la profondeur maximale enregistrée (par sonar) est de 229 m (751 pi)[Lien 4].
Mesuré au niveau des basses eaux, le lac Huron a un volume de 3 500 km3 (840 mi3)[Lien 4]. Il est le troisième plus grand des Grands Lacs, après le lac Michigan et le lac Supérieur[8].

Niveaux d'eau
modifierLe niveau du lac fluctue d’un mois à l’autre, le niveau de référence étant de (176 m (577,4 pi)). Les niveaux les plus élevés sont observés en octobre et novembre, avec un niveau normal à 0,61 m (2 pi) au-dessus de la référence. Les niveaux les plus bas sont observés en hiver, avec un niveau normal à 0,30 m (1 pi) en dessous de la référence.
- Niveau historique des hautes eaux : durant l'été 1986, les lacs Michigan et Huron atteignent leur niveau le plus élevé à 1,80 m (5,9 pi) au-dessus du niveau de référence[9]. Les records mensuels de hautes eaux établis de à sont toujours d'actualité[Lien 17].
- Niveau historiquement bas : durant l'hiver 1964, les lacs Michigan et Huron atteignent leur niveau le plus bas à 0,42 m (1,4 pi) sous le niveau de référence[9]. Les records mensuels de basses eaux sont établis chaque mois de à . Au cours de cette période de douze mois, les niveaux d'eau ont varié de 42 cm (1,38 pi) à 22 cm (0,72 pi) sous le zéro hydrographique[9]. Depuis, seuls les records de décembre et janvier ont été battus. Le niveau historiquement bas des eaux est atteint en [Lien 17],[Lien 18].
Les seiches
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Le lac Huron se caractérise par un rapport important entre la surface du lac et celle de son bassin de drainage. Cela atténue les fluctuations hydrologiques saisonnières observées dans les lacs inférieurs[Lien 19]. Pour autant, aux changements de niveau s’ajoute occasionnellement une oscillation très importante qui se produit moins de 2 ou 3 heures après un changement dans la pression atmosphérique. Ce phénomène, connu sous le nom de seiche, provoque parfois des variations de niveau supérieures à 1,5 m (5 pi) en moins de 3 heures[10].
Climat
modifierDes masses d’air des océans Arctique, Pacifique, Atlantique et du golfe du Mexique convergent sur le lac, créent quatre schémas saisonniers distincts et des conditions météorologiques extrêmes[Lien 3].
Les tempêtes de neige
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Comme les autres Grands Lacs, le lac Huron connaît de fortes chutes de neige dues à l'effet de lac : de l'air froid se déplace au-dessus des eaux chaudes d'un lac. Cet air se réchauffe, s'humidifie et devient moins dense. En s'élevant, l'air se refroidit et la vapeur d'eau se condense en gouttelettes d'eau. En passant au-dessus des terres, la réduction de l'espace aérien provoque une accumulation d'air, un phénomène de convergence par friction. L'air s'élève alors encore plus haut, jusqu'à des zones où il se refroidit et se transforme en flocons de neige[Lien 20],[Presse 3].
Glace
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La surface relativement importante du lac permet la dissipation de la chaleur stockée, ce qui est favorable à la formation de glace[Lien 17]. La couverture de glace est plus importante à proximité des côtes et des chenaux en raison de la moindre profondeur de l'eau et de la protection contre les vents et les courants.
Bien que le phénomène El Niño et des vortex polaires influent sur l'épaisseur des glaces, la tendance est à la baisse[Lien 17]. En 2014 et 2019, le taux de couverture a été important[Lien 17], alors qu'en , les Grands Lacs ne sont gelés qu'à hauteur de 1,17 %[Lien 21].
Tempêtes
modifierD'ordinaire, par vent d'ouest, la houle peut rendre délicate voire difficile, la navigation et l'entrée dans certains chenaux[10]. Quand les facteurs météorologiques se conjuguent, la navigation devient périlleuse.
Sur le lac Huron, lors de la tempête majeure des 13 et , la presse annonce des vagues de 5 m (16 pi) sur le lac Michigan, l'évacuation de 10 000 personnes habitant sur le rivage des lacs Érié et Huron[Presse 4], ainsi que 14 morts sur les Grands Lacs[Presse 5].
