Manifeste du surréalisme

texte d'André Breton, premier manifeste du surréalisme

Le Manifeste du surréalisme est un texte d'André Breton. Publié le [1], il acquiert une certaine notoriété et sera suivi par un Second manifeste du surréalisme et quelques autres écrits dans la même veine. Il s'agit du premier manifeste surréaliste.

Couverture de l'édition originale du Manifeste du surréalisme éditée le 15 octobre 1924

Hétéroclite, le texte rassemble diverses idées et principes d'écriture, qu'Élisabeth Kennel-Renaud regroupe autour de huit thèmes[2] :

  • hommage à l'imagination ;
  • appel à l'émerveillement ;
  • foi en la résolution du conflit entre rêve et réalité ;
  • principe de l'écriture automatique ;
  • définition du surréalisme ;
  • images surréalistes ;
  • collages de fragments de phrases ;
  • attitude non conformiste.


Breton s'oppose à la définition donnée par Yvan Goll dans sa revue Surréalisme transposition de la réalité sur un plan supérieur (artistique) »)[1] et définit ainsi le surréalisme :

« Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale[3]. »

Le manifeste s'oppose ainsi au réalisme, à la logique et aussi au talent car c'est dans l'automatisme que la poésie libère et s'incarne dans cet oxymore mêlant rêve et réalité, le surréalisme[1].

Editions

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Couverture du manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France

Ce texte était à l'origine conçu comme une préface à Poisson soluble, recueil de textes d'écriture automatique, publié la même année[4]. La couverture de l'édition originale porte pour mention « Troisième édition », ce qui est trompeur. Il est probable que cette édition a été précipitée pour permettre à André Breton de reprendre la main sur le mouvement alors que la revue d'Yvan Goll intitulée « Surréalisme » a paru la première et que Une vague de rêves, de Louis Aragon, a paru quelques jours avant le Manifeste[1], cela risquait de lui voler la vedette.

Réimprimé sans changement en 1929, le Manifeste fut toutefois augmenté d'une préface[5] et de la Lettre aux voyantes de 1925[6].

Manuscrit

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À la suite d'une mise en liquidation en de la société Aristophil, le manuscrit du Manifeste du surréalisme est annoncé dans une vente aux enchères à Drouot[7]. Après une intervention des pouvoirs publics, le document est classé comme trésor national, et retiré de la vente[8], puis acquis en 2021 par la Bibliothèque nationale de France[9] avec le Second Manifeste du surréalisme[10].

Ce manuscrit est au centre de l'exposition « Surréalisme » présentée pour le centenaire du mouvement, au musée national d’Art moderne du centre Georges-Pompidou[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Alain Beretta, « Centenaire du surréalisme : le manifeste de 1924 », sur L'École des Lettres - Revue pédagogique, littéraire et culturelle, (consulté le )
  2. Élisabeth Kennel-Renaud, Analyse du Manifeste.
  3. André Breton, op. cit., t. 1, p. 328.
  4. André Breton, Œuvres complètes, t. I, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, p. 1332.
  5. Préface à la réimpression du manifeste (1929).
  6. André Breton, op. cit., t. 1, p. 1398.
  7. Voir sur lemonde.fr, 14 novembre 2017.
  8. Le Figaro 18/12/2017 « Trésors nationaux, les manuscrits de Sade et de Breton sont retirés de la vente Aristophil », le .
  9. Consultable sur Gallica
  10. « Acquisitions exceptionnelles : les manuscrits d'André Breton et du marquis de Sade », BnF.

Voir aussi

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Éditions et ressources

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Articles connexes

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Liens externes

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