Le Baron noir

bande dessinée

Le Baron noir est une série de strips parus dans le journal Le Matin de Paris de 1976 à 1981, dessinés par Yves Got et scénarisés par Pétillon, et parfois par Got lui-même, Christian Godard, Mandryka ou Martin Veyron.

Description

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Il s'agit d'un traitement cynique de l'actualité sociale et politique de l'époque, mettant en scène des moutons face à leur principal prédateur : le baron noir (un aigle). Les moutons se montrent en général impassibles, à l'exception de quelques leaders historiques, syndicalistes et rebelles. Le Baron noir est un prédateur sans scrupules qui effectue des « prélèvements régulateurs », c'est-à-dire qu'il enlève des moutons probablement dans le but de les dévorer.

Le surnom de l'aigle est inspiré de celui de Manfred von Richthofen, un aviateur allemand de la Première Guerre mondiale. De famille noble et ayant fait peindre son avion entièrement en rouge pour provoquer ses adversaires, il fut rapidement surnommé « le Baron rouge » par les deux camps.

D'autres animaux apparaissent dans la série. On y voit ainsi un éléphant et une tortue qui font de grands raisonnements et débattent longuement de la question de l'équilibre entre les moutons et le baron pour finalement ne pas agir, ainsi que des rhinocéros policiers, des tatous propriétaires, etc.

Analyse

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Christophe Quillien estime que dans la série, les rôles sont distribués d'après une logique imparable : le rapace enlève les moutons pour les dévorer. Il n'y peut rien, c'est sa nature, selon l'ancestrale loi de la nature voulant que le fort triomphe du faible. En avance sur son temps, il annonce l'ultralibéralisme. Les moutons tentent parfois de se défendre, individuellement ou collectivement, mais toujours en vain. Quand ils déclarent à leur ennemi « Nous exigeons l'arrêt immédiat de vos attaques contre le troupeau », ce dernier rétorque simplement « Ça y est, on tombe encore dans la politique ! ». L'aigle est aussi malin que beau parleur, adepte du plaidoyer pro domo : « j'essaye de styliser au maximum ». II connaît les limites de la démocratie et les faiblesses des moutons. Lorsqu'ils tentent de s'accorder sur le meilleur moyen de lui échapper, leurs dissensions ne manquent pas de prendre le pas sur leur union[1].

La série a éclos dans le magazine de bandes dessinées L'Écho des savanes avant de faire son nid dans les pages du Matin de Paris, quotidien généraliste lancé en 1977 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Quillien remarque que l'opposition de gauche s'était alors mieux débrouillée que les moutons : en 1972, elle s'est regroupée autour d'un « programme commun ». Interpréter Le Baron Noir comme une radiographie de la France des années 1970 est tentant, mais réducteur. Divers clins d'œil à l'époque sont bien présents, comme les moutons punks (« je ne peux pas ramener ça à la maison », se dit le Baron), les écologistes naissants ou les discussions sans fin des intellectuels. Ceux-ci y sont incarnés par des éléphants. Les rhinocéros-policiers pratiquent allègrement la bavure et un crocodile promettant des jours meilleurs à ceux qui veulent bien le suivre. Le Baron Noir tient plutôt de la fable politique, aussi intemporelle qu'universelle, qui ne perd pas de son actualité avec le temps. Ce qui n'aurait pas étonné le personnage : « J'ai encore de beaux jours devant moi », pense-t-il avec un air carnassier dans l'une des cases de la série[1]...

Postérité

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  • Le Baron noir no 1, autoédition, 1976.
  • Le Baron noir no 2, Le Matin de Paris, 1977[2].
  • Le Baron noir no 3, autoédition, 1978.
  • Le Baron noir no 4, autoédition, 1979.
  • Le Baron noir no 5, Le Matin de Paris, 1980.
  • Le Baron noir et le dragon vert, Le Matin de Paris, 1981[3].
  • Le Baron noir, l'intégrale, édition Zenda, 1990.
  • Le Baron noir, l'intégrale, édition Glénat, 1999[4].
  • Le Baron noir, l'intégrale, édition Drugstore, 2010.

Notes et références

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  1. 1 2 Christophe Quillien, Méchants : crapules et autres vilains de la bande dessinée, Huginn & Muninn, , « Savants fous et fous de pouvoir : Le Baron noir », p. 195
  2. ↑ Henri Filippini, « Le Baron noir Tome 2 », Schtroumpfanzine, no 15,‎ , p. 25.
  3. ↑ Stan Barets, « Le Guide des meilleurs albums : Le Baron noir et le Dragon vert », dans Jean-Luc Fromental (dir.), L’Année de la bande dessinée 81/82, Paris, Temps Futurs, , p. 39.
  4. ↑ Bernard Raboin, « On n'est pas des bœufs », BoDoï, no 20,‎ , p. 9.

Annexes

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Bibliographie

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Liens externes

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