Muscadet-sèvre-et-maine

appellation viticole française

Un muscadet-sèvre-et-maine[note 2] est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit principalement en Loire-Atlantique dans le pays dit « du vignoble nantais » et sur une partie du Maine-et-Loire. L'aire d'appellation du muscadet-sèvre-et-maine est incluse dans celle du muscadet dont il est une appellation sous-régionale, les autres appellations sous-régionales étant le muscadet-coteaux-de-la-loire et le muscadet-côtes-de-grandlieu.

Muscadet-sèvre-et-maine
Image illustrative de l’article Muscadet-sèvre-et-maine
Muscadet-sèvre-et-maine.

Appellation(s) principale(s) comprend sept DGC
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1936[1]
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Pays nantais
Localisation Loire-Atlantique et Maine-et-Loire
Climat océanique
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 873 heures (à Nantes)[2]
Sol granites, gneiss, gabbro… et sols plutôt légers
Superficie plantée 4 727 hectares (en 2023)[3]
Cépages dominants melon B[note 1]
Vins produits blancs
Production 210 201 hectolitres (en 2023)[3]
Pieds à l'hectare minimum 5 000 pieds/ha[4]
Rendement moyen à l'hectare 44 hl par ha (en 2023)[3]

L'aire d'appellation comprend sept dénominations géographiques complémentaires, qui représentent moins de 4 % de la production totale ; deux nouvelles dénominations sont en phase finale de reconnaissance par l'INAO.

La quasi-totalité (99 % en 2024) de la production du muscadet-sèvre-et-maine est produite avec un élevage sur lie et étiquetée comme « muscadet-sèvre-et-maine sur lie ».

Historique

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Le « Muscadet de Sèvre-et-Maine » (en référence à la Sèvre Nantaise et son affluent la Maine) est reconnu comme appellation d'origine contrôlée depuis le décret du (juste avant la création de l'AOC muscadet en ), concernant des vins produits uniquement avec le cépage « muscadet » (l'ancien nom du melon de Bourgogne), un rendement limité à un maximum de 40 hl/ha (en moyenne sur cinq ans), des moûts avec minimum 153 g/l de sucre (soit 9° d'alcool après fermentation) et sur une aire de production limitée à 18 communes[5].

Le nom d'appellation a été modifié en « Muscadet-Sèvre et Maine » en [6], puis le cahier des charges est modifié en [7], en (autorisation de trois dénominations géographiques complémentaires : « Clisson », « Gorges » et « Le Pallet »)[8], en (passage à sept dénominations, en rajoutant « Château-Thébaud », « Goulaine », « Monnières - Saint-Fiacre » et « Mouzillon - Tillières »)[9], en [10] et en (la densité minimale passe de 6 500 à 5 000 pieds/ha ; l'écartement maximum de 1,5 à 2,5 m)[4]. Le passage à neuf dénominations, en rajoutant les DGC « Vallet » et « La Haie-Fouassière », a été annoncé durant l'été 2025 comme étant en négociation[11].

Vignoble

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Muscadet Sèvre & Maine.

Ce vignoble couvre une superficie de 8 800 hectares au sud-est de Nantes dans le département de la Loire-Atlantique, dans une zone arrosée essentiellement par la Sèvre Nantaise et son affluent la Maine. Il déborde légèrement sur le département de Maine-et-Loire.

Aire d'appellation

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Zone AOC muscadet-sèvre-et-maine.
Images externes
Carte de l'aire d'appellation
Cartes cadastrales de l'appellation
de la DGC clisson
de la DGC gorges
de la DGC le-pallet
Orthophotos du parcellaire de l'AOC
Orthophotos du clisson
Orthophotos du gorges
Orthophotos du le-pallet
Vignoble du Moulin de la Minière, à Monnières.

Seuls ont droit à l'appellation muscadet-sèvre-et-maine les vins récoltés sur des parties du territoire des 30 communes suivantes :

À noter que, au sein de chacune de ses communes, l'aire d'appellation du muscadet-sèvre-et-maine peut être plus restreinte que celle du muscadet.

Depuis le , le muscadet sèvre-et-maine peut bénéficier d'une dénomination géographique complémentaire (communale) s'il est produit dans les communes suivantes (ou sur une partie de leur territoire, le plus souvent)[12] :

  • dénomination « Clisson » :
    • département de la Loire-Atlantique : Aigrefeuille-sur-Maine, Château-Thébaud, Clisson, Gétigné, Gorges, Maisdon-sur-Sèvre, Saint-Hilaire-de-Clisson et Saint-Lumine-de-Clisson ;
    • département de Maine-et-Loire : Sèvremoine pour le seul territoire de la commune déléguée de Saint-Crespin-sur-Moine ;
  • dénomination « Gorges » (département de la Loire-Atlantique) : Gorges, Monnières, Mouzillon et Le Pallet ;
  • dénomination « Le Pallet » (département de la Loire-Atlantique): La Chapelle-Heulin et Le Pallet.

