Michel Louis
Michel Louis, né en à Cholet, Maine-et-Loire, et mort le à l'âge de 71 ans[1],[2], est un homme d'affaires et essayiste français.
Fondateur et directeur historique du parc zoologique d'Amnéville en Moselle, il en assure la gestion dès 1986[3]. En 2019, il se retrouve au centre d'un scandale pour mauvaise gestion du parc et mauvais traitements infligés aux animaux, accusations qui placent l'entreprise en redressement judiciaire[4].
En 1992, il publie La Bête du Gévaudan, l'innocence des loups, une étude sur la Bête du Gévaudan qui le fait connaître du grand public pour sa prise de position en faveur du loup en France[5].
Biographie
modifierMichel Louis est le fils unique d'un père ingénieur et d'une mère au foyer. Son grand-père est l'un des fondateurs de l'association Le Souvenir français. Passionné par les fauves et le monde du cirque, Michel Louis effectue son service national dans la B.A. 132 de Colmar en qualité de maître-chien[6].
Directeur du zoo d'Amnéville
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En 1973, alors dans les assurances, il rencontre le futur député-maire d'Amnéville qui lui propose un terrain de cinq hectares pour bâtir un parc zoologique. Les premiers coups de pioche sont donnés en 1985 dans la vallée de la Moselle, entre Metz et Thionville[7],[8].
Michel Louis inaugure le Parc zoologique d'Amnéville le , avec l'aide de son associé Jean-Marc Vichard[9]. En 2014, le zoo s'étend sur 17 hectares, compte 2 000 animaux, et le nombre de visiteurs annuels dépasse les 600 000[10].
Michel Louis est à l'initiative du projet d'un spectacle de tigres domptés dans son zoo[11], il se dit proche du monde du cirque, et a affirmé qu'il aurait pu devenir dresseur[12]. Il se considère d'ailleurs comme l'héritier des grands dresseurs de cirques[13].
Il est démis de ses fonctions en , lorsqu'il est suspecté de mauvais traitements sur les animaux et de harcèlement moral ou licenciement abusif sur ses employés. Une liste noire contenant 214 noms de salariés et visiteurs recense des éléments "perturbateurs au parc" comme des "anti-cirque, anti-parc marin", "sympathisant association animaliste", ou "militant fondation Brigitte Bardot"[4]. Certains dénoncent des pratiques douteuses comme des évacuations d'eaux usées défectueuses et des analyses bactériologiques préoccupantes, des animaux morts enterrés sur place plutôt que traités par l'équarrissage[14].
Le , Michel Louis cède 82 % de ses parts au fonds d'investissement français Prudentia Capital, qui devient propriétaire du zoo[15],[16] et le sauve de la faillite. La chambre commerciale du Tribunal de Metz accepte le plan de reprise du fonds d'investissement, qui a mis 10 millions d'euros sur la table et obtenu en échange l'effacement de 40 millions d'euros de la dette, détenue par des banques. Tout risque de liquidation judiciaire est écarté[17],[18].
Le , le nouveau propriétaire écarte Michel Louis de la direction et nomme Anne Yannic à la présidence du parc zoologique. Elle sera en charge, selon lui, de « l'ensemble des fonctions de direction générale »[19],[20].
Décès
modifierLe 4 juillet 2026, alors que le parc célèbre cette année son 40e anniversaire, un communiqué officiel annonce le décès de Michel Louis à l'âge de 71 ans. Un hommage lui est rendu par les professionnels du monde zoologique[21].
Publications
modifierLa Bête du Gévaudan, l'innocence des loups
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Michel Louis publie en 1992 La Bête du Gévaudan, l'innocence des loups, un livre sur la Bête du Gévaudan, un fait divers qui s'est déroulé entre le et le dans le nord de l'actuel département de la Lozère. Il cherche à réhabiliter le loup, qu'il juge trop craintif pour être l'auteur des attaques. Selon lui, le véritable responsable serait le comte Jean-François Charles de Morangiès, un noble local, qui aurait orchestré les crimes à l'aide d'un hybride de chien et de loup, dressé pour tuer. Cette hypothèse n'a jamais été validée par les historiens, faute de documents fiables ou de preuves crédibles. Elle a néanmoins trouvé un écho auprès d'autres auteurs.
Michel Louis intervient dans le cadre de différentes émissions radio et télévisées pour défendre sa thèse, comme dans les bonus DVD du film Le Pacte des loups de Christophe Gans[22], dans l'émission Secrets d'histoire de Stéphane Bern[23], ainsi que dans l'émission Au cœur de l'histoire de Franck Ferrand[24].
