Mary Josephine Bedford
Mary Josephine Bedford (1861-22 décembre 1955) est une philanthrope de Brisbane, dans le Queensland, en Australie, qui s'investit dans les politiques sociales, la protection de l'enfance et le bien-être des familles par le biais de son engagement auprès de l'Association des terrains de jeux et de l'Association des crèches et jardins d’enfants. Elle reçoit l'Ordre de Saint-Sava pour ses services en tant qu'ambulancière pendant la Première Guerre mondiale. Elle œuvre toute sa vie aux côtés de sa compagne, Lilian Violet Cooper.
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Biographie
modifierMary Josephine Bedford naît en 1861 en Angleterre, du mariage d'Eleanor Steele et de George Augustus Bedford[1]. En 1883, durant ses études à Chatham, dans le Kent, elle rencontre Lilian Cooper[2] par hasard à la Cathédrale de Rochester[3]. Elles forment un couple, ou « autant que faire se peut à l'époque »[4]. Elles emménagent ensemble à Russell Square à Londres, ce qui permet à Cooper de finir ses études à la London School of Medicine for Women[2],[5]. Pendant ce temps, Bedford fait des études d'art à la Slade School of Fine Art[2] et devient bénévole dans un hôpital d'orphelins[3]. Lilian devenue médecin, elles déménagement dans l'Essex pour que Lilian puisse travailler dans un grand hôpital[6]. Elles immigrent ensemble à Brisbane en 1891[7] à la demande de Lucinda Musgrave qui cherche une femme médecin pour les femmes de la ville[6]. Une fois Cooper installée comme médecin, Bedford devient son assistante lors des visites à domicile qu'elles font en boquet[3],[6]. Parallèlement, elle commence à travailler au profit des femmes et leurs enfants qui souffrent de la misère[6],[7].

En 1904 et 1912, Bedford et Cooper retournent en Angleterre et aux États-Unis pour rendre visite à leurs familles[3]. Bedford en profite pour s'informer sur les projets de développement de parcs de jeux les plus réussis[3]. De retour en Australie, Bedford s'engage pour la création d'espaces de jeux et de crèches pour les familles pauvres de Brisbane[3].
En 1916, Bedford et Cooper servent dans l'armée australienne en Serbie pendant la Première Guerre mondiale au sein des Scottish Women's Hospitals[3],[8]. Elles rejoignent l'unité d'Ostrovo, en Macédoine serbe, sous le commandement de la médecin australienne Agnes Bennett[8]. Elles appartiennent à un contingent de 50 à 60 personnes qui gèrent un camp de 200 lits[3]. Bedford est responsable d'une troupe de 12 ambulances Ford modèle T aménagées[8]. Cette activité l'oblige à parcourir plus de 150 kilomètres par jour sur des routes accidentées du mont Kajmakčalan[5],[8]. Elle gagne le surnom de « Mademoiselle Pièces Détachées » (Miss Spare Parts) quand elle parvient à trouver d'autres véhicules en Macédoine pour renforcer ceux de l'armée[3]. Pour son engagement, elle reçoit l'Ordre de Saint-Sava de 5e classe[9],[10].
Bedford et Cooper rentrent à Brisbane en 1917, et Bedfort reprend son engagement auprès des enfants de la ville[3]. Elle est décrite comme une femme chaleureuse, intelligente et exubérante[3].
Bedford meurt le 22 décembre 1955 et est enterrée à côté de sa compagne de toujours, Lilian Cooper, au cimetière de Toowong, à Brisbane[5]. Conformément aux souhaits de Lilian, décédée huit ans plus tôt, elle lègue leur héritage aux Sœurs de la charité d'Irlande pour qu'elles construisent le premier hôpital de soins palliatifs de la ville, l'Hospital Saint Vincent[3],[6],[7].

Philanthropie et justice sociale à Brisbane
modifierImplication dans la protection des femmes et des enfants
modifierJoséphine Bedford visite différents hôpitaux pour comprendre le rôle des comités dans leur gestion et étudie les dernières avancées en ce qui concerne la santé des femmes et des enfants[5]. En 1894, elle est nommée dans l'équipe de management de l’hôpital pour enfants[3],[10]. La même année, elle travaille avec la Société de prévention de la cruauté (Society for the Prevention of Cruelty)[3],[10]. En 1904, elle participe à la création de la section locale du Queensland au Conseil national des femmes[3],[10] et en devient la première secrétaire en 1906[7]. Elle est membre de la Ligue électorale des femmes du Queensland (Queensland Women’s Electoral League)[7].
Alors que la population se développe massivement à Brisbane, elle remarque qu'il n'existe aucun endroit adapté pour les enfants en banlieue : les routes ne sont pas pavés et les égouts n'existent pas encore, ce qui rend l'espace public dangereux pour les plus jeunes[7],[10].
Lors de ses nombreux voyages d'études avec Cooper, Bedford étudie les méthodes et les programmes de protection familiale aux États-Unis et en Europe[3]. En 1908, elle concentre ses recherches sur le concept du jeu supervisé (supervised play) puis rentre à Brisbane pour ouvrir deux aires de jeu supervisé[7]. Elle assiste à des conférences sur les parcs de loisirs publics à l'Université de Californie à Berkeley vers 1911[9].