D'autres tempêtes sévissent en mars et au début d'. Des vents constants et véloces provenant du nord et du nord-ouest eurent pour effet d'entretenir de fortes vagues le long des rives, provoquant de sérieux dommages entre Sarnia et Bayfield. Le centre de surveillance du lac explique le phénomène dans la presse :
« Quatre facteurs sont nécessaires pour former un wind setup : le vent doit être fort, sur une certaine durée et dans une direction constante, et il doit souffler sur une distance significative (fetch). Le degré du wind setup dépend de combien l'eau monte sur une rive et de combien elle descend sur l'autre. La distance du fetch et la profondeur du lac sont deux facteurs importants. L'eau poussée par le vent retourne sous la surface. Dans un lac moins profond, l'eau montera plus haut. La baie de Sagina, peu profonde, étant dans l'axe du vent, et la zone étant réduite pour l'excédent d'eau, cela explique la montée d'eau. À Essexville, l'eau monte de 1,2 m (4 pi) quand à Harbor Beach, à 100 km (62 mi) au nord, elle ne monte que de 60 cm (2 pi). Si le littoral monte rapidement, comme avec les falaises du lac Huron, un wind setup cause de l'érosion. Pour les Grands Lacs, l'érosion est significative sur 2 100 km (1 305 mi) de littoral et critique pour 320 km (199 mi) »
— Lake Survey Center, 1973[Presse 6].
Tempête de 1913
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De toutes, la Grande Tempête de est la plus grande catastrophe météorologique sur le lac Huron[Lien 22].
Le , la tempête des Grands Lacs de 1913 sur le lac Huron coule dix navires et plus de vingt sont rejetés à terre. Alors que les conditions météorologiques dans ce secteur sont relativement normales pour une « Tempête de novembre » le dimanche midi, la tempête reprend de la force dans l'après-midi pour atteindre des vitesses de vents de 130 km/h voire 140 km/h en rafales. La tempête, qui fait rage pendant 16 heures, tue 235 marins[11],[note 5].
Récit du Manola
modifierLe Matoa, un cargo à hélices de 2 311 tonneaux de jauge brute, passe entre Port Huron (Michigan) et Sarnia (Ontario) peu après minuit. Le , peu après 6 h du matin, le Senator remonte le courant. Moins d'une heure plus tard, le Manola, un cargo à hélices de 2 325 tonneaux de jauge brute également construit à Cleveland en 1890, passe à son tour. Le capitaine Frederick W. Light du Manola signale que les stations météorologiques canadienne et américaine ont hissé des drapeaux d'alerte aux tempêtes sur leurs tours[12]. Ce dimanche matin à 7 h, le Regina quitte Sarnia face à la tempête du nord-ouest. Les alertes sont en vigueur depuis quatre heures[12]. Le Manola dépasse le Regina au large de Port Sanilac, à 19 nmi (35 km) en amont du lac. Le capitaine Light décide que si la situation continue de se détériorer, il cherchera refuge à Harbor Beach, dans le Michigan, à 26 nmi (48 km) plus loin, et où il pourra s'abriter derrière la digue. Avant que le Manola atteigne Harbor Beach, le vent tourne au nord-est et le niveau du lac commence à monter. Il est midi lorsqu'il atteint Harbor Beach et se met à l'abri[12].
Les vagues sont si violentes que le Manola touche le fond en entrant dans le port. Avec l'aide d'un remorqueur, le Manola s'amarre à la digue à l'aide de huit amarres. Il est environ 15 h. À 18 h, lorsque l'équipage se prépare à jeter l'ancre, les câbles commencent à se rompre sous la pression du vent contre la coque. Pour éviter de s'échouer, ils maintiennent l'étrave face au vent, les moteurs tournant à mi-course puis à pleine puissance par intermittence. Malgré cela, le navire dérive sur 250 m (820 pi) avant que son mouvement ne stoppe[13]. Les vagues déferlant sur le navire endommagent plusieurs fenêtres, et l'équipage rapporte avoir vu des portions de la digue en béton se détacher sous l'impact des vagues[12]. Pendant ce temps, à 50 mi (80 km) plus au nord sur le lac, le Matoa et le capitaine Hugh McLeod doivent affronter la tempête sans port sûr[14]. Le Matoa sera retrouvé échoué sur le récif de Port Austin[15].
Il est midi lundi avant que les vents ne se calment, et ce n'est qu'à 23 h que le capitaine Light juge que la situation est suffisamment sûre pour poursuivre son voyage[13],[note 6].
Préhistoire
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Il y a environ 9 000 ans, lorsque le niveau d'eau du lac Huron était d'environ 100 m (328 pi) en dessous du niveau actuel, la crête Alpena-Amberley est un isthme servant de voie de migration à de grands troupeaux de caribous. Depuis 2008, les archéologues ont découvert au moins 60 constructions en pierre le long de la crête submergée, probablement utilisées comme affûts de chasse par les Paléoaméricains[Lien 2],[Lien 24].
