Le Petit Baigneur

film français de Robert Dhéry, sorti en 1968

Le Petit Baigneur est un film franco-italien réalisé par Robert Dhéry, sorti en 1968, son cinquième long-métrage en tant que scénariste et acteur. Parmi la distribution, on retrouve une partie de la troupe Les Branquignols.

Le Petit Baigneur
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo de l'affiche du film (1968).
Réalisation Robert Dhéry
Scénario Robert Dhéry
Acteurs principaux Louis de Funès
Robert Dhéry
Colette Brosset
Jacques Legras
Franco Fabrizi
Michel Galabru
Pierre Tornade
Sociétés de production Les Films Corona
Les Films Copernic
Fono Roma
Selenia Cinematografica
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie
Durée 89 minutes
Sortie 1968

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Lors de l'inauguration et de la bénédiction de la vedette rapide L'Increvable, fierté des chantiers Fourchaume, la coque de celle-ci est transpercée par la traditionnelle bouteille de champagne. Hors de lui, le directeur Louis-Philippe Fourchaume (Louis de Funès), fils du fondateur des chantiers, renvoie sur le champ le concepteur du bateau, André Castagnier (Robert Dhéry), avant même que celui-ci ait eu le temps d'apprendre à son patron qu'une autre de ses créations, un petit voilier à la coque révolutionnaire baptisé Petit Baigneur, vient de remporter en Italie les « Régates de Sanremo » et l'« Oscar de la Voile ». Une fois informé et alléché par les perspectives commerciales d'un tel succès, Fourchaume dispose, avec son épouse (Andréa Parisy), d'un dimanche pour tenter de rattraper son erreur et de convaincre Castagnier de travailler de nouveau pour lui. Mais l'inventeur est déjà courtisé par Marcello Cacciapuoti (Franco Fabrizi), un industriel italien qui lui fait un pont d'or et qui est venu également lui rendre visite dans la ferme où André Castagnier habite avec ses frères, Henri, le curé du village (Jacques Legras) et Jean-Baptiste, le gardien du phare (Pierre Tornade) et sa sœur Charlotte (Colette Brosset), mariée au joueur de clairon de la fanfare locale (Michel Galabru)…

Fiche technique

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Distribution

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  • Louis de Funès : Louis-Philippe Fourchaume, PDG et héritier des Chantiers navals Fourchaume
  • Andréa Parisy : Marie-Béatrice Fourchaume, l'épouse de Louis-Philippe
  • Franco Fabrizi : Marcello Cacciapuoti, homme d'affaires Italien concurrent
  • Robert Dhéry : André Castagnier, concepteur de L'Increvable et du Petit Baigneur
  • Colette Brosset : Charlotte Castagnier, sœur d'André
  • Michel Galabru : Scipion, agriculteur et clairon de la fanfare, mari de Charlotte
  • Jacques Legras : Henri Castagnier, curé de la paroisse, un frère d'André
  • Pierre Tornade : Jean-Baptiste Castagnier, gardien de phare, un frère d'André

Production et réalisation

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Genèse et développement

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Depuis ses dernières participations aux spectacles et films des Branquignols, Louis de Funès est de son côté devenu le comique français le plus populaire, caracolant en tête du box-office depuis 1964[3],[4]. Robert Dhéry s'associe avec le producteur Robert Dorfmann, derrière Le Corniaud et La Grande Vadrouille, pour monter un film mettant en valeur la nouvelle vedette entourée de ses camarades des Branquignols[4].

Louis de Funès incarne le patron Louis-Philippe Fourchaume, dans l'esprit de ses rôles habituels, et Dhéry s'attribue celui de l'innocent et gaffeur ingénieur Castagnier[3],[4]. De la troupe des Branquignols, on retrouve aussi Colette Brosset, Pierre Tornade, Robert Rollis, Jacques Legras, Roger Caccia ou encore Gérard Calvi, accompagnés d'un fidèle funésien, Michel Galabru[3],[4]. Dhéry, Brosset, Tornade et Legras forment une mémorable fratrie de rouquins[4]. Comme à l'accoutumée, Dhéry ouvre largement le peaufinage du scénario aux amis et collègues, Pierre Tchernia, Michel Modo, Jean Carmet, le monteur Albert Jurgenson et l'assistant-réalisateur Claude Clément[4].

