Michel Abalan
Michel Abalan, né le à Brest et mort le à Saint-Renan, est un militaire, résistant et fonctionnaire français, Compagnon de la Libération[1].
| Naissance | Brest (Finistère) |
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(à 79 ans) Saint-Renan (Finistère) |
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Biographie
modifierJeunesse
modifierFils d'un négociant en vin, Michel Abalan naît le 5 juin 1920 à Brest[2],[1]. Après son bac, il intègre une préparation militaire supérieure en vue d'intégrer l'École spéciale militaire de Saint-Cyr[3],[4].
Seconde Guerre mondiale
modifierAu début de la bataille de France en 1940, alors qu'il attend les résultats du concours d'admission à Saint-Cyr qu'il vient de passer, il décide de partir pour l'Angleterre[3],[4]. Le 19 juin, en compagnie de quelques camarades et de plusieurs militaires français, il embarque à Argenton et accoste sur l'Île d'Ouessant[1],[5]. Transféré sur le navire charbonnier Mousse Le Moyec en compagnie notamment d'André Quelen et de Roger Podeur, il arrive à Plymouth le 21 juin puis se rend à Londres où il s'engage dans les forces françaises libres le 29 juin[3],[4].
Affecté au bataillon de chasseurs de Camberley pour une période d'instruction et d'entraînement, il est ensuite envoyé en Afrique-Équatoriale française où il débarque à Pointe-Noire le 2 octobre 1941[3],[4]. Après quelques jours dans un camp de transit, Michel Abalan et ses camarades sont transféré à Brazzaville[3]. Promu caporal et affecté au bataillon du Pool, il y suit la formation d'élève-aspirant au camp Colonna d'Ornano[3],[5]. Mais le stage est stoppé, les hommes devant être envoyés au Levant[3],[5]. Après presque un mois de voyage par le cap de Bonne-Espérance et le canal de Suez, il arrive fin décembre 1941 à Beyrouth et est affecté, en janvier 1942, au 1er escadron de spahis des groupes de reconnaissance de corps d'armée (GRCA) de Paul Jourdier[3]. Il opère en Syrie, à Damas puis à Hamidieh, cette fois avec le 2e escadron.
En mai 1942, Michel Abalan et les GRCA sont envoyés en Égypte[3]. Dans le cadre de la guerre du désert, il vont effectuer des missions de reconnaissance dans le désert égyptien jusqu'en décembre, puis en Libye jusqu'en mars 1943[3],[4]. Entretemps, le 25 septembre 1942, les deux GRCA sont regroupés et renforcés pour former le 1er régiment de marche de spahis marocains (1er RMSM)[4]. À partir de mars 1943, Abalan et son unité participent à la Campagne de Tunisie et se positionnent dans la vallée de l'oued gragour[3],[4]. Le 6 de ce mois, des colonnes blindées ennemies sont repérées[3]. Les automitrailleuses de reconnaissance du 1er RMSM entrent au contact des chars allemands pour les retarder le temps que la compagnie de chars du régiment se mettent en place pour contre-attaquer[3]. Opérateur radio à bord d'une automitrailleuse sous le commandement de Fred Moore, son véhicule est touché par un obus et Moore est éjecté[3],[5]. Michel Abalan garde cependant la maîtrise de la situation, ce qui lui vaut une citation à l'ordre de la division[6],[3],[4]. Le 1er RMSM renforce ensuite la Force L du général Leclerc avec laquelle il termine la campagne de Tunisie[3],[4]. Le régiment reste dans cette grande unité lorsqu'elle devient la 2e division française libre en mai, puis la 2e division blindée (2e DB) en août[4]. Entretemps, Michel Abalan a pu reprendre la formation d'élève-officier interrompue deux ans auparavant et est promu aspirant le 26 juin 1943[3],[5]. Le mois suivant, il reçoit la Croix de guerre 1939-1945 des mains du général Leclerc[3].
En avril 1944, Michel Abalan et le 1er RMSM au sein de la 2e DB sont transféré en Angleterre en vue du débarquement en Europe[4]. Débarqué sur Utah Beach avec la division le 1er août 1944, Michel Abalan participe alors à la bataille de Normandie[4]. Le 19 août 1944, lors de la libération d'Argentan, il est confronté à un char Tigre qui le manque de peu alors qu'il est à la tête d'un élément de reconnaissance[3],[4]. Quelques heures plus tard, alors qu'il se trouve sur la tourelle de son automitrailleuse, il est atteint de trois balles, l'une lui déchirant l'oreille, la seconde le blessant au dos après avoir ricoché sur le blindage, et la troisième trouant son casque[3],[4]. Conduit à l'antenne médicale, il est rapidement remis sur pied et ppourquit les combats[3]. Le 25 août 1944, il participe à la libération de Paris où il est particulièrement actif dans le secteur du boulevard Saint-Michel et du palais du Luxembourg[3],[4].