L'existence d'un réseau commercial acheminant de l'obsidienne de l'Oregon il y a près de dix mille ans pour la fabrication d'outils a été confirmée par une découverte sous-marine réalisée en 2013 le long de la crête[Presse 8],[Presse 9].
Histoire
modifierHistoire précolombienne
modifierÀ la veille du contact avec les Européens, le développement des sociétés amérindiennes des forêts de l'Est (en) est attesté par les vestiges archéologiques d'une ville située sur ou près du lac Huron. Cette ville comptait plus d'une centaine de grandes structures et abritait une population totale de 4 000 à 6 000 habitants[18].
La berge canadienne du lac Huron fait partie du territoire traditionnel des Tionontati (Pétuns), des Neutres, des Hurons-Wendats et des Anichinabés (Outaouais)[Lien 3].
Arrivée des européens
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Le lac Huron est le premier des Grands Lacs que voient les explorateurs européens (Thomas Fisher Rare Book Library)[Lien 25].
Étienne Brûlé est le premier Européen à voir ce lac[19], lors de ses premiers voyages en Huronie autour de 1615[Lien 26],[Lien 3].
La région qui est aux mains des Français passe en 1760 sous le contrôle des Britanniques après la guerre de la Conquête.
La guerre anglo-américaine de 1812
modifierDurant la guerre anglo-américaine de 1812, l'île Mackinac est, en 1812 puis en 1814, le théâtre de batailles entre l'Empire Britannique et les États-Unis pour la possession de l'île. Celle-ci est l'enjeu majeur pour le contrôle des Grands Lacs et du commerce des fourrures dans la région. Les Britanniques remportent les deux batailles.
Au large de l'île Nancy, dans la baie Georgienne, le navire britannique HMS Nancy (en) combat trois goélettes américaines avec le soutien des Anishinaabe-Ojibwe et des voyageurs canadiens-français[Lien 27].
Accords de cession de terres
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Après le départ des Français, pour accueillir les immigrants au Canada[note 7] et pour permettre l'exploitation minière sur des terres Indiennes, la couronne britannique signe des accords de cession de terres avec les collectivités autochtones[note 8], notamment avec les Anishinaabe des Grands Lacs inférieurs[Lien 28],[note 9]. Les accords entre 1815 et 1860 incluent les terres agricoles fertiles au sud du lac Huron et les terres riches en ressources de la baie Georgienne[Lien 28]. En 1818, le paiement devient une rente annuelle[Lien 29]. Vers 1830, seules de rares terres appartiennent aux Premières Nations dans le Haut-Canada. En 1836, un traité établit sur l'île Manitoulin une réserve pour les Premières Nations dépossédées[Lien 28],[Lien 30].
Le traité Robinson-Huron () prévoit la cession de 35 700 mi2 (92 463 km2) par une population indienne de 1 240 personnes[20],[note 10],[Lien 31],[Lien 32]. Chaque groupe d'Indiens reçoit une somme initiale de 2 000 livres sterling et une annuité de 500 livres sterling doit être versée en argent, indexable sur la rentabilité des terres cédées[Lien 33].
En 1862, le deuxième accord de l'Île Manitoulin cède la plus grande partie de l'île[Lien 28],[Lien 30].
Les Traités Williams (1923) marquent la cession à la Couronne de presque toutes les terres autochtones restantes[Lien 28],[Lien 34].
Règlement de la dette
modifierEn 1992, les sept Premières Nations signataires des traités Williams poursuivent en justice le gouvernement fédéral pour non-respect des traités. La procédure est abandonnée au profit de négociations, qui aboutissent le à une compensation financière, ainsi qu'à des droits de récolte. L'accord autorise à chaque nation première l'ajout de 4 452 hectares à ses réserves par achat auprès de vendeurs consentants[Lien 35].
En 2014, les 21 Premières Nations signataires du Traité Robinson-Huron de 1850 poursuivent le Canada et l’Ontario pour violation du traité. L'unique augmentation des annuités, de 1,70 dollar à 4 dollars par personne date de 1875. En 2023, un accord à hauteur de 10 milliards de dollars est signé pour la compensation des 148 années passées[Lien 36],[Lien 37]. En , la Cour suprême du Canada conclut que la couronne britannique a violé les deux traités, sans se prononcer sur le montant de l’indemnisation ou rentes pour les années futures[Lien 38],[Lien 39],[Lien 40],[Lien 41]. Le cas de personnes non affiliées à une bande spécifique reste non résolu[Lien 42].
