Massacre des Beaumettes
Le massacre des Beaumettes désigne le crime de guerre commis le 22 août 1944, dans cette commune du département de Vaucluse, par des éléments de la 11e Panzerdivision allemande en retraite après le débarquement de Provence[1],[2].
| Massacre des Beaumettes | ||||
La stèle des Martyrs de la Résistance du secteur d’Apt où figure le nom des 44 résistants morts pendant la guerre | ||||
| Date | ||||
|---|---|---|---|---|
| Lieu | Les Beaumettes, |
|||
| Victimes | Résistants prisonniers français | |||
| Type | torturés et exécutés | |||
| Morts | 3 | |||
| Auteurs | ||||
| Motif | représailles | |||
| Participants | ||||
| Guerre | Seconde Guerre mondiale | |||
| Coordonnées | 43° 51′ 34″ nord, 5° 12′ 10″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
Géolocalisation sur la carte : Vaucluse
| ||||
| modifier |
||||
Trois résistants de la Section des atterrissages et des parachutages (SAP) capturés à Apt par les Allemands lors d'accrochages avec les Forces françaises de l’intérieur (FFI), furent utilisés comme bouclier humain, puis battus, torturés et exécutés sommairement sur un talus à l’entrée du village des Beaumettes[1],[2],[3].
Le crime du 22 août intervient dans un village déjà marqué par la répression allemande. Quelques mois auparavant en avril 1944, le résistant Ismaël Sauvan y est arrêté, puis il est torturé et exécuté à Pont-Saint-Esprit par des soldats de la Division Brandebourg[3],[4].
Ces épisodes s’inscrivent dans le contexte plus large des exactions de l'occupant et des combats de la Libération du Vaucluse durant le printemps et l'été 1944[5],[6]. La situation à la fin du mois d'août 1944 est marquée par le harcèlement des colonnes allemandes en retraite par les FFI, ainsi que par plusieurs massacres et représailles commis dans la région, notamment à L’Isle-sur-la-Sorgue le même jour[5],[6].
Contexte
modifierL'arrestation et l'assassinat d'Ismaël Sauvan
modifier
La commune des Beaumettes a déjà été marqué par les exactions allemandes quelques mois auparavant le débarquement, au printemps 1944[2]. Ismaël Sauvan, garagiste et résistant lié au secteur de Ménerbes et d’Oppède, y est arrêté dans la nuit du 25 au 26 avril 1944 par des membres de la 8e compagnie du 3e régiment de la Division Brandebourg[7]. Ils agissent pour le compte de collaborateurs locaux du Parti populaire français (PPF) en représailles après le meurtre d'un des leurs[4],[8]
Transféré à Avignon au siège de la Milice, 71 rue Joseph Vernet[8], puis à la citadelle de Pont-Saint-Esprit des « brandebourgeois », il est longuement torturé avec d'autres résistants et exécuté probablement dans la nuit du 17 au 18 mai 1944 sur le pont du Saint-Esprit, son corps jeté dans le fleuve[3],[4],[7]. Après la guerre, une plaque commémorative est érigée au centre du village des Beaumettes en sa mémoire[9].
Le débarquement de Provence et la retraite allemande
modifier
Le 15 août 1944, les Alliés déclenchent le débarquement de Provence dans le cadre de l’opération Dragoon. Face à l’effondrement rapide du dispositif de défense allemand, le haut-commandement du Heeresgruppe G (Groupe d'armées G) ordonne le 18 août le repli général du sud-est de la France vers la vallée du Rhône afin d’éviter l’encerclement des forces de la 19e armée[10].
Les panzer de la 11e Panzerdivision, initialement envoyés depuis la région de Toulouse pour participer à une contre-offensive contre les troupes débarquées, se retrouvent bloqués aux Angles sur la rive occidentale du Rhône à cause de la destruction des ponts par l’aviation alliée[10]. Le franchissement du fleuve s’effectue difficilement grâce à des barges et bacs de la Kriegsmarine dispersés autour d’Avignon: le soir du 18 août, seuls huit chars Panther parviennent à traverser le Rhône[10]. Ils sont immédiatement envoyés rejoindre des éléments de la division déjà engagés sur une ligne de défense entre Apt, Cavaillon et Salon-de-Provence pour stopper la 3e Division d'Infanterie (3rd ID) américaine au sud et la 45e division d’infanterie (45th ID) américaine à l'est[10],[11],[12].