Chef du 2e peloton du 6e escadron du 1er RMSM, Abalan prend part à la campagne de Lorraine à l'hiver 1944 et s'y illustre le 17 novembre au bois de Bréménil lorsqu'il s'attaque à une compagnie allemande de 140 hommes[3],[4],[5]. Le lendemain, dans la commune voisine de Parux, alors qu'il repousse avec succès l'infanterie ennemie, il est blessé par un éclat d'obus[3],[4]. Cité à l'ordre de l'armée par le général de Gaulle pour les actions des 17 et 18 novembre, il est promu sous-lieutenant[7],[3],[4]. Après quelques semaines de convalescence, Michel Abalan retrouve le 1er RMSM comme chef de peloton au 5e escadron et participe à la bataille d'Alsace puis à la réduction de la poche de La Rochelle[3],[4]. De retour à l'est, il suit l'avancée de la 2e en Allemagne jusqu'à Berchtesgaden où la guerre se termine[3],[4].
Après-Guerre
modifierRestant dans les rangs de la 2e DB jusqu'à l'automne 1945, il apprend le 18 septembre 1945 qu'il est admis dans le corps de l'administration coloniale et demande à être démobilisé, ce qui est effectif deux jours plus tard[3]. Affecté à l'administration des services civils de l'Indochine avec le grade d'attaché de liaison administrative, il séjourne au Tonkin de février 1946 à mai 1949[3],[4]. Au printemps 1948, il apporte une aide précieuse aux troupes chargées de la pacification du pays Muong ce qui lui vaut de recevoir une citation à l'ordre de la brigade[3],[4]. Devenu administateur-adjont puis administrateur colonial, il retrouve Brazzaville en 1950 et y reste neuf ans[3],[4]. De 1959 à 1960, il est au gabon où il sert en tant que préfet par intérim puis préfet-adjoint pour la région de l'Ogooué-Maritime[3],[4]. Il revient en métropole en 1961 et devient agent du ministère de l'éducation nationale jusqu'en 1976 avant de prendre sa retraite dans sa Bretagne natale[3],[4].
Michel Abalan meurt le 6 février 2000 à Saint-Renan, dans le Finistère, et est inhumé à Porspoder[1].
Distinctions
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Commandeur de la Légion d'honneur, décret du [1]
Compagnon de la Libération, décret du [1],[8]
Croix de guerre - avec palme de bronze (2 citations)[1]
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs[1]
Insigne des blessés de guerre[1]
Médaille des évadés[1]
Croix du combattant volontaire de la guerre de -[1]
Croix du combattant volontaire de la Résistance[1]
Croix du combattant[1]
Médaille coloniale avec agrafes « Libye », « Tunisie », « Extrême-Orient »[1]
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre (1940-1943)[1]
Officier de ordre de l'Étoile d'Anjouan (ordre colonial français pour les territoires de l'Océan indien)[1]
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 « Michel Abalan (fiche biographique) », sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération (consulté le ).
- ↑ « Acte de naissance de Michel Abalan - 1E262/724 », sur Archives municipales de Brest
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Famille Abalan - Fondation BM 24-Obenheim, « Michel ABALAN, un spahi FFL, du GRCA au 1er RMSM », Blog Division française libre, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, (ISBN 2-356-39033-2)
- 1 2 3 4 5 6 Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Éditions Perrin, (ISBN 2-262-01606-2)
- ↑ Ordre général n°46 du 15 mai 1943 du général de Larminat
- ↑ « Décision n°363 », Journal officiel de la République française,
- ↑ Décret du 17 novembre 1945, paru au JO du .
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Éditions Perrin, , 822 p. (ISBN 2-262-01606-2).
- Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, , 1230 p. (ISBN 2-356-39033-2).
- François Marcot, Dictionnaire historique de la résistance, Robert Laffont, (ISBN 2-221-09997-4).
- Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance : 1940-1945, Paris, Éditions Perrin, , 575 p. (ISBN 978-2-262-02799-5 et 2-262-02799-4, OCLC 827450568).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives aux militaires :