Lanabes est un terme basque signifiant « outil » ou « instrument de travail ». Dans la mythologie basque, différents outils apparaissent dans des récits légendaires et sont parfois associés à des propriétés magiques ou protectrices. La hache, par exemple, est liée à la protection contre la foudre, tandis que certains outils agricoles ou domestiques interviennent dans des récits mettant en scène des êtres surnaturels[1].

Liste de lanabes

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  • Aide, Aidetikako, Aideko ou Lañaide (brouillard) : le génie du choléra qui fit son apparition sous cette forme voilà plus d'un siècle.
  • Aizkora, Aihotz (hache) : la hache en acier est l'un de ces instruments. Posée sur le seuil de la porte principale de la maison, le fil dirigé vers le haut, elle éloigne la foudre durant les bourrasques. Assimilée à la foudre, la hache de pierre est une arme lancée sur terre par Odei. C'est une forme ancienne de l'utilisation de la hache comme paratonnerre. La hache fut également une arme de jet, utilisée par le Basajaun dans certaines légendes[2].
  • Aitzur (pioche) : la pioche apparaît dans la légende de Mutilbildurgabe (« le jeune homme sans peur »). Dans ce récit, un Izugarri, c'est-à-dire un revenant ou un être effrayant, utilise cet outil pour creuser la terre à l'endroit où un trésor est caché. L'outil intervient ainsi dans un récit surnaturel associant la recherche d'un trésor à la présence d'un être de l'au-delà[2].
  • Arrastelu, Eskuare (râteau) : le râteau apparaît dans la légende de Xaindia, une jeune servante qui sort de nuit pour récupérer un outil oublié dans un champ. Alors qu'elle revient, elle est emportée dans les airs par des forces surnaturelles. En passant au-dessus de la chapelle Saint-Sauveur d'Iraty, elle invoque le saint et obtient sa délivrance. Dans la version publiée par Julien Vinson sous le titre « Le Râteau », le récit est présenté comme une histoire vraie[3]. Toutefois, l'outil décrit dans les différentes versions de cette légende ressemble davantage à une houe ou à un croc qu'à un râteau au sens strict[4].
  • Igitai (faucille) : la faucille figure comme une arme de jet dans une légende. Posée au sommet d'un piquet, elle sert de paratonnerre et protège la maison contre la foudre.
  • Kuuso (épouvantail) : dans la mythologie basque, le kuuso est un épouvantail auquel sont attribuées des fonctions protectrices. Il est destiné à éloigner les génies malfaisants et les esprits nuisibles. Il témoigne de la place des objets protecteurs dans les croyances populaires basques, où certains éléments du quotidien sont associés à des fonctions apotropaïques, c'est-à-dire destinées à repousser le mal[1]
  • Txarrantxa (carde à lin) : la carde est un instrument muni de pointes servant à démêler et à affiner les fibres de lin avant leur filage. Dans la tradition mythologique basque, elle apparaît dans une légende de la Lamiña de Kobaundi, qui offre plusieurs cadeaux à son fiancé. La txarrantxa figure parmi ces présents, associant ainsi un outil du travail textile à l'univers des êtres surnaturels de la mythologie basque[5].
  • Kutun (amulette) : objet auquel sont attribuées des vertus protectrices ou curatives.
  • Labatz (crémaillère) : objet du foyer qui représente symboliquement la maison et la famille dans certains rites.
  • Labe (four) : le four domestique occupe une place dans les traditions populaires basques. Associé à la maison et à la vie familiale, il apparaît dans certaines légendes de la mythologie basque. Le terme désigne également le four utilisé pour la cuisson du pain et d'autres aliments[6].
  • Orrazi (peigne) : Le peigne est très fréquent dans les légendes des Lamiñak et il est toujours en or. Objet de convoitise, les humains tentent toujours de le dérober.
  • Eskubarra, le mot exact en basque serait plutôt arrastelu, eskuare (râteau) : il est à l'origine d'un rapt par le diable lorsqu'une jeune fille, Xaindia, alla le chercher de nuit dans un champ[7]. Cependant, l'outil représenté et décrit est plutôt une sorte de houe ou croc, haitzurrotxa.
  • Zetabe, Bahe, Maze (tamis) : le tamis apparaît dans la légende d'Axular, écrivain basque auquel la tradition populaire attribue des pouvoirs extraordinaires. Dans un récit légendaire, il lui sert à échapper au diable. Le terme zetabe désigne plus précisément un tamis à mailles fines, utilisé pour séparer les éléments les plus fins des matières tamisées. Il est formé à partir de zeta (« soie ») et de bahe (« tamis »), en référence à la finesse de son maillage[8],[9].
  • Eraztun (bague, anneau) : la bague apparaît dans une légende basque mettant en scène Tartalo (ou Torto), un être cyclopéen de la mythologie basque. Dans ce récit, Tartalo offre une bague à une jeune fille qu'il veut garder auprès de lui. L'anneau est doté d'une propriété surnaturelle : il parle et révèle la présence de la jeune fille lorsqu'elle tente de s'enfuir. Incapable de retirer la bague, celle-ci finit par se couper le doigt pour échapper à son poursuivant. L'anneau joue ainsi le rôle d'un objet magique qui permet à l'être surnaturel de retrouver sa captive[3].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 (es) « Mitología », Eusko Ikaskuntza, Auñamendi Eusko Entziklopedia
  2. 1 2 (es) José Miguel de Barandiaran, Diccionario ilustrado de mitología vasca, vol. I, Bilbao, La Gran Enciclopedia Vasca, coll. « Obras completas », , 186 p.
  3. 1 2 Julien Vinson, Le Folk-Lore du Pays Basque, Paris, Maisonneuve,
  4. ↑ « Les éditions des contes basques : les textes sources et les éditions contemporaines », Lapurdum
  5. ↑ (es) « Mitología », Eusko Ikaskuntza, Auñamendi Eusko Entziklopedia
  6. ↑ (eu) « Labe », sur Lur hiztegi entziklopedikoa, Gouvernement basque
  7. ↑ Le Râteau est le titre de ce conte, ou de cette légende, dans Julien Vinson, Le folk-lore du Pays basque, Paris, Maisonneuve, 1883
  8. ↑ (es) « Criba », Eusko Ikaskuntza, Auñamendi Eusko Entziklopedia
  9. ↑ Dictionnaire étymologique basque (lire en ligne)

Bibliographie

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