Tournage

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Pour des motifs fiscaux, le producteur Robert Dorfmann est contraint de boucler impérativement les dépenses du long-métrage avant l'année 1968. Cela implique une production exécutive et des tournages dans une courte période[5]. Le Petit baigneur est ainsi réalisé en urgence entre l'automne et l'hiver 1967 à la fois en France à Collioure (Pyrénées orientales) et dans la ville d'Anzio, près de Rome en Italie[6].

Le film est tourné de septembre à à travers tout le pays[4]. Grâce à l'énorme budget permis par le potentiel commercial de la tête d'affiche, Dhéry atteint la démesure de son délire et multiplie les gags extravagants et spectaculaires ; les prises de vues réclament ainsi une organisation délicate[4]. Il n'avait jusque là disposé au cinéma que de moyens limités[4]. Une mésentente s'installe vite entre Dhéry et de Funès[3],[4]. Le comédien, encore perturbé par le tournage houleux de l'adaptation d'Oscar, n'accepte pas la trop grande place accordée aux autres personnages, alors que le film et son budget n'existent que par son nom seul[3] ; il devient ingérable et colérique[4]. Bien qu'il imaginât un film choral, Dhéry reconnaît là l'angoisse du perfectionniste et se soumet à son jugement et ses recommandations[3]. Malgré sa bile, l'acteur-vedette fait preuve d'énergie, d'inventivité, improvise avec son partenaire réalisateur et retrouve par moments des fous rires complices avec lui[3]. Une fois le tournage passé, l'amitié entre Louis de Funès et Robert Dhéry renaît comme avant[4].

Le duo de carrossiers Pichon-Parat (en), déjà derrière la customisation de la décapotable au cœur de La Belle Américaine (1961) pour Dhéry, livre la Jaguar Type E rallongée pour le gag où Fourchaume emploie sa voiture pour tirer et dégager le tracteur[7].

Le tournage des séquences sur le parvis et à l'intérieur de l'église, sont réalisées à Magalas, durant l'automne 1967[8].

Pierre Dac, dans son rôle de ministre, prononce un discours de son style lors de l'inauguration de L'Increvable. Il ajoute une réplique improvisée à la fin de la scène, une fois la coque du bateau endommagée par la bouteille de champagne lancée par sa robuste épouse, lui annonçant avant de la pousser dans leur voiture : « Vous, je vous confisque vos haltères ! »[9]. La voix pour la bande annonce est de Georges de Caunes, supprimée dans la version remastérisée.

Les scènes de la ferme des Castagnier sont filmées au bord de l'Aude, à Vendres, en face des Cabanes-de-Fleury (ici en 2021).

En réalité, aucune scène n'est tournée aux Cabanes-de-Fleury[10] dans l'Aude mais juste en face au lieu-dit Chichoulet, à Vendres dans l'Hérault. Ces deux communes sont séparées par le fleuve Aude, visible dans le film. De nombreux figurants de la région interviennent dans des scènes comme Roger Vidal et Louis Vié, véritable pêcheurs interprétant deux pêcheurs à la ligne dans une barque au bord de l'Aude ; dans la scène du kayak dans l'Aude, Louis de Funès est suppléé par un Valrassien[11],[12].

Le Brestois aux côtés du cuirassé Jean Bart en rade de Toulon, en 1963.

Les scènes concernant le baptême de L'Increvable, ainsi que celle où Michel Galabru joue du clairon à côté d'un bateau militaire (il s'agit de l'Escorteur rapide Le Brestois, F762, qui se trouve alors à couple avec le cuirassé Jean Bart), ont été tournées dans la rade de Toulon (Var) au niveau du fort de Balaguier (La Seyne-sur-Mer). La vedette L’Increvable est une authentique vedette de la Marine nationale française.

Le percepteur de Narbonne sollicita les producteurs afin qu'il pût apparaître dans le film. Robert Dhery décida alors de le « soigner » à sa façon, il le fit installer au bord de la rivière avec sa petite famille et le fit asperger par un hors-bord longeant la rive[13].

