Martes martes
Martre ou Marte (Stricto sensu), Martre des Pins, Martre commune, Martre vulgaire
Répartition géographique
- Mustela Martes Linnaeus, 1758 (Protonyme)[1]
- Mustela sylvestris Oken, 1816 [1]
- Mustela marta Rafinesque, 1817 [1]
- Martes abietum Muirhead, 1819 [1]
- Martes sylvatica S. Nilsson, 1820 [1]
- Mustela martis Fleming, 1822 [1]
- Mustela Abietum Griffith, 1822 [1]
- Martes vulgaris J. E. Gray, 1827 [1]
- Mustela Martres de Brincken, 1828 [1]
- Martes sylvestris Gloger, 1841 [1]
- Mustella martes Crespon, 1844 [1]
- Martes abietum Var. martes J. E. Gray, 1865 [1]
- Martes abietum Var. vulgaris J. E. Gray, 1865 [1]
- Martes silvestris Schulze, 1897 [1]
- Mustela martes latinorum Barrett-Hamilton, 1904 [1]
- M(ustela) martes var. notialis Cavazza, 1912 [1]
- Martes martes latinorum G. S. Miller, 1912 [1]
- Martes martes G. S. Miller, 1912 [1]
- Martes martes martes G. S. Miller, 1912 [1]
- Martes martes lorenzi Ognev, 1926 [1]
- Martes martes ruthena Ognev, 1926 [1]
- Martes martes ruthena borealis Kuznetsov, 1941 [1]
- Martes martes uralensis Kuznetsov, 1941 [1]
- Martes martes borealis Kuznetsov in Bobrinski, Kuznetsov, & Kuzyakin, 1944 [1]
- Martes martes sabaneevi Jurgenson, 1947 [1]
- Martes martes minoricensis Alcover, M. Delibes, Gosàlbez, & Nadal, 1986 [1]
- Martes martes kuznetsovi Rossolimo & Pavlinov in Pavlinov & Rossolimo, 1987 [1]
- Martes martes notialis Wozencraft, 2005 [1]
Martes martes, la Martre ou Marte, au sens strict, mais plus communément désignée sous le nom de Martre des Pins ou moins couramment sous ceux de Martre commune ou Martre vulgaire, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés.
Cette espèce est largement répartie à travers l'écozone paléarctique occidentale et centrale, s'étendant de l'Europe continentale et des îles Britanniques jusqu'en Sibérie occidentale et au Caucase. Très souvent confondue avec la fouine (Martes foina), la martre se caractérise par ses oreilles plus anguleuses, sa truffe sombre, son poitrail orangé mais surtout par ses habitudes de vie plus discrètes loin des Hommes, inféodée aux vieilles forêts de feuillus, de conifères ou mixtes pour y établir ses gîtes. Seul mustélidé doté de griffes semi-rétractiles, elle possède des facultés d'équilibriste exceptionnelles lui permettant de mener un mode de vie particulièrement arboricole.
Bien que classée en « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN, l'espèce a subi d'importants déclins par le passé et demeure localement vulnérable à la perte et à la fragmentation de son habitat sylvicole, aux collisions routières ainsi qu'au piégeage. Historiquement traquée pour la qualité exceptionnelle de sa fourrure et de ses poils de pinceaux, elle bénéficie aujourd'hui de mesures de protection ou de gestion réglementées selon les pays. Elle constitue un emblème national majeur en Croatie.
Dénominations
modifier- Nom scientifique : Martes martes (Linnaeus, 1758) selon Mammal Diversity Database ()[2] ;
- Noms vulgaires et vernaculaires anglais : European pine marten ou Pine marten (nom partagé avec la Martre d’Amérique (Martes americana).) ;
- Nom typique en français : Martre des pins[3],[4],[5],[6],[7],[8] (ou Marte des pins[4],[6]) ;
- Autres noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Martre commune[4],[5] (ou Marte commune[6]), Martre ordinaire[6] (ou Marte ordinaire[6]), Martre vulgaire[6] ;
- Noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : martre[4],[7].
