Massacre de Ntoyo
Le massacre de Ntoyo a lieu le , lorsque des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF-Buluku), affiliées à l'État islamique, lancent une attaque contre le village de Ntoyo, dans la province du Nord-Kivu, en république démocratique du Congo (RDC). L'attaque se produit tard dans la nuit, et les rebelles de l'ADF prennent pour cible une veillée funèbre. Selon les autorités congolaises, cette attaque fait au moins 71 morts, tandis que les ADF revendiquent la mort d'au moins 100 chrétiens.
| Massacre de Ntoyo | ||
| Localisation | Ntoyo, Nord-Kivu, république démocratique du Congo | |
|---|---|---|
| Coordonnées | 0° 21′ 04″ nord, 28° 46′ 07″ est | |
| Date | ||
| Armes | armes légères, Machettes | |
| Morts | au moins 71 personnes | |
| Auteurs | ||
| Organisations | ||
| Mouvance | Terrorisme islamiste | |
| Partie de Guerre du Kivu Insurrection des Forces démocratiques alliées | ||
| Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo
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Arrière-plan
modifierMotifs
modifierLe motif de l'attaque reste flou, mais il semblerait qu'il s'agisse de représailles en réponse à l'escalade des bombardements menée par les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) dans le cadre de l'opération Shujaa[1], [2].
Contexte
modifierNtoyo comptait environ 2 500 habitants au moment de l'attaque[3].
Attaque
modifierLe , de nombreux civils sont rassemblés pour assister à des funérailles dans le village de Ntoyo, situé dans le secteur de Bapere, territoire de Lubero, province du Nord-Kivu, en république démocratique du Congo (RDC)[4].
Une dizaine de combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) prennent d'assaut la veillée funèbre dans la nuit du vers 21 h (heure d'Afrique centrale, UTC+2), surprenant les participants[5],[6]. Les ADF rassemblent des civils et les exécutent sommairement à la machette et à l'arme légère[5]. Selon des témoins les assaillants portaient ce qui semblerait être des uniformes militaires[7].
Après l'attaque initiale, les rebelles incendient une trentaine de maisons et de véhicules, brûlant vifs les occupants[8],[9].
Le lieutenant Marc Elongo, porte-parole des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), a déclaré que les militants des ADF avaient fui les lieux avant que les FARDC ne puissent intervenir[10].
Les premiers bilans, établis le jour même de l'attaque, font état de 60 à 61 morts, mais les autorités annoncent par la suite un total de 71 victimes[11],[12],[13],[14].
Une attaque distincte menée par les ADF a lieu dans une ville voisine, faisant 18 morts[15].
Les ADF ont revendiqué l'attaque affirmant avoir tué près de 100 chrétiens[16].
Réaction et réponse
modifierDès le matin du de nombreux habitants sont vus quittant Ntoyo[17], qui apparaît presque déserte le lendemain. Le , vingt-cinq des personnes tuées lors de l'attaque sont enterrées [18], alors que certains habitants dénoncent l'inaction du gouvernement[19],[18].
Institutions religieuses
modifierArmées, autorités et organisations internationales
modifierLe ministère français des Affaires étrangères a condamné l'attaque du , a présenté ses condoléances et a appelé à la paix dans la région des Grands Lacs[20].
Le coordonnateur humanitaire en RDC pour le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies, Bruno Lemarquis, a déclaré dans un communiqué de presse le qu’il était « profondément choqué par la brutalité de ces attaques contre des civils », a rappelé que « les civils ne sont pas des cibles » et a insisté sur le fait que la protection des civils en vertu du droit international humanitaire (DIH) était une « obligation absolue »[21].
Le président de l'Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf, a publié un communiqué de presse[note 1] exprimant sa « profonde consternation » suite à l'attaque. Il a « fermement condamné cette attaque terroriste odieuse, ainsi que les violences récurrentes qui continuent de cibler les civils dans l'est de la RDC ». Mahamoud Ali Youssouf a indiqué que l'attaque violait le droit international humanitaire et a appelé à ce que les auteurs soient retrouvés et traduits en justice « afin de mettre fin au climat d'impunité qui alimente la répétition de ces atrocités ». Le texte conclut en réaffirmant l'engagement de l'UA à « rétablir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs »[22].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ntoyo massacre » (voir la liste des auteurs).
Notes
modifier- ↑ Le communiqué de presse de l'Union africaine était signé par la « Direction de l'information et de la communication ». Il ne portait toutefois pas de numéro d'identification officiel. Il a été publié depuis Addis-Abeba, en Éthiopie, où se trouve son siège.
Références
modifier- ↑ (en) « Islamic State-aligned rebels kill 66 civilians in eastern Congo », AP News, (consulté le )
- ↑ KAKULE, « Ituri : Enterrement collectif de 24 victimes parmi les 38 civils tués par les ADF à Komanda », www.grandslacsnews.com, (consulté le )
- ↑ (en) « DR Congo survivors of IS-linked massacre say army, govt let them down », RFI, (consulté le )
- ↑ « RDC : plus de 70 morts dans une attaque ADF près de Manguredjipa (Lubero) »
, sur Actualite.cd, (consulté le ) - 1 2 (en-US) « ISIS-linked militia kills 60 in machete attack on funeral in Eastern Congo, local officials say - CBS News », www.cbsnews.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Rebels linked to Islamic State kill at least 61 at east Congo funeral », Reuters, (lire en ligne, consulté le )
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- ↑ (en) Ali, « At least 60 people killed in DRC after ISIL-linked attack on funeral », Al Jazeera (consulté le )
- ↑ (en-US) « ISIS-linked militia kills 60 in machete attack on funeral in Eastern Congo, local officials say - CBS News », www.cbsnews.com, (consulté le )
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- ↑ (en) « Rebels linked to Islamic State kill at least 61 at east Congo funeral », Reuters, (lire en ligne, consulté le )
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- 1 2 (en) AFP, « Victims buried after IS-linked attack in DR Congo », news.com.au, (consulté le )
- ↑ (en) « DR Congo survivors of IS-linked massacre say army, govt let them down », RFI, (consulté le )
- ↑ (en) étrangères, « Democratic Republic of the Congo – Attacks on civilians (11.09.25) », France Diplomacy - Ministry for Europe and Foreign Affairs (consulté le )
- ↑ « The Humanitarian Coordinator in the DRC condemns deadly attacks against civilians in North Kivu », United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, (consulté le )
- ↑ « AU Condemns Atrocities Against Civilians in North Kivu Province », African Union, (consulté le )