Première Guerre mondiale
modifierLa Grande Dépression de 1929
modifierLe krach boursier d' met en grande difficulté, et durant une dizaine d'années, l'économie des Grands Lacs. En 1933, près de 2 300 des 18 000 habitants de Sarnia bénéficient de l’aide sociale[Lien 44]. En 1938, la ville saisit 127 propriétés pour non-paiement d'impôts. Des sans-abri errent dans les rues, mendiant de la nourriture[Lien 44]. Des hommes sont payés pour pelleter la neige, couper la glace et même draguer la baie de Sarnia, où dix épaves de navires ont été exhumées. La société pétrolière Imperial Oil instaure la semaine de cinq jours pour qu'un plus grand nombre d'employés puissent travailler. Les projets publics permettent l'installation d'égouts et le pavage et réfection des routes[Lien 44]. La société Electric Auto-Lite de Toledo s'installe à Sarnia et crée 750 emplois[Lien 44].
De nombreux Indiens quittent leur réserve pour trouver du travail. A Pine Creek, en 1940, il ne reste plus que 35 habitants[Lien 45].
Deuxième Guerre mondiale
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Les bases autour des Grands Lacs servent aux entraînements de pilotes, notamment de la France Libre[Lien 46]. Environ 200 avions sont perdus dans les lacs Michigan, Saint-Clair et Huron. Certaines épaves n'ont pas encore été repérées[Lien 47].
À partir de 1942, des soldats canadiens s'entrainent au Camp Ipperwash sur le Lac Huron, d'une capacité de 2 000 hommes[Lien 48].
Une usine de la vallée chimique de Sarnia produit à partir de 1942 du caoutchouc synthétique (5 000 tonnes chaque mois pour des pneus et des pièces d'avion)[Lien 48].
Économie
modifierIndustries
modifierParmi les industries principales, on compte la transformation des aliments, les produits chimiques, la fabrication d’équipement de transport et les usines métallurgiques[Lien 3].
Depuis 1871 et la raffinerie Bushnell,[Presse 10],[note 11] des raffineries de pétrole sont installées à Sarnia. Aujourd'hui, les nombreuses usines satellites de la « Vallée chimique » du Canada traitent quotidiennement des centaines de milliers de barils de pétrole et transforment leurs sous-produits.
En , près de 800 000 litres de fuel se sont déversés dans la rivière Saginaw d'un terminal de la Standard Oil. Les autorités annoncent espérer peu de dommage pour les poissons et la vie sauvage (little damage to fish and wildlife expected)[Presse 11].
En , la gouverneure démocrate du Michigan met fin à une servitude de 1953 qui permet à la compagnie Enbridge Energy de faire passer un double oléoduc par le détroit de Mackinac. Une fuite d'un oléoduc d'Enbridge (en) dans la rivière Kalamazoo en 2010 avait pollué plus de 61 km du cours d'eau. Quatre ans et plus d’un milliard de dollars avaient été nécessaires pour la nettoyer[Presse 12],[Lien 50].
Mines
modifierDans le bassin nord, on exploite des ressources minérales[Lien 3], surtout autour de Sudbury, dont le bassin, formé il y a environ 1,8 milliard d’années par l’impact d’un météorite, a une dimension de 60 km sur 30 km. Il contient de riches gisements de cuivre, de nickel et de platine[Lien 51]. Sudbury est surnommée ville "du nickel" du Canada[Presse 13]. En 1915, ses mines en fournissent 80 % de la production mondiale[Lien 51].
À Goderich, depuis 1959, on exploite une mine de sel. Elle se situe à environ 500 mètres de profondeur. L’immense réserve de sel pourrait être exploitée jusqu’à la fin du XXIe siècle, sachant qu’en moyenne 8 millions de tonnes sont prélévés chaque année. À ce titre, elle est la mine de sel gemme la plus grande du monde[Lien 52].
Sylviculture
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Dans les bassins nord et sud du lac, on exploite des ressources forestières[Lien 3]. Le côté canadien du bassin est recouvert surtout de forêt mixte où poussent le pin, la pruche, le bouleau, l'érable, le chêne, le hêtre, le noyer et le caryer[Lien 3].
En 1898, en interdisant l'exportation de bois d'œuvre non dégrossi abattu sur les terres de la Couronne, le gouvernement de l'Ontario contribue à l'expansion des scieries sur le lac Huron[Presse 14].
Outre le transport du bois le long de la voie maritime du Saint-Laurent, l'industrie de fabrication des pâtes et papiers est établie dans le bassin du lac Huron. Ainsi à Espanola, (5 400 habitants), sur la rivière Spanish, à environ 100 km à l’ouest de Sudbury, le plus grand employeur est une usine de pâtes et papier. De nombreuses petites collectivités avoisinantes – Webbwood, Massey, Mckerrow et Nairn Centre – vivent de la même industrie[Lien 53].