Étymologie et dénominations régionales
modifierÉtymologie et historique
modifierLe nom de genre Martes provient du latin classique martes, qui désignait la marte ou la fouine[9]. Pour le terme vernaculaire français « martre » (ou « marte »), la philologie moderne privilégie une origine germanique issue de l'ancien bas francique *martar (proche de l'allemand Marder), qui s'est diffusé dans les langues romanes (espagnol marta, italien martora)[10]. Très ancien dans la langue française, le mot est attesté dès la fin du XIe siècle dans la Chanson de Roland vers 1100 pour évoquer les « pels de martre » (peaux de martre)[11], tandis que la graphie « marte » est fixée au XVIe siècle par Robert Estienne[10] et popularisée par des auteurs comme Montaigne ou Ronsard[11].
L’espèce possède de nombreux noms régionaux ou dialectaux répertoriés dans les différentes zones linguistiques de France et des régions limitrophes francophones ou romandies[12].
| Groupe ou zone linguistique / Région | Nom vernaculaire |
|---|---|
| Français (ancien) | martin[12] |
| Français (général) | martre, marte[12] |
| Catalan (Pyrénées-Orientales) | martra[12] |
| Tarn | martro[12] |
| Nice | martoula[12] |
| Jorat / Suisse romande | mâtre[12] |
| Isère | matre[12] |
| Montbéliard | maitre[12] |
| Provençal / Gard | martré (au sens de castor)[12] |
| Namur | maute[12] |
| Wallon | mâdrai, maudrai[12] |
Taxonomie
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Histoire
modifierLa description originale scientifique de la marte des pins provient de Carl von Linné dans sa 10e édition de Systema Natureae. Il l'y décrit sous le nom de Mustela martes[13], et indique comme terra typica « sylvis antiquis » pour « vieilles forêts ». Cette dernière a été modifiée en 1911 par Oldfield Thomas pour Uppsala en Suède[14]. Le genre Martes a été établi en 1792 par Philippe Pinel pour l'espèce qu'il a décrite sous le nom de Martes domestica, qui est un synonyme de la Fouine (Martes foina (Johann Christian Polycarp Erxleben, 1777)). Lorenz Oken l'a décrite en 1816 sous le nom de Mustela sylvestris, mais ce nom a été rejeté comme invalide. Griffith a classé l'espèce pour la première fois dans le genre Martes en 1827 et a nommé la marte Martes vulgaris. D'autres dénominations synonymes ont été attribuées par la suite : Martes sylvatica par Nilsson en 1847 et Martes abietum par Gray en 1865[14].
Par la suite, jusqu'à dix sous-espèces ont été nommées, et selon les différentes classifications, deux à dix sous-espèces sont attribuées à l'espèce. Alors que l'ouvrage Mammals of The World de 2005 mentionne encore huit sous-espèces[15], le Handbook of the Mammals of the World de 2009 n'en distingue aucune et souligne qu'une révision est nécessaire[16]. Dans son article de synthèse paru en 2022 dans la revue scientifique Mammalian Species, Vladimir Monakhov indique lui aussi que l'espèce est actuellement considérée comme monotypique et qu'aucune sous-espèce n'est donc distinguée. Selon lui, une réévaluation des sous-espèces est nécessaire, ce qui s'avère difficile en raison de la grande variabilité au sein de sa vaste aire de répartition géographique[14].
Il n’y a actuellement plus aucune sous-espèce de Martre selon ITIS ()[17].
Évolution et phylogénie
modifierLe cladogramme suivant présente les relations de parenté au sein du genre Martes. Il montre que la marte des pins est la plus proche parente de la Zibelline (Martes zibellina) et que toutes deux forment le groupe frère de la Marte à pieds noirs (Martes melampus)[18],[19],[20] :
| Genre Martes |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
modifierCaractéristiques générales
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(La tache gulaire de la marte des pins est plus jaune que ce que montre cette photo aux couleurs altérées.)
La marte des pins est une espèce de carnivore d’une taille à peu près comparable à un petit chat domestique, avec un corps allongé et des pattes courtes. La longueur tête-corps est de 45 à 58 centimètres, la longueur de la queue est de 16 à 28 centimètres et la longueur des oreilles mesurent environ 3,0 à 5,2 centimètres[21]. Le poids des individus adultes est en moyenne d'environ 0,8 à 1,8 kg[22]. L'espèce présente un dimorphisme sexuel marqué, les mâles étant généralement 10 à 15 % plus lourds et également un peu plus grands que les femelles. Ainsi, des données de poids d'environ 0,7 à 1,4 kilogramme ont été rapportées pour les femelles, contre environ 1,0 jusqu'à un maximum de 2,4 kilogrammes pour les mâles. De plus, il existe des différences régionales : en Europe, les martres les plus grandes vivent à l'ouest et les plus petites à l'est du continent[23],[21].
Le pelage de la marte des pins est uni, allant du brun clair au brun châtain ou foncé, avec une tache à la gorge d’une teinte jaune-brun ou crème, qui est arrondie vers le bas et non blanche et à peine tachetée un peu comme celle de la Fouine (Martes foina). Le pelage ne possède presque aucun poil gris et ne présente pas le brillant caractéristique de la Zibelline (M. zibellina). La tête, le corps ainsi que la queue ont une coloration brune uniforme, sans transition de couleur marquée. La fourrure d'hiver est longue et soyeuse, tandis qu'en été, les poils sont plus courts et plus rudes, et le pelage est globalement plus sombre. Dans de rares cas, on rencontre des individus blancs (albinos), noirs (mélaniques) ou présentant d'autres anomalies de coloration[24],[21].
La tête se caractérise par des oreilles triangulaires bordées de jaune, et la truffe est, contrairement à celle de la fouine, d’une teinte sombre à noire[22]. Les pattes postérieures sont plus longues que les pattes antérieures. Lorsqu'elle marche et bondit, la marte a le dos qui forme un arc. Les pattes possèdent cinq doigts dont les soles sont très poilues. La queue brune est relativement longue, atteignant plus de la moitié de la longueur du corps, et son extrémité est légèrement plus sombre[24]. Elle est touffue et sa fourrure est douce et dense. Lors de la grimpe et des sauts, elle sert d'organe d'équilibration[21].
Caractéristiques crâniennes et ostéologiques
modifier| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 1 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 1 |
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 38 | |||||||
| Dentition de la marte des pins. | |||||||

Le crâne de la marte des pins est arrondi, avec une région du museau qui ne se détache que légèrement. Il a une longueur totale d'environ 85 à 98 millimètres. Au niveau des arcades zygomatiques, le crâne présente une largeur d'environ 34 à 40 millimètres[21].
L'espèce possède trois incisives, une canine, quatre prémolaires et une molaire dans chaque demi-mâchoire supérieure, et trois incisives, une canine, quatre prémolaires et deux molaires dans chaque demi-mâchoire inférieure. Au total, ces animaux possèdent donc 38 dents. Les dents jugales (molaires et prémolaires) sont bien développées et sont relativement espacées les unes des autres[21].
Comme tous les mustélidés, la marte des pins possède un os pénien (baculum) ; celui-ci mesure 32 à 47 millimètres de long et présente une échancrure longitudinale, à l'exception de l'extrémité distale épaissie orientée vers la pointe du pénis[21].
Répartition et habitat
modifierLa marte des pins est largement répandue dans une grande partie de l'écozone paléarctique occidentale et centrale. On la rencontre ainsi dans les zones tempérées d'Europe, en Asie Mineure, dans le nord de l'Iran, dans le Caucase et dans les régions les plus occidentales de la Russie asiatique. Son aire de répartition s'étend des Îles Britanniques jusqu'à la Sibérie occidentale, descendant au sud vers les îles de la mer Méditerranée et au sud-est jusqu'au Caucase et à la chaîne de l'Elbourz. Elle est en revanche absente d'Islande, du nord de la Scandinavie, de certaines parties de la péninsule Ibérique, ainsi que de certaines régions de Belgique et des Pays-Bas. L'animal est également présent sur les îles méditerranéennes de Corse, de Sardaigne et de Sicile ; sa présence sur les îles Baléares résulte probablement d'une introduction par l'Homme[25]. Son aire de répartition globale couvre ainsi environ 11 millions de kilomètres carrés dans le Paléarctique occidental. La partie russe représente à elle seule environ 5 millions de kilomètres carrés, soit près de 46 % de l'aire totale. L'étendue géographique est d'environ 6 800 kilomètres d'ouest en est et de 4 600 kilomètres du sud au nord[26].