Lieux de tournages

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Exploitation et accueil

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Accueil critique

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À sa sortie en , Le Petit Baigneur reçoit de bonnes critiques, saluant la profusion de gags en tous genres et l'intégration réussie de la tête d'affiche à un collectif — pourtant la difficulté majeure du tournage[4].

Box-office

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Le film sort dans 10 salles sur le territoire français et totalise 90 744 entrées pour sa première semaine d'exploitation, occupant la septième place du box-office[15], mais c'est à partir de la semaine suivante qu'il parvient à prendre la première place avec 374 273 entrées dans 62 salles, pour un total de 465 017 entrées[15]. Le film occupera la première place durant les quatre semaines suivantes avec 1 551 406 entrées cumulées durant cette période (atteignant sa meilleure fréquentation à sa troisième semaine avec 545 541 entrées dans 91 salles et le seuil maximum d'écrans en quatrième semaine avec 106 salles), lui permettant de totaliser 2 016 423 entrées depuis sa sortie[15]. Il reprendra la tête du box-office en onzième semaine à l'affiche avec 153 633 entrées dans 95 salles[15], pour un cumul de 2 837 227 entrées[16]. Il atteint les 3 millions d'entrées la semaine suivante[17], avant de reprendre à nouveau la première place durant les deux premières semaines de [18],[19] et à la fin de ce même mois[20] et au début du mois d'août[21], alternant avec Les Grandes Vacances, et une dernière fois à la fin août[22], avec un cumul de 3,7 millions d'entrées.

Il atteint les 4 millions d'entrées au début du mois d'octobre[22] et finit l'année avec 4,4 millions d'entrées[22]. Le film continue son exploitation dans les salles de quartier avec 447 726 entrées en 1969 et 139 748 entrées en 1970, ce qui lui permet d'atteindre les 5 millions d'entrées[23]. Entre 1971 et 1973, c'est pas moins de 243 156 entrées enregistrées durant cette période[23], soit un cumul de 5 266 760 entrées depuis 1968[23]. Le film continue son exploitation jusqu'en 1976 avec un résultat de 5 540 653 entrées[23].

Le film rassemble au final 5 542 856 spectateurs en France, dans la lignée des résultats commerciaux colossaux de l'acteur-vedette[3],[23]. Il s'agit du film le plus vu dans les salles françaises durant l'année 1968[15],[24].

C'est également un triomphe international avec 21,7 millions d'entrées en Union soviétique[25], près de deux millions en Allemagne de l'Ouest[26] et 1,5 million en Espagne[27].

Le Petit Baigneur demeure le plus grand succès cinématographique de Dhéry[3],[15].

Exploitation ultérieure

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À l'instar des films avec Louis de Funès, Le Petit Baigneur est régulièrement programmé à la télévision française, la première datant de 1977, peu après la fin de son exploitation dans les salles[23]. L'Inathèque, qui collecte les archives audiovisuelles depuis 1995, recense la première diffusion à partir de cette année-là au sur France 2[28]. Entre 1977 et 2017, le film a été diffusé vingt-deux fois sur les chaînes nationales gratuites[29], tandis qu'entre 1977 et 2022, c'est pas moins de trente-trois diffusions, devenant le 92e film le plus diffusé à cette date de tous les temps[23].

Éditions en vidéo

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En 2016, Le Petit Baigneur sort en Blu-ray, par Studio Canal, dans une version restaurée[30]. L'édition ne contient aucun bonus[30]. Cependant, la présence d'un menu en allemand comprend une bande-annonce en version française et allemande[30].

Autour du film

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  • Le nom de Cacciapuoti (nom de l'homme d'affaire joué par Franco Fabrizi) est le vrai patronyme de Roger Caccia.

