Minute de silence

moment de recueillement, signe d'hommage

Une minute de silence conforme au rite initial est un arrêt collectif de deux minutes observé pour commémorer l'Armistice du , où « travail, parole et mouvement » cessent afin que chacun, dans une immobilité absolue, se tourne vers le souvenir des morts de guerre. Ceci reprend la volonté du roi George V formulée le pour l'Empire britannique. Ainsi est créé un rite laïque public autonome, nommé, reproductible et codifié. Adoptée ou non par certains États, la durée initiale de deux minutes s'avère ultérieurement variable : souvent d'une minute ou deux, elle est au minimum de trente secondes et peut aller jusqu'à six minutes. En effet, l'élément central est la suspension collective et synchronisée de l'activité ordinaire.

Dessin noir et blanc, très simple, avec doigt devant des lèvres.
Chut… une minute pour se souvenir.

Précédemment, des moments de silence existent. Ils sont le fait de cérémonies funéraires, d'événements politiques ou d'hommages parlementaires. En 1919, Edward George Honey propose un silence national en mémoire des morts de guerre. De son côté, James Percy FitzPatrick propose une pause silencieuse à l'échelle de l'Empire britannique. Initialement, la volonté de George V va « à la onzième heure du onzième jour du onzième mois »  heure et date de l'entrée en vigueur de cet Armistice , mais la date peut varier. La paternité du rite reste discutée entre Honey, associé à une formulation publique de l'idée, et FitzPatrick, lié à sa transmission politico-institutionnelle.

Paraissent concernés les espaces politiques directement liés aux « principales puissances alliées et associées » du traité de Versailles, mais la diffusion est plus large. Ainsi, dans les États issus ou proches de l'Empire britannique, elle demeure notamment liée au souvenir de l'armistice ou aux cérémonies du Remembrance Day. En France, elle est progressivement intégrée aux commémorations du , puis à des hommages nationaux ou locaux. Ailleurs, elle prend place dans des cérémonies liées aux guerres, aux catastrophes, aux attentats, aux génocides, aux deuils parlementaires ou aux hommages sportifs. Au XXIe siècle, elle constitue ainsi un rite civique d'usage mondial, employé par des États, des organisations internationales, des assemblées nationales, des collectivités, des associations ou des institutions sportives.

La minute de silence est un rite non religieux, compatible avec des convictions diverses : les participants peuvent prier, se souvenir, réfléchir ou simplement respecter l'hommage collectif. Elle repose sur des signes visibles  station debout, immobilité, suspension de la parole  et peut être introduite ou conclue par un signal sonore, une sonnerie, une sirène ou un hymne. Son usage n'est pas exempt de limites : sa multiplication peut affaiblir sa portée solennelle, et son inscription dans des contextes politiques peut susciter des contestations. Une minute d'applaudissements, parfois proposée en alternative, relève d'un autre type d'hommage collectif.

Antériorité : manifestations silencieuses

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Cliché couleur. Bas-relief romain. Procession de personnages. Femmes, enfants et hommes vêtus de voiles et de toges.
Femme en arrière-plan interprétée comme demandant le silence[1].
Détail image ci-dessus. Deux hommes en avant d'une femme avec enfant à leurs pieds.
Détail du fragment de bas-relief.
Ara Pacis, Rome. 13-9 av. J.-C.

Depuis l'Antiquité, lors des funérailles royales, l'ordre du cortège, la discipline du public et la solennité vont parfois de pair avec la retenue et le silence de la foule qui n'est cependant pas explicitement prescrit[2].

Au XVIIIe siècle, certains moments sont marqués par l'idée d'une suspension collective du bruit et du mouvement qui indique la gravité de l'évènement. Ainsi, lors des fêtes révolutionnaires, les organisateurs prévoient des processions, des discours, des chants et l'immobilité collective associée à un silence momentané qui visent à transformer la foule en une communauté civique disciplinée. L'ensemble s'inscrit dans une dramaturgie politique et non pas comme un rite spécifique du silence[3]. De même, lors de certaines exécutions publiques, la foule devient silencieuse notamment lors des prières finales. Mais ce silence, sans durée définie, n'est pas prescrit par l'autorité comme un rite autonome. Il relève du contexte religieux et judiciaire. Il dramatise l'autorité de l'État[4].

Au XIXe siècle, par exemple, le meurt l'ancien Premier ministre du Royaume-Uni William Ewart Gladstone. Ses funérailles d'État à l'abbaye de Westminster provoquent un immense rassemblement public. La presse rapporte alors une foule extrêmement silencieuse le long du cortège et parfois des spectateurs qui se découvrent et restent immobiles[5]. Les funérailles publiques de la fin de ce siècle sont autant de moments de discipline collective, qui contribuent à créer une culture politique de la retenue[6].

Au XXe siècle, il est classique de rappeler que le , lors des obsèques d'Edward VII, la foule observe un silence qualifié d'intense et révérencieux sur le trajet du cortège funèbre (Westminster Hall, Paddington puis Windsor) associé à une immobilisation minutée de la vie publique que ce soit la circulation, les tramways, les autres transports, ou les activités. Les véhicules s'arrêtent à Londres pendant deux minutes et il est observé à 13 heures, dix minutes d'arrêt plus général dans le Royaume-Uni. Mais l'ensemble se fait dans un environnement sonore certain avec les soixante-huit coups de Big Ben, les salves d'honneur et les marches funéraires jouées par les fanfares. Aucune autorité commanditaire n'est rapportée que ce soit dans la presse[7],[8] ou dans le compte-rendu officiel[9]. Cette chorégraphie funéraire apparait comme une possibilité d'arrêt synchronisé du mouvement accompagné d'un recueillement non encore codifié[10],[11].

Les parlements font également preuve de possibles recueillements. En Autriche, l'Abgeordnetenhaus (« Chambre des députés ») du commence peu après 15 h par une Trauerminute (« minute de deuil ou minute de silence ») pour la mort du de l'archiduc Otto[12]. Le , décède à Rio de Janeiro José Maria da Silva Paranhos Júnior, baron de Rio Branco[13]. Sous l'influence de ce ministre des Affaires étrangères, le gouvernement brésilien, auquel il appartient, est le premier à reconnaitre la République portugaise[14]. Le Sénat portugais, à la demande de son président Anselmo Braamcamp Freire, suspend pendant 10 minutes la séance no 39 du , ses membres restant assis en silence. Un compte rendu officiel relate cet ordre de geste collectif[15]. Mais cet hommage diplomatique minuté est décidé par et pour le Sénat portugais sans répétition ultérieure. Il constitue un précédent parlementaire qui indique que la grammaire politique du silence commémoratif existe en Europe avant l'après-Grande Guerre, mais il n'est pas l'origine institutionnelle de la pratique mondiale de la minute de silence[11].

Instauration du rite

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La fin de la Première Guerre mondiale est marquée par l'armistice du 11 novembre 1918, qui convient de l'arrêt des combats à 11 heures[16]. De très nombreux foyers ont au moins un disparu parmi les leurs. La commémoration de ces morts de la Grande Guerre par un silence, promue par Honey et FitzPatrick, est instaurée par George V.

Honey propose

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Edward George Honey est un journaliste australien résidant à Londres. En 1915, il s'engage dans le Middlesex Regiment de l'infanterie britannique, mais il est vite libéré en raison de sa faible constitution et il ne part pas à l'étranger[17]. Selon son épouse, voyant les trains remplis de blessés revenant aux gares de Richmond et de Charing Cross, il souhaite réaliser quelque chose en regard des « stay-at-home exploiters » (« exploiteurs au foyer ») qui s'enrichissent afin de les faire réfléchir. Puis, lors du Joy Day de 1918, il réprouve les manifestations bruyantes et enthousiastes, un feu d'artifice tiré à Hyde Park, la reprise de la chanson Old Soldiers Never Die par des jeunes hommes[18]. Ces scènes lui font soumettre un écrit qui ne parait pas dans le journal populaire The Daily Mirror à fort tirage, car son rédacteur en chef Randall Charlton est absent, mais dans le journal londonien populaire du soir à un demi-penny (1/2d.)[19], The Evening News[18], dont le tirage est un peu moindre[20]. Ainsi, il est possible de lire sous son nom de plume Warren Foster[21], le , un article titré « Five Minutes' Silence: On Peace Day to the Memory of the Dead »  le titre n'est pas « A Piece Day Essential »[a]. Dans celui-ci, rappelant le silence observé par le peuple et l'arrêt des trains lors des funérailles d'Édouard VII, il préconise que les Anglais observent un silence de cinq minutes afin de commémorer les morts de la Grande Guerre[23].

« I would ask for five minutes, five little minutes only. Five silent minutes of national remembrance. A very sacred intercession[23]! »

 Warren Foster, Extrait de Five Minutes' Silence

« Je demanderais cinq minutes, cinq petites minutes seulement. Cinq minutes silencieuses de souvenir national. Une intercession très sacrée[b] ! »

 Extrait de Five Minutes' Silence

FitzPatrick propose

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Carte postale. Cliché noir/blanc. Vaste carrefour. Foule immobile regard vers balcon. Militaire saluant. Véhicules stop.
The midday pause in Cape Town.
Adderley Street. .

Sir James Percy FitzPatrick est un romancier, financier et homme politique sud-africain dont le fils aîné est tué au front le alors qu'il sert dans la batterie du major Brydon. Il a présent à l'esprit les silences observés en 1916 dans son église au Cap à l'initiative d'un paroissien, John Albert Eagar. Ces silences, après les listes des tués à l'ennemi, commémorent l'hécatombe des ressortissants sud-africains lors de la bataille de la Somme[c]. Le maire du Cap, Harry Hands, perd lui-même son fils aîné le qui appartient aussi à cette batterie. Alors Robert Rutherford Brydone[d], conseiller municipal, lui suggère qu'une période de silence soit instaurée en souvenir des victimes tombées en France[f]. Après une séance du conseil municipal, Hands préconise dans le Cape Times du une période de silence de trois minutes tête baissée avec arrêt de toute activité pour honorer tous ces morts[31],[32]. Le , le début de cette pause est marqué par un coup du Noon Gun[e] situé sur Signal Hill. Le jour même, alors qu'un lecteur s'est plaint au Cape Argus d'un manque de respect lors de la pause, pour garder l'adhésion de la population, écoulée il arrête dans The Cape Argus une durée de deux minutes[34],[35]. Au coup de canon s'adjoint un clairon debout sur le balcon du Fletcher and Cartwright's Building qui sonne le Last Post. Une fois les deux minutes écoulées, retentit la sonnerie Reveille. The Press, quotidien néo-zélandais, reprend le récit déjà paru dans The Cape d'Alfred Daniel Donovan, journaliste et témoin oculaire[36]. Du fait de la signature de l'armistice, cette commémoration de guerre quotidienne devient une commémoration mémorielle. À cet effet est organisée une cérémonie le [37],[38]. Ces suspensions se renouvellent jusqu'au [39],[40],[41],[42],[43], date à laquelle le maire William J. Thorne, en compagnie de l'ex-maire Harry Hands, met un terme au geste depuis le balcon[44].

FitzPatrick, venu depuis Le Cap à Londres pour ses affaires, écrit  peut-être depuis un sanatorium écossais  à Lord Northcliffe, patron de presse, pour lui soumettre l'idée d'une pause silencieuse à travers tout l'Empire britannique. Wickham Steed rédacteur en chef du Times lui répond que cela est « entirely impracticable » (« tout à fait irréalisable »)[45]. Ceci l'incite à adresser un mémorandum intitulé A salute to the dead: Memorandum[46] à Lord Milner, alors secrétaire d'État aux Colonies[47]. Il le connait depuis 1898 à la suite d'une première rencontre au Cap[48]. Ce mémorandum suggère une commémoration silencieuse des soldats morts, dans tout l'Empire britannique. Il prend pour exemple le silence de trois minutes observé au Cap et rappelle qu'aucune organisation spécifique n'est nécessaire. Après quelques semaines Lord Milner le transmet, avec un mot daté du , à Lord Stamfordham, secrétaire particulier du monarque[49]. Dans une missive datée du , le roi George V appuie fermement la proposition de FitzPatrick. Ainsi, le , Maurice Hankey, secrétaire du Cabinet, indique une présentation le lendemain par Lord Milner[50]. Le Cabinet l'adopte finalement le en indiquant que trois minutes sont trop longues et qu'il préconise au Roi une minute en prenant pour antécédent la pause proposée pour les funérailles de Theodore Roosevelt[51],[47] (alors non réalisée[11]). Lord Curzon, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, qui doit déjeuner le lendemain avec George V, est chargé de lui faire part de cette décision[51].

«  the moving, awe-inspiring silence of a vast Cathedral where the smallest sound must seem a sacrilege […] Why not perpetuate this and extend it to the Whole Empire ? […] None will forget the eleventh hour on the eleventh day of the eleventh month[52]. »

 Percy FitzPatrick, Extrait de A salute to the dead

«  le silence émouvant, solennel, d'une vaste cathédrale, où le plus léger son eût semblé un sacrilège. […] Pourquoi ne pas la perpétuer et l'étendre à l'Empire tout entier ? […] Nul n'oubliera la onzième heure du onzième jour du onzième mois[b]. »

 Extrait de A salute to the dead

George V instaure

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Photo pour une d'un journal noir et blanc. Foule autour d'un monument gardé par soldats têtes baissées.
The two-minutes silence in memory of the Glorious Dead at the Whitehall Cenotaph. .

Selon The Argus de 1924, Lord Balfour, alors lord président du Conseil, a l'initiative de la réduction de temps[53]. Millie Honey, épouse de George Honey, indique en 1961 que des essais sont menés par des hauts fonctionnaires et des militaires[54], et plus précisément l'Armée australienne rapporte entre 2013 et 2018 que les Grenadier Guards au palais de Buckingham sont sollicités en présence d'Honey et de FitzPatrick (sans pour autant que l'on puisse affirmer que le second connaissait l'article du premier)[55]. Veterans UK indique en 2009 une discussion entre le Roi et Lord Stamfordham[56]. La durée est ramenée à deux minutes[54],[57].

Ainsi, le roi George V réalise, le , un message pour commémorer l'Armistice avec un silence de deux minutes et l'arrêt de toutes les activités à la onzième heure du onzième jour du onzième mois. Celui-ci paraît dès le dans la presse britannique[58],[59]. Ce message officiel[g] est aussi télégraphié par Lord Milner aux dominions autonomes ainsi qu'à toutes les parties de l'Empire britannique et par Edwin Montagu, secrétaire d'État à l'Inde, à l'Empire des Indes[51],[61],[62]. Il est transcrit par les journaux de ces pays[63],[64].

« To afford an opportunity for the universal expression of this feeling it is my desire and hope that at the hour when the armistice came into force, the eleventh hour of the eleventh day of the eleventh month there may be for the brief space of two minutes a complete suspension of all our normal activities[61]. »

 George V, R.I., Extrait de la missive officielle du

« Afin de permettre à tous d'exprimer universellement ce sentiment, tel est mon désir et mon espoir qu'à l'heure où l'armistice entra en vigueur, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois, toutes nos activités habituelles soient complètement suspendues pendant deux brèves minutes[b]. »

 Extrait de la missive officielle du

Edward Honey assiste à cette commémoration à Londres jusqu'à son décès le [54]. Sir Percy FitzPatrick, alors aux États-Unis, apprend par la presse[h] dès le que la consigne est appliquée dans tout l'Empire britannique[65].

Paternité discutée : Honey ou FitzPatrick ?

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Cliché couleur. Trois rochers bruns mouchetés. L'un supporte une plaque.
Mémorial d'Edward George Honey. Paternité d'une pause silencieuse lui est attribuée.
Melbourne.

Selon le pays, la paternité d'une idée de pause silencieuse collective est attribuée tantôt à Honey, tantôt à FitzPatrick par la presse qui construit, par une communication de masse, la mémoire collective. Quant aux mémoires d'État, elles prennent parti[68]. Au XXIe siècle, les auteurs divergent mais, dans l'ensemble, tel Ross Brown[i], ils attribuent plutôt la formulation publique à Honey et la primauté de la démarche politico-institutionnelle à FitzPatrick[70].

Au Royaume-Uni, Sir Percy FitzPatrick reçoit, dès le , une lettre de Lord Stamfordham qui écrit : « The King […] desires me to assure you that he ever gratefully remember that the idea of the tow-minutes pause on Armistice Day was due to your initiation (sic)[65],[41] […] »[j]. Une lettre du , signée au nom du secrétaire d'État à l'Intérieur, exprime la position officielle du Bureau de l'Intérieur : sans méconnaitre que probablement d'autres ont eu l'idée, il y a peu de doute qu'il soit à l'origine de la première proposition concrète de two minutes' silence[71]. Un article du Times le indique que l'attribution est déjà publique[72],[k]. Le rôle d'Honey apparait dans la presse le lorsque sa nécrologie est faite par The Daily Graphic[73],[l]. Il est notamment rappelé le dans The Times[74]. Cependant ce n'est qu'en 2018 qu'il est retrouvé une reconnaissance officielle, qui reste locale, due aux autorités de la ville de Plymouth[75]. Celle-ci est officiellement confirmée, toujours par une instance locale, en 2025 par la ville d'Oxford[76].

Cliché couleur. Sur une pierre taillée en prisme droit deux plaques en bronze.
Plinthe commémorative des Deux minutes de silence. Paternité attribuée à FitzPatrick.
Adderley Street, Le Cap.

En Afrique du Sud, FitzPatrick est donc cité dans The Pretoria News du [72]. Il semble que ce soit seulement fin 1930 que son rôle soit porté à la connaissance du public dans les dépendances de l'Empire britannique selon le journal de Singapour The Straits Times[77],[m]. Pinang Gazette and Straits Chronicle du , en annonçant son décès, rappelle son action[78],[n]. En 1997, l'Armée sud-africaine publie une brochure commémorative, A Debt of Honour, où il « is credited with this honour » (« est crédité de cet honneur »)[66]. En 2004, Edward Honey n'appartient toujours pas à la tradition mémorielle sud-africaine[79].

En Australie, le quotidien The Argus du attribue le rôle premier à Honey[53],[o]. Plus tard, l’Edward George Honey Memorial Executive Committee produit en 1963 des pièces qui témoignent d'une campagne structurée en faveur de la primauté d'Honey[80]. Le major Warren Perry, historien militaire, ancien officier et haut fonctionnaire[81], les valide[82]. Le , un communiqué ministériel de la Défense rapporte à Honey l'idée de la pause silencieuse[83],[p]. Le rôle de FitzPatrick apparait les puis dans The Daily News de Perth[84] puis dans lezzle Newcastle Morning Herald and Miners' Advocate[85],[q]. En 2023, le gouvernement australien ne le reconnait que dans un récit mémoriel concurrentiel où Honey est mis en avant[86],[r].

Évolution chez les principaux belligérants du front d'Occident

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L'armistice qui suspend les hostilités, notamment sur le front d'Occident, est signé avec l'Allemagne par le maréchal Foch et l'amiral Wemyss au nom des « puissances alliées et associées »[87]. Suivant le traité de Versailles, bien qu'elles ne soient pas toutes présentes lors de la signature, les « Principales Puissances alliées[s] » sont l'Empire britannique, la France, l'Italie, le Japon et les États-Unis sont la principale puissance « associée[s] »[89],[88]. Le Japon n'envoie pas de troupe sur le vieux Continent, mais en Sibérie[90],[91]. Les États-Unis, tout en envoyant un corps expéditionnaire et en prenant les mêmes positions politiques que les Alliés, ne souhaitent pas être liés aux obligations diplomatiques. Ils veulent être qualifiés d'« associés »[92].

Principaux Alliés

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Empire britannique

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Royaume-Uni
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Dessin noir et blanc sur journal. Cavaliers stoppant chasse à courre. Villageois. Têtes nues s'inclinent. Chiens au sol.
The great silence – To those who will hunt no more.
Toute activité cesse.
Brook. .

Lors de l'entre-deux-guerre, le rituel reste centré dans l'ensemble du pays sur le avec les minutes de silence[93]. Puis il se modifie après l'intervention de Clement Attlee du à la Chambre des communes. Désormais le dimanche précédant le commémore les guerres de 1914-1918 et 1939-1945   Remembrance Sunday (« dimanche du Souvenir »). Au Cenotaph, deux minutes de silence sont observées à 11 h. Ainsi définie, cette cérémonie nationale officielle n'a plus jamais lieu en semaine quel que soit le jour du [94]. En 1956, la date est fixée au deuxième dimanche de novembre[95]. Puis deux manifestations nationales apparaissent en 1996[96],[97],[98], qui coexistent au début du XXIe siècle. Le Remembrance Sunday que la famille royale présente comme l'événement principal, est conduite au Cenotaph par le roi, elle commence à 11 heures, comprend deux minutes de silence et commémore les militaires et civils britanniques et du Commonwealth des deux guerres mondiales et les conflits ultérieurs. LʼArmistice Day avec sa cérémonie au National Memorial Arboretum rappelle la onzième heure du onzième jour du onzième mois. À cette occasion, des millions de personnes à travers le pays observent deux minutes de silence au cours desquelles les activités s'interrompent[99].

Les annonces officielles  elles n'ont pas de caractère législatif ; hors le périmètre gouvernemental, les annonces invitent à un acte volontaire[t]  instaurent de façon ponctuelle un moment de recueillement collectif en diverses occasions. Lors de deuils royaux, une minute de silence est instaurée en 2021 pour le duc d'Édimbourg[101], de même lors d'attentats ou de grandes tragédies comme celui de la Manchester Arena en 2017[102], ou de façon récurrente sans rite annuel lors de certains jalons majeurs de la Seconde Guerre mondiale tel le Victory in Europe Day ou VE Day (« Jour de la Victoire ») où sont annoncées deux minutes de silence[103]. Il existe aussi des usages fréquents mais non nationaux, qu'ils soient institutionnels, tels ceux du Parlement du Royaume-Uni par exemple lors du décès d'un des siens, Sir David Amess, en 2021[104], ou sectoriels tels ceux par exemple des services de secours et des autorités publiques partenaires qui commémorent les personnels de secours morts en service le 999 Day[105].

Dépendances de l'Empire britannique
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Cliché couleur. En ville, sur une pelouse des porte-drapeaux abaissent les leurs.
Drapeaux abaissés pendant le Last post avant les deux minutes de silence.
Stirling. .

Même là où la tradition reste forte elle n'est pas figée, l'héritage impérial est adapté nationalement.

Au Canada[u] le jour varie. LʼArmistice Day est placé en 1921 le lundi de la semaine du et ce jour devient et reste quelle que soit son appellation férié[107]. Puis il revient en 1931  devenu le Remembrance Day  à la date fixe, connue de nos jours, du [107]. Lors des cérémonies qui commémorent tous les conflits (guerre de 1812, guerres mondiales, de Corée et d'Afghanistan), le Last Post se termine à 11 h et ouvre deux minutes de silence qui sont closes par le Reveille[108].

Cliché noir-blanc. Parc avec canon imposant entouré de militaires baissant les têtes aux chapeaux mous à larges bords.
Artilleurs australiens observant deux minutes de silence.
Fort Lytton, Brisbane. .

Le Cabinet australien[v] modifie la date et le sens de la pause silencieuse en approuvant le la procédure britannique qui commémore les morts pour les deux guerres mondiales lors du seul Remembrance Sunday[110]. Néanmoins, il conserve l'Anzac Day (« journée de l'Anzac ») du  centré initialement sur la bataille des Dardanelles  avec ses Dawn Services (« cérémonies de l'Aube »)[w] qui comprennent depuis 1928 deux minutes de silence alors que toute autre manifestation ce jour n'en comprend qu'une[113]. De même, depuis 1927, ce jour est férié[113]. Puis, en , le gouvernement informe celui du Royaume-Uni du retour vers le [114]. En 1993, lors de l'inhumation du Soldat inconnu, sont respectées les deux minutes de silence et Paul Keating indique que cet Inconnu honore tous les hommes et toutes les femmes morts dans des conflits armés pour l'Australie. Ceci modifie le sens du silence[115]. En 1997, le Premier ministre appelle pour les futurs Remembrance Day à une seule minute de silence à onze heures, fixant ainsi l'usage contemporain[116].

Dans l'Empire des Indes[x], au cours de l'entre-deux-guerres, il existe un maintien colonial officiel, qui observe notamment les deux minutes de silence le , mais celui-ci est principalement militaire et se déroule dans les cantonnements sans commémoration nationale indienne[118]. Après l'indépendance, en 1947, seules subsistent des cérémonies locales de Remembrance Day ou de Remembrance Sunday avec une pause de deux minutes, mais le rite national n'apparaît pas[119],[120].

Cliché noir et blanc. Des passants sont immobiles. Un militaire au garde-à-vous. Trois trolleybus sont à l'arrêt.
Immobilité sur la voie publique. Le Cap. .

En Nouvelle-Zélande[y], durant l'entre-deux-guerres, progressivement lʼAnzac Day, qui comprend deux minutes de silence, éclipse lʼArmistice Day dont seules les deux minutes de silence restent populaires[122]. Après 1945, lʼAnzac Day honore toutes les guerres avec leurs morts et leurs anciens combattants[123]. Le Remembrance Day, qui commémore uniquement l'Armistice, est déplacé en 1946 au dimanche précédant le , puis le , les services officiels reprennent la date proprement dite avec une minute de silence à 11 h[124], mais les observances populaires sont sporadiques[125]. En 2022 et lors des années ultérieures, les instances officielles marquent lʼArmistice Day avec une formule hybride qui associe two minutes silence et, après le Last Post, one minute silence[126]. Cette même formule hybride se trouve dans lʼAnzac Day, le . Ce jour férié[127], qui domine largement le [125], commence par un Dawn Service[w] puis, dans la journée, une cérémonie inclut une minute de silence[128].

L'Afrique du Sud[z] passe de l'arrêt local du Cap à un rite impérial synchronisé. Durant l'entre-deux-guerres, à lʼArmistice Day s'adjoint la commémoration de la bataille du bois Delville où les pertes de la 1re brigade d'infanterie sud-africaine sont de plus de 2 400 hommes hors de combat. Ainsi est créé le Delville Day célébré vers le [130]. Selon Peter Dickens, une particularité existe à Cape Town où est repris chaque jour pendant la Seconde Guerre mondiale un silence de deux minutes à 12 h[131],[41]. Après 1945, Remembrance Day, où sont observées deux minutes de silence, commémore aussi les morts de la Seconde Guerre mondiale, de Corée et de la Border War[132]. Tout d'abord, pendant cinquante ans, les cérémonies du souvenir sont marquées par des exclusions raciales alors que la pause silencieuse est censée produire une mémoire commune du sacrifice. Ainsi, en 1956, la South African Legion s'oppose à une décision gouvernementale visant à interdire les vétérans noirs et coloured des services de Remembrance Day[132]. Puis, après 1994, la pause silencieuse dépasse le cadre impérial et militaire blanc-britannique et concerne toutes les ethnies et tous les conflits dont le conflit interne sud-africain lié à l'apartheid[132]. Time from Africa, paru en 1996, indique qu'à cette date la tradition commémorative du pays explique les deux minutes de silence comme One minute in memory of the fallen. One minute in gratitude for survivors (« Une minute en mémoire des morts. Une minute de gratitude pour les survivants. »)[133],[aa]. Ceci est repris par le gouvernement[135] puis par certains sites web sud-africains au XXIe siècle[136]. Au tournant des années 2020, le à 11 h continue à être reconnu lors du Remembrance Day qui se tient le dimanche le plus proche du , mais la participation gouvernementale est limitée ; elle reste locale[137].

Terre-Neuve[ab], dans les années 1920-1930, comme dominion, commémore le jour de l'Armistice en observant deux minutes de silence[139] et commémore aussi le , jour de l'anéantissement en 1916 du Newfoundland Regiment à Beaumont-Hamel[140]. Ainsi, le , a lieu à 11 h l'inauguration du Newfoundland National War Memorial qui comprend deux minutes de silence[141]. Après 1949, les Terre-Neuviens, devenus membres de la confédération du Canada, au cours de cérémonies qui comprennent deux minutes de silence, commémorent lors du Remembrance Day le et le , lors du Memorial Day (« jour du Souvenir ») qui persiste, Beaumont-Hamel[142],[143].

Cliché noir et blanc. Des hommes debout dans une petite pièce. Bras croisés ou le long du corps sont immobiles
Comité national français. Pour les otages fusillés de Nantes et Bordeaux. .

Sous le gouvernement de Clemenceau, l'armistice est annoncé en 1918 en France avec notamment  de façon bruyante  les cloches et des salves d'armes à feu ou de canon[144]. Le , La Presse de Paris porte à la connaissance des Français que Poincaré, alors à Londres, adjoint à l'observation de deux minutes de silence l'envoi d'une couronne de fleurs au pied du cénotaphe de Whitehall[145]. Mais il faut attendre 1922 pour que L'Intransigeant du présume d'une minute de silence lors de la cérémonie de commémoration de l'Armistice[146],[147]. Cependant, celle-ci ne figure pas dans la loi du qui stipule seulement que le a lieu « la commémoration de la victoire et de la paix[148] » et qu'il s'agit d'un jour férié[148]. Néanmoins, Le Gaulois rapporte que le , une minute de silence est observée[149]. Plus tard, des textes à portée restreinte entérinent une pratique établie[150]. Il s'agit d'une « forme laïcisée de prière[151] ». Toutefois, en 2011, il n'existe en France aucun texte de portée nationale qui encadre la pratique de la minute de silence[152]. La loi du [153], alors qu'il est affirmé que la commémoration  dont fait en pratique partie la minute de silence  doit être actualisable[154], s'adresse au-delà des morts de 1914-1918 à « tous les morts pour la France[153] ».

Cliché couleur. Nuit. Trois personnes vont déposer trois roses blanches près d'un tas de fleurs.
Barack Obama, François Hollande et Anne Hidalgo vont observer « une longue minute de silence[155] ».
Bataclan. .

Une évolution se fait en 2001, où, d'un rite commémoratif, la minute de silence devient un instrument de deuil national. Jusqu'alors réservées surtout aux présidents décédés, ces journées sont décrétées par le président de la République à la suite d'attentats ou de catastrophes naturelles. Selon l'organisation dictée par le Premier ministre, elles comprennent inconstamment une minute de silence[156]. La circulaire du est particulière, car elle s'inscrit dans un cadre européen et, pour la première fois, elle rend hommage à des personnes décédées hors du territoire national. Le silence alors demandé pour le 11 Septembre est de trois minutes[157]. Cette extension touche aussi l'École, donc l'un des lieux les plus centraux de la République. Ainsi, son premier hommage a lieu en pour Samuel Paty[158]. Il existe des usages institutionnels au Parlement, comme celui de l'Assemblée nationale qui, par exemple, le , à la demande de sa présidente, observe dans l'hémicycle avant l'ouverture de la séance une minute de silence pour Thibaud Breteau, Maxime Pilitieri et Sophie Fleurquin[159]. Des usages sont sectoriels. Ainsi, la Ligue de Paris-Île-de-France de football annonce une minute de silence sur les pelouses franciliennes le en mémoire d'Elias[160]. En 2024, officiellement, le Guide à l'attention des élus et des acteurs territoriaux indique que la minute de silence est « généralement autour de 30 secondes ». Ceci témoigne moins d'une durée chronométrée que d'un temps rituel de recueillement[161].

Cliché noir et blanc. Le long d'une voie, agenouillée sur un ou deux rangs, une foule regarde arriver un train décoré.
Pordenone. Arrivo del treno. Hommage silencieux. .