Autrefois très répandue dans les îles Britanniques, la marte des pins y est aujourd'hui limitée à l'Irlande et au nord de la Grande-Bretagne. En Russie, l'espèce est présente vers l'est dans la sous-zone méridionale de la taïga boréale, et se rencontre dans l'oblast d'Omsk, le département de l'Altaï, ainsi que dans les districts occidentaux des provinces de Novossibirsk et de Tomsk. Au Kazakhstan, sa présence a été attestée le long de la frontière nord, depuis la rivière Bolchoï Ouzen à l'ouest jusqu'à la ville de Semeï à l'est, ainsi que le long du fleuve Oural, depuis son cours moyen près d'Oural jusqu'à son embouchure à Atyraou. À l'intérieur des terres, la marte a été signalée dans la partie nord des provinces du Kazakhstan-Occidental et d'Aktioubé, au centre de la province de Kostanaï, dans la province du Kazakhstan-Septentrional et dans le nord de la province d'Akmola. En Iran, les mentions de l'espèce sont très rares et proviennent exclusivement du nord du pays[25].
La marte des pins est autochtone dans toutes les régions où elle est présente, à l'exception des îles Baléares où elle a été introduite par l'Homme[25]. Son aire de répartition est généralement continue, sans zones isolées majeures. Les seules exceptions notables, hormis les populations insulaires, concernent les populations du Pays de Galles et du cours inférieur de l'Oural. En montagne, on la trouve jusqu'à la limite des arbres ; elle atteint ainsi des altitudes de 2 300 mètres dans les Pyrénées et en Espagne, et jusqu'à 2 400 mètres dans le Caucase[26].
Écologie et comportement
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La marte des pins vit dans les forêts mixtes, principalement dans les vieilles forêts de feuillus et de conifères[26]. Au cours des dernières décennies, elle s'est également propagée dans les zones plus ouvertes comme les terres agricoles.
Elle a un mode de vie bien plus arboricole que les autres représentants des mustélidés. Il s'agit d'ailleurs du seul mustélidé à posséder des griffes semi-rétractiles, ce qui lui permet de mener une vie dans les arbres, notamment en grimpant ou en courant avec agilité de branches en branches, bien qu'elle soit également très rapide au sol[27]. En escaladant, elle est capable de pivoter ses pieds à 180 degrés. Elle aménage plusieurs nids sur son territoire, principalement dans des cavités dans le tronc, parfois dans des nids abandonnés d'écureuils ou de rapaces. Elle se retire dans ces abris pendant la journée et part à la recherche de nourriture au crépuscule et pendant la nuit.
La marte des pins est un animal territorial qui marque son domaine vital en y déposant ses déjections[27]. Ses excréments sont noirs et torsadés[27]. Elle utilise également les secrétions de ses glandes anales et abdominales. Elle défend les frontières de son territoire contre ses congénères du même sexe, mais le territoire d'un mâle peut chevaucher celui de plusieurs femelles. La taille du territoire est très variable, mais celui des mâles est toujours plus grand que celui des femelles. On observe également des variations saisonnières : les territoires en hiver sont jusqu'à 50 % plus petits qu'en été.
Le retour et la reconstitution des populations de la marte des pins, notamment en Irlande, ont joué un rôle écologique majeur en provoquant le déclin de l'écureuil gris, une espèce invasive en Europe[28]. Là où l'aire de répartition de la marte s'étend et rencontre celle de l'écureuil gris, ce dernier régresse rapidement, permettant ainsi aux populations locales d'Écureuil roux de se reconstituer. L'écureuil gris, passant beaucoup plus de temps au sol que l'écureuil roux, lequel a coévolué avec la marte, est en effet nettement plus exposé à la prédation par le mustélidé[29].
