Maria João Pires
Maria João Pires, née le à Lisbonne, est une pianiste portugaise.
| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
Maria João Alexandre Barbosa Pires |
| Nationalité | |
| Activités |
Pianiste classique, pianiste, musicienne |
| Instrument | |
|---|---|
| Labels |
Deutsche Grammophon, Warner Classics, Onyx Classics (d), Erato, Decca Classics (en) |
| Genre artistique | |
| Site web | |
| Distinctions | Liste détaillée Prix Pessoa () Médaille d'or du mérite des beaux-arts () Commandeure de l'ordre de l'Infant Dom Henri Chevalier de l'ordre de Sant'Iago de l'Épée (d) Grand-croix de l'ordre de Sant'Iago de l'Épée Médaille du Mérite culturel (d) |
Formée dans sa ville natale puis en Allemagne de l'Ouest, elle est révélée en , lorsqu'elle gagne le concours du bicentenaire de la naissance de Beethoven à Bruxelles. Ensuite, elle s'établit comme une bonne interprète de Mozart — dont elle enregistre notamment, deux fois, les sonates pour piano — et de Schubert.
Elle interrompt et reprend plusieurs fois sa carrière, avant d'y mettre fin en , à 81 ans.
Biographie
modifierEnfance, formation et concours (1944-1970)
modifierMaria João Pires naît le à Lisbonne. Elle grandit dans une famille farouchement opposée à la dictature de Salazar[réf. souhaitée]. Elle donne son premier récital à l'âge de cinq ans, et son premier concert avec orchestre à sept[1]. Elle fréquente le Conservatoire national de Lisbonne (pt), où ses professeurs sont Campos Coelho et Francine Benoît[2].
Elle se perfectionne ensuite en Allemagne de l'Ouest, d'abord à Munich auprès de Rosl Schmid, puis à Hanovre[3] avec Karl Engel[1].
Elle gagne plusieurs grands prix, dont un premier obtenu à Bruxelles en 1970, lors du concours du bicentenaire de la naissance de Beethoven, qui la rend célèbre[2].
Première partie de sa carrière (1971-1997)
modifierEn 1974, elle enregistre l'intégrale des sonates pour piano de Mozart pour le label Denon[2].
En 1986, elle joue pour la première fois à Londres, au Queen Elizabeth Hall[3]. Quatre ans plus tard, elle est remarquée au Festival de Pâques de Salzbourg[2].
Entre et , elle réenregistre les sonates pour piano de Mozart, cette fois pour la Deutsche Grammophon[4], et, la même année, les sonates pour violon du même compositeur avec Augustin Dumay[2]. Elle interprète aussi Schubert, Chopin, ainsi qu'un peu de Beethoven et de Schumann[2].
Elle tient des rôles (dont une fois le sien propre) dans des films de Manoel de Oliveira, dans lesquels elle joue du piano[Quand ?][2].
Incident à Amsterdam et suite de sa carrière (1998-2016)
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En 1998, Maria João Pires se rend à une répétition générale, publique, d'un concert Mozart-Mahler au Concertgebouw d'Amsterdam[6]. Devant 2 000 personnes[7], elle est accompagnée par un orchestre dirigé par Riccardo Chailly. Pour la partie consacrée à Mozart, la pianiste a préparé le Concerto no 23[8] ; mais lorsque l'orchestre commence, elle se rend compte que c'est le no 20 qui est au programme. Après quelques minutes où, de toute manière, l'orchestre joue sans le piano, Pires, sans interrompre Chailly et son ensemble, réussit à jouer la bonne œuvre en entier sans fausse note[9]. Comme la répétition a été filmée, l'extrait qui montre le désarroi de Pires puis le début de son interprétation, accompagné par des commentaires de Chailly, est intégré au documentaire qui relance sa notoriété auprès du grand public quelques mois plus tard.
En 2000, elle crée dans sa maison du Portugal le Centre Belgais pour l'étude des arts. Elle y délivre non seulement des leçons de piano, de musique de chambre ou de culture, mais aussi des « leçons de vie ». Les élèves sont invités à y cuisiner et à récolter les fruits du potager[10].
En 2003, elle fait une apparition au Festival de l'Orangerie de Sceaux (près de Paris), où elle joue en partie à quatre mains avec Ricardo Castro (de)[11]. Début de la même année, elle participe à l'ouverture de saison de l'Orchestre de chambre de Toulouse à la Halle aux Grains, où elle associe à un Klavierstück de Schubert et au Concerto no 23 de Mozart la Sonate pour alto de Chostakovitch[12]. L'été suivant, elle se produit à l'Opéra Berlioz de Montpellier dans le cadre du Festival de Radio France[13].