En Italie, l'axe mémoriel s'est développé non pas autour du [ac], mais autour du [ad] qui correspond à l'armistice de Villa Giusti. Ce jour est alors déclaré férié en 1919 sans minute de silence[164],[ae]. En 1921, le ministère de la Défense indique que lors des arrêts d'environ cinq minutes dans chaque gare du parcours, entre Aquilée et Rome, un hommage silencieux, alors que les discours sont interdits, doit être rendu par les populations au train du Soldat inconnu[af]. Il en est ainsi du au [167]. Pour commémorer le centenaire de l'entrée de l'Italie dans la Grande Guerre, le gouvernement établit une minute de silence le à 15 h[168].

Au XXIe siècle, le gouvernement italien utilise la minute de silence en dehors des commémorations de l'armistice. Ce peut être lors d'un deuil national après les catastrophes[169],[170],[171], en hommage à des personnalités[172] ou pour des journées nationales de mémoire[173]. Par ailleurs, d'autres organismes utilisent le minuto di silenzio (« minute de silence ») ou le minuto di raccoglimento (« minute de recueillement »)) dans des contextes très variés. Il peut s'agir d'une institution comme le Parlement, par exemple à l'occasion d'actes terroristes[174] ou d'organisations non institutionnelles féminicide[175], ou que ce soit des organisations non institutionnelles telles la Fédération italienne de football sur tous les terrains pour l'entraîneur Licursi et l'inspecteur de police Raciti[176] ou un mouvement pacifiste contre la guerre d'Irak, dont les adeptes se couchent aussi sur le sol pour symboliser les morts[177].

Principal associé

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États-Unis

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Cliché couleur. En gros plan, de face, en buste, homme ganté en uniforme bleu marine, debout, sonne une cloche argentée.
À Ground zero, un policier new-yorkais sonne le début d'une minute de silence. , 9 h 36 min 44 s.

La décision d'entrer en guerre relevant des institutions fédérales des États-Unis, l'instauration d'une minute nationale de silence à l'échelle fédérale apparaît comme le niveau d'action le plus cohérent sur les plans symboliques et politiques.

Aux États-Unis, la commémoration de l'Armistice ne fait initialement pas appel à une minute de silence. En 1919, Woodrow Wilson propose une brève suspension des activités à 11 h lors de lʼArmistice Day, puis en 1921, Warren G. Harding appelle à une pause silencieuse de deux minutes liée au Soldat inconnu. En 1926, le Congrès reconnaît officiellement l'anniversaire du et demande des cérémonies appropriées. Puis, ce jour, pour toute la fédération, devient férié en 1938 sous le nom dʼArmistice Day, et en 1954, il est élargi à tous les vétérans, morts ou vivants, appelé alors le Veterans Day (« journée des anciens militaires »). L'évolution de 2016 se fait vers la loi fédérale, le Veterans Day Moment of Silence Act[178], qui prévoit une proclamation annuelle du président des États-Unis appelant  mais n'obligeant pas  le peuple américain à deux minutes de silence à 11 h (locales) lors du Veterans Day[179].

Le Decoration Day (« jour de la décoration des tombes ») est proclamé en 1868 à la suite de la guerre de Sécession. En 1882, il prend le nom de Memorial Day (« jour (américain) du Souvenir »)[180]. Après la Première Guerre mondiale, ce jour honore tous les militaires morts au service du pays[181],[182]. L'appellation est adoptée par le gouvernement fédéral en 1967. Puis, il devient un jour férié fédéral à la suite de la loi de 1968, appliquée en 1971, qui le fixe au dernier lundi de mai[183],[184],[185]. En 2000, parait le National Moment of Remembrance Act qui appelle à une minute de silence à 15 h (locales) lors de chaque Memorial Day[186]. Cet horaire interrompt le moment où les Américains profitent des libertés garanties par ceux qui sont morts pour les préserver[187].

Dès le , à la suite des attentats du , la loi instaure le Patriot Day qui commémore annuellement toutes les victimes. Elle indique que le président des États-Unis appelle alors à un moment de silence[188]. Les cérémonies annuelles indiquées par le National September 11 Memorial & Museum à New York se tiennent sur les trois sites des attaques. Répondant à une remarquable précision chronologique, elles comprennent la lecture des noms des 2 983 victimes, interrompue six fois par une minute de silence aux moments des attaques ainsi que de leurs conséquences[189]. À partir de 2026, une minute de silence en fin de lecture rend hommage aux victimes des expositions toxiques[190].

Allemagne

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Cliché noir et blanc. Vue à vol d'oiseau d'une foule immense sur une vaste place.
Cérémonie commémorative devant le bâtiment du Reichstag.
Berlin. .

En Allemagne, la Gedenkminute (« minute de recueillement ») (ou Schweigeminute (« minute de silence »)) n'est pas instaurée comme un rite national autonome à une date unique[191]. Le rituel du silence commémoratif apparaît après la Première Guerre mondiale. La première commémoration des morts à l'initiative du gouvernement du Reich a lieu le devant le bâtiment du Reichstag[192]. Elle comprend deux minutes de silence[193]. La date est choisie, car il s'agit du dixième anniversaire de la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France[194]. Ainsi, Erdmann Graeser, dans son article « Stille und Stillstand » (« Silence et arrêt ») paru le dans le Vossische Zeitung, indique aux Berlinois que l'essai d'un souvenir silencieux de deux minutes, avec un arrêt de toutes les activités, est tel que les « Invisibles » doivent devenir visibles à l'œil de leur esprit pour les saluer, penser à eux et leur montrer leur amour[ag]. Il rappelle que dix ans auparavant, la foule est devenue silencieuse devant le bâtiment du Reichstag[195]  30 000 personnes assistent le à une cérémonie religieuse et patriotique en plein air devant le Bismarckdenkmal[196]. Georg Pahl témoigne de l'observation des deux minutes de silence par une photographie légendée[197]. Certes, un recueillement avec une minute de silence peut être employé : ainsi, il est mentionné dans le Kattowitzer Zeitung du pour les décès de membres d'une association[198], cependant le rituel du silence ne s'impose pas dans l'entre-deux-guerres. Il est perçu alors comme un symbole des puissances victorieuses[199]. L'Allemagne organise plutôt son deuil public autour du Volkstrauertag (« journée nationale de deuil »)[199] qui ne bénéficie d'aucune loi nationale[200].

Le Volkstrauertag est réintroduit après la Seconde Guerre mondiale  en place du Heldengedenktag (« journée de commémoration des héros ») du régime nazi  lors de la cérémonie du au Bundestag à Bonn. En 1992, il revient à Berlin et depuis 1999, précisément dans l'hémicycle du Reichstag. Il a lieu le deuxième dimanche précédant le premier dimanche de l'Avent. Il comprend le Totengedenken (« texte officiel d'hommage aux morts »), une Gedenkminute (« minute de recueillement ») et la sonnerie aux morts[201]. Ceci commémore les victimes de la guerre[202] ; puis le rituel officiel s'élargit : morts à la frontière allemande en 1961, victimes des crimes nazis vers 1990, du terrorisme, de l'antisémitisme, du racisme, policiers morts en service, chute du Mur… La manière de commémorer continue d'être redéfinie chaque année. Il n'a jamais été envisagé d'en faire une journée de commémoration au sens juridique fort[203]. Enfin, la Schweigeminute (« minute de silence ») devient aussi un geste parlementaire souple ; le Bundestag l'utilise pour les victimes de l'attaque contre Israël en 2023[204], le décès du président Wolfgang Schäuble en 2024[205], les victimes d'attentats sur des marchés de Noël en 2025[206]… L'ArchivKomplex constitue un exemple plus restreint. Ce collectif citoyen et artistique indépendant organise six ans après l'effondrement des archives de Cologne, en 2015, une pause silencieuse de six minutes avec un rassemblement à 13 h 58 (heure de la catastrophe) devant le cratère de l'effondrement avec interruption de la circulation. Une centaine de personnes, dont une autorité municipale, y assiste[207]. Ceci relève bien du rituel de la minute de silence que le ministère fédéral de l'Intérieur définit comme pouvant être un peu plus longue ou plus courte que 60 secondes[208].

