Max Adler (sociologue)
Max Adler était un sociologue marxiste autrichien né le à Vienne et mort dans la même ville le . Il fut l'un des principaux représentants de l'austro-marxisme. Adler est plus précisément un « philosophe social » ((de) Sozialphilosophie), mais cette dénomination ne s'est jamais imposée dans le monde francophone où la sociologie et la philosophie sont moins en dialogue qu'elles ne le sont en Allemagne, par exemple.
| Substitute Member of the Constitutional Court of Austria | |
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| Membre du Landtag de Basse-Autriche |
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Ancien cimetière juif de Vienne (d) |
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Oskar Adler (en) |
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| Parti politique |

Biographie
modifierD'abord étudiant en droit, Max Adler se consacre très tôt à la philosophie et à la sociologie, puis il entre au Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ). En 1903, il fonde une école ouvrière dont fessait parti intégrante Karl Renner et Rudolf Hilferding, deux des principaux représentants de l’austromarxisme avec Otto Bauer[1]. L'année suivante, il crée la célèbre collection des « Marx Studien[2] ».
Durant la Première Guerre mondiale, il milite dans l'aile gauche du SPÖ qui dénonce la guerre et continue à s'affirmer internationaliste, et il soutient le mouvement des conseils ouvriers[2]. À partir de 1927, il collabore avec Paul Levi à Der Klassenkampf (La lutte des classes), le journal de l'aile gauche du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Il travaille à cette période comme professeur de sociologie et de philosophie sociale à l'université de Vienne.
Les travaux d'Adler tentent de dégager le marxisme du dogmatisme léniniste, trotskiste ou stalinien qui s'approprient diversement la doctrine de Marx[2]. Il refuse de concevoir le marxisme comme une Weltanschauung (« vision » ou « conception du monde ») et se donne pour objectif d'en développer la dimension épistémologique et sociologique. À ses yeux, la démarche de Marx allie une philosophie de la connaissance à une pratique sociale (Praxis), et son système peut, selon lui assimiler les apports d'autres courants, en l'occurrence le néo-kantisme ou le positivisme d'Ernst Mach[2],[3]. Concevant le marxisme comme un système ouvert, l'analyse critique est, selon lui, la plus apte à être considérée comme l'acte d'émancipation par excellence. Comme l'écrit Raoul Vaneigem : « C'est elle qui doit guider le mouvement ouvrier, non la stratégie d'une prise du pouvoir où le prolétariat ne se laisse jamais guider que par ceux-là mêmes qui deviendront demain ses nouveaux oppresseurs[2] ».
Refusant toutefois de verser dans les illusions de la démocratie parlementaire, Adler estime que la solution réside dans la démocratie directe, dont les conseils ouvriers offrent le modèle le plus acceptable[2]. C'est la thèse qu'il développe dans Démocratie et conseils ouvriers.
Éclipsé par le bolchévisme, Adler est peu connu aujourd'hui. Ses travaux ont toutefois eut une influence sur certains de ses contemporains comme Karl Mannheim et il compte aujourd'hui comme une figure importantes du courant marxiste non-orthodoxe qui rassemble également Georg Lukacs (dans ses premiers écrits) ou Karl Korsch.
Réception / Postérité
modifierUsage historique du terme « néolibéralisme »
modifierDans les années 1920, Max Adler est parfois cité dans l’histoire du terme « néolibéralisme ». Dans un contexte polémique, il emploie le terme « Neoliberalismus » de manière critique pour qualifier la défense renouvelée du libéralisme économique, notamment à propos de l’ouvrage Nation, State and Economy (1919) de Ludwig von Mises, parmi lesquels des intellectuels tels que Alfred Meusel ou Othmar Spann le rejoignent. Cet usage précoce du terme, à visée péjorative, s’inscrit dans les débats intellectuels opposant marxisme et libéralisme au début du XXᵉ siècle, et diffère des acceptions ultérieures du concept de néolibéralisme développées après les années 1930 et s’inscrivent dans des débats idéologiques sur le marché, l’État et la critique du capitalisme[4],[5].
Publications
modifier- (de) Kausalität und Teleologie im Streite um die Wissenschaft, Vienne, 1904.
- (de) Wegweiser. Studien zur Geistesgeschichte des Sozialismus, Stuttgart, Dietz, 1914.
- (de) Der Sozialismus und die Intellektuellen, Vienne, 1910.
- (de) Demokratie und Rätesystem, Vienne, 1919.
- (de) Die Staatsauffassung des Marxismus, Vienne, 1922.
- (de) Das Soziologische in Kants Erkenntniskritik, Vienne, 1924.
- (de) Kant und der Marxismus, Berlin, 1925.
- (de) Politische und soziale Demokratie, Berlin, 1926.
- (de) Lehrbuch der materialistischen Geschichtsauffassung, 2 t., Berlin 1930-1931.
- (de) Das Rätsel der Gesellschaft, Vienne, 1936.
Notes et références
modifier- ↑ Éditions Larousse, « Max Adler - LAROUSSE », sur www.larousse.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 Raoul Vaneigem, « Max Adler », dans Encyclopædia Universalis, 2007.
- ↑ (en) Elisabeth Theresia Widmer, « Max Adler’s Neo-Kantian Reinvention of Marx’s Notion of History », Kantian Review, , p. 1–19 (ISSN 1369-4154 et 2044-2394, DOI 10.1017/S1369415425100770, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) « The Pejorative Origins of the Term “Neoliberalism” | The Daily Economy », (consulté le )
- ↑ (en) « What Exactly Is Neoliberalism, and Is It a Bad Thing? | Mises Institute », sur mises.org, (consulté le )
