Montagny (AOC)
Un montagny[n 2] est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée du vignoble de Bourgogne. Il est produit sur les communes de Montagny-lès-Buxy, Buxy, Saint-Vallerin et Jully-lès-Buxy, situées en Saône-et-Loire, à environ 20 kilomètres au sud-ouest de Chalon-sur-Saône.
| Montagny | |
Vue de Montagny-lès-Buxy. | |
| Désignation(s) | Montagny |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1936 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Sous-région(s) | vignobles de la côte chalonnaise |
| Localisation | Saône-et-Loire |
| Climat | océanique à tendance continentale |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 900 à 2 100 heures |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie plantée | 363 hectares (en 2023)[1] |
| Cépages dominants | chardonnay B[n 1] |
| Vins produits | blancs |
| Production | 22 425 hl (en 2023)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 8 000 ceps/ha[2] |
| Rendement moyen à l'hectare | 61 hl/ha (en 2023)[1] |
| modifier |
|
C'est une des appellations communales des vignobles de la côte chalonnaise, avec le bouzeron, le mercurey, le rully et le givry. Quarante-neuf climats du montagny sont classés parmi les premiers crus, couvrant 60 % du vignoble (en 2023)[1].
Histoire
modifierAntiquité
modifierMoyen Âge
modifierDès le début du VIe siècle, l'implantation du christianisme avait favorisé l'extension de la vigne par la création d'importants domaines rattachés aux abbayes. Ce sont les moines des abbayes de Cluny, Tournus, La Ferté et les chanoines de Chalon qui cultivaient les vignes de cette région[5]. Également, il est dit qu'autrefois les vins de la région étaient vendus sous l'appellation Côte de Buxy et pendant plusieurs siècles, ils se produisaient aussi bien du vin rouge que du vin blanc[6]. À la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché à la France, sous le règne de Louis XI.
Période moderne
modifierXIXe siècle
modifierEn 1816, André Jullien indique, parmi sa cinquième classe des vins rouges : « Montagny, Chenove, Buxy, Saint-Vallerin et Saules, connus sous le nom de vignobles de la Côtes-de-Buxy, à trois lieues et un quart sud-ouest de Châlons-sur-Saône, produisent beaucoup de vins d'ordinaire de seconde et de troisième qualité, qui ont un bon goût et de l'agrément : ils sont plus précoses, et paroissent d'abord plus agréables que ceux de Givry et de Saint-Martin ; mais ils n'acquièrent pas autant de qualité en vieillissant »[8].
Dans les décennies 1830 et 1840, la pyrale se multiplie et ses chenilles dévorent les feuilles de la vigne. Elle est suivie à partir de 1850 d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[9], un champignon qui se développe sur les feuilles : les viticulteurs luttent contre lui depuis 1854 en aspergeant les vignes de soufre utilisé contre fongicide (soufrage). Le millésime 1865 donne des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[10].

Puis arrive le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui toucha la Saône-et-Loire dès 1875 (premier cas documenté à Mancey), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887[11]. En 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver[12], traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets[13], d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer).
XXe siècle
modifierLe mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Henri Gouges avait rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui allait aboutir à la création des appellations d'origine contrôlée. Il devint le bras droit du baron à l'INAO[14]. Ainsi cette AOC exclusivement en vin blanc fut reconnue par décret du [15]. Le , Charles de Gaulle de passage à Chalon-sur-Saône, lors d'un repas, a dégusté et bu du marc de Montagny[16]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-70, qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique...).
XXIe siècle
modifierCe vin a également été mis à l'honneur lors de la fête de la Saint-Vincent tournante (fête traditionnelle bourguignonne) en . Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[10].
Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [17], puis en (augmentation des rendements)[2].
Étymologie
modifierLe village de Montagny-lès-Buxy s'est appelé autrefois : Montagniacum ad Buxiacum[18].
Vignoble
modifier
Aire d'appellation
modifierLe vignoble est situé en Saône-et-Loire à environ 20 kilomètres au sud-ouest de Chalon-sur-Saône sur les quatre communes de Buxy, Montagny-lès-Buxy, Jully-lès-Buxy et Saint-Vallerin[2], au sud du vignoble de la côte chalonnaise.
Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2023 sous l'appellation est de 363 hectares, dont 217 classés comme premiers crus[1], soit 60 % du vignoble, toutes plantées de chardonnay, cépage unique du montagny, produisant exclusivement du vin blanc. Ces surfaces étaient[Quand ?] de 326,44 ha dont 201,54 de 1er cru[19].
Lieux-dits
modifierLe nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits)[n 3] sur lequel le vin a été produit. Plusieurs de ces climats sont classés comme premiers crus, à condition de respecter les critères spécifiques fixés par le cahier des charges pour l'ensemble de ces climats. Pour eux, l'étiquette peut porter juste après le nom de l'appellation la mention soit « premier cru », soit premier cru suivi du nom d'un de ces 49 climats, en caractères de la même taille que ceux du nom de l'appellation :
- sur la commune de Montagny-lès-Buxy :
- Vignes Saint-Pierre ;
- Les Combes ;
- Saint Ytages ;
- Les Charmelottes ;
- Champ Toiseau ;
- Vignes sur le Cloux ;
- Les Garchères ;
- Vignes Couland ;
- Les Bouchots ;
- Les Burnins ;
- Les Perrières ;
- Les Treuffères ;
- Montcuchot ;
- Vigne du Soleil ;
- Les Maroques ;
- Les Beaux Champs ;
- Les Macles ;
- Creux de Beaux Champs ;
- L'Épaule ;
- Les Platières ;
- Les Jardins ;
- Les Coères (aussi sur Saint-Vallerin et sur Jully-lès-Buxy) ;
- Saint-Morille ;
- Les Vignes Derrière ;
- Les Bordes ;
- Les Las ;
- Les Gouresses ;
- Les Paquiers (aussi sur Saint-Vallerin) ;
- Montorge ;
- Les Resses (aussi sur Saint-Vallerin) ;
- Le Cloux ;
- Sous les Feilles ;
- sur la commune de Buxy :
- La Grande Pièce ;
- Le Clos Chaudron ;
- Les Vignes des Prés ;
- Le Vieux Château ;
- Le Clouzot ;
- Les Pidances ;
- Les Condrettes ;
- Les Vignes Longues ;
- Cornevent ;
- Mont Saint-Laurent ;
- Les Bonneveaux ;
- Les Bassets ;
- sur la commune de Saint-Vallerin :
- Les Paquiers (aussi sur Montagny-lès-Buxy) ;
- Les Craboulettes ;
- Les Coères (aussi sur Montagny-lès-Buxy et sur Jully-lès-Buxy) ;
- La Moullière ;
- Les Resses (aussi sur Montagny-lès-Buxy) ;
- sur la commune de Jully-lès-Buxy :
- Les Coères (aussi sur Saint-Vallerin et sur Montagny-lès-Buxy) ;
- Les Chaniots ;
- Chazelle[2].
D'autres lieux-dits cadastrés peuvent figurer sur l'étiquette, mais en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation :
- Cruzille ;
- Davenay ;
- La Corvée ;
- La Groule ;
- La Pallue ;
- La Tillonne ;
- Le Corbeau ;
- Le Creux de la Feuille ;
- Le Curtil ;
- Le May ;
- Le May Cottin ;
- Le May Morin ;
- Le Reculleron ;
- Le Reuilly ;
- Les Beaucons ;
- Les Betaux ;
- Les Brus ;
- Les Chazelles ;
- Les Cloux ;
- Les Corbaisons ;
- Les Crets ;
- Les Dazés ;
- Les Echeliers ;
- Les Guignottes ;
- Les Joncs ;
- Les Marais ;
- Les Pendars ;
- Les Plantats ;
- Les Préaux ;
- Les Prés ;
- Les Rougereaux ;
- Les Thilles ;
- Les Varignys ;
- Les Variniers ;
- Les Vignes Sous l'Eglise ;
- Montagny ;
- Prés Berceaux ;
- Sous les Roches ;
- St Vallerin ;
- Vignes Dessous[20].
