Linagora
Linagora est un éditeur de logiciels libres français fondé en par Alexandre Zapolsky et Michel-Marie Maudet. Son nom est une contraction de « Linux » et « Agora » et son siège est situé à Issy-les-Moulineaux.
| Linux Linagora | |
Logo de Linagora. | |
| Création | 26 juin 2000 |
|---|---|
| Fondateurs | Alexandre Zapolsky et Michel-Marie Maudet |
| Forme juridique | Société par actions simplifiée |
| Slogan | Logiciels et services open source pour réussir les grands projets du libre |
| Siège social | Issy-les-Moulineaux |
| Actionnaires | Alexandre Zapolsky et Michel-Marie Maudet |
| Activité | Éditeur de logiciel libre (SSLL), fournisseur de services et de support de logiciels libres, Intelligence Artificielle |
| Produits | Twake Workplace, OpenPaaS, OBM, LinShare, LinTO, Lucie` |
| Société mère | Linagora Investissements (434 023 842) filiale de Azapa Holding (894 996 602) |
| Effectif | 64 (2025) |
| SIREN | 431473669 |
| TVA européenne | FR57431473669 |
| Site web | www.linagora.com www.openllm-france.fr |
| Chiffre d'affaires | 12,1 millions € (2025)[1] 12,1 millions € (2024) |
| Résultat net | 719 k€ (2025) 1,43 million € (2024) |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
L'entreprise édite la suite collaborative Twake Workplace, la plateforme de traitement de la parole LinTO et la solution de partage de fichiers LinShare. Elle contribue au serveur de messagerie Apache James, projet de la fondation Apache. Son activité de services repose notamment sur le support de logiciels libres pour les administrations, activité pour laquelle elle est titulaire de marchés interministériels depuis 2012[2],[3].
Linagora anime depuis 2023 la communauté OpenLLM France, à l'origine des modèles de langue ouverts Claire puis Lucie.
Un contentieux l'oppose depuis 2012 à la société BlueMind, donnant lieu à plusieurs décisions, aboutissant principalement sur la condamnation définitive de BlueMind pour contrefaçon prononcée en 2025 par la cour d'appel de Bordeaux. ```
Historique
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La société Linagora est créée le . Son nom est une contraction des mots « Linux » et « Agora »[4].
En 2007, la société est retenue par l'Assemblée nationale pour fournir la partie logiciels des ordinateurs Linux autour du système d'exploitation Kubuntu, en remplacement de Microsoft Windows[5]. Linagora revendique ensuite la place de leader français du logiciel libre par le chiffre d’affaires[6].
En 2015, le Premier ministre Manuel Valls attribue un financement de 10,7 millions d'euros puisés dans les investissements d'avenir, pour un programme de recherche destiné à faire émerger une nouvelle génération de plate-forme logicielle en open source, issue de l'offre de Linagora[7],[8].
En , Linagora lance pour l'Humanité le réseau social nommé La Cerise. Sous forme d'application, ce réseau a pour objectif « d'être une caisse de résonance pour les idées du journal » en offrant « un service et un outil [aux] lecteurs ainsi qu'à tous les citoyens qui se mobilisent sur des causes. Afin qu’ils puissent partager leur engagement, on a souhaité mettre en place un outil qui rassemble pétitions, discussions, agenda et contacts[9]. »
En , la société remporte les deux marchés publics portant sur le support des logiciels libres dans quarante-deux ministères et autres entités administratives[10].
En , Linagora organise, en présence du secrétaire d'État au numérique Cédric O, à l'occasion de la soirée de célébration de son 19e anniversaire, une collecte de fonds destinés à :
- la création d’un fonds permettant aux parents d’enfants polynésiens, hospitalisés en France, de les accompagner en métropole ;
- l’équipement des écoliers de classes primaires de moyens numériques (tablettes ou PC) ;
- la mise en place d’une école « OpenHackademy » en Polynésie qui permettra à des jeunes éloignés de l’emploi d’être formés aux métiers du numérique, et de trouver un travail[11],[12].
