Mehdi Akhavan-Sales
Mehdi Akhavan Salesⓘ ; 1928-1990, (en persan : مهدی اخوان ثالث)), surnommé Omid (« Espérance »), est un des pionniers de la poésie moderne persane.
Biographie
modifierIl est né en à Mashhad, au Khorasan, et mort le à Téhéran[1]. Il suit une formation technique de soudeur mais, à l'insu de son père, il apprend en parallèle à jouer du târ. Il découvre la poésie au cours de ses études. Il écrit d'abord de la poésie classique, sous le nom d'Omid. Ensuite il participe à un cercle littéraire davantage tourné vers la poésie moderne. À la même époque, il adhère au parti communiste iranien, le Tudeh. En 1947, il déménage à Téhéran. Déçu par l'échec du nationalisme démocratique en 1953, il prend ses distances avec la politique[1].
Œuvre
modifierIl publie en 1951 son premier livre de poèmes, dédicacé à « tous les combattants de la liberté »[1]. Il comporte 80 ghazals et 30 qasidas, des formes poétiques traditionnelles de la poésie persane[2].
C'est avec son deuxième recueil, Zamestan (« HIver ») qu'il connaît la célébrité en 1957[3]. Le poème éponyme évoque le sentiment de l'absurde, qui rappelle les analyses d'Albert Camus[4]. Il évoque aussi, par le biais du thème de la difficulté de communiquer, la situation des intellectuels dans un contexte où la liberté d'expression est réprimée[5]. Il démontre la pertinence de la poésie nouvelle pour aborder les thèmes socio-politiques de l'Iran contemporain[2]. Le poème, qui évoque l'atmosphère qui s'abat sur la société iranienne à la suite du coup d'État de 1953[1], est réactualisé par Mohammad Reza Shadjarian, qui le chante, dans le contexte de l'Iran post-révolutionnaire, dans les années qui suivent l'échec de la politique réformiste de Mohammad Khatami[6].
Le troisième, Akhar-e Shahname (« La fin du Shahnameh »), paru en 1959, fait référence au Livre des rois, le chef-d'œuvre de la littérature classique persane. En évoquant sa fin, le poète suggère qu'il n'y a pas de sens à vouloir faire revivre la tradition[1]. Le titre évoque aussi la fin du récit de Ferdowsi, qui coïncide avec la fin de l'empire perse[7].
Az in Avestâ exprime la recherche d'une issue au désespoir, que le poète trouve dans deux figures empruntées à l'ancienne histoire de l'Iran : Zoroastre et Mazdak[8]. Tandis que les poèmes de ses précédents livres s'achevaient par une affirmation sans équivoque, désormais il finit plus souvent par une chute ambivalente, sujette à l'interprétation[9].
Son style naît de la rencontre entre la poésie moderne de Nima Youchidj et les thèmes de la poésie classique persane[3]. Représentative de la « nouvelle poésie », son écriture a cependant ses racines dans la poésie classique[10]. Le thème de l'absurde et le ton angoissé et désespéré de ses poèmes reflètent la situation politique de l'Iran après l'échec de Mossadegh, renversé en 1953[11].
Dans les années qui précèdent la révolution de 1979, ses livres sont interdits[12]. En 1979, il écrit un poème qui décrit un voyage imaginaire en Iran, où il exprime son amour pour sa patrie. Le poème devient populaire parmi les Iraniens en exil[13].
En 1981, alors qu'il avait travaillé pour la télévision nationale, pour l'université de Téhéran, et qu'il était rédacteur en chef pour le Franklin book program, il est mis à la retraite d'office[1].
Il meurt à Téhéran en . Son corps a été transporté à Tus et enterré près du mausolée de Ferdowsi[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 (en-US) Saeid Rezvani, « AKHAVAN-E SALESS, MEHDI », sur Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
- 1 2 Karimi-Hakkak 2019, p. 176.
- 1 2 (fa) Leila Abolhasani, « اخوان، شاعر حماسه و شکست » [archive du ], sur www.bbc.co.uk, (consulté le )
- ↑ Rouhollah Hosseini, « Les deux horizons de l'absurde Akhavân versus Camus », sur La Revue de Téhéran, (consulté le )
- ↑ Karimi-Hakkak 2019, p. 177.
- ↑ (en) Rob Simms, Mohammad Reza Shajarian's avaz in Iran and beyond, 1979-2010, Lexington Books, (ISBN 978-0-7391-7209-4 et 978-0-7391-7210-0, lire en ligne), p. 122
- ↑ Karimi-Hakkak 2019, p. 178.
- ↑ Karimi-Hakkak 2019, p. 179.
- ↑ Karimi-Hakkak 2019, p. 181.
- ↑ Karimi-Hakkak 2019, p. 17.
- ↑ (en) Asad Abshirini, Qodratullah Zarouni et Reza Barati, « A Structuralist Investigation of Despairing and Anxiety-Provoking Images in the Poem Akhar-e Shahnameh by Mehdi Akhavan Sales », Persian Language and Literature, vol. 31, no 95, , p. 7–36 (ISSN 1023-7208, DOI 10.61186/jpll.31.95.7, lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Karimi-Hakkak 2019, p. 66.
- ↑ Karimi-Hakkak 2019, p. 186.
Bibliographie
modifier- Mahshid Moshiri, Dictionnaire des poètes renommés persans : À partir de l'apparition du persan dari jusqu'à nos jours, Téhéran, Aryan-Tarjoman, 2007.
- (en) Ahmad Karimi-Hakkak, chap. 7 « Poet of Desires Turned to Dust: In Memoriam Mehdi Akhavan Saless », dans A fire of lilies : perspectives on literature and politics in modern Iran, Leiden University Press, (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :