Télagon de Palawan
Mydaus marchei · Blaireau-puant des Philippines
Répartition géographique
Le télagon de Palawan (Mydaus marchei), également connu sous le nom de blaireau-puant des Philippines, est une espèce de mammifères de la famille des Mephitidae. C’est le plus grand membre de sa famille.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Mydaus marchei Huet, 1887 selon ITIS ()[2] ;
- Noms vulgaires : Télagon de Palawan[3], Blaireau-puant des Philippines [4], Mydaus de Marche, Blaireau des Philippines ;
- Noms vernaculaires : Télagon, Blaireau-puant, Blaireau.
Taxonomie
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L'espèce est décrite pour la première fois en 1887 par le zoologiste français Joseph Huet sous le binôme Mydaus Marchei. Pour établir cette description, il s'appuie sur l'étude de deux exemplaires de tailles différentes rapportés de l'île de Palawan par l'explorateur Alfred Marche et conservés dans les collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris, ainsi que sur les notes de voyage de ce dernier publiées dans Le Tour du monde. L’auteur met en avant la valeur spécifique de ce taxon en mettant en évidence plusieurs caractères extérieurs constants qui le distinguent de l'espèce de Java (Mydaus meliceps). Contrairement à cette dernière qui possède un pelage laineux et frisé, le Télagon de Palawan présente des poils soyeux et raides. De plus, la tache blanche située sur le sommet de sa tête affecte la forme d'un « fer de lance » et ne présente aucune trace de prolongement en ligne blanche sur le dos, contrairement à l'espèce javanaise. Ses conques auditives externes sont également apparentes et bien visibles, alors qu'elles font presque complètement défaut chez l'espèce de Java au profit d'un simple bourrelet. Enfin, sa queue est encore plus courte, ne mesurant qu'un centimètre de longueur, et s'avère absolument dénudée de poils au point de ressembler à un simple tubercule. L'épithète spécifique marchei a été attribuée en hommage à Alfred Marche, dont les notes de terrain rapportaient la difficulté de capturer ce petit carnassier en raison de l'odeur extrêmement fétide, intense et persistante qu'il sécrète par ses glandes anales lorsqu'il se sent menacé, une infection telle qu'elle imprègne durablement les objets environnants[5].
L’espèce a été très succinctement placée dans un genre appelé Suillotaxus[6].
Phylogénie
modifierDescription
modifierBien que plus petit que les véritables blaireaux, le télagon de Palawan est l’un des membres les plus grands de la famille des Mephitidés. L’adultes mesure 32 à 46 cm de longueur, soit environ la même taille qu’une mouffette rayée d’Amérique du Nord, et pèsent de 0,85 à 2,5 kg. En apparence, cependant, il ressemble davantage à un blaireau qu’à la mouffette. Il possèdent un museau pointu avec une sorte de groin, et un corps trapu aux membres courts et puissants doté des griffes très recourbées. La queue est très courte par rapport au corps, ne mesurant que 1,5 à 4,5 cm, et ne possède pas le pelage touffu de nombreuses mouffettes. Les oreilles sont presque invisibles, avec seulement des pavillons vestigiaux, et les yeux sont également relativement petits[8].
Le pelage est d’un brun foncé à noir sur la majeure partie du corps, devenant plus brun sur les parties ventrales. On observe également des poils blancs dispersés sur le dos et le front, mais pas la bande blanche ni la tache sur la tête que l’on trouve chez le télagon de Java étroitement apparenté. Comparé à son espèce sœur, le télagon de Palawan est légèrement plus petit, avec des dents plus grandes et un pelage plus long. Les femelles possèdent six tétines[8].
Répartition et habitat
modifierLe télagon de Palawan vit, comme son nom l’indique, sur l’île philippine de Palawan, mais aussi que sur les îles voisines de Busuanga et Calauit[9]. Il vit principalement dans les prairies et les zones cultivées de ces îles, et utilise les buissons comme abri[10]
Le télagon de Palawan était décrit comme « étonnamment commun » dans les années 70. Cependant, il est maintenant considéré comme une espèce vulnérable par l’UICN. On ignore si la perte d’habitat affecte négativement sa population, mais, étant une espèce endémique qui n’occupe que deux îles, l’état de sa conservation est considérée comme préoccupante. À ce jour, aucune loi philippine ne protège cette espèce, et aucun travail de conservation spécifique ne semble être mené actuellement[11].
