Le Vourdalak
Le Vourdalak est un film d'épouvante gothique français réalisé par Adrien Beau et sorti en 2023. Il a eu son avant-première à la Mostra de Venise 2023[1].
| Réalisation | Adrien Beau |
|---|---|
| Scénario |
Adrien Beau Hadrien Bouvier |
| Acteurs principaux |
Ariane Labed Kacey Mottet-Klein Grégoire Colin |
| Sociétés de production |
Les Films du Bal Master Movies |
| Pays de production |
|
| Genre |
film d'épouvante gothique Fantastique |
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 2023 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Il s'agit d'une adaptation du roman gothique d'Alexis Konstantinovitch Tolstoï, La Famille du Vourdalak (1839). Il est tourné en Super 16 mm[2]. La bande originale est inspirée de celle de Nino Rota dans Le Casanova de Fellini[3].
Synopsis
modifierDans les années 1780 dans les confins de la Serbie[4], le marquis français Jacques Antoine Saturnin d'Urfé, noble émissaire du roi de France, fait route avec son escorte losqu'ils se fait attaquer par des brigands. Ils tuent son escorte et volent son cheval et seul le marquis parvient à s'échapper. Jacques Antoine parvient à toquer à la porte d'un domaine où on lui conseille de continuer son chemin vers l'ouest où un homme nommé Gorcha pourra lui offrir gîte et couverts. Jacques Antoine finit par arriver chez Gorcha, où réside la famille de ce dernier.
Le fils aîné de Gorcha, Jegor, rentre bientôt à la maison, après avoir passé le mois précédent à chercher à se venger des Turcs qui ont pillé le village. Gorcha est parti combattre les Turcs et a déclaré que s'il ne revenait pas dans les six jours, c'est qu'il serait mort au combat ; s'il revenait après ces six jours, il serait devenu un vourdalak et personne ne devrait le laisser entrer. Jegor, cependant, ne croit pas aux vourdalaks. Il sait où Jacques Antoine peut trouver un cheval, mais il faudra attendre le lendemain.
Jacques Antoine finit par aborder Sdenka, la fille de Gorcha, et tente agressivement de la séduire. Elle le piège alors et le fait presque tomber d'une falaise. Il apprend que Sdenka a eu un amant et que, comme tout le monde dans la région le sait, elle ne peut plus se marier. Elle avait prévu de s'enfuir avec son amant, mais quelqu'un l'a découvert et l'a tué.
Ce soir-là, six jours après le départ de Gorcha, on le retrouve allongé à l'orée de la forêt, ressemblant à un cadavre. Le chien du plus jeune fils de Gorcha, Piotr, n'arrête pas d'aboyer après le vieil homme. Jegor oblige Piotr à l'abattre. Gorcha révèle qu'il a assassiné le chef de la bande de Turcs, que Jegor n'avait pas réussi à tuer. Cette nuit-là, Jacques Antoine fait des cauchemars à propos de Gorcha. Le lendemain, Gorcha a disparu et Vlad, le fils de Jegor, est malade. La nuit suivante, Jacques Antoine voit Vlad marcher dehors. Il semble être somnambule, et Gorcha est à proximité, mâchonnant son linceul. Jacques Antoine tente de maîtriser Gorcha, qui le projette contre un arbre avant de boire le sang de Vlad. Jacques Antoine se réveille le lendemain matin et trouve la famille en train de creuser la tombe de Vlad.
Pendant les funérailles, Piotr et Sdenka encouragent Jegor à enfoncer le pieu dans le cœur de Vlad. Cependant, Gorcha l'interrompt, reprochant à la famille la mort de Vlad. Piotr commence à attaquer Gorcha avec le pieu, mais perd son sang-froid. Gorcha laisse entendre à Sdenka que c'est lui-même qui est responsable d'avoir abattu son amant. Gorcha oblige Jacques Antoine et Sdenka à danser pour lui. Piotr, dont les manières supposément efféminée étaient critiquées par Jegor et Gorcha, apparaît vêtu de rouge à lèvres et de fleurs, voulant tuer son père, qui l'abat. Blâmant Jacques Antoine pour les récents malheurs de la famille, Jegor le bat. Il annonce que Jacques Antoine recevra un cheval le lendemain matin et devra partir pour ne plus jamais revenir ; s'il revient, Jegor le tuera.