Usages mondiaux au XXIe siècle

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Yom HaShoah. Immobilité pendant deux minutes de sirène. Jérusalem. .

Alors qu'il ne semble pas exister d'étude exhaustive, il apparait que la minute de silence au XXIe siècle est devenue un rituel civique mondial.

Il existe des exemples de commémoration nationale régulière. En Israël, en mémoire des victimes de la Shoah, le matin du 28 nissan, alors qu'une sirène retentit pendant deux minutes, toute activité est suspendue : les piétons s'immobilisent, les voitures s'arrêtent sur le bas-côté avec l'observation de deux minutes de silence[209]. Il en est de même lors de Yom Hazikaron, où les Israéliens s'immobilisent le 4 iyar pour deux minutes de silence, une pour les soldats tombés au combat et une pour les victimes du terrorisme[210]. En Pologne, Varsovie commémore ses insurgés, qu'ils soient tombés au combat ou non, chaque à l'Heure W[ah] (17 h) avec des sirènes qui retentissent pendant une minute continue alors que les transports en commun, les voitures et les habitants s'arrêtent[212]. En Ukraine, Vatican News atteste d'une minute de silence nationale tous les matins à 9 h en mémoire des victimes civiles ou militaires et des prisonniers[213]. Au Japon, il existe une minute de silence intégrée aux cérémonies officielles, tant à Hiroshima tous les à 8 h 15 (heure du bombardement)[214] qu'à Nagasaki tous les à 11 h 2 (heure de l'explosion atomique)[215].

Certaines manifestations relèvent d'un protocole diplomatique ou parlementaire. Tel est le cas de la minute de silence lors du quatre-vingtième anniversaire d'Hiroshima et de Nagasaki avec l'invitation par les villes d'une centaine de pays[216],[217], dont les États-Unis[218]. De même, au Rwanda, au cours de la commémoration annuelle du génocide des Tustis une minute de silence est observée localement, mais aussi parfois par la communauté internationale comme le réalise l'Union africaine lors du trente-deuxième anniversaire[219]. Ce rite peut être utilisé par une organisation internationale qui demeure à son siège : par exemple, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) en 2011 rend hommage depuis Bruxelles aux victimes des attaques en Norvège[220]. Il peut s'agir d'un geste parlementaire, ce que démontre l'Assemblée populaire nationale lorsqu'elle commémore à Alger en 2025 le massacre du par une minute de silence[221].

Cliché couleur. Deux équipes de football s'alignent pour former dans le rond central la lettre M
Minute de silence pour Diego Maradona. RC Lens / Angers SCO. [ai].

Parfois, le rituel de masse synchronisé signifie un deuil public exceptionnel. Ainsi, le , toute la Russie observe une minute de silence après l'incendie du centre commercial de Kemerovo[223]. Le , trois minutes de silence sont observées en Chine par 1,4 milliard d'habitants pour les morts au cours de la pandémie de coronavirus[224]. Inversement, le rite peut être observé pour une seule personne ; ainsi, la Fédération internationale de football association (FIFA) demande une minute de silence avant tous les matchs disputés dans le monde après le décès de Diego Maradona[225].

Il existe aussi des minutes de silence synchronisées, observées par un groupe restreint. Il peut s'agir d'un groupe dépendant d'une organisation internationale intergouvernementale. Ainsi, Interpol lors de l'assemblée générale du , à laquelle assistent quelques dizaines de personnes, observe une minute de silence suite à la rupture du barrage de Malpasset[226]. Ailleurs, il s'agit d'une catégorie professionnelle universitaire comme la communauté de l'École normale supérieure de Lyon, qui l'utilise le après l'assassinat de Dominique Bernard, l'un des siens[227]. Sans intervention gouvernementale, l'ONG américaine Pathways To Peace (« Chemins vers la paix »), dont l'effectif reste modeste et constitué de réseaux militants ou associatifs[228], lance dès 1983 une minute de silence annuelle le à 12 h (heure locale)  date à laquelle l'Organisation des Nations unies (ONU) arrête une journée annuelle de non-violence et de cessez-le-feu[229].

Dispositifs du rite

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Cliché couleur. Des soldats anglais en tenues de parade veillent autour d'un cercueil et armes à l'envers.
Elizabeth II. Vigile silencieuse. Immobiles. Têtes baissées. Hommage et recueillement.
Londres. .

La minute de silence est un rite défini, selon le dictionnaire Larousse en ligne, par une « manière d'agir propre à un groupe social […], qui obéit à une règle, revêt un caractère invariable[230] ». Il s'agit d'un rite non religieux compatible avec toutes les religions et philosophies. Les croyants peuvent prier intérieurement, les incroyants penser aux disparus, tous peuvent penser à autre chose. Ainsi, le respect de toutes les croyances se concilie avec la neutralité. Elle permet ainsi l'hommage collectif d'une communauté pluraliste. Antoine Prost l'analyse comme une « transposition laïque de la prière[231] »[231],[232].

Lors de ce rite, les participants se tiennent debout parce qu'une telle station est culturellement associée à l'hommage aux défunts. Elle donne au silence une forme corporelle visible ; cette attitude adoptée « en signe de recueillement[233] » est « digne et respectueuse[233] ». Elle marque le respect et manifeste l'unité de groupe[234].

Baisser la tête est une attitude adoptée au Royaume-Uni et par ses ex-dépendances. Ce geste est analogue au salut des militaires en uniforme et s'accompagne du retrait du couvre-chef[235]. Bowing (« S'incliner ») est un signe de révérence, honneur et respect[236]. La formule head bowed, eyes closed (« tête inclinée, yeux fermés ») est une injonction qui permet de transformer un espace collectif en un espace intérieur[237]. Cette inclinaison remplace le salut militaire[238].

L'immobilité est de mise, car le silence suspend la parole[239] et l'immobilité suspend les gestes[240] ; ils marquent extérieurement le recueillement[241]. Parce qu'ils relèvent d'une conduite perceptible et non verbale, ils rendent le silence visible[242].

La synchronisation s'impose pour qu'il y ait véritablement minute de silence. Il ne suffit pas que plusieurs personnes se taisent séparement, il faut qu'un groupe entre et sorte ensemble dans un même temps de recueillement : il s'agit d'un « geste collectif simultané[243]. » Elle transforme le deuil dispersé de chaque famille en un acte public commun[244]. Ainsi, après les attentats du , la minute de silence pour les victimes est observée de manière simultanée à 12 h lors du sommet du Groupe des vingt (G20) à Ankara[245]  la Turquie ne fait pas partie de l'Union européenne  et dans toute l'Union européenne[246].

La durée n'est pas l'élément déterminant de la minute de silence. Des écarts notables sont notés allant de 30 secondes[161],[208] jusqu'à six minutes[207] parfois. La littérature sociologique indique même que « la durée d'une minute, n'est pas l'indicateur[247] » permettant d'en définir la fin. Les sources lexicographiques le confirment en définissant la minute de silence non pas comme une unité chronométrique stricte, mais comme un « moment de recueillement[248] ».

Cliché couleur. Au centre d'une pelouse : canon servi par soldats anglais (grande tenue). Par la bouche nuage de fumée.
Marking the two-minute silence on Remembrance Day.
Un coup de canon annonce le rite.
Castle. , 11 h 3 min 0 s.

Le bruit n'est pas le cœur de cette minute. Il en est le seuil sans en faire partie. Ainsi, pour Samuel Paty, le président de l'Assemblée nationale fait une annonce verbale qui « invite à observer une minute de silence » avant qu'elle ait lieu[249]. Dans le cérémonial français, l'Autorité annonce « Aux Morts ! », une sonnerie retentit, puis vient la minute de silence, qui s'achève par un rappel de clairon ou par La Marseillaise. Le bruit fait rentrer dans le recueillement puis en fait sortir[233]. Cependant dans certaines formes rituelles  Varsovie lors de l'Heure W[212], lors de Yom HaShoah[209],…  la minute de silence peut être accompagnée par une sirène. Le silence ne désigne alors pas une absence acoustique absolue, mais une suspension collective de l'action ordinaire, de la parole et du mouvement, synchronisée par un signal sonore public[250].

