Massacre de Tel al-Zaatar
Le massacre de Tel al-Zaatar a eu lieu pendant la guerre civile libanaise, le . Tel al-Zaatar (« la colline du Thym », en français) était un camp de réfugiés palestiniens administré par l'UNRWA. Le massacre fut commis par des factions chrétiennes à l'issue d'un blocus de cinq mois puis d'un siège de près de deux mois, malgré la défense d'environ 1500 fedayins palestiniens[1]. Il se solda par 800 à 2 000 morts[2], plus des milliers pendant le siège.
| Massacre de Tel al-Zaatar | |
Le camp de Tall al-Zaatar après le massacre (31 août 1976) archives du CICR. | |
| Date | 12 août 1976 |
|---|---|
| Lieu | Camp de Tall al-Zaatar, Dekouané (banlieue de Beyrouth) |
| Morts | 800 à 2000 plus 3400-3500 au cours du siège |
| Disparus | plusieurs centaines |
| Auteurs | Milices chrétiennes |
| Ordonné par | Étienne Sacr |
| Participants |
Soutien: |
| Guerre | Guerre du Liban |
| modifier |
|
Contexte
modifierHistoire du camp
modifierDes Palestiniens se sont réfugiés et ont été expulsés au Liban par Israël lors du nettoyage ethnique qu'il commet en Palestine à partir de la guerre israélo-arabe de 1948. Le camp de Tel al-Zaatar est créé en 1949. Il compte à l'origine 2000 réfugiés. L'UNRWA l'administre à partir des années 1950[3].
La population du camp est de 15 000 habitants en 1974[3]. Après le massacre de Karantina le 18 janvier 1976 (par les milices chrétiennes, environ 1000 morts), les rescapés s'installent à Tel al-Zaatar[4].
Contexte de la guerre civile libanaise
modifierLe camp de Tel al-Zaatar se situe dans le secteur libanais majoritairement chrétien[5] et il est peuplé majoritairement de Palestiniens chrétiens[6]
« En avril 1975, la guerre éclate au Liban. Les réfugiés palestiniens s'y impliquent en première ligne. Dès le début des combats, ils deviennent des belligérants actifs, pour lesquels les camps sont des refuges essentiels. C'est d'ailleurs par une fusillade entre des fedayyin palestiniens et des milices chrétiennes libanaises le 13 avril 1975 que l'on date le début du conflit[7] », fusillade au cours de laquelle les phalangistes attaquent un bus palestinien[8]. L'antagonisme entre les Palestiniens d'une part, et les Libanais surtout chrétiens d'autre part, constitue une des dimensions essentielles de la guerre civile libanaise selon Samir Kassir : la présence palestinienne est en fait un catalyseur qui accentue les dissensions au sein du système politique libanais[9].
L'opposition la plus radicale à la présence palestinienne est le fait des milices chrétiennes phalangistes de Pierre Gemayel, qui voient les Palestiniens comme un État dans l'État, les camps palestiniens, de plus en plus militarisés, échappant au contrôle des autorités du pays. Les phalangistes, alliés à la milice des Tigres de l'ancien président Camille Chamoun, entreprennent de conquérir les camps palestiniens de leur secteur. « Le 29 juin 1976, le petit camp palestinien de Jisr el-Bacha, en majorité chrétien, tombe[10] ». Les combattants phalangistes s'en prennent aussi au même moment à des zones musulmanes libanaises (non palestiniennes) présentes dans les zones majoritairement chrétiennes qu'ils souhaitent « homogénéiser », tel le quartier chiite de Nabaa, qu'ils occupent le [10].
Les Palestiniens étaient passés également à l'offensive. En janvier 1976, ils avaient attaqué la ville de Damour et massacré la plupart des Libanais chrétiens qui y habitaient, dans la succession de massacres de représailles qui marque le début de la guerre civile.
Le siège et le massacre
modifier
Tel al-Zaatar est assiégé par les chrétiens phalangistes à partir de janvier 1976. Ces milices disposent d'artillerie lourde, de chars et de transports de troupes blindés fournis par Israël. Pendant cette première phase du siège, les circulations (personnes, ravitaillement, fournitures médicales, etc.) sont bloquées, mais le Quwat el-irtibat al-mushtaraka, un comité humanitaire libano-palestinien, réussit à négocier le passage de certaines fournitures[3].