En , Linagora acquiert et installe son siège dans une maison de l'île Saint-Germain, à Issy-les-Moulineaux, qu'elle rebaptise « Villa Good Tech ». Construite au milieu des années 2000 par l'architecte Éric Daniel-Lacombe sous le nom de Maison Rocher, également connue sous celui de Maison Chocolat, elle a reçu le premier prix des Cemex Building Awards 2007 dans la catégorie logement pour son implantation en zone inondable[13]. Elle figure parmi les bâtiments photographiés par Raymond Depardon pour l'exposition « Paysages d'architecture : une promenade à Issy », présentée au musée d'Issy-les-Moulineaux en 2019, aux côtés d'ouvrages de Jean Nouvel, Christian de Portzamparc et Jean-Michel Wilmotte[14].
En , Linagora lance la communauté OpenLLM France, regroupant à son lancement une vingtaine d'acteurs engagés sur la thématique de l'IA générative afin de développer un grand modèle de langage souverain et open source[15]. Cette initiative comporte plus de quatre cents membres français début 2024 et annonce son extension à l'Europe en 2024[16].
En , le CNRS et Linagora signent un accord cadre pour consolider leur collaboration[17][source insuffisante].
En , Linagora sort Lucie, une intelligence artificielle open source et souveraine qui suscite des moqueries du fait de tests réalisés par des internautes sur une version non aboutie, non censurée et conçue à ce stade pour un usage scientifique et expérimental. La plate-forme divise, entre partisans de la prouesse technologique que représente la perspective d'une IA conversationnelle certes à ses débuts et basée sur un modèle très frugal et peu consommateur de données, et partisans de ce qui est qualifié de french bashing, en comparaison avec les intelligences artificielles américaines et chinoises[18].
Acquisitions
modifierLa société rachète :
- en [19], la PME AliaSource située à Ramonville-Saint-Agne[20] ;
- en 2008, la société Netaktiv, un hébergeur Open Source membre du groupement d'intérêt économique Gitoyen, et annonce cet achat à l'occasion du salon Solutions Linux de 2008[21] ;
- en 2012, la société toulousaine EBM Websourcing, éditeur du logiciel libre et open source Petals Link, dont elle reprend le développement[22] ;
- en 2016, l'agence numérique Neoma Interactive, experte en UX design et en stratégie de communication numérique[23];
- En 2020, Twake Technologies, éditeur de la plateforme Twake[24],[25],[26];
- en 2025 Cozy Cloud[27].
Implantations
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En 2022 Linagora crée la Villa Good Tech en s'implantant à Issy-Les-Moulineaux.

En 2017, le siège social de la société est situé à Issy-les-Moulineaux et l'entreprise dispose de filiales en France à Lyon, Toulouse et Marseille et à l'étranger à Bruxelles, à Montréal, au Vietnam et en Tunisie. En 2005, l'entreprise a tenté une implantation à Nantes[28].
Domaines d'activité
modifierProduits logiciels
modifierTwake Workplace
modifierParmi ses logiciels phares, Linagora développe Twake Workplace qui se place comme une solution libre par rapport à celles des GAFAM. Elle comprend notamment :
- Twake Mail, une messagerie basée sur le protocole JMAP et le serveur de courriel James de la fondation Apache dont Linagora assure la direction technique ;
- Twake Chat, une solution de communications instantanées pour entreprise développée sur le protocole Matrix et compatible avec la solution de chat de l’État français, Tchap ;
- Twake Drive, une plate-forme collaborative de travail en groupe grâce à OnlyOffice.
En 2026, le Conseil national des barreaux expérimente la suite dans une version hébergée sur ses propres serveurs, ses membres figurant parmi les premiers testeurs[29].
Intelligence artificielle
modifierEn , Linagora initie la communauté OpenLLM France, qui réunit des laboratoires publics et des entreprises autour du développement de modèles de langue ouverts[30]. Un premier modèle, Claire, est publié en novembre 2023, suivi de Lucie en janvier 2025.
Linagora figure, avec code.gouv.fr, parmi les organisations françaises ayant approuvé la définition de l'intelligence artificielle open source publiée le par l'Open Source Initiative[31]. Lucie compte parmi les modèles jugés conformes à cette définition[32].
OpenPaaS
modifierEn 2018, le moteur de recherche Qwant annonce que son service de courriel Qwantmail sera conçu sur la base du produit OpenPaaS[33]. En 2022, Qwant annonce avoir abandonné son projet Qwant Mail[34].
