Maison des Nouveaux-Convertis

siège d'une mission catholique auprès des protestant, à Paris

Pavillon Chevreul

Maison des Nouveaux-Convertis
Mention des Nouveaux-Convertis sur le plan de Turgot de 1739.
Présentation
Type
Fondation
Patrimonialité
Localisation
Adresse
Coordonnées
Carte

L'ancienne maison des Nouveaux-Convertis, actuel Pavillon Chevreul, est un hôtel particulier du quartier du Jardin-des-Plantes à Paris, au no 61 de la rue Cuvier dans le 5e arrondissement de Paris.

De 1656 à la Révolution française, ce fut le siège de la Compagnie de la Propagation de la foi, qui cherchait à convertir au catholicisme les protestants de Paris. Ses anciens terrains appartiennent au Muséum national d'histoire naturelle depuis 1797.

Histoire de la Compagnie de la Propagation de la foi

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Fondation en 1632

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En 1632, dans le cadre de la Contre-Réforme catholique, le capucin Hyacinthe Kerver fonde une association vouée à la lutte contre le protestantisme et baptisée « Compagnie de l’Exaltation de la Sainte-Croix, pour la Propagation de la foi, conversion des hérétiques, et confirmation des hérétiques à la religion catholique », aussi appelée « Congrégation de la propagation de la foi ». Elle rassemble des dévots ecclésiastiques et laïcs, hommes et femmes. Plusieurs membres de la Compagnie du Saint-Sacrement soutiennent le développement de l'institution[1].

Elle vise à la conversion des « hérétiques » par la persuasion et l'aide matérielle aux convertis, et elle prie pour le salut des « âmes égarées », vénérant particulièrement la Croix, le Saint-Sacrement (adoration eucharistique), la Vierge, et les saints Paul et Augustin. La congrégation est autorisée par l'archevêque de Paris Jean-François de Gondi en 1634, puis approuvée par le pape Urbain VIII en . Elle reçoit des lettres patentes du roi Louis XIII en [2].

En 1634, est fondée une maison des « Nouvelles Catholiques » pour héberger les filles ayant rompu avec leur foi huguenote. En 1645, est fondé son homologue masculin, première maison des Nouveaux-Convertis, dans une maison louée sur l'île Saint-Louis. De nouvelles compagnies sont ensuite fondées dans les villes du sud-est de la France, à Grenoble en 1647, à Aix en 1656, Chambéry en 1656, Nîmes vers 1657, Marseille vers 1658, Lyon en 1659, Avignon en 1659, Turin en 1678 et Montpellier en 1679[3],[4].

Emménagement en 1656

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En 1656, la maison des Nouveaux-Convertis déménage de l'île Saint-Louis au faubourg Saint-Victor. Sa nouvelle adresse est une grande propriété, avec chapelle, cours et jardins, achetée par le directeur de la congrégation, Cyrys Villiers de la Faye. Elle s'agrandit pendant soixante-quinze ans par divers achats et dons, jusqu'à la ruelle du Tondeur, le long de l'hôtel de Magny. L'actuel « pavillon Chevreul » n'est alors que l'un des bâtiments de cette propriété[2].

Détail du plan de Paris d'Edme Verniquet, centré sur la Maison des Nouveaux convertis et le Grand labyrinthe du Jardin des plantes, vers 1790.

Abolition et expropriation en 1792

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Le , la Convention abolit les ordres religieux, dont la Congrégation. Le , le domaine est acheté par M. Léger[2].

Attribution au Muséum

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En 1797, le domaine est mis à la disposition du Muséum national d'histoire naturelle[2].

Plusieurs constructions devenues vétustes sont démolies pour élargir le « labyrinthe » du Jardin des plantes aux terrains de l'hôtel de Magny. Ne subsiste que le principal bâtiment, l'hôtel particulier du no 61 de la rue de Seine, actuelle rue Cuvier, qui héberge des professeurs. Au milieu du XIXe siècle, y loge l'ornithologue Charles-Lucien Bonaparte, l'un des neveux de Napoléon Ier[5]. Le chimiste Michel-Eugène Chevreul habite ensuite cette maison et y meurt à 102 ans, le . En hommage, son nom est alors donné au « pavillon Chevreul ». Au XXIe siècle, le bâtiment abrite des laboratoires et des services.

Le « pavillon Chevreul » est doublement protégé, d'une part par l'inscription sur la liste des monuments historiques par arrêté du [6] et d'autre part par le classement en 2024 de l'ensemble du Muséum (Jardin des plantes et campus Buffon) au Patrimoine mondial de l'Unesco[7].

Notes et références

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  1. ↑ Reynald Abad, « Catherine Martin, Les compagnies de la Propagation de la foi (1632-1685). Paris, Grenoble, Aix, Lyon, Montpellier. Étude d’un réseau d’associations fondé en France au temps de Louis XIII pour lutter contre l’hérésie des origines à la Révocation de l’édit de Nantes, Genève, Droz, « Travaux du Grand Siècle », no XVI, 2000. Un vol. 18 × 25 cm de 547 p. » (compte-rendu), Dix-septième siècle, vol. 221, no 4,‎ , p. 749e–766e (ISSN 0012-4273, DOI 10.3917/dss.034.0749e, lire en ligne, consulté le ).
  2. 1 2 3 4 Michel Fleury et Jeanne Pronteau, « Histoire de Paris », Annuaire de l'École pratique des hautes études. Section des sciences historiques et philologiques, vol. 102, no 1,‎ , p. 491–493 (lire en ligne, consulté le ).
  3. ↑ Catherine Martin, « La spiritualité des compagnies de la Propagation de la foi : une dévotion de combat », Revue de l'histoire des religions, vol. 217, no 3,‎ , p. 517–530 (DOI 10.3406/rhr.2000.1045, lire en ligne, consulté le ).
  4. ↑ Catherine Martin, « Les compagnies de la propagation de la foi, des origines à la révocation de l'édit de Nantes (1632-1685) : étude d'un réseau d'associations fondé en France au temps de Louis XIII pour lutter contre l'hérésie », theses.fr, Nancy 2,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. ↑ Charles Lefeuve, Les anciennes maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, t. 2, (lire en ligne), p. 453.
  6. ↑ « Jardin des Plantes et Museum national d'Histoire naturelle », notice no PA00088482, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. ↑ « Paris, rives de la Seine », sur whc.unesco.org, UNESCO, (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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  • Catherine Martin, Les compagnies de la Propagation de la foi (1632-1685), Genève, Droz, , 552 p. (ISBN 978-2-600-00425-1)

Liens externes

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