Alimentation
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La marte des pins a un régime alimentaire omnivore. Elle possède des oreilles de petite taille, arrondies et très sensibles, ainsi que des dents tranchantes adaptées à la consommation de petits mammifères, tels que les campagnols, les rats, les musaraignes et les écureuils, des oiseaux et de leur progéniture, d'insectes, de grenouilles et de charogne[27]. On sait également qu'elle consomme des baies, des fruits, des œufs d'oiseaux, des fruits à coque (noix, noisettes) et du miel[27]. Les végétaux peuvent constituer une part importante de son alimentation, en particulier à la fin de l'été et à l'automne. Durant cette même période, elle constitue également des réserves de nourriture pour la saison froide.
La marte des pins tue ses proies en leur portant une morsure à la nuque.
Reproduction
modifierL'accouplement a lieu au cœur de l'été, en juillet et août. La copulation se déroule généralement au sol et peut durer plus d'une heure[30]. La durée de la gestation est toutefois prolongée par une implantation différée de l'œuf : l'œuf fécondé ne pénètre dans l'utérus qu'au bout d'environ 7 mois. Après cette nidation, la gestation active dure environ un mois, de sorte que les jeunes naissent en fin mars ou en avril.
Leur développement est similaire à celui de la Fouine : à la naissance, les jeunes martes mesurent environ dix centimètres de long et pèsent environ 30 grammes. Les portées comptent généralement de un à cinq petits. Ils restent au nid pendant huit semaines avant de commencer à en émerger vers 7 à 8 semaines. Ils deviennent indépendants entre 12 et 16 semaines, mais restent parfois près de leur mère jusqu'au printemps suivant.
Ils atteignent leur maturité sexuelle vers l'âge de 2 à 3 ans. La marte des pins peut vivre jusqu'à 18 ans en captivité, mais l'âge maximal enregistré à l'état sauvage n'est que de 11 ans, une espérance de vie de 3 à 4 ans étant plus typique[30]. Malheureusement, malgré leur grande ressemblance morphologique externe, il n'existe apparemment aucun cas d'hybridation entre la marte des pins et la fouine[31].
Prédateurs
modifierPlusieurs grands mammifères carnivores et oiseaux de proie comptent la marte des pins parmi leurs proies, ciblant tout particulièrement les jeunes individus. Au nombre de ses prédateurs naturels figurent le Lynx boréal, le Glouton, le Renard roux, l'Aigle royal, le Grand-duc d'Europe, l'Autour des palombes et le Pygargue à queue blanche[32].
La Martre et l’Homme
modifierMenaces et conservation
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La marte des pins est classée en catégorie « préoccupation mineure » (least concern) par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)[25]. Ce statut s'explique par sa large répartition géographique et sa population importante. De plus, elle est présente dans un grand nombre d'aires protégées et fait preuve d'une certaine tolérance à l'égard des modifications de son habitat. La population globale de l'espèce est estimée stable ou en augmentation, après avoir subi de forts déclins dans certaines parties de son aire de répartition par le passé[25].
Elle reste largement répandue et globalement très abondante, en particulier dans les régions septentrionales et orientales de son aire de répartition. Bien qu'un déclin de la population et une réduction de son aire aient été observés dans de nombreuses régions, les données historiques de plusieurs pays sont considérées comme très imprécises. Dans une grande partie de l'Europe du Nord et centrale, comme aux Pays-Bas, les effectifs de l'espèce ont régressé au cours du XXe siècle jusqu'aux années 1980, mais ils se sont stabilisés depuis et augmentent de nouveau localement grâce à la mise en place de contrôles de la chasse. L'espèce a été éradiquée de nombreuses régions des îles Britanniques où elle était autrefois présente ; elle s'est alors repliée dans le nord de la Grande-Bretagne (d'où son aire de répartition semble aujourd'hui s'étendre de nouveau vers le sud) et dans les zones les plus reculées d'Irlande, où l'on observe actuellement un début de recolonisation[33],[34]. Cependant, de nouvelles pressions anthropiques pèsent directement sur ce mustélidé, à commencer par une exploitation historique intensive où il a longtemps été chassé pour sa fourrure ainsi que pour ses poils, recherchés par les artistes peintres pour fabriquer des pinceaux d'une souplesse exceptionnelle. En outre, son classement en tant qu'« espèce nuisible » dans certains départements français, fondé sur peu de données techniques, a constitué une source de décroissance démographique majeure ; la marte s'avérant près de deux fois plus sensible au piégeage que la fouine en raison de sa tendance à établir ses gîtes au sein même de ses zones de recherche alimentaire forestières.
