Meurtre d'Emanuel Jaques
Emanuel Jaques ( – ) est un jeune garçon canadien assassiné à Toronto, à l'âge de 12 ans. L'agression sexuelle et le meurtre du jeune cireur de chaussures suscitent l'indignation dans la ville, entrainant de grandes manifestations en réaction, appelant à agir contre la délinquance attribuée au quartier de la rue Yonge, dans le centre-ville.
| Meurtre d'Emanuel Jacques | |
| Localisation | Toronto, Ontario, Canada |
|---|---|
| Cible | Emanuel Jacques, 12 ans |
| Date | |
| Type | Homicide par strangulation et noyade, agression sexuelle |
| Auteurs | Saul David Betesh
Robert Kribs Joseph Woods |
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Quatre hommes sont inculpés et trois sont reconnus coupables et condamnés pour ce crime : Saul David Betesh, Robert Kribs et Joseph Woods.
Meurtre
modifierEmanuel Jaques naît en , fils d'une famille pauvre d'immigrés portugais, originaires des Açores. Il travaille quotidiennement comme cireur de chaussures dans le quartier, réputé mal famé, de Yonge Street, dans le centre-ville de Toronto. Le , Jaques, âgé de 12 ans, est entrainé dans un appartement situé au-dessus du salon de massage Charlie's Angels, au 245 rue Yonge, sous prétexte d'aider à déménager du matériel photographique en échange de 35$. Il est alors ligoté et agressé sexuellement à plusieurs reprises pendant douze heures, avant d'être étranglé et noyé dans l'évier de la cuisine[1].
Plusieurs jours après la disparition de Jaques, George Hislop, activiste gay reconnu de la ville de Toronto, reçoit un appel en pleine nuit de Saul David Betesh[2], travailleur du sexe de 27 ans qui lui confesse être l'auteur du meurtre et révèle à Hislop l'emplacement du cadavre, sous un tas de bois sur le toit de l'immeuble où il avait été enlevé[3]. Hislop aide Betesh à se procurer un avocat, puis contacte la police métropolitaine de Toronto et persuade le meurtrier de se rendre.
Betesh désigne trois autres hommes : Robert Wayne Kribs (41 ans), Joseph Woods (26 ans) et Werner Gruener (28 ans), comme complices. Ils sont arrêtés à bord du train Super Continental à destination de Vancouver, à Sioux Lookout, dans l'Ontario. Tous trois sont agents de sécurité au restaurant Charlie's Angels.
Les quatre hommes sont inculpés du meurtre de Jaques. Des éléments de preuve présentés au procès affirment que Betesh a maintenu le garçon dans l'évier de la cuisine jusqu'à sa mort, tandis que Kribs lui immobilisait les jambes. En 1978, Kribs plaide coupable de meurtre au premier degré, et un jury reconnait Betesh coupable du même chef d'accusation. Woods est reconnu coupable de meurtre au second degré, et Gruener, qui avait tenu la porte du salon de massage ouverte pour permettre à Betesh d'y faire entrer le garçon, est acquitté[1].
Conséquences
modifierDe nombreuses manifestations et marches ont lieu suite au drame pour exiger que la ville « nettoie » le secteur de la rue Yonge. Ben Nobleman, conseiller municipal de York, contacte le premier ministre Pierre Trudeau et plusieurs médias, demandant le rétablissement de la peine capitale.
Ces manifestations serviront de catalyseur à la fermeture de nombreux sex-shops, salons de massage et stands de cireurs de chaussures bordant la rue Yonge.
En , vingt-cinq ans après le meurtre, Robert Kribs se voit refuser sa demande de libération conditionnelle[4].
Woods décède en prison en , après s'être vu refuser la libération conditionnelle à quatre reprises. [réf. nécessaire] Kribs et Betesh sont toujours incarcérés ; la demande de libération conditionnelle de Betesh est refusée pour la dernière fois en 2020[5], mais il bénéficie de sa première permission de sortie temporaire sous escorte en , tandis que la demande de Kribs est, elle, rejetée[6],[7].
En 2017, quarante ans après le meurtre, le journaliste et auteur canadien Robert J. Hoshowsky publie le premier ouvrage détaillé relatant cette affaire criminelle, intitulé « Outraged: The Murder of Shoeshine Boy Emanuel Jaques »[8]. Le livre explore les détails jusque-là inconnus du meurtre et du procès et l'impact de cette affaire sur divers groupes et communautés, changeant à jamais l’image de la ville surnommée « Toronto la Belle »[9],[10].
Références
modifier- 1 2 Dale Brazao, « 'Shoeshine boy' tragedy lives on for family; Sister speaks out on eve of killer's parole hearing », The Toronto Star, (consulté le ), A1
- ↑ « Man who killed Toronto shoeshine boy joins website to find pen pals », CBC, (consulté le )
- ↑ « Portrait of a killer », The Montreal Gazette, (lire en ligne)
- ↑ Dale Brazao, « Parole denied for Jaques' killer », The Toronto Star, (consulté le ), A1
- ↑ « HUNTER EXCLUSIVE: Shoeshine boy killer Saul Betesh denied in parole bid », sur torontosun.com (consulté le )
- ↑ « MANDEL: Almost 50 years later, Toronto shoe-shine boy killer wins taste of freedom », sur torontosun.com,
- ↑ « MANDEL: Shoeshine boy killer Robert Kribs still too dangerous for escorted day pass », sur torontosun.com,
- ↑ (en) Robert J. Hoshowsky et V. P. Publications, Outraged: The Murder of Shoeshine Boy, Emanuel Jaques, RJ Parker Publishing, (ISBN 978-1-9784-1595-9, lire en ligne)
- ↑ « Delving into the murder of Shoeshine Boy Emanuel Jaques », sur torontosun.com,
- ↑ « Outrage over the brutal murder of Shoeshine Boy Emanuel Jaques », sur torontosun.com,