Tel al-Zaatar est alors une véritable forteresse, un camp militaire retranché. C'est pourquoi les Palestiniens réussissent à tenir près de deux mois. Ils s'étaient dotés de milliers de roquettes anti-chars.[réf. nécessaire]
À partir du 22 juin, les milices chrétiennes réalisent un bombardement d'artillerie permanent sur le camp. L'aviation syrienne bombarde les forces palestiniennes qui tentent de faire lever le siège. Toujours en juillet, les Phalanges chrétiennes commettent deux massacres à l'extérieur du camp. À Ras Dékouané, les occupants de deux abris sont tués (bilan : 90 morts). Et un immeuble où s'étaient réfugiées des centaines de personnes est bombardée au canon (bilan : 250 morts)[3]. Les chefs des milices chrétiennes, Dany Chamoun au début et Bechir Gemayel par la suite dirigent les opérations.
Pour faire tomber le camp, les miliciens chrétiens visent les points d'eau. Deux sur trois sont mis hors d'usage. Les tireurs embusqués massacrent de 10 à 30 femmes allant chercher de l'eau chaque jour. Le manque d'eau provoque la mort quotidienne d'une douzaine d'enfants par déshydratation. Les évacuations des blessés sont interrompues, sauf du 3 au 6 août grâce à la négociation de la Croix-Rouge (400 blessés évacués)[3]. Les quelques puits sont pollués par des cadavres[11].
Les Palestiniens, pris dans un piège, demandent l'aide de Yasser Arafat mais il est déjà trop tard[12]. Le 10 août, la dernière source d'eau tombe aux mains des Phalangistes[3]. Le , menacés par la famine et le manque de plus en plus flagrant de munitions, le camp se rend. L'accord prévoit l'évacuation par la Croix-Rouge de tous les habitants civils. Les combattants pourront partir par la montagne[3].
Mais le lendemain, , les milices chrétiennes rompent l'accord et entrent dans Tel al-Zaatar. Les habitants du camp et des environs (environ 12 600 personnes) prennent la fuite dans la panique. Le massacre a lieu dans tout le camp, y compris dans la mosquée et l'hôpital, ainsi qu'aux 9 à 12 barrages placés sur la route de Beyrouth-Ouest. Les civils sont dépouillés, les femmes violées. Des témoignages rapportent des meurtres de nourrisons ou des personnes écartelées entre deux voitures. Du côté des fedayins qui défendraient le camp, de nombreux meurent, tués dans les montagnes ou de faim et de soif[3].
Les survivants sont regroupés par l'OLP à Damour, où l'organisation avait massacré des centaines de chrétiens en janvier. Ils quittent ce village en 1982 lors de l'invasion israélienne du Liban, en 1982[3].
Bilans
modifierIl y a en tout 2 000 morts selon Amnon Kapeliouk, pour qui il s'agit de l'un des plus terribles massacres de l'histoire palestinienne[12]. Tel al-Zaatar est brûlé et détruit.
Pour Yezid Sayigh (en), il y a 3500 morts dans la dernière phase du siège, Palestiniens, Syriens et Libanais[13]. Pour la seule journée du 12 août, les bilans vont de 1000 à 2000 morts et des centaines de disparus. Les dépouilles des victimes ont également disparus[3].
L’Encyclopédie de la Question palestinienne donne plusieurs bilans : de 800[14] à 1500[15] ou 2000 morts[16] pour la journée du 12 août, plus 3400 morts pour la durée du siège[14].
Rôle des pays voisins
modifierLes deux pays voisins du Liban, la Syrie et Israël, sont impliqués dans ce massacre.
Le rôle de la Syrie
modifierLes chrétiens libanais reçoivent l'appui militaire de la Syrie, dont l'armée entre au pays du Cèdre dès le . Selon Alain Ménargues « la Syrie persuada discrètement les chrétiens qu'ils étaient en danger et se présenta en recours. Hafez al-Assad déclara publiquement le 12 avril 1976 être disponible pour venir en aide aux chrétiens[17] ». et le chef du parti phalangiste, Pierre Gemayel, se dit favorable à cette intervention[18].
Selon Mohamed Kamel Doraï, « les forces chrétiennes conservatrices qui s’emparent des camps palestiniens de Beyrouth-Est en 1975-1976 sont soutenues par la Syrie. La logique du pouvoir syrien est de barrer la route aux Palestino-progressistes[19]. En effet, Hafez el Assad veut alors éviter une invasion israélienne, qui aurait lieu si le Mouvement national libanais allié aux Palestiniens prenait le pouvoir au Liban. L'armée libanaise ne pourrait alors pas faire face à un ennemi plus puissant et mieux armé[19] ». En , une « force de dissuasion arabe » formée en majorité de soldats syriens, composée de 30 000 hommes, s’installe au Liban[19].
De même, selon Charles Saint-Prot, « le camp de Tel al-Zaatar est assiégé par les milices maronites avec l'aide de l'armée syrienne », de sorte que le divorce sera consommé à ce moment entre Hafez el Assad et l'OLP[6]. Charles Saint-Prot rappelle qu'à la même époque, jusqu'en , l'armée syrienne s'oppose militairement aux forces palestiniennes dans d'autres régions libanaises, dans la Bekaa, au Sud et dans le Chouf.
