Letizia Murat

salonnière italienne

Marie Letizia Joséphine Annonciade Murat, née Letizia Murat Pepoli le à Paris et décédée le à Bologne[1], est une aristocrate et salonnière franco-italienne.

Letizia Murat
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 56 ans)
BologneVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activité
Père
Mère
Fratrie
Achille Murat
Lucien Murat
Luisa Rasponi Murat (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Guido Taddeo Pepoli (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Carolina Pepoli (d)
Gioacchino Pepoli
Elisabetta Pepoli (d)
Paolina Pepoli (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Maître
Vue de la sépulture.

Biographie

modifier
Letizia avec sa mère, la grande-duchesse Caroline Bonaparte, 1807, tableau d' Élisabeth Vigée-Lebrun

Famille

modifier

Letizia Murat est la fille aînée de l'officier français Joachim Murat et de Caroline Bonaparte, et la nièce de Napoléon Ier et le deuxième enfant d'une fratrie de quatre enfants. Ses frères sont Achille et Lucien, et sa sœur cadette, Louise Julie (1805-1889). Son prénom est un hommage à sa grand-mère, Letizia Bonaparte. La fratrie grandit à Paris et y reste même après la nomination de son père comme grand-duc de Clèves et Berg par son oncle, l'empereur Napoléon, en 1806.

À ce titre, elle devint princesse impériale et royale du Premier Empire en 1804[2], princesse de Clèves et de Berg et abbesse d'Elten en 1806, puis princesse de Naples en 1808. Elle reçoit le titre d'abbesse d'Elten par décret impérial[3], un ancien territoire impérial annexé par le grand-duché le 28 octobre 1806.

Lorsque son père monte sur le trône du royaume de Naples en 1808, la famille quitte le palais de l'Élysée à Paris pour s'installer au Palais royal de Naples. Alors que son père tente de reconquérir le trône après l'abdication de Napoléon en 1815, sans succès, et est fusillé sur ordre de Ferdinand Ier, elle s'installe à Trieste avec sa mère et ses frères et sœurs[4]. Là, au sein de l'Empire autrichien, ils bénéficient du soutien de l'homme d'État autrichien Klemens Wenzel von Metternich, avec lequel sa mère a entretenu une liaison des années auparavant[5], lorsqu'il était ambassadeur à Paris. Ils vivent quelque temps près de la ville, à la villa Campo Marzo. La famille bouge ensuite vers Graz puis la banlieue de Vienne puis la Toscane où réside sa tante Élisa Bonaparte[4]. Le Congrès de Vienne de 1815 leur retire leurs droits à utiliser leurs titres et à retourner en France. En conséquence, en 1817, sa mère acquiert le château de Frohsdorf en Basse-Autriche pour y résider jusqu'en 1819[6].

Letizia Murat reçoit une éducation à la hauteur de son rang et apprend le chant, la musique et plusieurs langues dont l'anglais et l'allemand. À la court de Naples, elle apprend déjà la vie de salon[4].

Salonnière

modifier

Le 27 octobre 1823, Letizia Murat épouse le margrave Guido-Taddeo Pepoli, comte de Castiglione et issu d'une ancienne famille de la noblesse urbaine bolonaise. Elle le soutient dans sa carrière politique de maire de Bologne en tant que salonnière. Cela lui valut le surnom de « Reine de Bologne » (La Regina di Bologna)[4]. Letizia Murat voyage beaucoup, entretient une correspondance épistolaire dans toute l'Europe et lit les journaux étrangers[4]. Bien que libérale, elle pousse son frère Lucien Murat à se présenter pour la couronne de Naples et défend l’héritage de son père[7]. Son salon aborde des sujets aussi variés que l'art, la culture et la politique[4]. La salonnière française Julie Récamier écrit à son sujet, après une rencontre à Rome : « Nous fûmes fascinées par la marquise Pepoli ; je la trouvai belle, spirituelle et d'un naturel parfait. »[4].

Le couple réside dans un palais de la Via Castiglione à Bologne et à la Villa della Palata près de Bologne.

Letizia Pepoli meurt à Bologne à l'âge de 56 ans des suites d'une longue maladie.

Elle est inhumée au cimetière monumental de la Chartreuse de Bologne[8].

Hommage

modifier

En la mémoire du décès de sa cousine, l'empereur Napoléon III, décrète dix jours de deuil national[9].

Sur sa tombe se dresse la statue en marbre, plus grande que nature, de son père, le roi Joachim Murat de Naples, en uniforme de hussard, en tant que « propugnatore dell'italica independenza » (« champion de l'indépendance italienne »). Letizia Murat apparaît dans un petit médaillon, son père n'ayant jamais eu d'inhumation[4].

Mentionnée dans de nombreux guides de voyage du XIXe siècle, la statue est érigée à Bologne en 1864 afin d'éviter toute polémique politique[10].

Descendance

modifier

Le couple a quatre enfants : trois filles, Carolina (1824-1892), Elisabetta (1829-1892) et Paolina (1831-1916), et un fils, Gioacchino Pepoli.

Sa cousine, nièce et pupille de son défunt père, Antoinette Murat, avec laquelle elle a élevé ses enfants, est princesse de Hohenzollern-Sigmaringen depuis 1831, son fils Gioacchino Pepoli épouse à l'âge de 18 ans la fille d'Antoinette Murat, la princesse Friederike de Hohenzollern-Sigmaringen, de cinq ans son aînée.

Bibliographie

modifier
  • (en) Hugh Montgomery-Massingberd et David Williamson, Burke's Royal Families of the World : Burke's Peerage, vol. 1, Londres, , « Murat, Marie Letizia Joséphine Annonciade », p. 121


Références

modifier
  1. ↑ (it) Giuseppe Bosi, Archivio patrio di antiche e moderne rimembranze felsinee raccolte e compilate, (lire en ligne), p. 94
  2. ↑ (de) Friedrich Maximilian Oertel, Genealogische Tafeln zur Staatengeschichte des 19. Jahrhunderts, nebst einer genealogisch-statistischen Einleitung, F.A. Brockhaus, (lire en ligne), p. 32
  3. ↑ (de) Anton Fahne, Das fürstliche Stift Elten: aus authentischen Quellen, Heberle'sche Buchhandlung, (lire en ligne), p. 53
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Holly Bean, Storia e Memoria di Bologna, « Murat Letizia », sur www.storiaememoriadibologna.it (consulté le )
  5. ↑ Gilbert Martineau, Caroline Bonaparte : Princesse Murat, Reine de Naples, Paris, France-Empire, , 281 p., 22 cm (ISBN 978-2-70480-659-1, OCLC 906587264).
  6. ↑ Frédéric de Natal, « Il était une fois...le château de Frohsdorf et le couvent de Kostanjevica » Accès libre, sur leretourdecharlesx.com (consulté le )
  7. ↑ (it) Enciclopedia Sapere, « Pèpoli, Letìzia Murat, marchésa » [archive du ] Accès libre, sur www.sapere.it (consulté le )
  8. ↑ (en) « Marchesa Marie Letizia Joséphine Annonciade... » [archive du ], sur www.findagrave.com (consulté le )
  9. ↑ (de) Bozner Zeitung, vol. 24, (lire en ligne), p. 144
  10. ↑ (de) Horst Krebs, ....... immer wieder Kripp: Kleine Lichtblicke eines rheinischen Dorfes, Norderstedt, Books on Demand, (ISBN 978-3-7504-8855-7, lire en ligne), p. 136

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :