Minerva (automobile)

ancien constructeur automobile belge
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Minerva est une marque belge de bicyclettes, motocyclettes et automobiles créée en 1897 par Sylvain de Jong. La marque, très réputée jusqu'au milieu des années 1930, s'était progressivement spécialisée dans la production de voitures de luxe.

Minerva
logo de Minerva (automobile)
Logo de la marque
illustration de Minerva (automobile)

Création 1897
Disparition 1958
Fondateurs Sylvain de Jong
Siège social Drapeau de la Belgique Belgique
Activité Automobile
Produits Vélo, automobile et motoVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.minerva.beVoir et modifier les données sur Wikidata

L'emblème de la marque est une tête de femme casquée, représentant la déesse romaine Minerve.

Histoire

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Bicyclettes et motocyclettes

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Un homme sur un vélomoteur Minerva en Australie au début du XXe siècle. Photo d'Alice Manfield.
Minerva Type A de 1904.
Minerva Type D, 2195 cm³ , 15 CV, trois cylindres, alésage de 90 mm, course de 115 mm, de 1904.
Bouchon de radiateur.
Limousine Minerva WT 16CV de 1910.
Part Sociale de la Minerva Motors S.A. en date du 19 fevrier 1929
Minerva 8 AL Rollston Convertible Sedan de 1931.
Camion de pompiers Minerva de 1932, des pompiers de Schaerbeek (Bruxelles)

Le fondateur, Salomon, dit Sylvain, de Jong (1868-1928), né à Amsterdam (Pays-Bas) s'installe à Anvers (Belgique) où, en 1889, il ouvre un commerce de bicyclettes anglaises. En 1895, avec ses deux frères Henri et Jacques et deux commerçants anversois, il commence à fabriquer des bicyclettes sous le nom Mercury Cycle Co. Puis en 1897, De Jong crée sa propre entreprise, S. de Jong & Co, et change le nom de la marque en Minerva, d'après Minerve, la déesse romaine de la Sagesse dont le nom fait écho à celui des Nerviens, ancien peuple de la Gaule belgique. La firme est située Karel Oomsstraat à Anvers et ne tarde pas à produire 200 vélos par semaine[1].

Elle se lance ensuite dans la fabrication de moteurs de motocyclettes dont le succès en fera le plus grand fournisseur d'Europe. En 1902, De Jong prend la licence de fabrication d'une motocyclette complète signée des Suisses Hermann Lüthi et Ernest Zürcher, et connue sous la marque Zedel (Z.L. au début, initiales des noms des fabricants).

Minerva Motors Ltd.

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En 1902, la société De Jong & Co ajoute à sa production un modèle de voitures 6HP avec un moteur 4 cylindres de 6 ch. En 1903, il dissout sa société initiale et fonde à Londres la société anonyme Minerva Motors Limited. Après la construction d'une nouvelle usine à Anvers, la production de voitures démarre réellement en 1904 avec des modèles équipés de moteurs de deux, trois et quatre cylindres avec un entraînement par chaîne latérale et un châssis en bois renforcé, ainsi qu'un modèle de cyclecar : la « Minervette ». En 1907, des Minerva occupent les trois premières places de la course belge du Circuit des Ardennes, dans sa formule Kaiserpreis, le baron John Moore-Brabazon remportant l'épreuve[2].

Un certain Charles Rolls, directeur commercial de Minerva en Angleterre pour le compte de David Citroën vend d'abord des motos, puis la luxueuse « 2,9 litres 14ch ». Le marché le plus important pour le fabricant restera l'Angleterre – où la petite « Minervette » à monocylindre de 636 cm3 était la voiture la moins chère sur le marché –, suivie des Pays-Bas et de la France.

En 1900, la France était le leader mondial de l’automobile. Une voiture sur deux était alors fabriquée en France (30 000 par an contre 10 000 en Amérique, 9 000 en Grande-Bretagne et 7 000 en Allemagne) [3].

Commencée en 1904, la production de Minerva atteint 3 000 unités par an peu avant la Première Guerre mondiale, un sommet absolu. Minerva était le plus grand constructeur automobile de Belgique, les exportations étant principalement destinées à l'Angleterre puis aux États-Unis (Publication du Service public fédéral Affaires étrangères et Commerce extérieur [4]).

En 1908, Minerva obtient la licence d'exclusivité mondiale pour les moteurs Knight (en). Le moteur Knight à doubles chemises-tiroirs développé aux États-Unis par Charles Yale Knight (de) était particulièrement silencieux ; toutes les futures Minerva utiliseront ces moteurs à partir de cette date.

1914 Première guerre mondiale

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Pendant la Première Guerre mondiale, Sylvain de Jong et ses ingénieurs partent s'installer à Amsterdam aux Pays-Bas, où ils maintiennent le développement de leurs voitures. Certaines d'entre elles sont utilisées par l'armée belge pour lancer des attaques contre l'armée allemande, au début avec des fusils et des mitrailleuses légères surmontant simplement les véhicules. Les Belges sont les premiers combattants de cette guerre à faire un usage intensif de voitures cuirassées comme arme militaire [5].

L' automitrailleuse Minerva est un modèle d'automitrailleuse blindée développée par le constructeur automobile belge Minerva en 1914, qui attire les foules [6]. Considérées comme arme d'élite, ces voitures blindées sont confiées à un personnel dûment formé [7]. Elles ont été utilisées durant la Première Guerre mondiale notamment lors de la bataille de Liège.

Jusqu'à la fin de la guerre, ces véhicules deviendront en plus en plus sophistiqués, équipés d'une tourelle pour la mitrailleuse [8](notamment tourelle 37 mm de l'Atelier de construction de Puteaux [5],[9]), et des autos-canons belges participeront aux combats en Russie.

En 1920, De Jong revient en Belgique pour relancer la production de voitures de luxe avec les modèles « 20CV 3,6 litres » à 4 cylindres et « 30 CV 5,3 litres » à six cylindres.

Le succès du fabricant augmente non seulement en Europe, mais également aux États-Unis où des stars de cinéma, des hommes politiques et des industriels apprécient ces voitures. En 1920, Minerva ouvre son premier établissement à New York City, 222 West 66th Street dans le quartier Upper West Side, non loin de Central Park, qui était l'emplacement de choix pour la plupart des concessionnaires automobiles [10]. La Minerva possédait les mêmes qualités que la Rolls-Royce, tout en étant légèrement moins chère. Le constructeur automobile Henry Ford possédait même depuis 1912 une Minerva pour ses déplacements privés [11]. Le roi Haakon VII de Norvège aimait conduire sa Minerva [12].

Un bouchon de radiateur Minerva (une Minerve casquée) est présenté au Henry Ford Museum [13].

En 1923, de plus petits modèles sont introduits : la quatre cylindres « 2 litres 15CV » et la six cylindres « 3,4 litres 20CV » équipées en standard de freins aux quatre roues. En 1927, la 30CV est remplacée par la « 6 litres AK » et un nouveau modèle motorisé par un 2 litres 6 cylindres, la « 12-14 », est produit.

Les voitures de luxe continuent d'être une spécialité de Minerva. En 1930, plusieurs modèles imposants font leur apparition, l'« AL » de 6,6 litres et l'« AP » de 4 litres. À cause de la crise, le dernier modèle Minerva, la « M4 » de 2 litres de 1934, se vendra mal et, cette année-même, la firme sera déclarée en faillite.

En 2016, au hameau Gabriels de Brighton (comté Franklin, New York) est découverte dans des granges la collection de 43 voitures anciennes (d'avant 1931) de John Hawkinson (Hawkeye) (1932 - 2016), dont des voitures de luxe Packard 1924, Buick 1931, Cadillac, et même une très rare Minerva 1930 carrossée par Hibbard & Darrin [14] (Vidéo [15]) , estimée 500 000-700 000 $ [16].

Société Nouvelle Minerva

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Après le rachat de l'actif de la Minerva Motors par Mathieu van Roggen en 1939 est fondée la Société Nouvelle Minerva, dont le siège social est situé à Sprimont, puis par la suite à Mortsel, dans la banlieue anversoise. Quelques utilitaires continuent à être fabriqués sous le nom Minerva dans les usines d'Impéria, également propriété de Van Roggen. La nouvelle société abandonne la production des moteurs sans soupapes système Knight qui avaient fait la réputation des Minerva.

Prototype d'une jeep « civile » Minerva, 1957.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'usine de Mortsel est réquisitionnée et chargée de la réparation de moteurs d'avion. Cela lui vaut d'être bombardée à plusieurs reprises.

En 1952, la société construit, sous licence Land Rover, des véhicules de type 4×4 pour le compte de l'armée belge. Quelques véhicules du même type sont livrés à des clients civils. La firme fabrique également sous licence des voitures Armstrong Siddeley et des scooters Agusta. À partir de 1956, elle tente de produire un 4×4 totalement innovant, mais il ne dépassera pas le stade du prototype.

Le projet initial était de créer une « General Motors » en Belgique, au départ d'Impéria, et de relancer Minerva, deux marques belges parmi les plus célèbres. Malheureusement, Van Roggen n'aura jamais les moyens – financiers notamment – de ses ambitions.

Jeep Recce Minerva Modèle 1952 sous licence Land Rover - Musée Royal de l'Armée et de l'Histoire Militaire - Bruxelles.

La firme est une nouvelle fois, et cette fois définitivement, déclarée en faillite en 1958.

