Multiethnisme

se dit pour désigner plusieurs ethnies différentes
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Le terme multiethnisme commence à être employé en français dans les années 1980 en lien avec les concepts de multiculturalisme, de métissage et d'égalité des chances[1]. Ses connotations peuvent être :

  1. positives, en référence au « melting pot » artistique, sportif et social, et en lien avec l'idéal du « vivre-ensemble »[2],[3].
  2. négatives dans la thèse du « grand remplacement » de Renaud Camus[4], et plus largement dans les mouvements ségrégationnistes et identitaires[5].
Multiethnisme familial en Union européenne.

Exemples

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Entités multiethniques

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À titre d'exemples, on parle de « multiethnisme » à propos :

La Nouvelle-Calédonie est multiethnique : poids démographique des communautés.

Aspects juridiques

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La problématique juridique du « multiethnisme » pose ipso facto la question du repérage et du dénombrement des populations. Conformément au « droit du sang » certains pays recensent leur population par communautés en distinguant l'identité ethnique de la citoyenneté[6],[7] tandis que d'autres, conformément au « droit du sol », définissent l'identité par la citoyenneté et ne prennent en compte ni les langues usuelles, ni les croyances, ni les traditions qui, généralement, définissent une ethnie[8].

  • La France fait partie du second groupe car sa législation ne reconnaît pas officiellement le multiethnisme : tous les citoyens français, quelles que soient leurs origines, langues maternelles ou usuelles, croyances, traditions, physionomies, forment constitutionnellement un seul peuple et les statistiques ethniques ne sont pas autorisées en métropole : dans l'état civil français, l'origine ethnique n'est pas indiquée et n'a pas d'existence juridique[9]. Par exception, les statistiques ethniques existent en Nouvelle-Calédonie où le multiethnisme est officiellement reconnu[10].
  • Divers pays reconnaissent le multiethnisme sans que cela implique des différences de droit entre leurs citoyens : c'est le cas de l'Espagne, de l'Allemagne ou de la Pologne. En Italie et Roumanie, tous les citoyens sont égaux en droits mais la loi reconnaît des « minorités linguistiques historiques » dont les langues sont, localement, co-officielles[11],[12].
  • Plusieurs pays d'Europe centrale et orientale ont légalisé le multiethnisme en permettant la représentation au parlement de leurs communautés ethniques en tant que telles[19].