Arafat commente ainsi le silence arabe lors de l'oraison funèbre des victimes : « Le monde arabe se trouve aujourd'hui à l'un des degrés les plus bas de son histoire. Aucun pays ne s'est porté à notre aide. C'est une honte ! Voilà pourquoi le peuple palestinien a besoin d'un État indépendant afin de pouvoir se défendre[20] ».
Les troupes syriennes restent dans le pays afin de s'assurer de leur mainmise sur lui.
Le rôle d’Israël
modifierAriel Sharon, ministre de guerre israélienne, divulgue devant la presse le , lors de l’invasion israélienne du Liban, que des officiers israéliens ont participé au massacre de Tell al-Zaatar avec l’autorisation du gouvernement travailliste israélien, et alors que ce camp était complètement assiégé par l’armée syrienne, ce qui sous-entend une coopération israélo-syrienne dans ce massacre[21].
Postérité
modifierImmédiatement après le.massacre, Bachir Gemayel, accueille les journalistes étrangers par ces mots : « Nous sommes très fiers de votre venue et nous sommes aussi très fiers de vous faire visiter Tel el-Zaatar. Mais nous sommes aussi désolés de vous laisser voir ce que vous allez voir maintenant, parce que nous savons très bien que la situation à Tel el-Zaatar n'est pas très claire, pas très tranquille, et absolument pas paisible. Vous allez voir quelques séquelles, quelques conséquences de 16 mois de combats très violents, et les conséquences de la pression subie par Dekouané, assiégé par Tel el-Zaatar depuis neuf ou dix ans »[11].
En 1976, Ismail Shammout (en) peint le tableau intitulé Tal al-Za'atar - Dignity In Grief (soit « Tal al-Zaatar, la dignité dans le deuil/la douleur ») visible ici[22].
Les survivants sont nombreux à avoir publié des mémoires dans les années 1970 et 2000[3].
Le film documentaire Tall al-Zaatar de Moustafa Abou-Ali, Pino Adriano, Jean Chamoun[23], a été produit pour le compte de l'Institut du cinéma palestinien de l'OLP en 1977, en cofinancement avec le parti communiste italien. Toutes les copies ont été détruites ou pillées par l'armée israélienne lors de l'invasion de 1982, mais il a pu être reconstitué à partir de la version destinée à la télévision italienne[11].
Le poète Mustafa al-Kurd a consacré des vers à la tragédie, dont :
- Le thym pousse sur la colline et au pied de la colline
- Demande au vent, et tu sauras
- Le thym unifie le temps, efface les frontières, pousse dans l'eau et le désert
- Maintenant je sais pourquoi le parfum du thym est plus fort que toutes les odeurs de ce siècle ivre de mort
- Silence, ça tourne, pièce de théâtre de Chrystèle Khodr et Nadim Deaibes (2026).
- Richard Millet dans son récit autobiographique La Confession négative, décrit son engagement militaire au sein des Phalanges libanaises et sa participation à la bataille de Tel al-Zaatar[24].
Une partie des Libanais fait toujours référence au massacre, 50 ans après, par l'expression « les évènements de Tall al-Zaatar »[11].
Personnalités liées au camp de Tel al-Zaatar
modifierSelon Valeria Rando, l'un des combattants du camp, Ali Khanjar, a atteint le statut d'une légende[11].
- Rihab Kanaan, poétesse palestinienne née en 1954, d'une famille originaire de Safed. Elle perd 51 membres de sa famille lors du massacre de 1976 et trois autres, dont son fils, lors du massacre de Sabra et Chatila. Elle se réfugie en Tunisie, puis s'installe à Gaza en 1995 et retrouve sa fille dont elle était séparée depuis 22 ans. Elle s'y trouve encore pendant le génocide de Gaza où elle perd d'autres membres de sa famille[3],[25],[26].
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Mohamed Kamel Doraï, Les Réfugiés palestiniens du Liban : Une géographie de l’exil, [en ligne], Paris, CNRS Éditions, 2006 (généré le ). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionscnrs/2432>. (ISBN 9782271078148). DOI : 10.4000/books.editionscnrs.2432.
- Amnon Kapeliouk, Arafat l'irréductible. Fayard, Paris, 2004, 524 p. (ISBN 9782213609928).
- Muhammad Daoud Al-Ali, Mukhayyam Tall Al-Zaatar : waqâe’ al-majzara al-mansiyyat (« Le Camp de Tall Al-Zaatar : récit d’un massacre oublié »), Centre arabe de recherche et d’études politiques, 2022.
