Maria Raspoutine
Maria Gregorievna Raspoutine ( - ) est la fille de Grigori Efimovitch Raspoutine. Elle exerça successivement la profession de danseuse de cabaret, de dresseuse de lions dans un cirque avant de travailler dans diverses usines d'armement. Les dernières années de sa vie, elle vécut à Silver Lake (Los Angeles).
Biographie
modifierEn , elle se rendit à Kazan (probablement au gymnase féminin), puis à Saint-Pétersbourg[1]. Raspoutine avait emmené Maria et sa jeune sœur Varvara (Barbara) vivre avec lui dans la capitale dans l'espoir de les transformer en « petites dames ». Après avoir été refusées à l'Institut Smolny, elles fréquentèrent l'école préparatoire privée (gymnasium) en [2].
Raspoutine avait persuadé Maria d'épouser Boris Soloviev, le fils charismatique de Nikolaï Soloviev, trésorier du Saint-Synode et l'un des admirateurs de son père. Boris Soloviev, diplômé d'une école de mysticisme, s'imposa rapidement comme le successeur de Raspoutine après le meurtre. Boris, qui avait étudié la théosophie de Madame Blavatsky et l'hypnotisme, assistait à des réunions au cours desquelles les disciples de Raspoutine tentaient de communiquer avec les morts par le biais de réunions de prière et de séances de spiritisme.
Après la Révolution russe, au printemps 1918, le couple s'enfuit chez la mère de celle-ci. Ils vécurent à Pokrovskoïe, Tioumen et Tobolsk.[3] Boris et Maria s'échappèrent à Vladivostok, où ils vécurent pendant près d'un an. Ils partirent en bateau pour Ceylan, Suez, Trieste et Prague, où le couple ouvrit un restaurant russe, mais les affaires ne marchaient pas bien. Elle fut alors invitée à travailler à Vienne ; leur deuxième fille, Maria, naquit à Baden, en Autriche.
Maria prend des cours de danse à Berlin et séjourne chez Aron Simanovich, l'ancien « comptable » de son père. La famille Soloviev s'installe à Montmartre, à Paris, où Boris travaille dans une savonnerie, comme portier de nuit et laveur de voitures ; vivant avenue Jean-Jaurès. Boris meurt de tuberculose en à l'hôpital Cochin. Elle prend davantage de cours de danse pour subvenir aux besoins de leurs deux jeunes filles et invite sa sœur Varvara à venir à Paris, mais en 1925, Varvara est morte à Moscou. Maria s'est vu proposer un emploi de danseuse de cabaret à Bucarest, uniquement grâce au fait d'avoir été la fille de Raspoutine.
En 1927, elle intente un procès contre Félix Ioussoupov après la sortie de son livre J'ai tué Raspoutine, où le prince donnait sa version de son meurtre. Mais le tribunal français, devant lequel l'affaire avait été introduite, se déclare incompétent[4].

En 1929, elle travaille au Circus Busch-Roland[1]. En , elle se produit au Cirque d'hiver, dans un numéro avec des poneys. En 1935, elle trouve un emploi au cirque Hagenbeck-Wallace. Le cirque fait une tournée en Amérique et Maria est pendant une saison dompteuse de lions. En , elle épouse à Miami Gregory Bernadsky, un ami d'enfance et ancien officier de l'armée russe blanche. En 1946, ils divorcent et elle devient citoyenne américaine. En 1947, sa fille cadette Maria (1922-1976) se marie à Paris avec le diplomate néerlandais G.W. Boissevain. Maria avait deux chiens, qu'elle avait appelés Ioussou et Pov[5].
Elle écrit un livre à la mémoire de son père. Elle y assure ne pas avoir hérité de ses dons de guérison, même si elle aurait aimé apprendre son regard hypnotique. Elle a brossé un portrait presque saint de son père, insistant sur le fait que la plupart des histoires négatives étaient basées sur des calomnies et des interprétations erronées des faits par ses ennemis.
Références
modifier- 1 2 Smith 2016, p. 672.
- ↑ Smith 2016, p. 326-327.
- ↑ Smith 2016, p. 666.
- ↑ King, Greg, The Man Who Killed Rasputin, Carol Publishing Group, 1995, (ISBN 0-8065-1971-1), p. 233
- ↑ King, Greg, The Man Who Killed Rasputin, p. 277.
Œuvres
modifier- Maria Raspoutine (avec la collaboration de Roberta Ripple), Raspoutine mon père, traduit de l’anglais par Claudine Balta-Rulleau, Paris, éditions Albin Michel, 1966, 250 pages.
Annexes
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Maria Rasputin » (voir la liste des auteurs).
Biographie
modifier- Extrait des Mémoires d'exil de Frédéric Mitterrand

- (en) Douglas Smith, Rasputin, MacMillan, (ISBN 978-1-4472-4584-1)