Ce rite peut s'inscrire, lors de cérémonies, dans un rituel constitué, selon le Dictionnaire de l'Académie française, d'un « ensemble des gestes, des paroles, des attitudes qui sont prescrits aux membres […] d'une communauté, d'une société pour l'accomplissement d'une célébration ou dans une circonstance particulière[251]. » Cependant, la séquence dépôt de gerbe, puis minute de silence et discours officiels est repérable dans beaucoup de cérémonies et « ne donne guère d'indications sur ce que l'on commémore[252] »[252].

Limites du rite

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Cliché couleur. Sur le cadran d'une pendule, deux triangles rouges et deux verts.
Horloge de station radio. Silences de veille de 3 min. Rouge ou vert selon les fréquences.

La minute de silence peut être investie d'une fonction politique. Ainsi, la pésidente du Parlement européen rapporte en 2022 « des crimes de guerre commis par des criminels de guerre[253] » puis utilise le silence pour les victimes de Boutcha, d'Irpin, ainsi que pour toutes les victimes de la guerre, de la terreur et de la violence, ce qui indique explicitement la ligne européenne avec la condamnation de la Russie et le soutien à l'Ukraine[253]. De même, à l'Assemblée nationale, la commission des Affaires étrangères condamne les « commandos terroristes du Hamas[254] » et se montre solidaire d'Israël, s'ensuit le silence pour les victimes qui s'intègre à une prise de position politique diplomatique préalable[254]. Une minute de silence proposée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale fait débat et l'un des députés parle d'« instrumentalisation[255] ». Ainsi, Patrick Boucheron souligne que les pouvoirs peuvent chercher à « politiser le silence du recueillement[256] ».

La pratique du silence tire une partie de sa force de son caractère exceptionnel. Or Le Monde rapporte que Patrick Boucheron estime que « depuis le début du XXe siècle, la pratique tend à se généraliser. Les minutes de silence sont de plus en plus fréquentes et contestées[257] »  à l'Assemblée nationale, une à cinq minutes entre 1998 et 2007, seize minutes en 2016[257]. La répétition de ces moments « censés être solennels[258] » tend à rejoindre la panoplie des « armes de guérilla parlementaires[258] ». Elle en perd sa qualité de recueillement[258].

Du bruit peut perturber la minute de silence. Il peut s'agir d'un message de protestation s'opposant à l'hommage. Ainsi, lors d'une compétition de volley-ball des supporters serbes avec des cris, sifflets, slogans de type « il nous a bombardé » perturbent l'hommage à Jacques Chirac. Ceci est en rapport avec le rôle de la France dans les bombardements de l'OTAN en 1999[259]. Ailleurs, la perturbation est politique sans rapport direct avec l'hommage. Tel est le cas lors de la minute de silence tenue après l'attentat du à NiceManuel Valls entend des huées, des sifflets, des cris « démission démission »[260].

Cliché noir et blanc. Bâtiments en arrière. Personnes sur une estrade entourée d'une foule.
Deux minutes de silence.
Farnham. .

Le rite est laïque ; ainsi, toute invitation à la prière pour son observance le transforme. C'est ainsi que sont discutées les deux minutes de silence observées le à Farnham. Certes, un programme mentionnant ces deux minutes de silence est attesté[261]. S'il est acquis que l'organisation d'une foire agricole revient à James Alfred Eggar, rien n'indique qu'il soit l'initiateur de ce silence ouvert par des clairons et clos par un hymne. Après la sonnerie, le chanoine Bertram Keir Cunningham prend la parole et, selon The Farnham Herald du , indique « there would be two minutes silence, during which they would think with thankfulness before God of those who […] [aj] ». Ceci change tout le sens de la pause silencieuse[262].

Une minute d'applaudissements peut rendre un hommage collectif, notamment dans les stades, mais ce n'est pas une minute de silence puisqu'elle substitue au signe du retrait silencieux un signe sonore d'adhésion, de gratitude ou de célébration. Les deux catégories ne se confondent pas. Ainsi, une fédération de football française laisse le choix entre « une minute de silence ou une minute d'applaudissements[263]. » L'Équipe rapporte explicitement à propos d'un hommage rendu à Raymond Kopa : « Pas une minute de silence mais un long moment d'applaudissements[264] ». De même, les five-minute radio silence (« cinq minutes de silence radio ») observées par les télégraphistes chaque à 2 h 17, heure à laquelle Jack Phillips, opérateur radio, cesse d'émettre sur le Titanic, n'appartiennent pas à la minute de silence. Cette pause proposée au cours de l'été 1924 à Paris pour tous les opérateurs perdus en mer s'appuie sur la technique et donne au geste une ampleur rituelle[265],[266]. Les cinq minutes se démarquent des règles de veille de détresse de trois minutes de silence/écoute imposées 15 et 45 minutes après l'heure[267]. Ce silence radiotélégraphique est observé dès l'année suivante[268].