Dans l'après-midi du 20 août, alors que les FFI ont déjà libéré la ville d’Apt et qu’une nouvelle municipalité est nommée, une colonne blindée de la 11e Panzerdivision arrive depuis Coustellet et reprend possession de la ville, établissant une position défensive au sud de la commune à proximité du pont de Mauragne sur la D943[5],[13]. Mais au même moment, la 45th ID américaine traverse la Durance et entre dans Pertuis, ville située à seulement une trentaine de kilomètres au sud d'Apt: tout le sud Luberon le long de la Durance est libéré définitivement[11],[14],[15]. Le lendemain 21 août, une colonne blindée allemande de la 11e Panzerdivision traverse le massif du Lubéron et tente de contre-attaquer pour reprendre Pertuis sans succès[16]. Elle finit par rebrousser chemin, tandis que les résistants à Apt sont rejoints en renforts par quelques éléments de la 45th ID américaine[12],[15].
Le 22 août, le dispositif allemand est débordé par le reste de la 45th ID qui arrive sur Apt tandis que la 36e Division d'infanterie et la Task Force Butler ont contournée par les Alpes et menacent désormais Montélimar, point vital de la retraite allemande dans la vallée du Rhône[10],[12]. Les quelques unités de la 11e Panzerdivision engagés entre Cavaillon et Apt reçoivent l’ordre de se replier. Elles doivent de toute urgence rejoindre le reste de la division qui a réussi à traverser le Rhône afin de participer aux combats de Montélimar destinés à rouvrir la voie de retraite allemande[10].
La Résistance et les parachutages dans le secteur d’Apt
modifier
À l’été 1944, la région d’Apt constitue un important foyer de la Résistance provençale[6]. Les maquis et groupes FFI du Ventoux, du Luberon et du plateau d’Albion bénéficient là d’un terrain favorable aux parachutages alliés organisés par la Section des atterrissages et des parachutages (SAP), structure clandestine chargée de réceptionner les armes, équipements et agents envoyés par avion depuis l’Afrique du Nord ou l’Italie[6]. Dans la région « R2 », correspondant à la Provence, la SAP joue un rôle essentiel dans la préparation du débarquement de Provence et dans l’armement des groupes résistants[6],[17].
Les équipes SAP locales du réseau « Action R2 Archiduc » sont chargées de baliser les terrains de parachutage, récupérer les conteneurs largués de nuit puis répartir les armes dans les maquis du Vaucluse. Ils interviennent sur les terrains clandestins « Accord », « Abri », « Armateur » et « Spitfire »[18], utilisés par la Résistance dans le secteur de Sault et du plateau d’Albion[6],[17].
À partir du débarquement allié du 15 août 1944, les groupes armés par la SAP prennent part aux actions de harcèlement contre les colonnes allemandes en retraite dans le Vaucluse. Les embuscades et attaques menées par les FFI contre les unités de la 11e Panzerdivision s’inscrivent dans cette stratégie de harcèlement destinée à ralentir la remontée allemande vers la vallée du Rhône[5],[10]. Le 22 août 1944, alors que les troupes américaines poursuivent les convois allemands refluant vers la vallée du Rhône, Apt devient le théâtre d’escarmouches et d'affrontements opposant soldats allemands et résistants locaux[5].
Déroulement
modifier
45)Le 22 août, complètement cernés par les Résistants qui occupent les hauteurs d’Apt et menacés au sud et à l'est de la ville par la 45e division d’infanterie américaine (45th ID), les défenseurs allemands tentent une dernière contre-attaque sans succès[1],[12],[13],[15]. Dans l’après-midi, ils finissent par évacuer la ville pour rejoindre la vallée du Rhône et éviter l'encerclement[15]. Comme l'écrit Hans Werner, spécialiste-radio d'un char Panther allemand présent sur place: « tout le monde se sauve ! »[10].
Après avoir traversé le centre-ville poursuivis par les troupes américaines, la colonne de la 11e Panzerdivision est accrochée à l'ouest de la commune dans le quartier de Lançon par des membres des FFI descendus du village de Saint-Saturnin-d’Apt: cinq Résistants de la Section des atterrissages et des parachutages (SAP) "Action R2 Archiduc" sont tués et trois autres sont capturés lors de l'affrontement[1],[2],[15].
La colonne reprend alors sa marche le long de l'actuelle D900 et les trois prisonniers sont attachés sur le capot des véhicules de tête pour servir de bouclier humain afin de dissuader les résistants de tirer sur les véhicules allemands[1],[2],. Selon les témoignages et récits commémoratifs postérieurs, ils sont battus et maltraités durant le trajet. Puis à hauteur du pont Julien, près de Bonnieux, la colonne allemande est à nouveau attaquée par des FFI qui tentent de ralentir sa progression vers la vallée du Rhône[1],[2],.
