Michele Mariotti
Michele Mariotti, né en 1979 à Pesaro, est un chef d'orchestre italien.
| Naissance |
Pesaro (Italie) |
|---|---|
| Activité principale | Chef d'orchestre |
| Formation |
Conservatoire Rossini de Pesaro Accademia Musicale Pescarese |
| Maîtres |
Manlio Benzi Donato Renzetti |
| Ascendants | Gianfranco Mariotti |
Fils de Gianfranco Mariotti, fondateur du Rossini Opera Festival, il se forme dans sa ville natale, où il obtient un diplôme de composition au conservatoire Rossini tout en y étudiant la direction auprès de Manlio Benzi, puis un diplôme de direction d'orchestre à l'Accademia Musicale Pescarese auprès de Donato Renzetti.
Il fait ses débuts lyriques en 2005 au Teatro Verdi de Salerne avec Il barbiere di Siviglia. Chef principal du Teatro comunale de Bologne à partir de 2008, puis directeur musical de 2014 à 2018, il est depuis 2022 directeur musical du Teatro dell'Opera di Roma et devient en octobre 2026 chef principal de l'Orchestre symphonique national de la RAI.
Distingué par le 36e prix Abbiati du meilleur chef d'orchestre, il est régulièrement invité par les principales institutions lyriques internationales. Son répertoire, d'abord centré sur Rossini et le bel canto, s'est élargi à Verdi, à Mozart, au répertoire français et au symphonisme germanique.
Biographie
modifierFormation
modifierMichele Mariotti naît à Pesaro en 1979[1]. Il est le fils de Gianfranco Mariotti (1933-2024), fondateur du Rossini Opera Festival et surintendant de cette manifestation[2],[1].
Après des études de sciences humaines, il obtient un diplôme de composition au conservatoire Rossini de sa ville natale, où il étudie également la direction d'orchestre auprès de Manlio Benzi. Il obtient parallèlement un diplôme de direction à l'Accademia Musicale Pescarese, dans la classe de Donato Renzetti[3],[4].
Débuts
modifierIl fait ses débuts professionnels à l'opéra en 2005 au Teatro Verdi de Salerne, avec Il barbiere di Siviglia[5].
Bologne
modifierMariotti devient chef principal du Teatro Comunale de Bologne en 2008, succédant à Daniele Gatti, puis directeur musical de 2014 à 2018[6],[4],[1].
Il y dirige de nombreux concerts symphoniques et des dizaines de productions lyriques, parmi lesquelles Attila, Werther, La Voix humaine couplée à Cavalleria rusticana, Lucia di Lammermoor, La Bohème et Don Carlo[6]. Sa Bohème mise en scène par Graham Vick reçoit le prix Abbiati du meilleur spectacle de l'année 2018[4],[7].
Il conduit également l'orchestre et le chœur du Teatro Comunale en tournée dans plusieurs villes italiennes ainsi qu'à Tokyo, Moscou et Paris[3],[8].
Rome
modifierLe surintendant Carlo Fuortes nomme Mariotti directeur musical du Teatro dell'Opera di Roma, fonction qu'il prend le pour un mandat de quatre ans comportant la direction d'au moins trois titres lyriques par saison[9].
La nomination intervient après plusieurs collaborations avec l'institution romaine : Idomeneo de Mozart en , des concerts symphoniques dont celui donné à la réouverture du théâtre, et une Luisa Miller en version de concert[9]. Il succède à ce poste à Daniele Gatti[9].
Orchestre de la RAI
modifierMariotti devient chef principal de l'Orchestre symphonique national de la RAI à partir d'[10].
Carrière internationale
modifierMariotti est invité par les principales institutions lyriques : la Scala de Milan, l'Opéra national de Paris, l'Opéra d'État de Vienne, le Royal Opera House de Londres, l'Opéra d'État de Bavière, la Deutsche Oper Berlin, le Metropolitan Opera de New York, le Festival de Salzbourg, le Rossini Opera Festival de Pesaro, le Teatro San Carlo de Naples, le Festival Verdi de Parme, l'Opéra national des Pays-Bas, le Lyric Opera of Chicago, le Los Angeles Opera, le festival de Wexford, le Théâtre des Champs-Élysées et le Teatro Real de Madrid[8],[10],[11].
Il débute en à l'Opéra d'État de Vienne avec Il barbiere di Siviglia, et inaugure en novembre de la même année la saison du Teatro San Carlo de Naples en abordant pour la première fois l'Otello de Verdi[6]. Il fait également ses débuts au festival d'Aix-en-Provence avec une nouvelle production de Moïse et Pharaon[4].
Il collabore avec des metteurs en scène tels que Mario Martone, David McVicar, Emma Dante, Davide Livermore, Damiano Michieletto, Robert Carsen, Simon Stone et Tobias Kratzer[7].
En 2025, il dirige à la Scala Les Vêpres siciliennes dans une mise en scène de Chiara Muti, ouvrage donné pour la première fois dans sa langue originale sur cette scène[12].
Répertoire et conception musicale
modifierLe répertoire de Mariotti s'est d'abord construit autour de Rossini — outre Il barbiere di Siviglia, La Cenerentola, Moïse et Pharaon, La Pie voleuse, Semiramide et Guillaume Tell — avant de s'étendre au reste du répertoire italien et au domaine français, avec Carmen, La Voix humaine, Werther et Les Huguenots, ainsi qu'à Mozart[5].
Interrogé sur ses préférences, il déclare que la musique symphonique permet de trouver la véritable respiration de la musique et cite Beethoven, Schubert et Mahler comme sa grande trilogie germanique ; pour l'art lyrique, ses préférences vont à Mozart, Rossini et Verdi, qu'il tient pour étroitement liés[13].
Il récuse l'étiquette de spécialiste rossinien, faisant observer que le Verdi qu'il a dirigé dépasse de loin le Rossini, et attribue cette réputation au fait d'être né à Pesaro[2]. À propos du bel canto, qu'il décrit comme une philosophie plutôt qu'un style, il souligne l'importance de l'expressivité du son[2],[13].
France
modifierMariotti fait ses débuts lyriques à l'opéra Bastille avec Les Puritains de Bellini, ouvrage longtemps absent de l'affiche parisienne[1]. Il revient à l'Opéra de Paris en pour une nouvelle production d'Aïda[6].
Il se produit également au festival de Radio France à Montpellier, où il dirige Zingari de Leoncavallo[14], au festival de Saint-Denis avec la neuvième symphonie de Beethoven à la tête de l'Orchestre national de France[13], ainsi qu'au Théâtre des Champs-Élysées et au festival d'Aix-en-Provence[8],[4].
Il déclare aimer beaucoup le répertoire français, tout en observant qu'il ne se laisse pas aisément découvrir et qu'il exige une direction véritable ; il rattache sa révélation de l'intensité dramatique de Carmen à la lecture qu'en donnait Georges Prêtre[13].
Discographie
modifierMariotti a enregistré avec l'Orchestre du Teatro Comunale de Bologne pour Decca, Sony Classical et Pentatone[6].
Distinction
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 « « Je sais qu'il ne faut pas brûler les étapes » — une interview de Michele Mariotti », sur Concertclassic (consulté le ).
- 1 2 3 « Michele Mariotti, chef d'orchestre : le bel canto pour moi est une philosophie », sur Wanderer, (consulté le ).
- 1 2 « Michele Mariotti », sur Opéra national de Paris (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (en) « Michele Mariotti », sur Filarmonica della Scala (consulté le ).
- 1 2 « Michele Mariotti », sur Première Loge (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 (it) « Direttore musicale — Michele Mariotti », sur Teatro dell'Opera di Roma (consulté le ).
- 1 2 (it) « Michele Mariotti », sur Orchestra Sinfonica di Milano (consulté le ).
- 1 2 3 4 (en) « Michele Mariotti », sur Opéra d'État de Vienne (consulté le ).
- 1 2 3 (it) « Il maestro Michele Mariotti nominato direttore musicale dell'Opera di Roma », sur Teatro dell'Opera di Roma (consulté le ).
- 1 2 (it) « Bio », sur mariotticonductor.com (consulté le ).
- ↑ « Michele Mariotti », sur Opera Online (consulté le ).
- ↑ « Michele Mariotti », sur Ôlyrix (consulté le ).
- 1 2 3 4 « « L'essentiel est pour moi l'expressivité du son » — une interview de Michele Mariotti », sur Concertclassic, (consulté le ).
- ↑ « Michele Mariotti : « Défendre la culture, c'est produire ! » », sur Forum Opéra (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Site officiel
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à l'audiovisuel :