Jegor laisse Jacques Antoine ligoté dans la cave pour la nuit, et celui-ci est réveillé par Vlad qui appelle sa mère, Anja. Dehors, Vlad s'approche d'Anja ; Jacques Antoine tente en vain de l'avertir de rester à l'écart. La mère et le fils s'étreignent, et il boit son sang. Le matin, Sdenka s'approche de Jacques Antoine et lui déclare qu'elle va se jeter de la falaise, car Piotr était la seule chose qui la maintenait en vie.
Jegor et Anja, désormais vourdalak, donnent un cheval à Jacques Antoine. Dans les bois, cependant, il ne parvient pas à trouver Sdenka. De retour à la maison ce soir-là, Jacques Antoine croit l'apercevoir en train de chanter dans une chambre. Il tente de la convaincre de partir, mais elle le séduit et ils commencent à faire l'amour. Mais Jacques Antoine découvre qu'il est en réalité en train d'interagir avec Gorcha, qui a bu son sang. Jacques Antoine empale Gorcha et titube jusqu'à la salle à manger, où Jegor, qui a également succombé au vourdalak, est assis autour de la table avec sa femme et son fils, ainsi que les cadavres de Piotr et de son chien mort. Jacques Antoine met le feu à la maison et s'enfuit à cheval.
À l'aube, il trouve Sdenka au bord de la falaise et la convainc de ne pas sauter, lui annonçant qu'elle est libre, libre d'aller par exemple à la cour de France. Ayant été mordu, Jacques Antoine lui donne son cheval et une carte de l'Europe avant de sauter de la falaise. Sdenka s'en va à cheval, mâchonnant un linceul. Dans un carton d'épilogue, il est écrit que la duchesse de Gramont a recueilli un soir une étrangère perdue et pâle comme un cierge qui demandait sa protection.
Fiche technique
modifier
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre original : Le Vourdalak
- Réalisation : Adrien Beau
- Scénario : Adrien Beau et Hadrien Bouvier, d'après La Famille du Vourdalak (1839) d'Alexis Konstantinovitch Tolstoï
- Photographie : David Chizallet
- Montage : Alan Jobart
- Musique : Martin Le Nouvel, Maïa Xifaras
- Décors : Thibault Pinto
- Costumes : Anne Blanchard
- Production : Judith Lou Lévy et Lola Pacchioni
- Sociétés de production : Les Films du Bal et Master Movies
- Société de distribution : The Jokers
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Format : couleur — 16 mm — 2,35:1
- Genre : film d'épouvante gothique, fantastique
- Durée : 91 minutes
- Dates de sortie :
- Italie : (Mostra de Venise)
- France :
- Classification[5] :
Distribution
modifier- Kacey Mottet-Klein : le marquis Jacques Antoine Saturnin d'Urfé
- Ariane Labed : Sdenka, fille de Gorcha
- Grégoire Colin : Jegor, fils aîné de Gorcha
- Vassili Schneider : Piotr, fils de Gorcha
- Claire Duburcq : Anja, épouse de Jegor
- Gabriel Pavie : Vlad, le jeune fils de Jegor et Anja
- Erwan Ribard : l'ermite
- Adrien Beau : Gorcha, le vourdalak (voix)
Production
modifierLe film est tourné au Prieuré du Sauvage à Druelle Balsac en Aveyron[4]. Le personnage cadavérique de Gorcha est incarné par une marionnette[6].