- Sur le nettoyage ethnique de la Palestine
- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemarie Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2008. (ISBN 978-0-98151313-3)
- Sandrine Mansour-Mérien, L'histoire occultée des Palestiniens (1947-1953), Pivat, , 240 p. (ISBN 2708969463)
Références
modifier- ↑ Pierre France, « Faut-il compter les miliciens ? », Legal Agenda, 20 novembre 2025.
- ↑ (en) Helena Cobban, The Palestinian Liberation Organisation: People, Power, and Politics, Cambridge University Press, 1984, (ISBN 0521272165) p. 73.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Hala Abou Zaki, « Tall Al-Zaatar. Du thym et du sang », Orient XXI, 12 août 2026.
- ↑ Claire Grandchamps, « La Quarantaine et Damour, les 18 et 20 janvier 1976 : deux massacres, des milliers de tués », L'Orient-Le Jour, (lire en ligne)
- ↑ Philippe Rochot, « Liban 40 ans déjà: la chute du camp palestinien de Tel al-Zaatar: Philippe Rochot », sur Philippe Rochot / Reportages pour mémoire, (consulté le ).
- 1 2 Charles Saint-Prot, Les mystères syriens : la politique au Proche-Orient de 1970 à 1984, Albin Michel, lire en ligne.
- ↑ Julien Mauriat, "Les camps de réfugiés palestiniens à Beyrouth, 1948-1998", dans Populations réfugiées: De l’exil au retour, dir. Véronique Lassailly-Jacob, lire en ligne
- ↑ Charles Saint-Prot, Les mystères syriens : la politique au Proche-Orient de 1970 à 1984, Les mystères syriens : la politique au Proche-Orient de 1970 à 1984, lire en ligne.
- ↑ Samir Kassir, « L’État libanais au miroir de la guerre civile », Monde arabe. Maghreb-Machrek, no 104, cité dans Mohamed Kamel Doraï, Les Réfugiés palestiniens du Liban : Une géographie de l’exil, [en ligne]. Paris : CNRS Éditions, 2006 (généré le ). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionscnrs/2432>. (ISBN 9782271078148). DOI : 10.4000/books.editionscnrs.2432.
- 1 2 Xavier Baron, Histoire du Liban, Tallandier, 2017, lire en ligne.
- 1 2 3 4 5 Valeria Rando-, « Searching Tel al-Zaatar », Now Lebanon, 18 août 2025.
- 1 2 Amnon Kapeliouk. Arafat l'irréductible. Fayard. 2004. p. 163
- ↑ Yezid Sayigh, Armed Struggle and the Search for State : The Palestinian National Movement, 1949-1993, Clarendon Press., Oxford, 1997, cité par Hala Abou Zaki.
- 1 2 Muhammad Daoud al-Ali, « Tal al-Za‘atar Refugee Camp », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question.
- ↑ « The Destruction of Tal al-Za‘atar »,Interactive Encyclopedia of the Palestine Question.
- ↑ « Fall of Tal al-Za'atar », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question.
- ↑ Alain Menargues, Les Secrets de la guerre du Liban: Du coup d'État de Bachir Gémayel aux massacres des camps palestiniens, Albin Michel, Paris, 2004, lire en ligne.
- ↑ Alain Menargues, Les Secrets de la guerre du Liban: Du coup d'État de Bachir Gémayel aux massacres des camps palestiniens, Albin Michel, Paris, 2004, lire en ligne.
- 1 2 3 Mohamed Kamel Doraï, Les Réfugiés palestiniens du Liban : Une géographie de l’exil, [en ligne]. Paris : CNRS Éditions, 2006 (généré le 06 juillet 2018), <http://books.openedition.org/editionscnrs/2432>. (ISBN 9782271078148). DOI : 10.4000/books.editionscnrs.2432
- ↑ Arafat l'irréductible, p. 163.
- ↑ (en) « ARMY'S ANGER AT SHARON SAID TO GROW », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Tal al-Za'atar - Dignity In Grief - 1976 (Illustration) », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question.
- ↑ Hugo Darroman.« Towards a decentered history of Palestinian revolutionary cinema ? Case study of the film Tall El Zaatar in the audiovisual archives of the Italian Communist Party. ». Regards. Revue des Arts du spectacle, 2021, 26, pp.111-127. ffhalshs-03533540f
- ↑ Richard Millet, La Confession négative, NRF, 2009, p. 487-500.
- ↑ Suad M. A. Abushammala, « Palestinian poet inspired by grief », We are not numbers, 30 mars 2022.
- ↑ « La poétesse palestinienne Rihab Kanaan rend hommage aux femmes terroristes : "Les lambeaux éparpillés de ton corps ont décoré les jardins" », Jewish Chronicle, 20 mars 2020.