L'espèce est également profondément affectée par la perte et la fragmentation de son habitat induites par le déboisement ou les pratiques de sylviculture intensive. Des recherches basées sur le radiopistage ont mis en évidence que cet animal dépend étroitement de la connectivité des paysages et a un besoin crucial de corridors arborés pour se déplacer d'un massif boisé à un autre[35]. Bien qu'elle ne soit pas strictement inféodée aux très grands massifs forestiers continus, elle reste tributaire de la présence d’arbres sous forme de bosquets, de haies ou de structures de bocage, une sensibilité à la déstructuration forestière également démontrée chez l'espèce américaine voisine[36]. Enfin, le développement des infrastructures de transport aggrave cette situation en exposant directement ce mammifère à une forte mortalité due aux véhicules lorsqu'il tente de traverser les axes routiers qui coupent son territoire d'action.
Exploitation pour la fourrure
modifierEn allemand, l'appellation « Edelmarder » (marte noble) vient du fait que la fourrure de la marte des pins était autrefois beaucoup plus recherchée que celle de la fouine en raison de sa densité et de sa qualité supérieure[37]. Bien que la chasse pour sa fourrure ait rendu l'espèce rare par endroits, son aire de répartition relativement vaste l'empêche pour l'instant d'être considérée comme une espèce menacée. Le principal problème réside toutefois dans le fait que cette espèce a besoin de grands massifs forestiers bien structurés, ce qui explique sa disparition de nombreuses régions anthropisées.
Dans la culture
modifier- Une ancienne locution proverbiale en français disait « Prendre martin pour renard », ce qui signifiait se méprendre[12] ;
- La marte des pins est l'un des symboles nationaux de la Croatie[38] et figure sur les pièces de monnaie en euro croates. Auparavant, elle apparaissait sur l'avers des pièces de 1, 2, 5 et 25 kunas croates entre 1994 et 2022[39], le mot « kuna » signifiant précisément « marte » en langue croate[40].
Notes et références
modifier- (de)/(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en allemand « Baummarder » (voir la liste des auteurs) et en anglais « European pine marten » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
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- 1 2 Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
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Bibliographie interne
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- (en) Serge Laviére (dir.) et Andrew P. Jennings (dir.), Handbook of the Mammals of the World, t. Volume 1: Carnivores, Barcelone, Lynx Edicions, , 630 p. (ISBN 978-84-96553-49-1), « European Pine Marten Martes martes ».
- (de) Beate Ludwig, Der Baummarder, Remagen, Verlag Kessel, (ISBN 978-3-910611-16-0).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie externe
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- Claude Mermod et Peter Marchesi, Les petits carnivores : Atlas visuel, Lausanne, Payot, , 64 p..
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- Christophe Cottarel, Sensibilité au piégeage des martres (Martes martes) et des fouines (Martes foina) du pays Bressan (Rapport de stage), ONCFS, , 40 p..
- Jean-François Noblet, La Martre, Saint-Yrieix-sur-Charente, Éveil éditeur, , 72 p. (ISBN 978-2840000402).
Liens externes
modifier- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Martes martes (consulté le )
- (en) Animal Diversity Web : Martes martes (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Martes martes (Linnaeus, 1758) (consulté le )
- (en) Fauna Europaea : Martes martes (Linnaeus, 1758) (consulté le )
- (fr) INPN : Martes martes (Linnaeus, 1758) (TAXREF) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Martes martes (Linnaeus, 1758) (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Martes martes Linnaeus, 1758 (consulté le )
- (en) NCBI : Martes martes (taxons inclus) (consulté le )
- (fr) SeaLifeBase : (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Martes martes (consulté le )
- (en) UICN : espèce Martes martes (consulté le )