Notes et références

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  1. « Inscription n° 80.INS.61872 du 16 oct. 1967 », sur rca.cnc.fr (consulté le ).
  2. Chiffres de l'inflation en France d'après l'INSEE. Coefficient de transformation de l'euro ou du franc d'une année, en euro ou en franc d'une autre année – Base 1998 et Base 2015. Dernière mise à jour à l'indice de 2025.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Gilles Botineau, « Robert Dhéry, roi des Branquignols », sur CineComedies, (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Bertrand Dicale, Louis de Funès, grimaces et gloire, Paris, Grasset, , 528 p. (ISBN 2246636612, lire en ligne), p. 339-346.
  5. 1 2 Clément Machetto, « Le petit baigneur : pourquoi Louis de Funès n'était pas content du travail du réalisateur au départ ? », Télé Star, (lire en ligne, consulté le ).
  6. Joffrey Marcellin, « Aude : à Fleury, de Funès a marqué les esprits avec le tournage du film “Le Petit baigneur" », Midi libre, (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  7. « Histoire de Carrossiers, ép. 13 : Pichon Parat, les sennonais », sur newsdanciennes.com, (consulté le ).
  8. https://www.midilibre.fr/2023/08/22/le-petit-baigneur-a-ete-tourne-dans-leglise-11407985.php « Le Petit Baigneur a été tourné dans l’église », le Midi Libre, publié le 22 août 2023, consulté le 15 avril 2024.
  9. Jacques Pessis, Pierre Dac, mon maître soixante-trois, Paris, François Bourin, , 479 p. (ISBN 2-87686-138-0), p. 451.
  10. le journal des plages, « Découvrez l'histoire des Cabanes de Fleury », Midi libre, (lire en ligne, consulté le ).
  11. Jean-Paul Chaluleau, « Centenaire de Louis de Funès : éternel "petit baigneur" de Collioure à Fleury d'Aude/VIDEOS », sur lindependant.fr, (consulté le ).
  12. 1 2 ANNICK KOSCIELNIAK, « Vendres : À la table du Chichoulet », Midi libre, (lire en ligne, consulté le ).
  13. interview de Colette Brosset dans les bonus du DVD qui nous montre la scène
  14. Phare de Faraman sur E-patrimoine en Pays d’Arles.
  15. 1 2 3 4 5 6 Renaud Soyer, « Le Petit Baigneur », Louis de Funès box-office, sur boxofficestory.com, (consulté le )
  16. Franck P., « Top 30 hebdo : du 29 mai au 4 juin 1968 », sur Les archives du box-office, (consulté le ).
  17. Franck P., « Top 30 hebdo : du 5 au 11 juin 1968 », sur Les archives du box-office, (consulté le ).
  18. Franck P., « Top 30 hebdo : du 3 juillet au 9 juillet 1968 », sur Les archives du box-office, (consulté le ).
  19. Franck P., « Top 30 hebdo : 10 juillet au 16 juillet 1968 », sur Les archives du box-office, (consulté le ).
  20. Franck P., « Top 30 hebdo : 24 juillet au 30 juillet 1968 », sur Les archives du box-office, (consulté le ).
  21. Franck P., « Top 30 hebdo : 31 juillet au 6 août 1968 », sur Les archives du box-office, (consulté le ).
  22. 1 2 3 Franck P., « Box-office France 1968 », sur Les archives du box-office (consulté le ).
  23. 1 2 3 4 5 6 7 « "Le petit baigneur" : Box office détaillé du film en France », sur Les Champions du Box-office en France (consulté le ).
  24. Fabrice Ferment / CNC, « Box-Office France 1968 (entrées du 1er janvier au 31 décembre 1968) », sur top-france.fr (consulté le ).
  25. (ru) « Маленький купальщик (1968) », sur kino-teatr.ru (consulté le ).
  26. (de) « Top 100 Deutschland 1968 », sur insidekino.de (consulté le ).
  27. Renaud Soyer, « Louis de Funès, box-office », sur Box-office Story, (consulté le ).
  28. « Le Petit Baigneur : Diffusions télévisées depuis 1995 », sur Inathèque (consulté le ).
  29. « Chiffre-clé : la diffusion des films à la télévision », sur cnc.fr, (consulté le ).
  30. 1 2 3 Franck Brissard, « Le Petit Baigneur : le test complet du Blu-ray », sur DVDFr, (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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  • Jean-Elie Fovez, « Le Petit Baigneur », Téléciné no 142, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , p. 31, (ISSN 0049-3287)
  • Jean-Noël Grando, 100 ans de cinéma en Pyrénées-Orientales : Histoires et secrets de tournages, Perpignan, Mare nostrum, , 197 p. (ISBN 978-2-908476-96-5, BNF 42318117), p. 74-79

Véhicules vus dans le film

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Articles connexes

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Liens externes

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