En début de soirée, la colonne allemande approche l’entrée du village des Beaumettes et est attaquée une fois encore les FFI au lieu-dit "le Chêne". Les trois résistants utilisés comme bouclier humain sont alors conduits près du talus de l’ancienne voie ferrée. Ils y sont torturés puis exécutés sommairement par les soldats allemands, vraisemblablement en représailles à l’attaque menée par les FFI[1],[2],[3].
Victimes
modifierLes trois victimes de l'exécution sont[1]:
Albert Gimet, âgé de 22 ans: bûcheron originaire de Saint-Saturnin-d’Apt, membre de la SAP du réseau « Action R2 Archiduc ». Il participe aux opérations de réception de parachutages clandestins dans le secteur du plateau d’Albion[19],[20];
Raymond Guyader, âgé de 30 ans: cultivateur et maçon originaire de Bagnols-sur-Cèze, appartient également à la SAP au réseau « Action R2 Archiduc ». Il prend part aux opérations de soutien logistique de la Résistance locale[21],[22];
Marcel Reynier, âgé de 35 ans: chauffeur mécanicien originaire d'Avignon, membre de la SAP de Vaucluse. Il participe lui aussi aux missions de parachutage et de liaison de la Résistance locale[23],[24].
Libération
modifierAprès l'exécution, les trois corps sont ensuite abandonnés sur place avant d'être retrouvés par la population une fois la colonne repartie[1]. Jusqu'au 23 août 1944, la population vit dans la crainte des représailles et des combats, tandis que les dernières forces allemandes se retirent du secteur et que les troupes américaines progressent au sud et à l'est[5]. Le 24 août, les forces d'Occupation ont totalement ou presque évacué le sud du département, permettant à une partie des communes de la vallée de la Durance et du Lubéron de retrouver leur liberté, notamment Bédarrides, Bonnieux, Caumont-sur-Durance, Cavaillon, Cheval-Blanc, Mérindol et Pernes-les-Fontaines[5],[25].
Puis le 25 août 1944, à 10h du matin, des éléments de la 3e Division d'Infanterie (3rd ID) américaine parviennent à franchir la Durance et progressent à toute vitesse vers Cavaillon avant d'arriver à Avignon aux alentours de midi[11]. C'est dans ce contexte de la rapide progression des forces alliées soutenus par les FFI, que le Lubéron et les Beaumettes peuvent fêter leur Libération[5].
Mémoire
modifierInhumés dans le caveau perpétuel des « morts pour la France des deux guerres d’Apt », une grande messe commémorative fut dite à la mémoire des trois Résistants à Apt le 16 août 1945. Par la suite, le corps de Marcel Reynier fut transféré dans le caveau familial du cimetière Saint-Véran à Avignon, tandis que celui de Raymond Guyader rejoignit le tombeau familial du cimetière de Bagnols-sur-Cèze[21],[23].
Dans ce même élan commémoratif, plusieurs dispositifs mémoriels furent mis en place sur le territoire. Une plaque fut apposée à l’entrée des Beaumettes, à l’endroit de leur exécution[9]. Une stèle fut également érigée sur le lieu de leur arrestation, ainsi qu’à la mémoire des cinq résistants de la SAP tués au quartier de Lançon à Apt[9]. Le nom de l’Aptésien Albert Gimet figure par ailleurs sur le monument aux morts d’Apt, inscrit dans les années 1950[26]. Enfin, une stèle dédiée aux « Résistants du secteur d’Apt mort pour la France et la Liberté » fut installée en centre-ville, portant les noms des 44 « martyrs »[3],[9].
Depuis lors, des cérémonies commémoratives sont organisées chaque année aux Beaumettes et à Apt afin de rendre hommage aux victimes des combats et des représailles, notamment aux trois résistants exécutés le 22 août 1944. Elles sont portées notamment par l’Amicale des anciens résistants du secteur d’Apt[27], en présence des autorités municipales, d’associations patriotiques et d’anciens combattants[2],[13],[15],.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Maitron - Les Fusillés 1940-1944, « Les Beaumettes (Vaucluse), 22 août 1944 », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 CVR de Vaucluse (association), « 22 août 1944 : exécution des 3 Résistants de la S.A.P "Action R2 Archiduc" aux Baumettes », sur Blog des CVR de Vaucluse et des Départements limitrophes (consulté le )
- 1 2 3 4 5 Jean-Baptiste Pétré (fonds), Livre noir pour la XVe Région (archives privées), Service des recherches de crimes de guerre ennemis (SRCGE), 4 juillet 1945.