Écologie et comportement
modifierLe télagon de Palawan est un animal aux mœurs nocturne, se nourrissant principalement d’invertébrés, tels que des crabes d’eau douce et de petits insectes, qu’il déterre grâce à ses longues griffes. C’est un animal fouisseur qui peut passer la journée dans son terrier. Il peut parcourir jusqu’à 2 km à la recherche de nourriture, et il marque son territoire avec des sécrétions odorantes[10]. Il se déplace lentement et n’est pas particulièrement agressif, se figeant ou émettant un grognement d’avertissement lorsqu’il se sent menacé[12].
Comme les mouffettes, le télagon de Palawan possède des glandes anales qui émettent un liquide jaunâtre très irritant, qu’il peut projeter jusqu’à un mètre de longeur[12], et l’odeur serait suffisamment forte pour être perçue jusqu’à un 1,6 km aux alentours[10]. Le télagon s’appuient presque entièrement sur cette puissante odeur pour se défendre, et l’espèce est très connue des agriculteurs locaux[10].
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Palawan stink badger » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ (en) Amy Chernack (dir. et Project Co-ordinateur), Normand David et Michel Gosselin (French common names) (ill. Lluis Sogorb), All the Mammals of the World, Barcelone, Lynx Nature Books, , 800 p., 24 x 31 cm / 4,6 kg (ISBN 978-84-16728-66-4, présentation en ligne), p. 681
- ↑ Blaireau dans l'encyclopédie Larousse en ligne
- ↑ Joseph Huet, « Mydaus Marchei, de l'île Palaouan », Le Naturaliste : journal des échanges et des nouvelles, 2e série, , p. 151 (ISSN 1280-4509, (https://www.biodiversitylibrary.org/page/5349914#page/157/mode/1up))
- ↑ [Auteur], « [Titre de l'article] », Bulletin of the Museum of Comparative Zoology at Harvard College, vol. [Volume], [année], [Pages] (ISSN 0027-4100, (https://www.biodiversitylibrary.org/page/2775637#page/77/mode/1up))
- ↑ Katrin Nyakatura et Olaf R. P. Bininda-Emonds, « Updating the evolutionary history of Carnivora (Mammalia): a new species-level supertree complete with divergence time estimates », BMC Biology, vol. 10, (DOI 10.1186/1741-7007-10-12, lire en ligne
) - 1 2 (en) Hwang, Y.T. et Larivière, S., « Mydaus marchei », Mammalian Species, vol. 757, , p. 1–3 (DOI 10.1644/757)
- ↑ UICN, consulté le .
- 1 2 3 4 (en) Kruuk, H., « Note on status and foraging of the pantot or Palawan stink-badger, Mydaus marchei », Small Carnivore Conservation, vol. 22, , p. 11–12 (lire en ligne [archive du ])
- ↑ (en) Eurs, V., « Mydaus marchei », -, (lire en ligne)
- 1 2 (en) Grimwood, I., « The Palawan stink badger », Oryx, vol. 13, no 3, , p. 297 (DOI 10.1017/S0030605300013776)
Bibliographie
modifier- Joseph Huet, « Note sur une espèce nouvelle de mammifère du genre Mydaus provenant de l'île de Palaouan », Le Naturaliste, 2e série, vol. 1, no 13, , p. 149-151 (lire en ligne).
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Mydaus marchei (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Mydaus marchei Huet, 1887 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Mydaus marchei (Huet, 1887)
- (en) UICN : espèce Mydaus marchei (Huet, 1887) (consulté le )
- (en) NCBI : Mydaus marchei (taxons inclus)
- (en) Fonds documentaire ARKive : Mydaus marchei