Massacre de Biljani
| Massacre de Biljani | ||||
| Date | ||||
|---|---|---|---|---|
| Lieu | Biljani, municipalité de Ključ | |||
| Victimes | Civils bosniaques | |||
| Type | Exécution de masse, nettoyage ethnique | |||
| Morts | Environ 250-260 civils bosniaques | |||
| Auteurs | Armée de la république serbe de Bosnie (VRS), forces de police locales, et paramilitaires | |||
| Motif | nettoyage ethnique | |||
| Guerre | Guerre de Bosnie-Herzégovine | |||
| Coordonnées | 44° 36′ 28″ nord, 16° 40′ 04″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : Bosnie-Herzégovine
Géolocalisation sur la carte : Yougoslavie
Géolocalisation sur la carte : Europe
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Le massacre de Biljani désigne le meurtre de 260 civils bosniaques perpétré le dans les villages de Gornji et Donji Biljani, situés dans la municipalité de Ključ, en Bosnie-Herzégovine, durant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), notamment dans l'affaire Prosecutor v. Momčilo Krajišnik, considère que ces crimes s'inscrivent dans une campagne de persécution et de nettoyage ethnique menée contre la population non serbe de la municipalité de Ključ.
Contexte
modifierLes crimes commis dans la municipalité de Ključ s'inscrivent dans une campagne plus vaste menée par les dirigeants politiques et militaires serbes de Bosnie visant à établir un contrôle serbe sur les territoires revendiqués comme faisant partie d'un État serbe. Cette politique se traduit par la prise de contrôle des institutions municipales ainsi que par la persécution, l'expulsion et le déplacement forcé des populations non serbes dans de nombreuses municipalités de Bosnie-Herzégovine.
Au printemps 1992, des unités de l'Armée populaire yougoslave (JNA), des forces de police locales et des groupes paramilitaires serbes participent à la prise de contrôle de la municipalité de Ključ et à sa consolidation. À la suite de l'instauration des nouvelles autorités, des opérations de « nettoyage du terrain » sont menées contre la population bosniaque locale. Elles se traduisent par des arrestations arbitraires, des détentions, des expulsions forcées et diverses violences dirigées contre les civils non serbes[1].
Déroulement
modifierLe 10 juillet 1992, des unités de la 17e brigade d'infanterie légère de l'Armée de la Republika Srpska (VRS), appuyées par des forces de police, lancent une opération dans les villages de Biljani[2].
Les habitants sont rassemblés en plusieurs endroits, séparés selon leur âge et leur sexe, puis exécutés par groupes. Des habitations sont incendiées et une grande partie des villages est détruite.
Selon les faits établis par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), notamment dans les jugements Krajišnik et Stanišić et Župljanin, ces événements s'inscrivent dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique dirigée contre la population civile non serbe de la région de Ključ. Dans l'affaire Stanišić et Župljanin, la Chambre a conclu que les auteurs avaient, par leurs actes, commis le crime d'extermination, constitutif d'un crime contre l'humanité.
Victimes
modifierLe massacre fait environ 250 victimes civiles bosniaques[3], parmi lesquelles figurent des hommes, des femmes, des personnes âgées et des enfants[2].
Parmi les victimes se trouvent également de très jeunes enfants, dont un nourrisson âgé de quelques mois, selon les rapports d'exhumation et les témoignages recueillis auprès des survivants[2].
À partir de 1995, plusieurs fosses communes sont découvertes dans la région, notamment à Lanište I et Crvena Zemlja I et II, ainsi que des fosses communes situées à Biljani, permettant l'exhumation de plus de 260 dépouilles et l'identification progressive des victimes[4].
Responsabilités
modifierEn mars 2005, la Cour de Bosnie-Herzégovine a retenu des charges relatives à ces crimes contre Marko Samardžija, alors commandant de la troisième compagnie du bataillon Sanica de l’Armée de la Republika Srpska (VRS), l’accusant d’avoir ordonné et participé aux meurtres de civils.
Le , Marko Samardžija a été condamné à 26 ans d’emprisonnement pour crimes contre l’humanité. Le tribunal a confirmé sa responsabilité dans les exécutions de civils bosniaques commises à Biljani et dans les villages environnants. La Cour d'appel a partiellement confirmé les appels du défendeur et la peine de Samardžija a été réduite à sept ans de prison pour crimes contre l'humanité dans le village de Biljani, municipalité de Ključ[4].
À ce jour, Marko Samardžija demeure la seule personne condamnée pour les crimes commis à Biljani. Plus de trente ans après le massacre, aucune autre condamnation définitive n'a été prononcée en lien avec ces faits[5].
Notes et références
modifier- ↑ TPIY, « Momčilo Krajišnik, Jugement, IT-00-39-T », , p. 174 -181
- 1 2 3 (en) « The 31st anniversary of the crime against Bosniak civilians in Biljani »,
- ↑ TPIY, « Le Procureur c/ Biljana Placsic, Jugement portant condamnation », , p. 17
- 1 2 (en) « The anniversary of the Biljani massacre »,
- ↑ (bs) « Ni 31 godinu nakon masakra u Biljanima nema presude: Zločinci VRS ubili 258 Bošnjaka pa ih bacili u jamu »,