Orographie et géologie
modifierLe vignoble présente un escarpement divers selon les endroits, avec un escarpement assez important sur la commune de Saint-Vallerin, mais plus faible par exemple sur la commune de Jully-lès-Buxy.
Le vignoble repose sur un grand versant ondulé de la Côte chalonnaise avec un substrat de marnes (calcaires argileux) et d’argiles du Lias (désormais appelé jurassique inférieur, époque la plus ancienne du jurassique, vieille de 174 à 200 millions d'années), faisant place à des argiles du Trias (première période du mésozoïque, antérieur au jurassique, vieux de plus de 200 millions d'années), en bas de versant. Les sols sont donc marneux ou calcaire et marneux.
Climatologie
modifierC'est un climat tempéré à légère tendance continentale avec des étés chauds et des hivers froids[21], avec une amplitude thermique assez importante entre ces deux saisons. Les précipitations sont assez hétérogènes sur l'année, avec un mois de mai le plus pluvieux de l'année. Le vent qui souffle une partie de l'année est la bise. Les gelées tardives sont peu fréquentes sur le vignoble en général. Il y a bien quelques lieux-dits ou les risques de gelées sont plus importante (on parle de zones gelives). De violents orages peuvent s'abattre sur ce vignoble avec parfois de la grêle.
Valeurs climatiques de Dijon et Mâcon, car Montagny-lès-Buxy, Buxy, Saint-vallerin et Jully-lès-Buxy sont situés entre ces deux villes.
- Dijon
Pour la ville de Dijon (316 m), les valeurs climatiques jusqu'à 1990 :
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 4,2 | 7 | 10,8 | 14,7 | 18,7 | 22,4 | 25,3 | 24,5 | 21,3 | 15,5 | 8,6 | 4,8 | 14,8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 1,6 | 3,6 | 6,5 | 9,8 | 13,7 | 17,2 | 19,7 | 19,1 | 16,1 | 11,3 | 5,6 | 2,3 | 10,5 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −1 | 0,1 | 2,2 | 5 | 8,7 | 12 | 14,1 | 13,7 | 10,9 | 7,2 | 2,5 | −0,2 | 6,3 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 49,2 | 52,5 | 52,8 | 52,2 | 86,3 | 62,4 | 51 | 65,4 | 66,6 | 57,6 | 64,2 | 62 | 732,2 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
- Mâcon
Pour la ville de Mâcon (216 m), les valeurs climatiques de 1961 à 1990 :
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 4,9 | 7,3 | 11,1 | 14,8 | 18,9 | 22,8 | 25,7 | 24,9 | 21,7 | 15,9 | 9,1 | 5,3 | 15,2 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 2,1 | 4 | 6,8 | 10 | 13,9 | 17,5 | 20,1 | 19,4 | 16,4 | 11,7 | 6 | 2,7 | 10,9 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −0,6 | 0,7 | 2,5 | 5,2 | 8,9 | 12,3 | 12,4 | 13,9 | 11,1 | 7,5 | 2,9 | 0,1 | 6,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 66,3 | 60,9 | 58,7 | 69,4 | 85,9 | 74,7 | 58,1 | 77,1 | 75,7 | 71,7 | 72,7 | 70,4 | 841,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
modifierLe chardonnay B[n 1] compose les vins blancs de l'AOC, qui est le seul cépage autorisé par le cahier des charges. Ses grappes sont relativement petites, cylindriques, moins denses que celles du pinot noir[24], constituées de grains irréguliers, assez petits, de couleur jaune doré[24]. De maturation de première époque comme le pinot noir, il s'accommode mieux d'une humidité de fin de saison avec une meilleure résistance à la pourriture s'il n'est pas en situation de forte vigueur. Il est sensible à l'oïdium et à la flavescence dorée. Il débourre tôt, ce qui le rend également sensible aux gelées printanières. Les teneurs en sucre des baies peuvent atteindre des niveaux élevés tout en conservant une acidité importante, ce qui permet d'obtenir des vins particulièrement bien équilibrés, puissants et amples, avec beaucoup de gras et de volume[25].
Méthodes culturales
modifierLe travail manuel commence par la taille, en « guyot simple », avec une baguette de cinq à dix yeux et un courson de un à trois yeux[26]. Plus rarement est pratiquée la taille en « gobelet » et en « cordon de royat ». Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes (car presque toutes les vignes de cette AOC sont taillées en « Guyot simple »). Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[26]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[26]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.
Le travail mécanique utilise l'enjambeur, une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[26]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.
Rendements
modifierLe rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de 60 hectolitres par hectare, réduit à 58 pour les premiers crus. Chaque année, ces rendements maximum peuvent être modifiés à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de l'appellation, fixés respectivement à 64 et 62 hl/ha[2]. Le rendement de base était avant 2011 de 50 hectolitres par hectare[27].
Vins
modifierVolumes
modifierLes rendements moyens déclarés récemment (en village) sont selon le service des Douanes[1] :
| Année | Superficie (ha) | Production (hl) | Rendement (hl/ha) |
|---|---|---|---|
| 2020 | 143 | 7 590 | 53 |
| 2021 | 140 | 3 900 | 28 |
| 2022 | 142 | 8 848 | 62 |
| 2023 | 145 | 9 540 | 66 |
| 2024 | 149 | 7 955 | 54 |
Les données des premiers crus étant publiées par le service des Douanes pour chaque climat séparément jusqu'en 2022, les données disponibles sont incomplètes, car de nombreux premiers crus ne rencontrent pas les critères de confidentialité. Pour référence, en 2023, les rendements des premiers crus étaient de 59 hl/ha (12 886 hl produits, soit 57,5 % de la production annuelle)[1].
Titre alcoométrique volumique
modifierVoici les titres alcoométriques volumiques (anciennement appelé degré du vin) minimal et maximal des vins blancs, que doivent respecter les exploitants de cette appellation, pour que leurs vins soit commercialisables :
| AOC | Blanc | Blanc |
| Titre alcoométrique volumique | minimal | maximal |
| Montagny[2] | 11 % vol | 13,5 % vol |
| Montagny premier cru[2] | 11,5 % vol | 14 % vol |
Vinification et élevage
modifierVoici les méthodes générales de vinification pour l'AOC Montagny. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.

Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[26]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[26]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[26]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique est réalisée en Fûts ou en cuves. Les vins sont élevés « sur lies », en fûts, dans lesquels le vinificateur réalise régulièrement un « bâtonnage », c'est-à-dire une remise en suspension des lies[26]. Cette opération dure pendant plusieurs mois au cours de l'élevage des blancs. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[26]. La mise en bouteille clôture l'opération.
Gastronomie
modifierCouleur limpide et doré. Arômes d'acacia, d'aubépine, de chèvrefeuille, de violette, de fougère, de pierre à fusil. Bouche fraîche, fine et structuré.
Il s'accorde bien avec du veau en sauce blanche, une poêlée de poisson, du poisson grillé, des crustacés, de la paella, du fromage (comté, emmental, saint-paulin)...
Il se sert entre 10 et 12 degrés et se garde cinq à six ans.
Économie
modifierStructure des exploitations
modifierIl existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.
Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[28]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.
Les caves coopératives et leurs apporteurs sont des vignerons. Ces derniers peuvent leur amener leurs récoltes, ou bien la cave coopérative vendange elle-même (machine à vendanger en général).
Production, commercialisation
modifierSon volume de production est de 17 503 hectolitres dont 11 205 hectolitres en 1er cru[19]. La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les Cafés-Hôtels-Restaurants (C.H.R), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S).
Les producteurs de l'appellation
modifierDomaine Aladame, Domaine Berthenet, Château de Chamilly, Domaine Feuillat-Juillot, Domaine des Moirots, Domaine Laurent Cognard, Domaine Charton-Vachet, Domaine de Montorge, Les Caves coopérative de Buxy, de Bissey sous Cruchaud et Genouilly, Domaine Maxime Cottenceau,Aline Bauné, Maison Géraldine Louise, Domaine Lagarde Lucie.
- Vue d'une partie du vignoble sur Jully-lès-Buxy.
- Vue du vignoble de Montagny sur la commune de Saint-Vallerin.
- Cave coopérative de Buxy.