Le secteur est soumis à la forte concurrence de la presse électronique, ce qui entraîne la fermeture d'usines sur les Grands Lacs, comme celle d'Espanola en 2024[Lien 54],[Lien 55](cette dernière a été rachetée en 2025[Lien 56]).
Agriculture
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Concernant le lac Huron, environ 27 % des terres du bassin et 10 % de celles du rivage sont consacrées à l'agriculture[21]. Essentiellement située dans le bassin sud du lac[Lien 3], notamment de la rivière Saginaw[Lien 57], cette agriculture est intensive et grande consommatrice de produits chimiques (DDT dans le passé, fertilisants, pesticides). De nombreuses serres ont été construites.
Dans le sud-ouest de l'Ontario, on compte des fermes laitières, notamment dans la péninsule de Bruce, des élevages de volaille. On produit des œufs et, dans l'extrême sud-ouest, des légumes[Lien 58].

Exploitations éoliennes
modifierLe sud de l'Ontario compte parmi les plus grands parcs éoliens au pays.
Il y a entre le lac Huron et le lac Érié des centaines d'éoliennes, car ce corridor possède un bon potentiel de vent[Lien 59]. Cependant, le développement des éoliennes et des bâtiments de stockage qui se fait souvent dans les zones agricoles, questionnent les agriculteurs[Lien 59].
Pêche
modifierAprès des années difficiles liées aux espèces invasives (gaspareau, lamproie marine, etc.) et à la surpêche, la pêche est redevenue florissante et génère des ressources qui se comptent en milliards de dollars[Lien 60]. De nombreuses espèces (achigan, perche, doré, brochet, truite arc-en-ciel) peuplent le lac Huron[Lien 3].
Pêche commerciale
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Plusieurs pêcheries s'établissent du côté canadien du lac Huron dans les années 1830 (îles Fishing en 1831, Point Edward en 1838)[22]. Des remorqueurs de pêche à vapeur apparaissent à partir de 1870 (43 sur le lac Huron en 1895), que les diesels remplacent à partir des années 1920[23]. Après 1890, les sociétés américaines prennent le contrôle du marché du poisson[24],[note 12]. Créées après la Première Guerre mondiale, des associations canadiennes (la Lake Huron and Georgian Bay Commercial Fishermen's Association en 1918) cherchent à influencer la réglementation et le marché du poisson[24]. Arrivé dans les années 1960, le chalutage a facilité la surpêche. Aujourd'hui, Le lac est aujourd'hui réputé pour sa pêche commerciale (cisco, perche, doré, cyprin, carpe).
Pêche de loisir
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Qu'elle soit pratiquée en bateau, en kayak, le long de la côte, ou même sur la glace en hiver, la pêche d’agrément compte de nombreux adeptes[Lien 61].
Depuis des décennies, à chaque mi-avril, à Tawas City, des milliers de pêcheurs se rassemblent au canal Whitney Drain, un canal artificiel du lac Huron, pour pêcher des éperlans à l'aide d'épuisettes.
Gestion de la ressource
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Afin de préserver, voire améliorer, cette activité sur le lac Huron, les autorités doivent trouver un équilibre entre ressources du lac, les espèces invasives et se prémunir des autres contraintes liées à l'homme. Ainsi, en 1991, les États-Unis ont interdit la pêche commerciale du gaspareau, afin de préserver la pêche de loisir du saumon, son prédateur[Lien 60]. La réglementation de la pêche de loisir en restreint les périodes, variables selon les espèces[note 13],[Lien 62], ainsi que le nombre de prises par zone [note 14],[Lien 63]. Ces contraintes sont symptômatiques du danger d'extinction encouru par certaines espèces.
Gestion de l'eau
modifierAu milieu des années 1960, la population du sud-est du Michigan dépasse la capacité de ses ressources en eau. Pour desservir les villes de Détroit et de Flint, le service des eaux de la métropole de Détroit entreprend en 1968 de creuser à partir de Port Huron un tunnel de 10 km (6 mi) à travers le substratum rocheux sous le lac Huron[Lien 64]. Le , le percement d'une poche de méthane provoque une explosion dans le tunnel, à 76 m (249 pi) sous la surface[Presse 15],[Lien 65],[Lien 66]. L'explosion fait 22 morts et de nombreux blessés. Le tunnel est néanmoins opérationnel en 1973.
