Les Lutteurs bretons
Les Lutteurs bretons est une peinture à l'huile sur toile réalisée par le maître post-impressionniste français Émile Bernard en 1889[1]. Peinte durant le séjour de Bernard à Pont-Aven, un village rural où il côtoyait des artistes comme Paul Gauguin, cette œuvre représente un style traditionnel de lutte folklorique bretonne, le gouren[2].
| Artiste | |
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| Date | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
81 × 65,5 cm |
Contexte artistique et style
modifierLa scène reflète la vie rurale quotidienne et les fêtes locales typiques de la Bretagne à la fin du XIXe siècle. Sur le plan stylistique, l'œuvre illustre l'évolution du synthétisme et du cloisonnisme chez Bernard. Au lieu de privilégier le réalisme ou la perspective classique, le tableau offre des aplats de couleurs vives, et plutôt que des dégradés doux et naturels, des contours épais et sombres (cernes) encerclent les formes, imitant les vitraux et les estampes japonaises. Des formes conçues pour évoquer le souvenir et l'émotion de l'événement, plutôt qu'un enregistrement optique littéral[3].
Marché de l'art
modifierL'œuvre appartient à une collection privée. Lors de la vente publique organisée par la maison Koller Auktionen à Zurich le (Lot 3215), le tableau d'Émile Bernard dépasse largement ses estimations initiales. Estimée initialement entre 150 000 et 200 000 francs suisses, l'œuvre Les lutteurs bretons s'est finalement envolée pour atteindre un prix d'adjudication officiel de 537 500 francs suisses (frais inclus), soit entre 330 000 et 340 000 € au taux de change de l'époque, ou environ 577 500 USD selon les plateformes de suivi du marché de l'art. Ce résultat marquant reste l'une des enchères de référence pour la période de l'École de Pont-Aven de l'artiste[4].
Héritage et parallèles
modifierLe choix des sujets par Bernard a fortement influencé ses pairs de l'École de Pont-Aven[5]. Paul Sérusier réalisera notamment une variation quelques années plus tard, entre 1890 et 1893, également intitulée La Lutte bretonne[6],[7]. La conception que Bernard se faisait des sujets locaux à cette époque a jeté les bases essentielles de l'art abstrait moderne[8].
- Parallèles signés Gauguin et Sérusier
Références
modifier- ↑ Jean-Jacques Luthi, Émile Bernard : catalogue raisonné de l'œuvre peint, Editions SIDE, (ISBN 978-2-86698-000-9, lire en ligne).
- ↑ Musée d'Orsay, De Manet à Matisse: sept ans d'enrichissements au Musée d'Orsay : Paris, Musée d'Orsay, 12 novembre 1990-10 mars 1991, Editions de la Réunion des musées nationaux, (ISBN 978-2-7118-2356-7, lire en ligne).
- ↑ Denise Delouche, Les peintres et le paysan breton, Ursa, (ISBN 978-2-86934-011-4, lire en ligne).
- ↑ « Les lutteurs bretons. 1889. ».
- ↑ Connaissance des arts, Société Française de Promotion Artistique., (lire en ligne).
- ↑ « La Lutte bretonne - Paul Sérusier | Musée d'Orsay », sur www.musee-orsay.fr (consulté le ).
- ↑ Denise Delouche, Les peintres de la Bretagne avant Gaugin, Service de reproduction des thèses, Université de Lille III, (lire en ligne).
- ↑ Marcel Guicheteau et Paule Henriette Boutaric, Paul Sérusier, SIDE, (lire en ligne).