- 1 2 3 Olivier Pigoreau, Sanglante randonnée: la 8e compagnie Brandebourg contre la Résistance, Konfident, , 448 p. (ISBN 978-2-9569837-4-3)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Aimé Autrand, Le département de Vaucluse, de la défaite à la libération : mai 1940-25 août 1944, Aubanel, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 Claude Arnoux, Maquis Ventoux: Résistance et répression en Provence pendant la IIe guerre mondiale, Avignon, Aubanel, , 322 p. (ISBN 9791036901331)
- 1 2 Maitron - Les Fusillés 1940-1944, « SAUVAN Ismaël », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- 1 2 Christelle Fageot, La milice en Vaucluse: 1943-1945, Études comtadines, , 244 p. (ISBN 978-2-9528874-5-8)
- 1 2 3 4 Jean Pierre Borezee, La mémoire gravée: Monuments, stèles et plaques commémoratifs de la seconde guerre mondiale dans le département de Vaucluse, Conseil général de Vaucluse, 2002, 101 p.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Thierry Chazalon, Nationale 7, la route de la mort : D'après le journal de marche et l'album photographique d'Hans Werner, spécialiste-radio à bord du Panzer 102, Nyons, Les Mimosas, , 68 p. (ISBN 978-2-9532071-0-1), p. 44-47
- 1 2 3 (en) Donald Gilbert Taggart, History Of The Third Infantry Division In World War II, Washington, Infantry Journal Press, (lire en ligne), p. 218
- 1 2 3 4 (en) The Stars and Stripes, The Story Of The 45th Infantry Division, Kessinger Publishing, , 48 p. (ISBN 978-1432629519)
- 1 2 3 Guillaume RANCOU, « Il y a 80 ans, la ville d'Apt était libérée du joug allemand » (article de presse), sur laprovence.com, (consulté le )
- ↑ « Quand Pertuis, déjà libérée par les Résistants, accueillait les soldats US le 20 août 1944 », sur www.laprovence.com, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 CVR de Vaucluse (association), « Commémorations du 70ème anniversaire de la Libération et des Martyrs de la Résistance d'Apt », sur Blog des CVR de Vaucluse et des Départements limitrophes (consulté le )
- ↑ Jean-Jacques Dias, Chronique de la Libération de Pertuis:15-20 août 1944 (chronique), Pertuisien.fr, , 24 p. (lire en ligne)
- 1 2 Jean-Paul Bonnefoy, Sault & le Pays de Sault, Collection « Le Temps Retrouvé » Éd. Équinoxe, Saint-Rémy-de-Provence, 2007.
- ↑ « Spitfire, un aérodrome clandestin en Vaucluse (84) » (forum), sur Sudwall Superforum, (consulté le )
- ↑ Maitron - Les Fusillés 1940-1944, « GIMET Albert, Louis », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- ↑ [AC 21 P 194796] Service historique de la Défense, « GIMET Albert louis », sur memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- 1 2 Maitron - Les Fusillés 1940-1944, « GUYADER Raymond », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- ↑ [AC 21 P 200908] Service historique de la Défense, « GUYADER Raymond Louis », sur memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- 1 2 Maitron - Les Fusillés 1940-1944, « REYNIER Marcel, Élie Antonin – Maitron », sur fusilles-40-44.maitron.fr (consulté le )
- ↑ [AC 21 P 132576] Service historique de la Défense, « REYNIER Marcel Elie Antonin », sur memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Patrick Verlinden, « Dates de la Libération des Villes de Provence 1944 – 1945 », sur Provence 7, (consulté le )
- ↑ Le Dauphiné, « Apt. Monument aux morts : deux Aptésiens retrouvent enfin leur identité » (article de presse), sur www.ledauphine.com, (consulté le )
- ↑ Répertoire National des Associations, « AMICALE DES ANCIENS RESISTANTS DU SECTEUR D APT ET DE LEURS DESCENDANTS à APT », sur https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr,
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Aimé Autrand, Le département de Vaucluse, de la défaite à la libération : mai 1940-25 août 1944, Éd. Aubanel, Avignon, 1965.
- Claude Arnoux, Maquis Ventoux, Résistance et répression en Provence pendant la Guerre mondiale, Éd. Aubanel, Avignon, 1994, 322 p. (ISBN 9791036901331).
- Jean Pierre Borezee, La mémoire gravée: Monuments, stèles et plaques commémoratifs de la seconde guerre mondiale dans le département de Vaucluse, Conseil général de Vaucluse, 2002, 101 p.
- Jean-Baptiste Pétré (fonds), Livre noir pour la XVe Région (archives privées), Service des recherches de crimes de guerre ennemis (SRCGE), 4 juillet 1945.