Mhaya (tribu)
Mhaya ou Mehaia (en arabe : المهاية) est une tribu arabe marocaine issues de Banu Hilal, dont les territoires et les descendants sont cantonnées dans la Région de l'Oriental, ayant pour fief les villes dans le sud d'Oujda.
| Échelon |
Tribu |
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| Région principale |
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| Période d'apparition | |
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| Mode de vie |
Nomade (Historiquement) Sédentaire (Actuellement) |
| Fait partie du groupe tribal |
| Langue principale | |
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| Personnages marquants |
Mohammed Khalidi (personnalité politique) |
Origines
modifierL'origine des Mhaya est débattu, en effet, une partie des sources les font remonter aux Mhaya des ’Ayadh des Athbaj de Banu Hilal[1],[2], mais d'autres historiens les font remonter aux Dhawi ’Ubayd Allah des Banu Maaqil[3]. Ibn Khaldoun, lui, cite les deux origines et cite ce débat qui n'a pas de conclusion clair à travers le temps[4]. On retrouve également, en Algérie, des fractions de Mhaya comme dans le Hodna aux alentours du douar "Bou-Hanat"[5].
Histoire
modifierDébut d'histoire
modifierLes Mhaya furent installés dans la région de Tlemcen et vers le Royaume Mérinides pour protégé les Ziyanides, par le sultan Yaghmoracen Ibn Ziyan au XIIIe siècle[6]. Plus tard, des familles descendants de Sidi Ali al-Hassāni, un chérif wadghari (d'ascendance Idrisside) de Figuig s'installèrent chez les Mhaya et se mélangerent avec eux[7]. Vers la fin du XVIIe siècle, des turbulences ont lieu dans la région d'Oujda, provoqué principalement par les Bani Iznassen, d'une pierre deux coups, le sultan Moulay Ismail va conquérir et soumettre également à ce moment-là les tribus Mhaya, Hamyane et bien d'autres à son autorité et les intégrés à ses troupes[8].
Sous les Alaouites
modifierÈre de Moulay Abd ar-Rahman
modifierEn 1827, une révolte éclate dirigé par le Cheikh Ahmed des Mhaya, un conflit en naquit avec le Bey Khachan, mais la révolte est une défaite, le Cheikh Ahmed et ses troupes sont poursuivis et battus en territoire marocain, même territoire où il se réfugie par la suite[9].
Campagne française dans l'Est marocain de 1859-1860
modifierLes Mhaya sont, avec les Ahl Angad et Beni Iznassen, cibles d'une grande expédition française contre ces tribus s'attaquant à des positions française en Algérie. Les Mhaya subissent plusieurs escarmouches, notamment de la part de général Édouard Deligny, qui attaque une première fois le 19 décembre 1859, en partant du mont des Zkara plus de 65 tentes Mhaya, pillant et massacrant ces derniers, puis du 6 au 7 janvier 1860, effectuant le même schéma sur une vingtaine de tentes Mhaya vers Sidi Sultan[10].

Révolte de 1886
modifierDurant l'ère du sultan Hassan Ier, le gouverneur d'Oujda, Abd al-Malik ben Ali al-Tanji al-Sa’idi réussi à apaiser les tensions entre les tribus de la région. Cependant, au début de l'année 1886, les relations sont tendus et rompus entre le gouverneur et la tribu des Mhaya, alors le Caïd Boubker al-Mhyaoui décida avec sa tribu de marché sur Oujda. À peine les premières troupes rebelles aperçu devant la ville, Abd al-Malik al-Sa’idi va fuir la ville et prendre refuge à la Casbah d'Ajroud. Alors que la situation était tendu, le frère et khalifa du sultan, Moulay Ismail ben Mohamed ben Abd ar-Rahman envoya deux émissaires de haut rang, le Cherif Larbi ben Abbas ben Abd ar-Rahman Ibn Hisham et le caïd Tayeb ibn Ba'Mhammed ash-Shergui (des Cheraga), pour négocier et discuter avec les rebelles. Les négociations tournèrent au fiasco, les chefs Mhaya ayant appris que le makhzen se tenait du côté du gouverneur, prirent la fuite et proclamèrent de marché sur la Casbah d'Ajroud et d'expulsé à nouveau le gouverneur d'Oujda qu'ils avaient déchu. Devant l'échec de cette première délégation, le makhzen fera l'usage d'une seconde, sous les commandes du Caïd Mubarak al-Doublali (des Ida Ou Blel), mais ce fût encore un échec, les Mhaya demandant la destitution du gouverneur Abd al-Malik as-Sa'idi à tout prix. Mais coup de théâtre, lors d'un conflit armé aux abords de la ville, le Caïd Boubker al-Mhyaoui est tué, c'est alors que le Makhzen saisi cette occasion et envoya de Fès, des troupes chargées de châtier les rebelles, la peur s'installa chez les Mhaya et abandonnèrent la rébellion. En signe de réconciliation, la fils du défunt caïd des Mhaya, Sahli ben Boubker al-Mhyaoui, fût nommé à son tour caïd de la tribu[11].
Selon d'autres récits, la révolte fût pour d'autres raisons, étant avancé celle d'un combat contre la France : ”En 1882, le Caïd des Mhaya, Abu Bakr ben Mimoun al-Mhayaoui, lança un mouvement parmi les membres de sa tribu s'opposant à l'invasion française, pour lutter à ce mouvement, le gouverneur d'Oujda, Abd al-Malik as-Saidi avec l'aide du Sultan. Dans ses campagnes, Abu Bakr ben Mimoun fut blessé et laissa sa place à son fils Sahli ben Abu Bakr[12].”
En 1899, l'interprète militaire et historien, Ismaël Hamet, rapportera aux autorités coloniales la guerre fratricide qui s'était déclaré entre les Mhaya et les Chejaa (Ashjaa)[13].
Histoire moderne
modifierLes Mhaya (du Sud) seront fortement attiré dans l'industrie minière de la région d'Oujda, avec les centres phares que sont Sidi Boubker et Touissit, l'attrait est tel qu'une famille sur quatre des Mhaya du Sud ont au moins un des leurs dans cette industrie et avec un taux de plus de 35% d'émigration hors du territoire tribal, dirigé presque exclusivement vers ces 2 pôles miniers de l'est marocain. La même effervescence envers les mines est présente chez les Mhaya du Nord, avec la même statistique des familles ayant un lien avec l'industrie minière, mais ayant un penchant plus prononcé pour le pôle minier de Jerrada[14].
Fractionnement
modifierLes Mhaya sont divisés traditionnellement en 4 fractions, elles mêmes divisés en plusieurs sous-fractions[15] :
- Oulad Mou’amar :
- Halālfah
- Hadahdah
- Rehamna
- Oursfan
- Oussata :
- Oulad Kari
- Dhawi Khalifa
- Zouala
- Oulad Abid (Ubayd)
- Oulad Barka :
- Oulad Mbarek
- Oulad Amrane
- Oulad Said
- Shika
- Sbittin
- Al-A’shāsh :
- Oulad Braz
- Al-Nhariyin
- Al-Harmiyin
- Madaf’iyah
- Zuwayad
- Oulad Habal
- Louahek
- Ma’atik
- Khararib
- Mharir
Personnalités
modifier- Caïd Larbi Ba’moud al-Mhayaoui, caïd des Mhaya lors du Ramadan 1301
- Mohamed Khalidi, fondateur et ex-secrétaire général du parti de la Renaissance et de la Vertu[16].
- Ould Boulassouar al-Mhayaoui,Caïd des Mhaya révoltés (pro-Bouhamara) en 1905[17]
Références
modifier- ↑ (ar) مبارك بن محمد الميلي الهلالي, تاريخ الجزائر في القديم والحديث ج 2 (lire en ligne), p. 196
- ↑ (ar) أبو العباس الناصري, الأستقصا لأخبار دول المغرب الأقصى 9 أجزاء -, (lire en ligne), p. 179
- ↑ (ar) عبد الرحمن بن محمد الحضرمي/ابن خلدون, تاريخ الأمازيغ والهجرة الهلالية (مقتطف من كتاب العبر) مع دراسة قبائل البافور الغامضة 1-2 ج2, Dar Al Kotob Al Ilmiyah دار الكتب العلمية, (lire en ligne), p. 507
- ↑ (ar) عبد الرحمن بن محمد الحضرمي/ابن خلدون, تاريخ ابن خلدون 1-7 المسمى كتاب العبر وديوان المبتدأ والخبر ج6, Dar Al Kotob Al Ilmiyah دار الكتب العلمية, (lire en ligne), p. 66
- ↑ Jean Despois, Le Hodna (lire en ligne), p. 125
- ↑ (en) Yasmina el-Khirat, « Langue et Stigmatisation sociale au Maghreb - Some causes of the Bani Iznassen berber language loss », Peuples Méditerranéens, no 79, , p. 38 (lire en ligne)
- ↑ (ar) محمد بو طاهر بن أحمد بن الشيخ الحساني, مداخل الشيطان إلى الإنسان, Dar Al Kotob Al Ilmiyah دار الكتب العلمية, (ISBN 978-2-7451-9641-5, lire en ligne)
- ↑ Younès Nekrouf, Une amitié orageuse : Moulay Ismaïl et Louis XIV, FeniXX, (ISBN 978-2-402-50699-1, lire en ligne)
- ↑ Philippe de Cossé Brissac, « Les Rapports de la France et du Maroc durant la conquête de l'Algérie (1830-1847) », Hesperis Tamuda, vol. 13, , p. 37 (lire en ligne)
- ↑ (ar) تاريخ وجدة وأنكاد في دوحة الأمجاد - إسماعيلي مولاي عبد الحميد العلوي (lire en ligne), p. 192
- ↑ (ar) معلمة المغرب، (معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى) (Encyclopédie du Maroc), (lire en ligne), p. 4993-4994
- ↑ (ar) بدر المقري, خطط المغرب الشرقي (lire en ligne), p. 385
- ↑ Bouchra Benbella, Oujda au miroir des voyageurs franc̨ais: fin XIXème, début XXème siècles, Université Mohamed Premier, Faculté des lettres et des sciences humaines, (ISBN 978-9981-102-47-7, lire en ligne)
- ↑ Jean-Paul Trystram, L'ouvrier mineur au Maroc: Contribution statistique à une étude sociologique, FeniXX réédition numérique, (ISBN 978-2-402-18177-8, lire en ligne)
- ↑ OujdaCity, « اصول قبيلة المهاية حسب روايات الاجداد », sur OujdaCity, (consulté le )
- ↑ (ar) yassine, « شخصيات سياسية ودينية تنعى خليدي .. عراب المصالحة مع التيار السلفي بالمغرب », sur Hespress - هسبريس جريدة إلكترونية مغربية, (consulté le )
- ↑ فريد المساوي, وثائق الريف في أرشيف دار النيابة 4, (lire en ligne), p. 29