En 2006, elle est opérée du cœur[3], et emménage au Brésil[14],[15]. L'année suivante, le ministère espagnol de la Culture lui décerne la médaille d'or du mérite des beaux-arts[16].
En 2009, Pires sort un album d'œuvres tardives de Chopin[17]. The Evening Standard note qu'elle se fait rare sur les scènes européennes[18].
En , elle joue avec l'Orchestre symphonique de Londres dirigé par Bernard Haitink : le , le Concerto no 27 de Mozart au Barbican Centre (Londres)[19] et le , le Concerto de Schumann à la salle Pleyel (Paris)[20].
Entre 2012 et 2016, elle est maître en résidence à la Chapelle musicale Reine Elisabeth (Waterloo, Belgique) où elle enseigne le piano à de jeunes musiciens de très haut niveau, assistée de Sylvia Thereza Silveira, jeune pianiste brésilienne[21][source secondaire souhaitée].
En , elle se rend au Carnegie Hall (New York), où elle interprète le Concerto no 2 de Chopin avec l'Orchestre de Philadelphie sous la baguette de Charles Dutoit[22].
En , elle clôt la saison de l'Orchestre Philharmonia, au Royal Festival Hall (Londres), en l'accompagnant dans le Concerto no 20 de Mozart avec Yuri Temirkanov à la direction[23]. La même année, elle sort un nouvel album consacré à Schubert[24].
En , elle fait une tournée à quatre mains, notamment à l'Auditorium national de musique de Madrid avec Julien Libeer le [25] et au Wigmore Hall (Londres) avec Pavel Kolesnikov (en) le [26]. En , elle revient à Londres, cette fois au Royal Albert Hall pour un concert orchestral ; elle est accompagnée par l'Orchestre de chambre d'Europe où elle retrouve Haitink à la direction[27]. En , elle joue notamment le Concerto no 27 de Mozart avec l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig dirigé par Chailly, son partenaire de longue date[5].
En , elle fait une tournée au Canada. Elle est attendue avec l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et Kent Nagano dans le Concerto no 3 de Beethoven les et , puis en récital, le à Montréal et le au Club musical de Québec[4]. En , elle donne un concert en duo avec le luthiste Nigel North au Cadogan Hall (Londres), où les deux musiciens jouent notamment la Suite pour luth en sol mineur de Bach[28]. Le , elle joue les deux concertos de Chopin au palais de l'Opéra (La Corogne, Espagne) avec l'Orchestre symphonique de Galice[29] et en , elle donne un récital Beethoven-Schubert à la Philharmonie de Paris[30].
Derniers concerts et départ en retraite (2017-2025)
modifierEn , Maria João Pires joue l'ultime concerto pour piano de Mozart au Grand Théâtre de Provence avec le Scottish Chamber Orchestra dirigé par Robin Ticciati[31] et, le mois suivant, elle revient à la Philharmonie de Paris, mais cette fois accompagnée du quatuor Artemis, lequel ouvre et clôt son récital Mozart par des œuvres de Beethoven et de Schumann[32].

En , elle rejoue le dernier concerto pour piano de Mozart à la Tonhalle de Zurich en Suisse alémanique avec l'orchestre officiel de la salle, où elle retrouve une nouvelle fois Bernard Haitink[33], mais son agence annonce qu'elle mettra fin à sa carrière d'interprète en 2018[34].
En 2018, elle donne un « concert-méditation » au théâtre antique d'Arles dans le Midi de la France avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard[10].
En 2019, elle continue à enseigner et à jouer pour le Centre Belgais[35], notamment avec Augustin Dumay.
En , en pleine pandémie de Covid-19 qui perturbe les manifestations culturelles, Maria João Pires est filmée avec un programme Schubert, Debussy et Beethoven au théâtre du Jeu de Paume d'Aix-en-Provence (France) pour figurer dans l'édition en ligne du Festival de Pâques[36]. En , elle apparaît au Festival Martha-Argerich (de) à la Laeiszhalle (de) de Hambourg (Allemagne)[37]. En , alors qu'elle vit dans le Jura suisse[38], elle joue Mozart avec Martha Argerich au Victoria Hall de Genève[39] et reçoit le Beethoven-Preis (de) (prix Beethoven)[40].
