Mort d'Hassan II
La mort d'Hassan II, roi du Maroc, survient à Rabat le des suites d'une maladie cardiopulmonaire, alors qu'il est âgé de 70 ans ; son fils Mohammed VI lui succède. Les funérailles du roi ont lieu le avec l'assistance des plusieurs chefs d'État étrangers.
| Mort d'Hassan II | |
Intérieur du mausolée Mohammed-V, lieu d'inhumation d'Hassan II. | |
| Type | Mort du chef d'État marocain |
|---|---|
| Pays | |
| Localisation | Rabat, Maroc |
| Date | |
| Résultat | Intronisation de Mohammed VI |
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Contexte
modifierL'état de santé du roi dans les années 1990 est marqué par plusieurs « troubles à la fois cardiaques et pulmonaires », selon Jeune Afrique[1]. En 1995, il est hospitalisé en urgence à New York lors d'une visite ; ses médecins lui ont alors conseillé d'arrêter de fumer[2],[3]. S'il suit très régulièrement l'état de santé du roi Hussein de Jordanie, qui se fait hospitalier aux États-Unis mais est finalement mort le , il insiste de ne pas aller se faire soigner hors du Maroc[4].
Il fête ses 70 ans le , avant de se rendre à Paris pour assister au défilé militaire français du 14 Juillet (à cette occasion ouvert par la Garde royale marocaine) en tant qu'invité d'honneur. Il s'agit de son dernier déplacement à l'étranger[5].
Déroulement
modifierLes dernières apparitions du roi Hassan II en public sont effectuées le 20 et . Il s'agit de réunions bilatérales avec les présidents du Gabon et de la République du Congo, Omar Bongo et Denis Sassou-Nguesso, puis le président du Yémen Ali Abdallah Saleh[6],[1].
Après avoir reposé le jour précédent[1], il ressent un syndrome grippal à l'aube du . Il téléphone à son otorhinolaryngologiste pour lui demander de passer le voir « vers huit heures »[4],[7], puis commence à ressentir un dérèglement de son rythme cardiaque et est conduit à la clinique du palais royal[1],[7]. Si son état de santé n'est pas jugé très grave, il reste cependant sous surveillance médicale[7].
Vers 12 h GMT, il tombe dans le coma des suites d'un infarctus du myocarde, entraînant son déplacement en urgence au CHU Ibn Sina (Avicenne)[1],[7]. Un communiqué de presse de l'hôpital indique qu'il souffrit d'une pneumopathie[8]. Son fils aîné, le prince héritier Sidi Mohammed, alors à son chevet, communique la nouvelle par téléphone au Premier ministre Abderrahmane Youssoufi et à son cousin le prince Moulay Hicham[4],[2].
Le roi Hassan II meurt à 16 h 30[9],[6]. La nouvelle est donnée d'abord par l'Agence France-Presse, avant que le prince Sidi Mohammed donne un discours télévisé à 20 h 40 pour annoncer la mort de son père à la télévision nationale RTM[2],[9]. Hassan II est à sa mort le doyen des chefs d'États africains[8].
À 22 h, Sidi Mohammed, toujours se trouvant au palais royal, assiste à sa proclamation en tant que roi du Maroc et prend le nom de Mohammed VI. Il participe à la cérémonie de bay'a, dans laquelle les conseillers royaux, les oulémas et l'ensemble du gouvernement prêtent serment d'allégeance au nouveau roi. Son frère le prince Moulay Rachid lui succède comme prince héritier[4],[1],[9],[10],[11]. La cérémonie d'intronisation de Mohammed VI a lieu le [12].
Réactions
modifierRéactions au Maroc et au Sahara occidental
modifierLe gouvernement ordonne un deuil national de quarante jours et annonce que les drapeaux marocains seront mis en berne[13],[14],[11]. Selon Libération, la bourse et les services publics avaient été rouverts seulement deux jours après la mort du roi, malgré le deuil national qui se poursuit jusqu'au [15].
Mohamed Abdelaziz, à la fois chef du Front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique, exprime, dans un message de condoléances au roi Mohammed VI, que la mort de son père « nous a profondément affligé »[16]. Un communiqué issu du Polisario indique cependant que son héritage sera marqué pour son « oppression impitoyable » dans le Sahara occidental[17].
International
modifierLe décès d'Hassan II évoque des éloges de son rôle diplomatique à l'étranger[18].
Jacques Chirac, président français, exprime que le roi « aimait notre pays et [...] les Français », mettant en avant l'assistance d'Hassan II au défilé du 14-Juillet[19]. Il écourte sa visite au Nigeria pour se rendre à Rabat afin d'assister aux funérailles[9]. Le Premier ministre Lionel Jospin, quant à lui, exprime ses condoléances au nom du gouvernement français[19]. Bill Clinton, Boris Eltsine et l'ancien Premier ministre israélien Shimon Peres lui rendent également hommage[20],[17],[21]. Les condoléances au nom du Monaco sont exprimées par le souverain Rainier III et le prince héréditaire Albert[22]. La reine Élisabeth II écrit au roi Mohammed VI pour lui donner sa sympathie[23].
Au monde arabe, la mort du roi est qualifié de « catastrophe » par Yasser Arafat, dirigeant palestinien, et d'« énorme perte » par le président égyptien Hosni Moubarak[20]. Au Liban, le président de l'Assemblée nationale Nabih Berri et le président du Conseil des ministres Salim el-Hoss conveyent eux leurs condoléances au roi Mohammed VI[24]. Abdelaziz Bouteflika, président algérien, estime qu'Hassan II symbolise le « patrimoine commun entre l'Algérie et le Maroc »[25]. La quasi-totalité des pays arabes décrètent le deuil national[20].