LinTO
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En 2017, Linagora initie son projet de réalisation d'un assistant vocal open source nommé LinTO[35],[36]. Cet assistant vocal destiné aux réunions entreprises, qualifié de « GAFAM Free » a été présenté lors du CES 2018 à Las Vegas[37],[38].
Le framework vocal LinTO fut développé dans le cadre du projet de recherche éponyme financé par Bpifrance (instrument Grands Défis du Numérique)[39].
Services
modifierL'OSSA (Open Source Software Assurance)
modifierLinagora commercialise sous le nom d'OSSA une offre de support, de maintenance corrective et de veille technologique portant sur des logiciels libres.
En , la société remporte le marché « Support à l'usage du logiciel libre » de la Direction générale des Finances publiques, d'une durée de quatre ans, en groupement avec Bull et plus de vingt-cinq petites entreprises. La presse spécialisée le présente alors comme le plus important marché public de support informatique attribué à une PME[2],[40]. En , elle remporte les deux marchés interministériels portant sur le support des logiciels libres de quarante-deux ministères et entités administratives[3].
Le marché interministériel de support est renouvelé en au bénéfice de Linagora, pour une durée d'un an reconductible trois fois, et porte sur trois cent cinquante logiciels. La société est par ailleurs attributaire du lot générique du marché interministériel d'expertise, notifié en , les six autres lots revenant à d'autres prestataires[41].
Contentieux
modifierContentieux et condamnation de la société BlueMind pour contrefaçon
modifierEn 2012 naît un contentieux entre les sociétés BlueMind et Linagora. La deuxième accuse la première, notamment de contrefaçon (en copie de son logiciel OBM), de concurrence déloyale, ou encore de non-respect d'une clause de non-concurrence. Ainsi, plusieurs actions en justice sont engagées[42] :
Par Linagora, pour contrefaçon et concurrence déloyale devant le tribunal judiciaire de Bordeaux
modifierLinagora accusait notamment les fondateurs de Bluemind d'avoir "enlevé les mentions de paternité" du logiciel OBM Sync "en connaissance de cause, afin de pouvoir prétendre qu'ils avaient développé la solution eux-mêmes. Par un jugement du , le tribunal judiciaire de Bordeaux condamne BlueMind pour concurrence déloyale et parasitisme, rejetant le grief tiré de la contrefaçon. La société doit alors verser près de 170 000 € à Linagora[43],[44]. En 2025 la Cour d'Appel de Bordeaux confirme qu'un logiciel libre est protégeable en France et condamne la société Blue Mind pour contrefaçon. La société Bluemind a été reconnue coupable d'avoir commis des actes de contrefaçon du module logiciel OBM-SYNC en effaçant volontairement la mention de paternité des sociétés Linagora. En outre, les juges de la cour d'appel confirment en partie le jugement initial de 2020, qui condamnait BlueMind pour concurrence déloyale au préjudice de Linagora. Il maintient les condamnations financières de première instance à hauteur de 196 000 euros, déjà perçue par Linagora en 2020[45].
Par Linagora, pour non-respect d'une garantie d'éviction lors d'une cession et violation d'une clause de non-concurrence devant le tribunal de commerce de Paris
modifierDans un jugement du , le tribunal de commerce de Paris déboute la société Linagora de son action contre deux ex-associés (Pierre Baudracco et Pierre Carlier qui ont démissionné en 2010 et ensuite fondé BlueMind) et la condamne à leur verser 20 000 € chacun en remboursement des frais engagés. Linagora leur reprochait d'avoir violé la garantie d'éviction qui lui était due (à la suite de la cession de leurs parts), notamment d'avoir « démarché et détourné sa clientèle, dénigré son logiciel OBM, capté parasitairement son savoir-faire intellectuel et industriel, de s’être approprié illicitement la technologie cédée à Linagora, d’avoir débauché des salariés, désorganisé la société et créé une société concurrente, BlueMind », ce à quoi le tribunal répond qu'aucun « élément comptable ou financier » n'est apporté permettant de prouver le trouble allégué. Ensuite, Linagora reprochait une violation de la clause de non-concurrence inscrite dans le pacte d'actionnaires, considérée comme illicite par les juges, « en raison de son absence de limitation géographique et de contrepartie financière »[46],[47].