Bedford joue un rôle déterminant dans l'expansion de l'hôpital pour enfants de Brisbane en 1905. Elle et Cooper sont déléguées au Conseil international des femmes à Stockholm en 1912[9]. En 1920, Bedfort est élue au Conseil national des femmes[5].
Fondation d'associations
modifierEn 1907, elle participe à la fondation de l'Institut des services sociaux de Brisbane (Brisbane Institute of Social Service) en créant L’Association des crèches et jardins d’enfants (Creche and Kindergarten Association) pour fournir une crèche aux enfants de familles pauvres en périphérie de Brisbane[5],[6],[7]. La première Crèche et Jardins d'enfants (C&K) issue de l'association ouvre en 1907 et existe encore aujourd'hui[6]. En 1911, quatre C&K sont ouverts et une école de professeur des écoles est établie[7].
Bedford est très active dans la gestion de cette première C&K, dont elle est trésorière dans les premières années, au moment où les fonds manquent[3]. L’association obtient par la suite le soutien et le financement des autorités locales et du gouvernement du Queensland, ainsi que de divers fonds philanthropiques nationaux[9].
En 1912, Bedford fonde l'Association des terrains de jeux du Queensland, qui devient par la suite responsable du développement des terrains de jeux de toute la région[3]. L'Association des terrains de jeux du Queensland (Queensland Playground Association) est créée dans le but concret de promouvoir la création d'aires de jeux et de centres de loisirs pour les enfants des quartiers défavorisés et à forte densité de population[9]. En s'inspirant des réalisations de Frederick Law Olmsted aux États-Unis, l'association s'emploie à prendre en charge la gestion des parcs et à former des animateurs pour encadrer les jeux[9]. Le but est d'inculquer aux enfants les valeurs de courage, d'honnêteté et de bienveillance[9]. Ces animateurs sont également responsables des bibliothèques des aires de jeux, animent des ateliers de travaux manuels et assurent la liaison avec les foyers d'accueil[9]. L'association s'intéresse au développement social de l'enfant et considère les apprentissages liés au jeu comme un complément aux leçons dispensées en classe[9].
En 1919, durant l'épidémie d'influenza, une des C&K est convertie en foyer pour les enfants dont les parents sont infectés[3]. Une autre C&K subit cette même transformation au moment de la Grande Dépression de 1929 pour soulager les familles touchées par la crise[3].
Le succès de ces deux organisations est en partie attribuable au travail de Mary Josephine Bedford[5],[9]. Elle participe notamment aux efforts des deux organisme par le démarchage en tissant des liens avec des personnalités locales, ce dont témoigne sa correspondance abondante, conservée en archives[9].
Reconnaissance
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Pour commémorer le rôle déterminant de Bedford dans la création d'aires de jeux au Queensland, un arbre est planté le 22 mars 1956 à l'aire de jeux de Spring Hill qu'elle aide à faire construire en 1927[3],[9]. En 1959, le conseil municipal de Brisbane accepte la proposition de l'Association des aires de jeux et des loisirs de renommer le parc « aire de jeux de Bedford » . L'aire de jeux de Bedford est inscrite au registre du patrimoine du Queensland le 9 mai 1998[9].
En 2020, la State Library of Queensland produit un épisode de sa série de podcasts « Dangerous Women » sur le travail de Lilian Cooper et Josephine Bedford[5],[11].
Voir aussi
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Marie Josephine Bedford » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en-US) « London, England, Church of England Births and Baptisms, 1813-1923 », sur Ancestry.com (consulté le )
- 1 2 3 (en) Clive Moore, « Cooper, Lilian Violet (1861–1947) and Bedford, Mary Josephine (1861–1955) », dans Robert Aldrich, Garry Wotherspoon (dir.), Who's Who: In Gay and Lesbian History from Antiquity to World War II, Routledge, (ISBN 978-0-4152-5369-7)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 (en) Dr John Earwaker, « Miss Bedford and Dr Cooper – pioneering Queenslanders and St Mary’s parishioners », Anglican Focus, (lire en ligne)
- ↑ (en) « Women Who Paved the Way », The Gold Coast Bulletin, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Chrissi Theodosiou, « Dr Lilian Cooper and Ms Josephine Bedford », State Library Queensland, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) « MoB Sunday Stories: Lilian Cooper and Josephine Bedford », sur Museum of Brisbane (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) « Bedford, Mary Josephine » [archive du ], The Australian Women's Register (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Heather Sheard, Women to the front: the extraordinary Australian women doctors of the Great War, North Sydney, NSW, Ebury Press, (ISBN 978-0-14-379470-7)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (en) « Bedford Playground », sur Queensland Heritage Register (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) Grantlee Kieza, « Formidable couple left a lasting legacy », The Courier - Mail, (lire en ligne)
- ↑ (en) « Dangerous Women », sur State Library of Queensland (consulté le )