La marque aujourd'hui

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L'aura de la marque a régulièrement inspiré des hommages virtuels. En 2013, un projet d'étude de style en 3D représentant une super GT nommée J.M. Brabazon (en hommage au pionnier de l'aviation) avait été dévoilé sur internet. Ce concept-car est toutefois demeuré à l'état de projet purement fictif et n'a connu aucune suite.

Aujourd'hui, la protection de l'héritage et la relance officielle du constructeur belge sont assurées par la Fondation Minerva Heritage ASBL. L'organisation structure ses activités automobiles autour de deux départements distincts :

  • Une division technique (Minerva Bespoke), consacrée à la restauration de très haut niveau et à la re-création historique de carrosseries sur mesure pour les châssis existants.
  • Une division réservée à la conception et à la fabrication de modèles automobiles exclusifs, réalisés intégralement sur commande spéciale.

Minerva et le sport

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Minerva Sport & Athletic Club

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Le Minerva Sport & Athletic Club est un club sportif omnisports corporatif qui permettait aux membres du personnel de l'entreprise « Minerva » de pratiquer diverses disciplines.

Minerve FC

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Créée en 1920, cette section de football est une des huit fondatrices de la Ligue Sportive du Commerce d'Anvers, dénommé nos jours « Koninklijke Sportverbond Antwerpens Handel (KSAH) ». En 1925, « Minerve FC » s'affilie à l'URBSFA mais en démissionne en 1932.

Notes et références

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  1. « Minerva Story », sur Automania.com, (consulté le ).
  2. « L'automobile. Le meeting des Ardennes », dans Le Sport universel illustré, no 573, 4 août 1907, p. 530. En ligne sur Gallica.
  3. « Le luxe, moteur du progrès », sur www.scienceshumaines.com (consulté le )
  4. « Le roi Albert Ier et Tintin roulaient en voitures belges. Bien sûr », sur Focus on Belgium, (consulté le )
  5. 1 2 (en) VAL, « The Belgian Army pioneered the use of Armored Cars. », sur Teletype, (consulté le )
  6. « Minerva – Armée Belge Belgisch Leger », sur Armée Belge Belgisch Leger, (consulté le )
  7. « Beverloo - Camp - Auto mitrailleuse - circulé en 1930 - animée - TBE | En vente sur Delcampe », sur Delcampe (consulté le )
  8. Jose Luis Castillo, « Armored Cars in the WWI: Belgian Minerva Armored Car with turret M1914 », sur Armored Cars in the WWI, (consulté le )
  9. « L’Arsenal de Puteaux – Archives de la ville de Puteaux », (consulté le )
  10. (en-US) Walt Gosden, « Minerva's presence in the United States gave wealthy Americans a taste of Belgian luxury | The Online Automotive Marketplace | Hemmings, The World's Largest Collector Car Marketplace », sur The Online Automotive Marketplace, (consulté le )
  11. « L’histoire de Minerva à Autoworld », sur Le Soir, (consulté le )
  12. (en-US) Tor Kjølberg, « Pomp and Circumstance in Norway », sur Daily Scandinavian, (consulté le )
  13. (en) « Artifact », sur www.thehenryford.org (consulté le )
  14. (en-US) « 1930 Minerva AK », sur www.classicdriver.com (consulté le )
  15. [vidéo] « A Last Look at Hawkeye's Spectacular Car Collection in Gabriels, NY », Darkside Skinny Dippers, , 3:20 min (consulté le )
  16. (en-US) « 1930 Minerva AL Convertible Sedan by Hibbard and Darrin Chassis 57804, engine 57804 », sur conceptcarz.com (consulté le )

Bibliographie

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  • (de) Hans Baumgartner, Im Auto durch Balkan und Orient, Berne, Emil Flück, 1936.
  • (nl) Yvette Kupélian, Jacques Kupélian, Minerva, Overijse, Jacques Kupélian, 1985 (ISBN 2870760035).
  • Philippe Boval, Albert Valcke, Les Minerva d'aujourd'hui : Itinéraire photographique de la marque automobile belge d'autrefois, Courtrai, Groeninghe, 1999 (ISBN 9080497614). – Trad. de Ph. Boval, A. Valcke, Minerva Vandaag : Een fotografische zoektocht naar overlevende auto's uit een vervlogen tijdperk, Wervik, Valcke, 1998 (ISBN 9090121994).
  • (en) Thomas Ameye, Bieke Gils, Pascal Delheye, « Daredevils and Early Birds : Belgian Pioneers in Automobile Racing and Aerial Sports During the Belle Epoque », dans International Journal of the History of Sport, Abingdon - Oxford, Taylor & Francis, 2011, no 28, p. 205–239. – Publié aussi dans David Hassan (dir.), The History of Motor Sport : A Case Study Analysis, Londres - New York, Routledge, 2012 (ISBN 9780415677882).

Voir aussi

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