Accueil critique
modifierLes critiques de films de genre ont plébiscité le film, Judith Beauvallet dans Écran large écrit que « le résultat ne souffre jamais de son petit budget (contrairement à certains de ses confrères pourtant plus ambitieux). Adrien Beau ramène la poésie d’anciennes productions décalées comme le film soviétique Vij ou le Diable, sorti en 1967, et plus généralement d’un certain cinéma de l'Europe de l’Est »[7]. Pour Gilles Esposito dans Mad Movies, « Le pantin grotesque crée le malaise, et par ricochet, il redonne sa puissance dérangeante au récit originel. Les vrais amateurs de fantastique du XIXe siècle seront donc ravis »[8]. Pour Chaos Reigns « Le parfum de la naphtaline, bien qu'assumé, est parfois trompeur : loin de la rencontre des lumières et des ténèbres à la fois ardue et hermétique d'un Histoire de ma mort (où Dracula rencontrait Casanova), Beau se sert de son pater Nosferatu comme d'une incarnation squelettique et perverse du patriarcat, de la bêtise conservatrice et des désirs enfouis. Plus farce macabre que garçon blafard, on se délecte »[9].
Pour d'autres comme Lucie Chiquer dans Première, « les performances désuètes et les costumes discordants rendent le film risible, et la théâtralité accrue laisse rapidement place au malaise... »[10]. De même, pour Horreur.Quebec, le film « est un peu long et ne génère aucun frisson »[11]. Pour Bruno Deruisseau dans Les Inrocks, c'est a contrario « l'un des meilleurs premiers films de l'année »[12]. Jacky Bornet dans Francetvinfo.fr trouve qu'on retrouve dans le film « la dominante des extérieurs, ici la forêt, et des intérieurs pierreux, une larme d’érotisme, et chez Adrien Beau des scènes très sanglantes. La reconstitution du XVIIIe siècle se trouve dans des costumes soignés qui participent du décor, et la mise en scène joue autant de la fidélité au texte que de l’ironie »[13]. Augustin Pietron-Locatelli dans Télérama est plutôt positif avec deux T, en constatant que le film « campe exactement entre le rire et l’horreur »[14]. Pour Clarisse Fabre du Monde, le film est « à voir » car « Les acteurs, à peine reconnaissables dans leurs costumes, apparaissent comme autant de créatures dont le mystère reste entier. C’est tout le charme de ce film onirique tourné en 16 millimètres, qui en dit peu mais vibre des superstitions de l’époque » et la meilleure scène du film est la « scène de danse comme à la cour, dans le clair-obscur de la caméra »[2].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « The Vourdalak » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (it) « The Vourdalak », sur sicvenezia.it
- 1 2 Clarisse Fabre, « « Le Vourdalak » : quand un Dracula des champs dévore ses proches », sur lemonde.fr
- ↑ « Rencontre au cimetière avec le réalisateur du « Vourdalak » », sur chaosreign.fr
- 1 2 « Druelle Balsac. Le "Vourdalak", un film fantastique tourné au Prieuré du Sauvage », sur ladepeche.fr
- ↑ « Parental guide » ((en) guide parental), sur l'Internet Movie Database
- ↑ « Le cinéaste Adrien Beau et son Vourdalak : “Un vieux qu’on croyait mort mais qui revient saouler tout le monde” », sur telerama.fr
- ↑ « Le Vourdalak : critique libertine », sur ecranlarge.com
- ↑ « Le Vourdalak : critiques presse », sur allocine.com
- ↑ « « Le Vourdalak » d'Adrien Beau : relecture d'un vieux monstre du folklore russe », sur chaosreign.fr
- ↑ « Le Vourdalak », sur premiere.fr
- ↑ « [CINEMANIA 2023] Le Vourdalak: un vampire entre Jean Rollin et Fraggle Rock », sur horreur.quebec
- ↑ « Pourquoi “Le Vourdalak” est l’un des meilleurs premiers films de l’année »
- ↑ « "Le Vourdalak" : un classique de la littérature vampirique signé Alexeï Tolstoï adapté avec passion », sur francetvinfo.fr
- ↑ « Le Vourdalak », sur telerama.fr