Depuis le , l'INAO reconnait quatre nouvelles dénominations géographiques complémentaires (communales), produites dans les communes suivantes (ou sur une partie de leur territoire, le plus souvent)[13] :

  • dénomination « Château-Thébaud » (département de la Loire-Atlantique) : Château-Thébaud , Maisdon-sur-Sèvre et Vertou ;
  • dénomination « Goulaine » (département de la Loire-Atlantique) : La Chapelle-Heulin, Haute-Goulaine, Le Landreau, Le Loroux-Bottereau, Saint-Julien-de-Concelles et Vallet ;
  • dénomination « Monnières - Saint-Fiacre » (département de la Loire-Atlantique): Maisdon-sur-Sèvre, Monnières et Saint-Fiacre-sur-Maine ;
  • dénomination « Mouzillon - Tillières » :
    • département de la Loire-Atlantique : Mouzillon et Vallet ;
    • département de Maine-et-Loire : Sèvremoine pour le seul territoire des communes déléguées de Saint-Crespin-sur-Moine et Tillières.

Par ailleurs, deux autres dénominations géographiques complémentaires communales appartenant à l'aire d'appellation du muscadet-sèvre-et-maine sont dans leur phase finale de reconnaissance par l'INAO[14] : « La Haie Fouassière » et « Vallet ». Leurs aires géographiques ont été officiellement approuvées le 17 juin 2026, préalablement à la modification du cahier des charges prévue à l'automne de la même année. Au sein de chacune de ces communes, l'aire d'appellation de ces dénominations géographiques complémentaires repose sur une sélection d'un nombre limité de parcelles, au sein de l'aire d'appellation du muscadet-sèvre-et-maine[15].

Outre l'appartenance du vignoble aux aires d'appellation détaillée par l'INAO au sein de ces parties de communes, l'appellation avec une dénomination géographique complémentaire exige le respect d'exigences du cahier des charges plus strictes pour toute une série de critères : les règles de taille, le rendement, la charge maximale par parcelle, les pratiques culturales, la richesse en sucre des moûts, le titre alcoométrique minimum, l'élaboration du vin et la date de mise sur le marché[4].

Géologie

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La structure géologique offre une large diversité de roches du Paléozoïque :

  • au nord et au nord-est, les micaschistes (roche métamorphique) dominent. Ils sont associés, sur les pourtours du marais de Goulaine, à des gneiss entrecoupés de filons de roches vertes, qui forment l’assise de la dénomination géographique complémentaire « Goulaine » ;
  • à l’est, un massif de gabbros constitue le substrat de la dénomination géographique complémentaire « Gorges ». Il prolonge le long de la rivière Sanguèze, substrat de la dénomination géographique complémentaire « Mouzillon - Tillières » ;
  • à l'ouest, un substrat d'orthogneiss, de gneiss peu acides et de granodiorite, composant le socle de la dénomination géographique complémentaire « Château-Thébaud » ;
  • au centre, la dénomination géographique complémentaire « Le Pallet » repose sur des roches peu altérées et fortement fissurées, alors que le vignoble de la dénomination géographique complémentaire « Monnières – Saint-Fiacre » présente des gneiss au faciès plus altéré ;
  • au sud, une faille isole un massif de granite à gros grains caractéristique de la zone géographique de la dénomination géographique complémentaire « Clisson »[4].

Climatologie

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Encépagement

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Une grappe de melon de Bourgogne en fleur (muscadet).

Le seul cépage autorisé[4] est le melon B[note 1], aussi appelé melon de Bourgogne ou plus anciennement muscadet. C'est un cépage faiblement producteur et très sensible au mildiou (une maladie cryptogamique). Sa culture est donc à réaliser avec soin. Les jeunes ceps de melon de Bourgogne sont élevés dans une pépinière, puis greffés sur des pieds américains avant de pouvoir être plantés dans le sol. La taille en Guyot simple, adaptée au climat tempéré et à la mécanisation du vignoble est la plus employée sur le territoire du muscadet. Le cep présente une forme en Y.

Rendements

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Le rendement maximum visé par le cahier des charges du muscadet-sèvre-et-maine est de 55 hl/ha et le rendement butoir est de 66 hl/ha. Ses valeurs sont ramenées à 45 hl/ha et 55 hl/ha pour les dénominations géographiques complémentaires communales. La densité des plantations doit être d'un minimum de 6 500 pieds/ha[4].

