Mitridate, re di Ponto

opéra de Mozart

Mitridate, re di Ponto, K. 87/74a (Mithridate, roi du Pont) est un opera seria en trois actes de Wolfgang Amadeus Mozart. Le livret est de Vittorio Amedeo Cigna-Santi[1], d'après la traduction italienne de Giuseppe Parini de la pièce de Jean Racine.

Mitridate, re di Ponto
Mithridate, roi du Pont
Description de cette image, également commentée ci-après
Mozart en 1777
Genre Opera seria
Nbre d'actes 3
Musique Wolfgang Amadeus Mozart
Livret Vittorio Amedeo Cigna-Santi
Langue
originale
italien
Sources
littéraires
Mithridate de Jean Racine
Durée (approx.) 3 h 30
Dates de
composition
1770
Partition
autographe
Création
Teatro Regio Ducale de Milan

Histoire de l'œuvre

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Mozart écrivit Mitridate durant un voyage en Italie en 1770, sur commande du comte von Firmian[2]. L'opéra est une adaptation de la pièce éponyme de Racine ; Mozart a écrit les récitatifs à Bologne[2]. La création eut lieu au Teatro Regio Ducale de Milan le [1] lors du Carnaval[2]. L'opéra fut un succès : il fut représenté vingt-et-une fois, malgré les doutes provoqués par la jeunesse de Mozart (il avait alors quatorze ans). Il ne fut cependant pas rejoué jusqu'au XXe siècle.

Conformément aux conventions du genre, cet opera seria se sert de la politique pour mettre en scène l'intrigue sentimentale[3]. Aux personnages raciniens s'ajoute le rôle d'Ismene, qui incarne la probité et le cœur[2].

L'œuvre comporte des airs virtuoses pour les principaux rôles, mais seulement deux ensembles. L'acte II se termine par un duo entre Aspasia et Sifare (« Se viver non degg’io ») et un bref quintette termine l'opéra.

Distribution

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Rôle Tessiture Créateur du rôle[1]
Mitridate (Mithridate), roi du Pont ténor Guglielmo d'Ettore[2]
Farnace (Pharnace), fils aîné de Mitridate alto (castrat) Giuseppe Cicognani
Sifare (Xipharès), fils cadet de Mitridate sopraniste (castrat) Pietro Benedetti (Sartorino)
Aspasia, promise en mariage à Mitridate soprano Antonia Bernasconi
Ismene, princesse parthe promise à Farnace soprano Anna Francesca Varese
Arbate, gouverneur de Nymphée sopraniste (castrat) Pietro Muschietti
Marzio (Marcius), officier romain ténor Gasparo Bassano

Argument

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La mort (simulée) de Mitridate vient juste d’être annoncée. Arbate, le gouverneur de Nymphée, un port de la Tauride (aujourd'hui Crimée), tend les clés de la ville à Sifare, le fils de Mitridate. Sifare avoue son amour pour Aspasia, promise à Mitridate, son dégoût pour son frère, Farnace. Aspasia cherche la protection de Sifare contre Farnace qui a déclaré son intention de se marier avec elle sans délai. Sifare ne peut pas cacher son amour pour Aspasia et elle lui demande d’être patient et de la protéger, le remplissant d’espoir.

Farnace arrive et les deux frères se querellent. Ils sont interrompus par Arbate, qui apporte des nouvelles du retour de Mitridate. Farnace tente d’obtenir l’aide de son frère pour s’opposer à Mitridate par la force. Sifare refuse. Farnace dit au tribun romain sa haine pour son père, Mitridate. Il attend avec impatience l’arrivée des troupes de Rome qui l’aideront à usurper le trône de son père.

Mitridate arrive, accompagné par Ismene, fille du roi des Parthes. Il annonce une nouvelle alliance, qui sera scellée par le mariage de Farnace et d’Ismene. La réaction de Farnace rend Mitridate soupçonneux, et il questionne Arbate sur les réactions de son fils à l’annonce de sa mort. Arbate admet que Farnace s’est proclamé lui-même roi et qu’il a l’intention d’épouser Aspasia. Arbate parle de la fidélité et du courage de Sifare. Resté seul, le roi se réjouit que son fils favori soit resté fidèle, jurant de se venger de Farnace.

Acte II

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Ismene reproche à Farnace son infidélité. Mitridate fait venir Aspasia et annonce que leur mariage sera célébré le jour même. Seuls, Sifare et Aspasia déclarent leur amour mutuel. Arbate arrive et annonce que Mitridate demande la présence de son fils à son camp. Tourmenté par le conflit entre le devoir et son amour, Aspasia demande à Sifare de s’éloigner. Mitridate annonce son intention d’aller livrer bataille contre les Romains. Farnace essaie de persuader son père que les Romains veulent la paix et, convaincu de la trahison de son fils, Mitridate fait emprisonner Farnace. Farnace révèle alors que Sifare et Aspasia s’aiment. Mitridate décide de tester Aspasia. Il lui dit qu’il renonce à elle et poussée à ses limites, Aspasia avoue. Furieux, Mitridate jure qu’elle et son fils mourront. Aspasia supplie Sifare de la tuer en châtiment mais Sifare lui dit d’implorer la grâce du roi. Elle refuse.

