Maurice Becker (1889-1975) est un artiste américain d'origine russe, connu pour ses illustrations destinées aux publications radicales et progressistes, telles que The Masses et The Liberator, publiées au début du XXe siècle.

Maurice Becker
Maurice Becker figurant dans « The Cartoonists », parue dans The Masses, 1917.
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Biographie

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Maurice Becker est né à Nijni Novgorod, dans l'Empire russe, de parents juifs ; son père Isor Becker, est tailleur, et sa mère s'appelle Rose Simonov. Sa famille émigre aux États-Unis en 1892 et s'installe au sein de la communauté juive du Lower East Side à Manhattan. Sa sœur aînée, Helen Tamiris[1], devient une pionnière de la danse moderne et son frère, Sam Becker, est sculpteur.

Le jeune Maurice suit des cours du soir de comptabilité, de commerce et d'art tout en travaillant la journée comme peintre en lettres. En 1908, il commence à prendre des cours auprès de Robert Henri, représentant de l'Ash Can School. En 1913, il expose à la prestigieuse Armory Show[2] de New York, où il est le plus jeune participant, présentant un dessin au fusain. À cette époque, il fréquente déjà les cercles artistiques de Robert Henri, John French Sloan, George Bellows et Stuart Davis.

Becker fait ses débuts comme illustrateur d'abord pour le New-York Tribune en 1914-1915, puis pour l'éditeur de presse E. W. Scripps Company de 1915 à 1918. Il collabore également, en tant que pigiste, à de nombreuses publications contemporaines, dont Harper's Weekly, Metropolitan Magazine et The Saturday Evening Post[3].

Maurice Becker doit surtout sa renommée pour ses illustrations destinées à des revues radicales, notamment pour le magazine politique et artistique new-yorkais The Masses, auquel il a commencé à collaborer en 1911[3].

Il épouse Dorothy Baldwin[1], une militante socialiste active, en 1918. La même année, l'Amérique s'impliquant dans la Première Guerre mondiale, il devint objecteur de conscience et refuse d'être enrôlé dans les bataillons américains. Il s'enfuit au Mexique pour échapper à la conscription. Arrêté à son retour aux États-Unis en 1919, il est jugé, reconnu coupable et condamné à 25 ans de travaux forcés, dont il purgea quatre mois à Fort Leavenworth avant d'être relaxé[3].

Becker poursuit ses collaborations avec la presse radicale, publiant ses illustrations dans des périodiques tels que Revolt, The Toiler, New Solidarity, The Blast, Survey Graphic, The New York Call, The Liberator, One Big Union Monthly, et New Masses[3],[1].

Le travail graphique de Becker convoque souvent les tons feutrés du graphite ou du fusain. Il se montre également politiquement plus modéré que l'œuvre plus incisive et mordante de ses pairs, parmi lesquels Art Young, Fred Ellis, Robert Minor, Hugo Gellert et William Gropper.

De 1921 à 1923, Becker vit au Mexique, où il travaille comme illustrateur pour El Pulsa de México, un magazine anglophone. Après cette période, il se consacre pleinement à la peinture, mettant ainsi un terme à sa carrière d'artiste engagé pour la presse, et participe à un certain nombre d'expositions[2]. Il contribue toutefois occasionnellement à des publications politiques par la suite, notamment avec un dessin apolitique intitulé « Été », paru dans le numéro d'août 1926 de New Masses[3].

Becker demeure cependant un militant politique radical toute sa vie, et fut membre ou sympathisant du Parti communiste des États-Unis pendant de nombreuses années. Il se rend en Union soviétique en 1931. En 1932, il rejoint The League of Professional Groups for Foster and Ford, apportant son soutien officiel au candidat communiste William Z. Foster à la présidence des États-Unis. En 1936, il apporte également son soutien au candidat communiste Earl Browder[4].

Son nom figure sur le papier à en-tête du Artists' Front to Win the War, une organisation importante étroitement liée au Parti communiste, et il est signataire de l'appel à la création du American Artists' Congress, une initiative soutenue par le parti[3].

Entre 1954 et 1957, il expose à la Art of Today Gallery à New York, dirigée par Hugo Gellert, destinée à montrer le travail d'artistes figurant sur la liste noire du Gouvernement américain, tels que Rockwell Kent, et Charles W. White[5].

Retiré dans une pension, Maurice Becker meurt en 1975 à la Jewish Home of Eastern Pennsylvania, à Scranton.

Galerie

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Notes et références

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  1. 1 2 3 (en) « Maurice Becker papers, circa 1908-1976 », Archives of American Art / Smithsonian.
  2. 1 2 (en) « Maurice Becker (1889 - 1975) Exhibition History », notice de la base Artist-Info.
  3. 1 2 3 4 5 6 (en) Rebecca Zurier, Art for the Masses: A Radical Magazine and Its Graphics, 1911–1917, Philadelphie, Temple University Press, 1988, p. 175-176.
  4. ↑ (en) Special Committee on Un-American Activities, House of Representatives, Investigation of Un-American Propaganda Activities in the United States: Appendix — Part IX, p. 1000.
  5. ↑ (en) John Simkin,« Hugo Gellert : Biography », in: Spartacus Educational, Spartacus Educational Publishers Ltd., avril 2013, sur archive.org.

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