Les vins sont vinifiés en blanc sec à partir d'un cépage unique, le melon (appelé « muscadet » localement, on le retrouve aussi sous les dénominations de melon de Bourgogne, gamay de Bourgogne ou melon musqué). Les vins doivent présenter un titre alcoométrique naturel de 10 % vol. ( 11  % pour les dénominations géographiques complémentaires ) et le moût doit présenter une richesse en sucre de 161 g/l. (178 g/L pour les dénominations géographiques complémentaires).

Volumes

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Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[3] :

Année muscadet-sèvre-et-maine (sur lie ou pas)
hors dénomination géographique complémentaire
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20224 837197 31341
20234 728210 20144
20244 728108 10723

La production de muscadet-sèvre-et-maine sur lie représente près de 99 % de la production[3]. Le rendement faible de 2024 s'explique par les conditions climatiques ayant causé le mildiou et le filage[16].

En 2023, les productions des dénominations géographiques complémentaires représentaient 3,5 % du total de la production du muscadet-sèvre-et-maine, réparties comme suit[3] :

DGC superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
Château-Thébaud22,0990841
Clisson42,541 47135
Gorges24,9190736
Goulaine20,6871635
Le Pallet8,2428535
Monnières - Saint-Fiacre15,1454436
Mouzillon - Tillières9,3640543

Mention « sur lie »

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La mention « sur lie » peut être ajoutée à l'appellation. Dans ce cas, les vins doivent avoir passé un seul hiver en fût ou en cuves et se trouver encore sur leurs lies de fermentation au moment de la mise en bouteille qui se situe entre le 1er mars et le ou entre le et le . Cela permet aux vins d’exprimer une fraîcheur caractéristique et un léger perlant de gaz carbonique.

Sédiments de levures dans un tonneau.

L'élevage sur lie implique que le vin est en contact avec un dépôt de cellules mortes de levure (la lie) qui s’est formé au fond du tonneau[note 3]. La découverte de ce procédé fut quasiment accidentelle au début du XXe siècle, car les vignerons du Pays nantais avaient l’habitude de garder la meilleure barrique de la récolte pour fêter les grands événements familiaux. Conservée sans soutirage, cette « barrique de noces » donnait à ce vin un caractère particulier, plus frais en bouche avec un bouquet plus complet[17].

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  3. ↑ Ce type d'élevage n'est cependant pas spécifique au muscadet puisqu'il est également pratiqué pour les blancs de Bourgogne mais aussi pour les vins de Champagne lors du vieillissement « sur pointe » obligatoire de neuf mois après prise de mousse et avant dégorgement.

Références

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  1. ↑ « Muscadet-Sèvre-et-Maine », sur vinsdeloire.fr
  2. ↑ « Fiche 44020001 Nantes » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « MUSCADET SÈVRE ET MAINE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  5. ↑ « Décret du 14 novembre 1936 portant délimitation de l'aire de production des vins d'appellation Muscadet de Sèvre-et-Maine », publié au JORF du .
  6. ↑ « Décret du 9 octobre 1995 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Muscadet de Sèvre et Maine », « Muscadet des Coteaux de la Loire » et « Muscadet Côtes de Grand Lieu » », publié au JORF no 237 du .
  7. ↑ « Décret n° 2008-1140 du 3 novembre 2008 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Bandol », « Bordeaux », « Bordeaux supérieur », « Muscadet », « Muscadet Coteaux de la Loire », « Muscadet Côtes de Grandlieu » et « Muscadet Sèvre et Maine » », publié au JORF no 0259 du .
  8. ↑ « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « MUSCADET SÈVRE ET MAINE » », homologué par le décret no 2011-1495 du publié au JORF du .
  9. ↑ « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « MUSCADET SÈVRE ET MAINE » », homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  10. ↑ « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « MUSCADET SÈVRE ET MAINE » », homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  11. ↑ Ouest-France, « Trois nouvelles dénominations géographiques à l’étude dans le muscadet », .
  12. ↑ INAO, « Cahier des charges de l’appellation d'origine contrôlée “Muscadet Sèvre et Maine” » [PDF], sur INAO, (consulté le )
  13. ↑ « Quatre nouveaux crus communaux du muscadet reconnus officiellement », sur Vins du Val de Loire, (consulté le )
  14. ↑ « Les Crus du Muscadet », sur muscadet.fr (consulté le ).
  15. ↑ « Le portail des plans officiels de délimitation | INAO », sur www.inao.gouv.fr (consulté le )
  16. ↑ « Petite récolte, grands défis : le Muscadet face au millésime 2024 - Gilbert & Gaillard - Gilbert & Gaillard International Challenge », sur www.gilbertgaillard.com (consulté le )
  17. ↑ K. MacNeil 2001, p. 262-263.

Voir aussi

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Liens externes

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Articles connexes

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