Terreur dans la brousse
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En 2011, Michel Louis revient sur les mémoires du lieutenant-colonel John Henry Patterson, de la Compagnie britannique impériale d'Afrique de l'Est, dans son essai Terreur dans la brousse. En 1898, pour protéger la construction d'un chemin de fer au Kenya, Patterson chasse deux « lions mangeurs d'hommes », dont les dépouilles sont aujourd'hui conservées au Field Museum de Chicago, Illinois[25]. Ce fait divers historique marque durablement l'imaginaire colonial britannique.
Michel Louis revient sur la vie du lieutenant-colonel Patterson, sur l'importance de la conservation de la biodiversité ainsi que sur le soutien humanitaire aux populations locales[26].
Bibliographie
modifier- La Bête du Gévaudan, l'innocence des loups, Paris, Perrin, collection Tempus, 1992.
- Terreur dans la brousse, L'histoire vraie des lions mangeurs d'hommes de Tsavo, Paris, Perrin, 2011, 285 p. (ISBN 978-2-26203-657-7).
Notes et références
modifier- ↑ Michel Louis : Le fondateur du zoo d'Amnéville est mort (France/Grand Est)
- ↑ Décès de Michel Louis, le Zoo d'Amnéville perd son fondateur visionnaire (France3 Grand Est)
- ↑ « Metz. Savez-vous en quelle année le zoo d'Amnéville a fêté ses 30 ans ? », sur www.republicain-lorrain.fr, (consulté le )
- 1 2 Antoine Barège, « Fichage, vidanges sauvages, animaux enterrés : enquête sur les pratiques pas très nettes du zoo d'Amnéville », sur Ici, (consulté le ).
- ↑ La Bête du Gévaudan, l'innocence des loups, Louis, Librairie Académique Perrin, 1992. Réédition : Le Grand livre du mois, (ISBN 2702844855), 2011.
- ↑ La Bête du Gévaudan - Deuxième partie, chap.4, Perrin (collection Tempus), 2003
- ↑ Michel Louis, patron de zoo et rien d'autre (Le Républicain Lorrain)
- ↑ De vous à moi : Michel Louis - Mirabelle TV
- ↑ « Carnet Il était directeur adjoint du zoo d'Amnéville. Décès de Jean-Marc Vichard », sur www.estrepublicain.fr, (consulté le )
- ↑ Site officiel du Zoo d'Amnéville
- ↑ Le Républicain Lorrain, Le zoo d'Amnéville investit 14 millions d'euros pour "Tiger Wold"
- ↑ Le Républicain Lorrain, Michel Louis, patron de zoo et rien d'autre.
- ↑ Le Républicain Lorrain, « J'assume le fait d'être l'héritier des grands dresseurs de cirque »
- ↑ « Scandale au zoo d'Amnéville : éléphant, lion, boa enterrés dans un bois, fichage des salariés et problèmes d'eaux usées », sur LA VDN, (consulté le )
- ↑ Rédaction, « Le zoo d'Amnéville repris par Prudentia Capital », sur www.ici-c-nancy.fr (consulté le )
- ↑ « Le Zoo d'Amnéville repris par Prudentia Capital », sur BLE Lorraine, (consulté le )
- ↑ « Le fonds d'investissement Prudentia Capital s'empare du zoo d'Amnéville », sur France Bleu, (consulté le ).
- ↑ Antoine Barège, « Le fonds d'investissement Prudentia Capital s'empare du zoo d'Amnéville », sur francebleu.fr,
- ↑ « Anne Yannic nommée à la tête du zoo d'Amnéville », sur republicain-lorrain.fr,
- ↑ « Le zoo d'Amnéville recadré par son actionnaire », sur paperjam.lu (consulté le ).
- ↑ Page officielle du Parc Zoologique d'Amnéville.
- ↑ Le Pacte des loups [Ultimate Edition], Interview de Michel Louis (historien), Studiocanal, 2002.
- ↑ Secrets d'histoire, Quel est le mystère de la bête du Gévaudan, Épisode diffusé le 20/04/2008, France Télévisions, Société Européenne de Production (SEP).
- ↑ Au cœur de l'histoire, Europe 1, émission du 09/06/2011
- ↑ Man-Eaters of Tsavo - Smithsonian.com
- ↑ « laplumeculturelle.com/Terreur-… »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?).