Le , l'Assemblée générale des Nations unies rend hommage à Hassan II avec une minute de silence[26]. Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, étant assisté à cette réunion, déclare que son « attachement [...] à la paix, dans son pays et dans toute la région, était reconnu partout dans le monde »[27].
Funérailles
modifierLa prière funèbre du roi Hassan II est fixée au , soit deux jours après sa mort, afin que les dignitaires étrangers puissent se déplacer à Rabat pour y assister[28],[9]. Le gouvernement el-Youssoufi est chargé d'organiser les funérailles[11],[29].
Le , le cercueil est placé sur un semi-chenillé militaire, faisant l'objet d'une procession funèbre présidée par le roi Mohammed VI, le prince héritier Moulay Rachid ainsi que les dignitaires étrangers présents à la cérémonie[30],[28],[31]. Plusieurs citoyens marocains bordent la route de cette procession, ce qui nécessite le stationnement de presque tous les 37 000 policiers du royaume à Rabat[20]. Après l'arrivée du cercueil au mausolée Mohammed-V, la prière d'al-Asr est exécutée par les membres de la famille royale, puis la prière funéraire[30]. La cérémonie dure six heures et s'achève avec l'inhumation du roi dans le mausolée[20].
Assistance des personnalités étrangers
modifierEnviron 45 pays sont représentés, dont 36 qui envoient leurs chefs d'État ou de gouvernement.
Hamed ben Issa Al Khalifa, émir du Bahreïn[32]
Albert II, roi des Belges[32]
Juan Carlos Ier, roi d'Espagne, accompagné de la reine Sophie et le prince Felipe[33]
Abdallah II, roi de Jordanie[28],[34]
Le prince Sultan ben Abdulaziz Al Saoud d'Arabie saoudite, ministre de la Défense[29]
Le prince Saoud ben Fayçal Al Saoud d'Arabie saoudite, ministre des Affaires étrangères[32]
Khalifa ben Zayed Al Nahyane, prince héritier d'Abou Dabi[32]
Mohammed ben Rachid Al Maktoum, prince héritier de Dubaï[32]
Le prince Takamado du Japon[32],[35]
Saad al-Abdallah al-Salim al-Sabah, prince héritier du Koweït[34]
Haakon, prince héritier de Norvège[32]
Haitham bin Tariq Al Said, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères d'Oman[32]
La princesse Margriet des Pays-Bas[32]
Charles, prince héritier du Royaume-Uni[23]
Thabo Mbeki, président de la République d'Afrique du Sud[36],[37]
Abdelaziz Bouteflika, président de la République algérienne démocratique et populaire[34]
Johannes Rau, président fédéral de l'Allemagne[38]
Sheikh Hasina, Premier ministre du Bangladesh[32]
Mathieu Kérékou, président de la République du Bénin[36]
Blaise Compaoré, président de la République du Burkina Faso[36]
Paul Biya, président de la République du Cameroun[36]
Roméo LeBlanc, gouverneur général du Canada[32]
Henri Konan Bédié, président de la République de Côte d'Ivoire[36]
Hosni Mubarak, président de la République arabe d'Égypte[34],[36]
José María Aznar, Premier ministre de l'Espagne[33]
Bill Clinton, président des États-Unis, accompagné de la Première dame Hillary Clinton[34]
Jacques Chirac, président de la République française, accompagné de Bernadette Chirac[34]
Yahya Jammeh, président de la République de Gambie[32]
Lansana Conté, président de la République de Guinée[32]
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la République de Guinée équatoriale[32]
Ezer Weizman, président d'Israël[28]
Ehud Barak, Premier ministre d'Israël[28]
Carlo Azeglio Ciampi, président de la République italienne[39]
Émile Lahoud, président de la République libanaise[32]
Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, président de la République islamique de Mauritanie[32]
Olusegun Obasanjo, président de la République fédérale du Nigéria[37]
Muhammad Rafiq Tarar, président de la République islamique du Pakistan[32]
Yasser Arafat, président de l'Autorité palestiene[34]
Aleksander Kwaśniewski, président de la République de Pologne[32]
Jorge Sampaio, président de la République portugaise[32]
Abdou Diouf, président de la République du Sénégal[32]
Ruth Dreifuss, président de la Confédération suisse[32]
Gnassingbé Eyadéma, président de la République du Togo[32]
Zine El Abidine Ben Ali, président de la République de Tunisie[32]
Süleyman Demirel, président de la République de Turquie[32]
Ali Abdullah Saleh, président de la République du Yémen[32]
Louis Michel, ministre des Affaires étrangères belge[32]
Krishan Kant, vice-président de la République de l'Inde[40]
Taha Yassine Ramadan, vice-président de la République d'Irak[32]
Hassan Habibi (en), pemier vice-président de la République islamique d'Iran[32]
Ryūtarō Hashimoto, ancien Premier ministre du Japon[32]
Abdelkrim Lahlou, consul général du Monaco à Rabat[22]
Knut Vollebæk, ministre des affaires étrangères norvégien[32]
Robin Cook, secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères et du Commonwealth[23]
Mohammed Zouhaïr Macharqa (en), vice-président de la République arabe syrienne[34]
- Organisations internationales
Ahmed Asmat Abdel-Meguid, secrétaire général de la Ligue arabe[32]
Azzeddine Laraki, secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique[41]
Kofi Annan, secrétaire général de l'Organisation des Nations unies[42]
Miguel Ángel Moratinos, représentant spécial de l'Union européenne pour le Moyen-Orient[32]
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Death and funeral of Hassan II » (voir la liste des auteurs).
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