Le [Presse 16], la Karegnondi Water Authority (en) est créée pour construire et gérer un pipeline reliant le lac à Flint (Michigan)[Presse 17].
Le lac Huron représente un gigantesque réservoir d'eau que le président américain Donald Trump entend récupérer pour irriguer la Californie. Cette convoitise exacerbée provoque un sursaut patriotique au Canada en général, et à Sarnia en particulier[Lien 67].
Tourisme
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Monuments, patrimoine et culture
modifierLe pont Mackinac, qui enjambe les détroits de Mackinac entre les lacs Huron et Michigan, était le pont suspendu le plus long au monde au moment de sa construction, en 1957[Lien 3]. Parmi les monuments remarquables, les phares (environ 120 autour du lac[Lien 68]).
Le patrimoine est très présent : Liste des lieux patrimoniaux du comté de Huron.
Depuis 1952, le festival de théâtre de Stratford attire de nombreux amateurs[Lien 69]. Plus intimiste, le festival de Goderich rappelle les racines celtiques de la population[Lien 70].
Les nations premières ne sont pas en reste, qui organisent festivals de danse et de cinéma, notamment sur l'île Manitoulin[Lien 71]. Elles gèrent aussi des parcs, tels que les parcs historiques de la Huronie[Lien 72], à Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons et sur l'île Nancy.
Plages et Parcs
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« Le gigantesque lac Huron n'offre pas moins de 6 157 kilomètres de rives, dont beaucoup sous forme de plages de sable blond. »
— Comptoir des voyages[Lien 73].
Sur le long du littoral du lac Huron, se trouvent de nombreuses plages, mais aussi de nombreux parcs. Les adeptes de baignade, de canotage, de randonnée, de pêche ou d'observation de la faune, tous y trouvent leur bonheur[Lien 68]. Quelques exemples parmi ces parcs :
- Le parc provincial de l'Île Manitoulin : dans ce joyau naturel de 1 080 hectares de forêts denses, de falaises escarpées et de plages de sable doré, sentiers de randonnée, eaux cristallines, grottes anciennes et vues panoramiques vous attendent[Lien 74].
- Le parc national de la Péninsule-Bruce : réserve protégée de 154 km2, il abrite une biodiversité unique, allant des forêts denses aux côtes escarpées. sentiers sinueux, des chutes d'eau majestueuses et des plages cristallines. Lieu de migration de milliers d'oiseaux chaque printemps et automne[Lien 74].
- Le parc provincial Algonquin
- Le parc marin Fathom Five se compose d'une vingtaine d'îles avec des formations rocheuses de plusieurs millions d'années et plus d'une vingtaine d'épaves, où les plongées (encadrées) sont possibles[Lien 75].
Épaves
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Plus d'un millier d'épaves ont été recensées dans le lac Huron. Parmi celles-ci, 212 navires coulés sont dans la baie Georgienne, 185 dans la baie de Saginaw et 116 dans le sanctuaire marin national de Thunder Bay (en)[25],[note 15].
Des épaves sont encore découvertes de nos jours : celle du vapeur Africa qui a sombré en 1895, est découverte par hasard lors d'un documentaire sur les moules quaggas[Lien 76]. Celle de l'Ironton, coulé en après une collision avec l'Ohio lui aussi coulé[Lien 77].
Le Griffon
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Considéré comme le premier navire européen à avoir navigué sur les Grands Lacs, le Griffon est également le premier navire à y avoir sombré. Construit en 1679 sur la rive orientale du lac Érié, près de Buffalo (État de New York), il est commandé par Robert Cavalier, sieur de La Salle. Le navire traverse le lac Érié, remonte la rivière Détroit, puis le lac Sainte-Claire et la rivière Sainte-Claire jusqu'au lac Huron. Après avoir franchi le détroit de Mackinac, La Salle accoste sur l'île Washington, au large de la pointe de la péninsule de Door, sur la rive du Wisconsin, dans le lac Michigan. Il charge le Griffon de fourrures et, fin , le renvoie vers l'emplacement de l'actuelle Buffalo, d'où il n'est jamais revu. Emporté par une violente tempête peu après son départ, le Griffon s'échoue.
Deux épaves ont été identifiées comme étant celles du Griffon, mais aucune ne l'a été formellement : une épave dans le détroit de Mississagi, à l'extrémité ouest de l'île Manitoulin[Presse 18],[Lien 78],[Lien 79]; une autre sur l'île Russell, 240 km (149 mi) plus à l'est dans la baie Georgienne[Lien 78].