- Étiquette d'un montagny.
Notes et références
modifierNotes
modifier- 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- ↑ Une carte détaillée des différents climats du vignoble de Bourgogne est disponible sur le site https://bourgogne-maps.fr/ ; une carte moins complète (sans les climats des appellations régionales) est consultable à l'adresse https://www.climats-bourgogne.com/fr/carte_14.html
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « MONTAGNY » » [PDF], homologué par le décret no 2011-1530 du publié au JORF du .
- ↑ Marcel Lachiver, Vins, vignes et vignerons : histoire du vignoble français, Paris, Éditions Fayard, , 714 p. (ISBN 2-213-02202-X), p. 37-38.
- ↑ [[#Cannard2006|Cannard, op. cit.]], « Le vignoble d'hier », p. 27.
- ↑ « Site sur l'appellation de Montagny »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?).
- ↑ [[#Duyker1980|Duyker, op. cit.]], « Montagny », p. 153.
- ↑ « Buxy, un parfum d'éternité au sud de la Côte chalonnaise (Quatre villages pour une attachante appellation) », En Bourgogne, no 21, février-mars 2012, p. 48.
- ↑ André Jullien, Topographie de tous les vignobles connus, suivie d'une classification générale des vins, Paris, Mme Huzard : L. Colas, , 566 p. (BNF 30667644), p. 119, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Bourgogne : Côte de Beaune, Paris, La Revue du vin de France et Le Figaro, coll. « vins de France et du monde », , 96 p. (ISBN 978-2-8105-0065-9), « L'histoire », p. 26.
- 1 2 « Le millésime 2003 en Bourgogne », La Revue du vin de France, no 482, , p. 109.
- ↑ Alain Huetz de Lemps, « La vigne américaine au secours de l'Europe », Les Cahiers d'Outre-Mer, nos 179-180, , p. 469 (lire en ligne).
- ↑ François Delmotte et Olivier Jacquet, « Histoire des maladies de la vigne et de leur impact sur la filière viticole, ses normes et ses pratiques : regards croisés d'un biologiste et d'un historien » [PDF] (12e colloque de la Société française de phytopathologie, « Les Vendanges du Savoir » le 20 mai 2025 à Talence).
- ↑ « Culture de la vigne – Frise chronologique », sur archeologie-vin.inrap.fr (consulté le ).
- ↑ [[#Bourquin1970|Bourquin, op. cit.]], p. 94.
- ↑ Décret du 11 septembre 1936, JORF no 233 du 4 octobre 1936, p. 10516, sur Gallica.
- ↑ « Buxy, un parfum d'éternité au sud de la Côte chalonnaise (Quatre villages pour une attachante appellation) », En Bourgogne, no 21, février-mars 2012, p. 49.
- ↑ « Décret n° 2009-1318 du 27 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Bouzeron », « Givry », « Mâcon », « Mercurey », « Montagny », « Pouilly-Fuissé » et « Rully » », publié au JORF no 0251 du .
- ↑ La Saône-et-Loire : Les 573 communes, page sur Montagny-lès-Buxy, p. 139.
- 1 2 Montagny, fiche appellation no 50, Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne.
- ↑ « Montagny », sur vins-bourgogne.fr (consulté le ).
- ↑ [[#Dominé2000|Dominé, op. cit.]], « La Bourgogne », p. 181.
- ↑ Archives climatologiques mensuelles - Dijon (????-1990).
- ↑ Archives climatologiques mensuelles - Mâcon (1961-1990).
- 1 2 Pessey, Vins de Bourgogne, vol. La vigne et le vin, « Chardonnay », p. 13.
- ↑ Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France, ENTAV.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
- ↑ Fédération viticole de Saône-et-Loire : Chiffres de 2005.
- ↑ [[#La Revue du vin de FranceLe Figaro Magazine2008|La Revue du vin de France et Le Figaro Magazine, op. cit.]], « Le négoce », p. 24.
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- « BOURGOGNE MAPS – Atlas interactif des vins de Bourgogne », sur bourgogne-maps.fr, .
- « Montagny Grand vin de Bourgogne », sur montagny.com (site de l'ODG de l'appellation).