Linagora fait appel de la décision et obtient gain de cause concernant le grief de violation de la garantie d'éviction, la cour d'appel de Paris, dans un arrêt du , estimant que le trouble était justifié. Les deux ex-associés sont ainsi condamnés in solidum à verser un peu plus de 480 000 € à Linagora. Les juges confirment sur les autres points le jugement rendu en première instance[48],[49].
Pierre Baudracco et Pierre Carlier se pourvoient alors en cassation. Dans un arrêt du , la Cour de cassation casse et annule le jugement rendu en appel, confirmant ainsi la non-violation de la garantie d'éviction, comme l'avaient estimé les premiers juges. L'affaire est renvoyée devant la cour d'appel de Paris autrement composée[50],[51],[52]. Cette dernière rend un nouvel arrêt le , dans lequel elle confirme la décision de cassation, estimant que la garantie d'éviction « qui doit nécessairement être limitée dans le temps pour ne pas contrevenir au principe à valeur constitutionnel de la liberté d’entreprendre » n'avait pas été violée[53],[54].
Le , la cour d’appel de Paris déboute Linagora sur sa demande relative à la garantie légale d'éviction. À la suite de cette décision, la cour d’appel condamne la société d'Alexandre Zapolsky, président de Linagora, à verser à Pierre Baudracco et Pierre Carlier la somme de 20 000 euros chacun sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile[55].
Le , la cour de cassation rejette le pourvoi de la société Linagora[56].
Par BlueMind, pour diffamation et injure publique devant le tribunal correctionnel de Toulouse
modifierPar delà les accusations en justice, Linagora crée un site destiné à « la lutte contre les agissements de BlueMind » à l'adresse laveritesurbluemind.net. Les dirigeants de BlueMind, s'estimant diffamés et injuriés publiquement, engagent alors une procédure devant le tribunal correctionnel puis devant la cour d'appel de Toulouse[57],[58] défavorables à Linagora et son dirigeant. Ces arrêts sont annulés par une décision de la Cour de cassation du [59], car non correctement motivés et les parties renvoyées devant le tribunal.
Condamnation prud'homale
modifierPar un arrêt du , la cour d'appel de Versailles a infirmé partiellement le jugement du conseil de prud'hommes de Nanterre du — qui avait débouté le salarié et jugé le licenciement pour faute grave fondé — et a condamné Linagora pour licenciement nul et harcèlement moral[60],[61],[62].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ https://www.pappers.fr/entreprise/linux-linagora-431473669
- 1 2 Virgile Juhan, « Exclusif : Linagora remporte le plus gros marché public Open Source », sur Le Journal du Net, (consulté le )
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- ↑ Camille Paloque-Berges, Christophe Masutti, Histoires et cultures du Libre. Des logiciels partagés aux licences échangées, p. 469, [lire en ligne].
- ↑ « Linagora revendique la place de «leader français du logiciel libre» », sur ZDNet France, (consulté le )
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- ↑ Cyril Chausson, « Support logiciels libres : les contrats interministériels et du Minefi attribués à Linagora », sur le site LeMagIT, site internet consacré à l’information informatique, (consulté le ).
- ↑ « Linagora soutient le développement du numérique à Tahiti - Informatique », sur Informatique, (consulté le ).
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- ↑ « Ramonville. LinAgora, le Google made in France », sur le site du quotidien La Dépêche du Midi, (consulté le ).
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- ↑ « Quand Linagora se pose en concurrent de Microsoft Teams », sur Les Échos (consulté le )
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- ↑ « Twake Technologies (838 962 637) : société », sur Société.com (consulté le )
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- ↑ « Linagora. Les logiciels libres séduisent l'Ouest », sur le site du quotidien Le Télégramme, (consulté le ).
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- ↑ « LinTO, une enceinte connectée française et open source »
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- ↑ « CA Versailles, 17e ch., 29 mars 2017, n° 14/03756 », sur le site doctrine.fr (consulté le ).
- ↑ Mathieu Magnaudeix, « Les méthodes brutales du PDG Alexandre Zapolsky, candidat LREM », Mediapart, (consulté le ).
- ↑ « Législatives : candidats pro-Macron, ils sont visés par la justice », Le Journal du dimanche, (consulté le ).
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative aux organisations :
- Linagora - dossier recrutement dans l'émission Envoyé spécial du