État du lac
modifierLe lac Huron a une durée de rétention de 22 ans[note 1]. Comme tous les Grands Lacs, son écologie a subi des changements drastiques au cours du siècle dernier. Le lac abritait à l'origine une population de poissons indigènes d'eau profonde, dominée par le touladi, qui se nourrissait de plusieurs espèces de ciscos, ainsi que de chabots et d'autres poissons indigènes (Corégone, hareng de lac, truite de lac, perchaude, esturgeon, brochet et éperlan arc-en-ciel[Lien 8],[26]). Plusieurs changements drastiques sont observés au sein de la communauté zooplanctonique[Presse 19],[Lien 80].
« À cause de la surpêche, de la pollution, de l’industrialisation, il ne reste plus qu’une infime portion de la biomasse qui existait au moment de l’arrivée des Européens. »
— David Sweetnam[Lien 81],[note 16].
Espèces envahissantes
modifierLa liste des espèces envahissantes interdites compte 13 poissons, 6 invertébrés et 7 plantes[Lien 82].
Algues
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Le lac Huron abrite de nombreuses espèces d'algues, notamment le potamot crépu, une grande algue ressemblant au varech, aux petites feuilles frisées, pouvant atteindre 5 m (16 pi); la myriophylle à épis, une grande algue ressemblant à du varech avec des feuilles ressemblant à des pins, poussant souvent en buissons, atteignant des hauteurs de 2,5 m (8 pi); la soie d'eau, une algue lisse et soyeuse qui pousse souvent sur les rochers; et la sorgho musqué, une algue marine à tige fine et à feuilles en forme de fleur.
Le myriophylle en épi et le potamot crépu sont deux espèces envahissantes qui peuvent priver les espèces d'algues indigènes de ressources[Lien 83].
Coquillages et crustacés
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Le cladocère épineux (en) et la puce d’eau en hameçon (Cercopagis pengoi), deux crustacés qui sont des espèces de zooplancton. Introduits dans les Grands Lacs par l’entremise des eaux de ballast des navires de haute mer, ils ont d'abord été observés en 1982 et 1998 dans le lac Ontario. Ils s'attaquent aux autres zooplanctons (dont le déclin moyen approche 40 %), qui constituent la nourriture de poissons comme l’achigan, le doré jaune et la perchaude[Lien 84].
Les moules zébrées et quagga sont arrivées dans les grands Lacs à la fin des années 1980, elles aussi par les eaux de ballast. En monopolisant la nourriture, elles impactent l'aire de frai des poissons. En filtrant l'eau, elles facilitent la prolifération d’algues toxiques[Lien 80], et stockent la toxine du botulisme de type E qu’elles transmettent à la chaîne alimentaire lorsqu'elles sont mangées[Lien 80]. Elles bouchent les prises d'eau de centrales électriques et de traitement des eaux en se fixant sur elles[Lien 85].
Poissons
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Plusieurs espèces envahissantes, dont la lamproie marine, le gaspareau, l'éperlan arc-en-ciel et le gobie à taches noires ont proliféré dans le lac dès les années 1930. Le principal prédateur indigène, le touladi, a pratiquement disparu du lac vers 1950, victime de la surpêche et des ravages causés par la lamproie marine[27]. Plusieurs espèces de ciscos ont également disparu du lac dans les années 1960. Les seuls ciscos indigènes restants sont le cisco à ventre jaune et le cisco de lac. Le saumon du Pacifique, une espèce non indigène consommatrice de gaspareau[Lien 60], a été introduit dans le lac depuis les années 1960[28]. Des touladis d'écloserie ont été relâchés pendant des décennies dans le but de réhabiliter l'espèce[Lien 86]. L'espèce est aujourd'hui largement autosuffisante, notamment dans la moitié nord du lac. La population de doré jaune dans la baie de Saginaw, a atteint les objectifs de rétablissement en 2009. Néanmoins, des études relativisent ces bons résultats : sur la période 1995-2006, un fort déclin de la population de poissons démersaux du lac[Presse 20].
Conclusions du rapport 2022 sur l'état du Lac Huron
modifier- Le lac Huron demeure sain malgré les proliférations d’algues près des rives et la réduction des éléments nutritifs en zone extracôtière causées par la présence de moules envahissantes[Lien 87].
- Le lac Huron continue d’être une bonne source d’eau potable de haute qualité. L’état des produits chimiques toxiques surveillés dans le lac Huron a été jugé bon, et les tendances à long terme indiquent que les concentrations sont en baisse. Les concentrations de contaminants dans les filets de poisson continuent aussi de diminuer ou demeurent stables. Les poissons du lac Huron continuent d’être une source alimentaire nutritive, même si des restrictions entourant la consommation de certaines espèces de poissons continuent d’être recommandées.