Textes promoteurs

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Textes précurseurs

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Précurseur isolé

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Précurseurs remarqués

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Textes fondateurs

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Texte sans suite

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Notes et références

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  1. The Argus, journal australien, mentionne le que le titre de l'article d'Edward George Honey — souvent repris — est « A Piece Day Essential »[22].
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Traduction libre.
  3. Apprenant l'hécatombe de la bataille de la Somme, notamment de la 36e Division (Ulster), le lord-maire de Belfast Crawford McCullagh demande le que soit arrêté le lendemain toute activité professionnelle, les activités ménagères et les transports pour que soit observé un silence de cinq minutes[24]. Un récit contemporain rapporte : The whole population stood still, and in deep silence, with bowed heads but with uplifted hearts (« Toute la population restait immobile et dans un profond silence, la tête baissée mais le cœur élevé »)[25].
  4. Très souvent le nom de Brydone est écrit sans « e » (Brydon). La confusion tient au fait que les fils aînés de FitzPatrick et de Hands servent dans la même batterie du major Walter Brydon — dont le feu père est William Walter Brydon, qui n'est pas conseiller municipal. Ce major est décédé au front le . Quant à Robert Gilray Brydone — dont le père est Robert Rutherford Brydone, conseiller municipal — il sert aussi durant la Grande Guerre mais comme médecin et survit au conflit[26].
  5. 1 2 Le Noon Gun est un canon. Pendant la période coloniale, il tire à des heures prédéterminées : initialement à 13 h tous les jours, puis en 1867 à 12 h, donnant ainsi naissance au célèbre nom de Noon Gun (« canon de midi »)[33].
  6. Plusieurs versions existent quant à la suggestion de Brydone auprès d'Hands. Parmi celles-ci, Brydone présente ses condoléances au maire. Tous les deux entendent alors le Noon Gun[e] et les carillons de Westminster puis la tour de l'Horloge de l'hôtel de ville. De ce fait ils observent, ainsi que cela se fait dans de nombreuses églises anglicanes, la pause silencieuse avec la traditionnelle prière de l'Angélus. Puis Brydone, à l'image de ce moment, suggère que soit instaurée en ville une période de silence pour honorer les morts[27]. Ailleurs il est écrit que tous les deux entendent sonner 11 heures à la tour de l'Horloge. Une heure plus tard, ils entendent le Noon Gun. Brydone suggère alors une pause silencieuse, semblable à celle de l'Angélus qui soit annoncée par le canon[28]. Pour d'autres, les carillons de Westminster à 11 heures sont aussi associés aux coups d'heure plus lents de l'horloge de la tour[29]. Certains indiquent que Brydone écrit une lettre à l'éditeur du Cape Times en suggérant qu'une période de silence soit instaurée pour se souvenir des victimes. Hands en prend connaissance et l'approuve[30].
  7. Il n'est pas retrouvé de décret ou proclamation royale instituant le temps de silence avec arrêt des activités notamment dans The London Gazette: Official Public Record qui se présente bien comme l'organe officiel des publications au public[60].
  8. Cartwright indique qu'il s'agit du journal Hearst. L'article ainsi désigné est titré « The whole world stands to attention » (« Le monde entier est au garde-à-vous »)[65]. Il est repris dans « A debt of honour »[66]. Contrairement à de nombreux écrits il ne se trouve pas dans The Times[67].
  9. Ross Brown est un universitaire anglais, auteur, compositeur et spécialiste du son au théâtre[69].
  10. « Le Roi […] désire que je vous assure qu'il se souvient toujours avec gratitude que l'idée de la pause de deux minutes le jour de l'Armistice était due à votre initiative (sic) […] » — Traduction libre.
  11. « The Pretoria News to-day discloses the fact that the Two Minutes Silence on Armistice Day was adopted on the initiative of Sir Percy FitzPatrick. » (« Le Pretoria News révèle aujourd'hui que les deux minutes de silence le jour de l'armistice ont été adoptées à l'initiative de Sir Percy FitzPatrick »)[72].
  12. « He was the originator of the idea of tne great silence » (« Il a été à l'origine de l'idée du grand silence »)[73].
  13. « It has at last been revealated to the public that the originator of the Two Minutes' Silence on Armistice Day is Sir Percy FitzPatrick » (« Il a enfin été révélé au public que l'auteur des deux minutes de silence le jour de l'armistice est Sir Percy FitzPatrick. »)[77].
  14. « Sir Percy FitzPatrick who originated the idea of two minutes silence on Armistice Day » (« Sir Percy FitzPatrick, à l'origine de l'idée de deux minutes de silence le jour de l'Armistice »)[78].
  15. « To him there came first the thought that the nation should remember the dead in a few minutes' silence at eleven o'clock on the eleventh day of the eleventh month in each year » (« Il lui est venu en premier l'idée que la nation devrait se souvenir des morts par quelques minutes de silence à onze heures du matin onzième jour du onzième mois de chaque année. »)[53].
  16. « Standing silent to honour those killed in war was originally proposed by Australian journalist Edward Honey. » (« Rester silencieux pour honorer les morts de la guerre a été initialement proposé par le journaliste australien Edward Honey »)[83].
  17. « Sir Percy FitzPatrick […] was the originator of the two minutes silence on Armistice Day » (« Sir Percy FitzPatrick […] est à l'origine des deux minutes de silence le jour de l'Armistice. »)[85].
  18. « The idea for the two-minutes silence is said to have originated with Edward George Honey, […] Sir Percy Fitzpatrick, a South African, suggested a period of silence » (« L'idée des deux minutes de silence proviendrait d'Edward George Honey, […] Sir Percy Fitzpatrick, un Sud-Africain, a suggéré une période de silence. »)[86].
  19. 1 2 La notion et le terme de « Principales Puissances alliées et associées », reprise ultérieurement, se trouve dans le traité de Versailles[88].
  20. Les pauses silencieuses sont toutes publiées sur gov.uk comme press releases (« communiqués/annonces officiels ») ou guidance. Il ne s'agit jamais de statutory instruments (« actes de législation délégués ou secondaires ») qui sont équivalents aux textes réglementaires français[100].
  21. La Canadian Expeditionary Force comprend environ 399 800 hommes[106].
  22. Australian Imperial Force comprend environ 295 000 hommes envoyés sur le front d'Occident[109].
  23. 1 2 Le Dawn Service (« cérémonie de l'Aube ») est la cérémonie tenue à l'aube, le , en souvenir des soldats australiens et néo-zélandais. Ces soldats d'une part débarquent à Gallipoli à l'aube, d'autre part se mettent en alerte — stand-to (« se tenir prêt ») — à l'aube, moment où les attaques sont jugées probables dans les tranchées[111]. C'est l'instant le plus solennel de la journée : rassemblement silencieux, prières ou lectures, dépôt de gerbes, Last Post, deux minutes de silence, puis Reveille/Rouse[112].
  24. Indian Expeditionary Force A comprend environ 138 600 hommes[117].
  25. La New Zealand Expeditionary Force comprend environ 99 000 hommes[121].
  26. Le South African Overseas Service comprend en France environ 20 800 combattants (jusqu'à 47 000 si les auxiliaires et travailleurs sont inclus)[129].
  27. La formule n'est pas définitivement fixée mi-années 1990. Ainsi le même auteur donne dans l'ordre en 1996 morts / survivants[134] puis en 1997 survivants / morts[66].
  28. Le Royal Newfoundland Regiment comprend environ 4 300 hommes[138].
  29. Le Il Corpo d'Armata italiano in Francia (« IIe Corps d'armée italien en France (2e CAI) ») comprend 120 000 hommes dont 40 000 combattants[162].
  30. La Regio Esercito (« Armée royale ») opérante sur le Front italien, entre 1915 et 1918, comprend 4,2 millions d'hommes[163].
  31. En 1977, pour la célébration officielle, la fête de l'Unité nationale est déplacée au premier dimanche de novembre, le cessant d'être un jour férié avec ses effets civils[165].
  32. Le Soldat inconnu italien provient du Front italien[166].
  33. « Nun, die „Unsichtbaren“ sollen heute, wo auch immer uns Stillstand und Stille treffen werden, unserm geistigen Auge sichtbar werden. Dann wollen wir sie grüßen und ihrer denken und unsere Liebe zeigen » (« Eh bien, les « Invisibles » doivent aujourd'hui, où que l'arrêt et le silence nous atteignent, devenir visibles à l'œil de notre esprit. Alors nous voulons les saluer, penser à eux et leur montrer notre amour »)[195].
  34. Godzina W (« Heure W ») est l'heure de l'insurrection de Varsovie. La lettre « W » renvoie à wybuch (« déclenchement ») ou à wystąpienie (« action »)[211].
  35. En France, le protocole d'hommage à Diego Maradona, instauré par la FIFA, est selon la Ligue de football professionnel (LFP), la diffusion de la chanson La mano de Dios (« La main de Dieu ») puis la formation d'un « M » par les deux équipes dans le rond central avant l'observation d'une minute de silence[222].
  36. « Il y aurait deux minutes de silence, pendant lesquelles ils penseraient avec gratitude devant Dieu à ceux qui […] » — Traduction libre.
  37. 1 2 Dans la reproduction du texte faite par Muriel F. Orford, le titre n'apparait pas. Et figure entre « that great day. » et « Almost unanimously » : « Of this I am fully aware. Only when it is impromptu is true joy possible. Arrange for Joy's arrival and he inevitably sends a substitute – Boredom, more often than any other! » (« J'en suis pleinement conscient. Ce n'est que lorsqu'elle est improvisée que la joie véritable est possible. Réglez l'arrivée de la Joie, et c'est inévitablement un remplaçant qu'elle envoie — l'Ennui, plus souvent que tout autre ! »)[269].
  38. 1 2 Dans la reproduction du texte faite par Muriel F. Orford, figure entre « Almost unanimously » et « we would willingly » : « , then, » (« , donc, »)[269].

Références

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Annexes

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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  • (en) « The Glorious Dead : King's call his People - Armitice Day Observance - Two Minutes' Pause from Work' » [« Les Glorieux morts : Le roi appelle son peuple - Célébration du jour de l'Armitice - Pause de deux minutes du travail »], The Times, London, Times Publishing Company, no 42251, , p. 12 col. 1 (lire en ligne Accès payant, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Muriel F. Orford, « Lest we forget : A Tribute to the late Edward George Honey » [« N'oublions pas : un hommage à feu Edward George Honey »], The Victorian Historical Magazine, Victoria, Royal Historical Society of Victoria, vol. XXXII, nos 126 - 2, , p. 119-123 (vues 57-61) (ISSN 1030-7710, lire en ligne [PDF], consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Edward George Honey Memorial. Executive Committee, Remembrance Day Silence : Proposed Memorial to Edward George Honey, Australian Journalist Silence du jour du Souvenir : projet de mémorial à Edward George Honey, journaliste australien »] (Executives Committee's Report), Melbourne, The Committee, , [7], 2, [1], 2, 27 cm (OCLC 220424809, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    Cet ouvrage est un dossier pour l'érection d'un mémorial à Honey. Il contient notamment les copies de l'article d'Honey, de la lettre de FitzPatrick, de la missive de George V et l'analyse de ces documents par Perry.

Articles connexes

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