Marie-Suzanne Roslin
Marie-Suzanne Giroust-Roslin, née le à Paris, où elle est morte le , est une peintre, miniaturiste et pastelliste française.
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Joseph Alexandre Roslin (d) |
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Biographie
modifierMarie-Suzanne Giroust est la fille de Marie-Susanne Le Roy et de Barthélemy Giroust, marchand mercier-joaillier de la garde-robe du roi demeurant près de Saint-Jacques-la-Boucherie, et, peut-être, la parente du peintre d’histoire Giroust. Elle perd son père le et sa mère le , restant aux soins d’un tuteur.
Très active dans les années 1750, distinguée par sa beauté, elle est remarquée en 1754 chez son maître Joseph-Marie Vien par un confrère de l’Académie, Alexandre Roslin, un peintre suédois qui est venu s’établir à Paris, rue La Feuillade, et s’y est fait une réputation. Il la demande en mariage, mais leur union suscite l’opposition de la famille Giroust à cause de la confession protestante de Roslin. Ils sont néanmoins vivement épris l'un de l'autre et, le comte de Caylus ayant su décider la famille, ils se marient après cinq ans d’attente, le . Le contrat de mariage est signé, entre autres, par l’ambassadeur de Suède.
Elle fait des portraits au pastel qui sont appréciés, et lui valent la bienveillance de l’Académie, qui l’admet le même jour qu’Anne Vallayer-Coster[1] comme peintre de pastel, le , sur le portrait de Pigalle comme morceau de réception. C’est alors une grande distinction car, ce jour-là même, l’Académie décide qu’elle ne peut admettre plus de quatre académiciennes. Roslin expose, en qualité d’académicienne, au salon de 1771, mais ne jouit pas longtemps de sa position.
Atteinte d’un cancer au sein, elle meurt l’année suivante, âgée seulement de trente-huit ans. Elle a servi plusieurs fois de modèle à son époux, pour certains de ses portraits, comme La Dame au voile.
Œuvre
modifierGrande portraitiste, Marie-Suzanne Roslin était connue pour sa capacité à exécuter des portraits ressemblants, notamment par des tons de carnation assez réalistes.
Élève de Joseph-Marie Vien et Maurice-Quentin de la Tour, Marie-Suzanne Roslin s’inscrit dans la parfaite filiation de son maître dans son talent pour le pastel, dans lequel elle fait transparaître une fraîcheur et une vérité des coloris typique du grand pastelliste. Cet héritage est perceptible dans un Portrait du sculpteur Pigalle (musée du Louvre, département des arts graphiques), pastel qui a fait dire à Diderot : « La couleur en est belle et vigoureuse »[2].
En 1786, plusieurs années après la mort de sa femme, Roslin fit présent à l’Académie du portrait en buste au pastel de Dumont le Romain, peint par elle, qui se trouve aujourd’hui au Louvre.
- Portrait d’Alexandre Antoine Roslin, 1764-1765
- Portrait du sculpteur Jean-Baptiste Pigalle, 1770, pastel sur papier bleu, 91 × 73 cm, Paris, musée du Louvre
- Portrait de Marie-Joseph Peyre, 1771
- Portrait d’Augustine-Suzanne Roslin, 1771
- Autoportrait avec le portrait de Maurice-Quentin de La Tour à l’index, pastel sur feuilles de papier bleu marouflées sur toile, années 1770, (92 × 111 cm), collection particulière
Alexandre Antoine Roslin, 1764–65 Portrait de Marie-Joseph Peyre, 1771 Portrait d’Augustine-Suzanne Roslin, 1771 Jean-Baptiste Pigalle
1770, pastel
Musée du LouvreAutoportrait avec le portrait de Maurice-Quentin de La Tour
pastel, années 1770
collection particulière
Portraits par son époux
modifier- Marie-Suzanne Roslin peinte par son mari dans La Dame au voile, 1768, huile sur toile (65,0 × 54,0 cm), Nationalmuseum de Stockholm.
- Portrait de la femme de l’artiste par son mari, Nationalmuseum de Stockholm.
- Autoportrait avec son épouse Marie-Suzanne et Henry Wilhelm Peill, Alexandre Roslin, 1767, acquis en 2013 pour 19,5 millions de couronnes suédoises ( = 2 millions d'euros) ( sources : Musée National de Stockholm communication du 06/12/2013) par le Nationalmuseum de Stockholm.
Références
modifier- ↑ Leur succès et leur mode de vie les font toutes deux accuser d’immoralité et de faire peindre ou retoucher leurs tableaux par des hommes. Voir Helen Tierney, Women's Studies Encyclopedia, t. 1, Greenwood Publishing Group, 1999, 1607 p. (ISBN 978-0-31329-620-8), p. 537.
- ↑ Denis Diderot, Œuvres complètes, Jules Assézat, Maurice Tourneux, 1876, p. 513.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Marie-Jo Bonnet, « Femmes peintres à leur travail : de l’autoportrait comme manifeste politique (XVIIIe – XIXe siècle), Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, vol. 49, no 3, 2002, p. 140-167.
- Roger Gaud, Les Femmes peintres au XVIIIe siècle : Musée Goya, -, Castres, Musée Goya, 1973.
- Octave Fidière, Les femmes artistes à l'Académie royale de peinture et de sculpture, Paris, Charavay Frères, (lire en ligne), p. 31-32, 42
Sources
modifier- Augustin Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire : errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques, Paris, Henri Plon, 1867, p. 1086-7.
- Frédéric Reiset, Notice des dessins, cartons, pastels, miniatures et émaux exposés dans les salles du 1er étage [et du 2e étage] au Musée impérial du Louvre, musée du Louvre, département des peintures, des dessins et de la chalcographie, Paris, C. de Mourgues frères, 1869, p. 418-9.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Marie-Suzanne Roslin dans la base joconde
- BnF Le blog Gallica : Marie-Suzanne Roslin : une pastelliste de passage pas si sage
- Marie-Suzanne Roslin sur artnet.fr.