- Les facteurs de stress agricoles et à l’utilisation des terres, comme le ruissellement provenant des fermes et des zones urbaines, sont plus courants dans la partie sud du bassin et contribuent généralement à la dégradation des milieux humides côtiers.
- Par ailleurs, huit nouvelles espèces non-natives se sont répandues dans le lac Huron à partir d’autres bassins lacustres au cours de la dernière décennie.
Notes
modifier- 1 2 Plus la période de rétention est courte, plus le lac renouvelle rapidement son volume d'eau, ce qui est un atout dans sa lutte contre les contaminants. La rétention en années des Grands Lacs : Érié (2,6); Ontario (6); Huron (22); Michigan (99); Supérieur (191).
- ↑ La mer Caspienne est considérée comme un lac d'eau saumâtre.
- ↑ dont 3 186 km (1 980 mi) pour les îles[Lien 6].
- ↑ Références pour certaines parties de la carte bathymétrique[Lien 11],[Lien 12],[Lien 13],[Lien 14],[Lien 15]
- ↑ La presse française annonce 150 morts, 311 cadavres, 17 bateaux disparus, dont le James Carruther, le Wexford et le Regina (avec des équipages respectifs de 22, 18 et 18 hommes)[Presse 7].
- ↑ Bien que le Manola ait survécu à la tempête, il est rebaptisé Mapledawn en 1920 et, le , il s'échoue sur l'île Christian (en) dans la baie georgienne[16]. Il est déclaré perte totale. Les sauveteurs peuvent récupérer environ 75 000 boisseaux d'orge[17],[Lien 23].
- ↑ Entre 1783 et 1812, 30 000 loyalistes de l'Empire-Uni (colons américains fidèles à la Couronne pendant la révolution américaine)[Lien 28]; après de la guerre anglo-américaine de 1812, les immigrants européens, de plus en plus nombreux.
- ↑ Quatre accords entre 1764 et 1783, 15 entre 1783 et 1812[Lien 28]; après 1812, ceux du lac Rice (1819), de Long Woods (1822), etc. De 1764 à 1836, vingt-sept accords[Lien 29].
- ↑ Des accords (Crawford (1783), McKee (1790), lac Simcoe (1798)), rivière Crédit (1806)) conservent aux résidants indiens, sur certaines zones cédées, des droits, voire l'exclusivité, de chasse et de pêche[Lien 29].
- ↑ La rive du lac Huron, y compris les îles, de la baie de Matchedash à la baie de Batchewana, et de la partie de l'intérieur, s'étendant jusqu'à la hauteur des terres[Lien 29].
- ↑ Imperial Oil la rachète[Lien 49]
- ↑ En 1890, pour faciliter l'importation de poisson, les douaniers américains décident que les poissons capturés par des Américains ou à l'aide de filets appartenant à des Américains étaient américains, même s'ils proviennent d'eaux canadiennes[24].
- ↑ Pour le lac Huron canadien : Saumon atlantique ou du Pacifique, Truite brune, Barbue de rivière, Marigane, Grand corégone, Grand brochet, Truite arc-en-ciel, Crapet, Dorés, Perchaude : toute l’année; Touladi (10 mois); Maskinongé (7 mois); Achigans (5 mois); pêcher l'esturgeon de lac est interdit.
- ↑ 1 saumon atlantique, 1 maskinongé, 3 touladi, 5 saumons du Pacifique, 6 achigans, 6 dorés, 6 grands brochets, mais 25 grands corégones, 100 perchaudes.
- ↑ Le sanctuaire marin national de Thunder Bay et sa réserve sous-marine, d'une superficie de 11 000 km2 (4 247 mi2), ont été créés en 2000.
- ↑ En 2006, la biomasse ne représente que 5 % de celle enregistrée dans les années 1990[Presse 20].
Presse
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Références
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Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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- Peter G. Ramsden, « Pétuns » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. Publié le 30 septembre 2007. .
Articles connexes
modifierLiens complémentaires
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- (en) « NOAA chart #14860 (Lake Huron) »
- (en) « In the Depths of Lake Huron, Secrets of an Ancient Sea », sur Environmental monitor, (consulté le )
- (en) « 2004 Lake Huron Binational Partnership Action Plan » [PDF] (consulté le )
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- « Un cargo attaqué par des vagues monstres dans le lac Huron pendant une tempête d'hiver », sur reddit (consulté le )
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- (en) « Great Lakes Coast Watch » (version du sur archive.org)
- (en) « Lake Huron Data » (version du sur archive.org)
- (en) « Lake Huron GIS » (version du sur archive.org)