En , elle donne un récital Schubert, Debussy et Beethoven à l'Arsenal de Metz (Lorraine)[41], et en , elle joue une nouvelle fois le Concerto no 23 de Mozart, cette fois avec l'Orchestre de chambre de Bâle sous la baguette de Trevor Pinnock, au festival des Variations musicales de Tannay en Suisse romande[42]. En , elle joue avec l'Orchestre de Valence (Espagne) sous la baguette d'Alexander Liebreich (de) au Théâtre principal de la ville (es)[43].
En , elle revient à l'Auditorium national de musique de Madrid avec l'Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, où elle retrouve Pinnock, pour jouer le Concerto pour piano no 3 de Beethoven[44]. En , elle donne un récital Schubert-Debussy au Severance Hall (en) de Cleveland (Ohio)[45]. En , elle participe au festival Sommets musicaux de Gstaad (Suisse) en interprétant, à l'église de Saanen, Winterreise de Schubert en compagnie du baryton Matthias Goerne[46].
Les 24 et , elle est, à 79 ans, en concert à la Maison symphonique de Montréal[réf. souhaitée]. L'été, accompagnée par l'Orchestre de chambre de Paris sous la baguette de Gordan Nikolitch (en), elle ouvre le Festival de La Roque-d'Anthéron près de Marseille avec le Concerto no 9 « Jeunehomme » de Mozart[47],[48]. En , elle est lauréate du Praemium Imperiale[49],[50]. En , elle rejoue le Concerto « Jeunehomme » à la Philharmonie de Paris, avec l'Orchestre royal du Concertgebouw dirigé par Iván Fischer[51].
Victime d'un léger accident vasculaire cérébral en , Maria João Pires annule ses concerts à venir[52]. Elle annonce par la suite s'éloigner de la scène durant un certain temps[53]. Le , alors qu'elle reçoit à la fondation Calouste Gulbenkian de Lisbonne le Prix Helena Vaz da Silva pour la promotion du patrimoine culturel, et qu'elle est programmée deux fois avec l'Orchestre de la Suisse romande, elle annonce mettre fin à sa carrière d'interprète[10],[54],[55].
Accueil critique
modifierDistinctions
modifierDiscographie
modifierAprès ses débuts sous le défunt label japonais Denon, elle enregistre durant quinze ans pour la maison de disques Erato, puis pour Deutsche Grammophon. Dans sa discographie, riche d’une cinquantaine d’enregistrements disponibles, on soulignera :
- l’intégrale des sonates pour piano de Mozart parue chez Denon dans les années 1970, rééditée chez Brilliant Classics et réenregistrée trente ans plus tard chez Deutsche Grammophon ;
- les concertos pour clavier de Jean-Sébastien Bach, dirigés par Michel Corboz, chez Erato ;
- l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven, interprétées avec Augustin Dumay, chez Deutsche Grammophon ;
- des concertos pour piano de Mozart, dirigés par Armin Jordan, enregistrés chez Erato, ou plus récemment dirigés par Claudio Abbado, enregistrés chez Deutsche Grammophon ;
- les concertos pour piano de Chopin, chez Deutsche Grammophon ;
- l’intégrale des Nocturnes de Chopin, chez Deutsche Grammophon ;
- des enregistrements de Schumann et Beethoven, parus chez Erato ou Deutsche Grammophon ;
- Le Voyage magnifique, soit les impromptus D 899 et D 935 de Schubert ; du même Schubert, elle a enregistré aussi plusieurs sonates ainsi que plusieurs œuvres pour piano à quatre mains, dont la célèbre Fantaisie en fa mineur D 940, et à deux reprises : une fois avec Hüseyin Sermet (Piano duets en 1987 chez Erato, rééd. 1995), et une autre fois avec Ricardo Castro (Résonance de l'originaire en 2004 chez Deutsche Grammophon, rééd. 2014).
Références
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- ↑ (en) « ‘It was very scary’ – what went through Maria João Pires’ mind in THAT viral wrong concerto », sur Classic FM (consulté le )
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- ↑ Roxane Borde, « Victime d'un léger AVC, Maria João Pires annule ses prochains concerts », sur Diapason, (consulté le )
- ↑ « Maria João Pires s’éloigne « de la scène pendant un certain temps » », sur Diapason,
- ↑ « Maria João Pires annonce mettre fin à sa carrière », sur Diapason,
- ↑ Philippe Gault, « "Je ne suis plus pianiste" : La légende du piano Maria João Pires annonce sa retraite définitive », sur Radio Classique, (consulté le )
Liens externes
modifier- Site officiel
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- (en) Biographie de Maria João Pires sur deutschegrammophon.com