Acte III

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Mitridate est résolu à se venger. Ismene lui conseille de se comporter en amoureux plutôt qu’en souverain. Mitridate propose à nouveau le mariage à Aspasia. Elle le repousse, offrant sa vie en échange du pardon pour Sifare. Mitridate se résout à les tuer tous les deux. À ce moment, Arbate arrive avec la nouvelle du débarquement de la flotte romaine. Aspasia décide de se tuer mais Sifare l’en empêche. Il lui demande d’attendre son retour et part rejoindre son père contre les Romains.

Farnace est en prison, quand Marzio, accompagné par des soldats romains, arrive pour le libérer. Marzio dit à Farnace la déroute de Mitridate et lui promet le trône. Laissé seul, Farnace est submergé par le remords et décide d’agir honorablement.

Blessé à mort, Mitridate appelle Sifare à son côté et le remercie pour sa bravoure et sa loyauté et lui confie Aspasia. Ismene entre et annonce que c’est Farnace qui a mis le feu à la flotte romaine. Mitridate lui pardonne et meurt. Sifare, Aspasia, Farnace, Ismene et Arbate proclament leur intention de se battre ensemble contre les Romains.

Grands airs

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1ère page du manuscrit
Ouverture
Acte I
  • « Al destin che la minaccia » - Aspasia
  • « Soffre il mio cor » - Sifare
  • « L'odio nel cor » - Arbate
  • « Nel sen mi palpita » - Aspasia
  • « Parto... Nel gran cimento » - Sifare
  • « Venga pur, minacci » - Farnace
  • « Se di lauri » - Mitridate
  • « Quel ribelle » - Mitridate
  • « In faccia all'oggetto » - Ismene
Acte II
  • « Va, l'error mio palesa » - Farnace
  • « Tu che fedel » - Mitridate
  • « Lungi da te » - Sifare
  • « Nel grave tormento » - Aspasia
  • « So quanto a te » - Ismene
  • « Son reo; l'error confesso » - Farnace
  • « Già di pietà mi spoglio » - Mitridate
  • « Ah ben ne fui presaga…Pallid' ombre » - Aspasia
Acte III
  • « Se il rigor d'ingrata sorte » - Sifare
  • « Se di regnar » - Marzio
  • « Già dagli occhi » - Farnace
  • « Tu sai per che m'accese » - Ismene
  • « Vado incontro » - Mitridate

Mises en scènes notables

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  • 2025 : direction musicale d'Andreas Spering avec l'orchestre de chambre de Lausanne, mise en scène d'Emmanuelle Bastet, avec Paolo Fanale (Mitridate), Lauranne Oliva (Aspasia), Remy Burnens (Marzio), Aitana Sanz (Ismène), Sonja Runje (Farnace), Athanasia Zöhrer (Sifare), Nicolo Balducci (Arbate), Opéra de Lausanne, puis reprise à l'Opéra Comédie de Montpellier[2].

Discographie sélective

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Références

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  1. 1 2 3 Kaminski 2003, p. 1017.
  2. 1 2 3 4 5 6 Marie-Aude Roux, « A l’Opéra de Lausanne, le rare Mitridate de Mozart magnifié par la prise de rôle de Lauranne Oliva », Le Monde, no 24932, , p. 22 (ISSN 0395-2037, lire en ligne Accès limité, consulté le ).
  3. Julian Sykes, « Un « Mitridate » subtil et enflammé », Le Temps, no 8161, , p. 19 (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  4. « Mitridate, Re di Ponto - 1983 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  5. Gérard Condé, « Mithridate : une résurrection. Louis Erlo délaisse pour une saison les grands opéras de Mozart qui ont assis la réputation du Festival d'Aix-en-Provence, au profit de Mithridate, à peu près inconnu. Une heureuse initiative », Le Monde, (lire en ligne).
  6. « Mitridate, Re di Ponto - 2016 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  7. Ulysse Di Gregorio, « Mithridate, de Mozart dirigé par Emmanuelle Haïm et mise en scène de Clément Hervieu-Léger », sur unfauteuilpourlorchestre.com, .
  8. Sophie Bourdais, « Au Théâtre des Champs Elysées : “Mithridate’ est un chef-d'œuvre en soi” », Télérama, (lire en ligne).

Bibliographie

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Liens externes

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