Notes et références

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  1. ↑ Lawrence C. Becker, Charlotte B. Becker, Encyclopedia of Ethics, Routledge, Abingdon-on-Thames, 2013.
  2. ↑ Serge Malik, Histoire secrète de SOS Racisme, .
  3. ↑ Philippe Juhem, SOS Racisme : histoire d'une mobilisation apolitique, (lire en ligne).
  4. ↑ Renaud Camus, Le Grand Remplacement, Neuilly-sur-Seine, David Reinharc, 2011 et 2012.
  5. ↑ Jean-Paul Gourévitch, Le grand remplacement, réalité ou intox ?, Pierre-Guillaume de Roux, (ISBN 978-2-36371-288-2).
  6. ↑ Jean-Luc Richard, « Statistiques ethniques et citoyenneté », sur laviedesidees.fr, (consulté le )
  7. ↑ Fredrik Barth, en Ethnic Groups and Boundaries: The Social Organization of Culture Difference, Waveland Press, 11 mars 1998 (ISBN 9781478607953).
  8. ↑ Catherine Coquery-Vodrovitch, « Du bon usage de l’ethnicité » in: Le Monde diplomatique, juillet 1994, .
  9. ↑ L'article 8 de la loi « Informatique et libertés » de 1978 interdit « de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques : cf.: « Un amendement au projet de loi sur l'immigration autorise la statistique ethnique », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  10. ↑ La CNIL a donné un avis favorable au recensement multiethnique de 2009.
  11. ↑ « Décret no 345 du président de la République italienne du 2 mai 2001 d'application de la loi no 482 du 15 décembre 1999 portant sur les règles de protection des minorités linguistiques historiques », Journal officiel italien du 13 septembre 2001 - .
  12. ↑ Autoritatea Naţională pentru Cetăţenie, sur et Eurominority.org.
  13. ↑ "La minorité turque de Thrace occidentale - REGARD SUR L'EST", source
  14. ↑ Kubilay Yado Arin, Turkey and the Kurds – From War to Reconciliation? UC Berkeley Center for Right Wing Studies Working Paper Series, March 26, 2015 - .
  15. ↑ Loi sur la citoyenneté israélienne, chap. « Histoire », paragr. « Définition légale du juif »
  16. ↑ Claude Klein, Le Droit israélien, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » n° 2512, Paris, 1990 et La Démocratie d'Israël, Seuil, Paris, 1997.
  17. ↑ Georges Vlachos, L'organisation constitutionnelle de la République de Chypre in : « Revue internationale de droit comparé », 1961
  18. ↑ Voir Système de la Troïka
  19. ↑ En Hongrie, la constitution permet aux citoyens hongrois qui ne sont pas de souche magyare, de se déclarer membres d'une autre « nationalité ethnique » : les allemands, les slovaques, les slovènes, les croates, les serbes, les bulgares, les polonais, les ruthènes, les ukrainiens, les roumains, les grecs, les arméniens, les juifs et les roms, représentés au Parlement et regroupés en une « collectivité des minorités » (nemzetiségi önkormányzat : voir . En Roumanie, la constitution définit, par son article 62, la nationalité roumaine selon le droit du sol (cetăţenie, « citoyenneté ») pour tous les habitants du pays, mais en outre, s'ils ne sont pas culturellement et linguistiquement Roumains, ils peuvent aussi déclarer leur appartenance à une « nationalité ethnique » (naţionalitate) selon le droit du sang. Ils peuvent alors se déclarer Hongrois (dont les Sicules et les Csángós), Allemands (dont les Saxons), Turcs, Tatars, Juifs, Grecs, Aroumains, Roms, Bulgares, Russes (dont les Lipovènes), Ukrainiens (dont les Ruthènes et les Houtsoules), Croates (dont les Carashovènes), Serbes, Tchèques ou Slovaques et former des partis politiques ethniques, représentés d'office au Parlement : voir (ro) « Constitutia din 31/10/2003 » (consulté le ).
  20. ↑ Voir Article premier de la Constitution belge, Article 2 de la Constitution belge et
  21. ↑ Christiane Galus, Le réveil des peuples autochtones, article dans Le Monde du 08-12-2007, [lire en ligne]
  22. ↑ Au Canada, le terme « groupes ethniques » désigne les groupes sociaux issus de l'immigration, qui ne font partie ni des deux « peuples fondateurs » (Anglais et Français), ni des « peuples autochtones » (Amérindiens, Inuits, Métis). Un autre terme a été introduit en 1995 dans la législation canadienne, celui de « minorité visible ».
  23. ↑ Les États-Unis ont une politique officielle de catégorisation ethno-raciale depuis la fin du XVIIIe siècle lorsque la classification raciale est devenue « scientifique » plutôt que « religieuse ». L'historien David Hollinger (en) a inventé l'expression « pentagone ethno-racial » pour désigner cinq catégories principales qui comprennent les Afro-Américains, Amérindiens, Hispaniques, Asiatiques, Blancs (caucasiens) et une autre catégorie dite « multiraciale ». Ce consensus de catégorisation hérité de l'histoire résulte d'une congruence entre l'auto-désignation et l'hétéro-désignation par les Américains : voir David Hollinger, (en) Postethnic America: Beyond Multiculturalism, Basic Books 1995, pp.19-50.
  24. ↑ La constitution de la république populaire de Chine, dont tous les habitants ont, selon le droit du sol, la « citoyenneté chinoise », reconnaît en outre selon le droit du sang et selon le modèle soviétique, 56 « ethnies » appelées « nationalités » (少数民族 : shǎoshǔ mínzú = « ethnie minoritaire », ou 族 : zú pouvant signifier « clan », « groupe », « peuple », « ethnie », « tribu » : la liste figure dans les annexes des dictionnaires chinois-français, avec la liste des provinces - voir Wen Zongfu Petit dictionnaire chinois-français), dont les Hans, qui représentent 92 % de la population, mais sont eux-mêmes linguistiquement divisés, avec plusieurs dialectes, et plusieurs variantes régionales du chinois mandarin. Mentionnée, comme dans l'ex-URSS, sur la carte d'identité, l'identité ethnique permet, selon le gouvernement chinois, d'appliquer une « discrimination positive », afin de préserver la culture et la langue des peuples « non-hans ».
  25. ↑ L'URSS, à l'instar d'autres pays d'Europe centrale et orientale, distinguait la citoyenneté selon le droit du sol de la « nationalité » selon le droit du sang, dans le sens de groupe ethnique (natsiïa) : tous les Soviétiques avaient la même citoyenneté, celle de l'URSS, mais appartenaient à des groupes ethniques différents (et parfois fictifs) également mentionnés sur leurs cartes d'identité (voir Svetlana Alieva (dir.) (ru) Natsional'nye gody 1919-1952, repressii v SSSR -« Politique nationale, 1919-1952, et répression en URSS »-, Fonds Culturels Internationaux Russes, Moscou 1993 en trois tomes). En employant des critères de définition arbitraires, l'ethnologie soviétique a tenté de manipuler les identités, soit pour diviser des groupes jugés trop importants (cas des Adyghés séparés des autres Circassiens, ou cas des Moldaves séparés des autres Roumains), soit pour rassembler artificiellement des groupes dont on voulait détruire l'identité (par exemple en comptant comme « Coréens » les colons japonais capturés en 1945 au Manchoukouo et déportés au Kazakhstan : voir Nikolaï Feodorovitch Bougaï, (ru) Корейцы Союза ССР в ХХ веке. История в документах - « Les Coréens d'URSS au XXe siècle ; histoire et documents » - Moscou 2003). En créant un complexe système d'entités territoriales prétendument « autonomes » mais d'échelons administratifs différents (de la république fédérée, telle l'Arménie, au simple arrondissement autonome, tel l'Artsakh inclus dans l'Azerbaïdjan, en passant par des « républiques autonomes » subalternes dans des républiques fédérées telles le Tatarstan ou la RSSA des Bachkirs en Russie), Staline s'est partiellement inspiré du système américain des États fédérés et des réserves indiennes, mais ce système discriminatoire, générateur de nombreuses frustrations, ne pouvait garder sa cohérence que dans un régime totalitaire, et avec la fin du totalitarisme, l'Union soviétique s'est fragmentée, comme divers analystes l'avaient d'ailleurs anticipé (voir Andreï Amalrik, L'Union soviétique survivra-t-elle en 1984 ? Fayard 1970, et Hélène Carrère d'Encausse L'Empire éclaté, Fayard, 1979).

Annexes

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