Myriam Bahaffou

chercheuse, philosophe queer et décoloniale, conférencière, militante écoféministe et antispéciste française

Myriam Bahaffou est une chercheuse, philosophe queer et décoloniale, conférencière, militante écoféministe et antispéciste française.

Biographie

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D'origine nord-africaine, Myriam Bahaffou est une essayiste, autrice et doctorante en philosophie à l'université de Picardie Jules-Verne en cotutelle avec l'Institut d'études féministes et de genre à l’Université d'Ottawa[1],[2]. Sa thèse propose une définition constructiviste de la notion d'espèce, et une critique de l'humanisme par une approche intersectionnelle[3],[4]. En 2019, elle est l'une des co-fondatrices du collectif Voix Déterres[5].

En 2022, elle publie son premier ouvrage Des paillettes sur le compost : Écoféminismes au quotidien, dans lequel elle présente une cartographie des écoféminismes qu'elle juge en France sujets à une dépolitisation dangereuse[6]. Elle rappelle les origines anticapitalistes et décoloniales du mouvement[7],[8] et y développe ses premières critiques de l'humanisme[9] qu'elle poursuivra avec les théoriciennes féministes et décoloniales Sylvia Wynter et Itzar Ziga[10]. C'est ainsi une vision intersectionnelle de l'écoféminisme qu'elle souhaite introduire, à l'aide d'une langue à la fois intime et intellectuelle[11].

Plus conceptuel, son second ouvrage Éropolitique : Écoféminismes, désirs et révolution, est publié en 2025 et théorise les liens entre écologie politique et érotisme[12] en considérant le désir comme une force politique[13]. Dans le sillon de Gilles Deleuze, l'autrice s'intéresse au désir d'un point de vue politique et social en contestant sa restriction au domaine du sexuel : "Non seulement le désir et le plaisir n’ont pas à être confinés au sexe, mais surtout, aucune lutte ne se fait sans désirer le monde. Pas au sens métaphorique, mais concret et viscéral ; désirer les formes de vie autour de nous et chérir la biodiversité est un impératif moral qui ne s’enracine pas uniquement dans la logique mais bien aussi dans les affects."[14] Elle présente son concept d'éropolitique[15] qui invite à favoriser la jouissance d'être en vie sous de multiples formes, dans une visée écologiste, queer et décoloniale[16].

Ouvrages

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Préfaces et articles

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  • Préface, Françoise d'Eaubonne, Le féminisme ou la mort, Le Passager clandestin, (ISBN 9782369352433)
  • Préface, Lynn Margulis & Dorion Sagan, Gaïa, sexe et catastrophe, Wildproject, (ISBN 9782381140698).
  • Préface, Yuna Visentin, Spiritualités radicales, Wildproject, (ISBN 9791097088750).
  • Préface, Myriam Bahaffou et Tristan Lefort-Martine, L'écoféminisme en défense des animaux, Cambourakis, , 240 p. (ISBN 978-2-36624-943-9, lire en ligne)
  • Chronique, Myriam Bahaffou, « Les femmes noires sont (toujours) les grandes traîtresses du capital », Politis,‎ (lire en ligne)
  • Chronique, Myriam Bahaffou, « Non, Brigitte Bardot ne défendait pas les animaux. Elle les fétichisait. », Politis,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Notes et références

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  1. ↑ Greta Kaczynski, « Désir, érotisme et écoféminisme - Entretien avec Myriam Bahaffou », sur lundi.am,
  2. ↑ « Institut d'Etudes Féministes et de Genre, Université d'Ottawa »
  3. ↑ « Race, espèce, et déshumanisation : une proposition antispéciste intersectionnelle », sur Thèses.fr,
  4. ↑ Myriam Bahaffou, « Race et espèce : impensé ou tabou ? », dans Camille Froidevaux Metterie, Théories Féministes, Seuil, , 768 p. (ISBN 9782021567601, lire en ligne), p. 409-414
  5. ↑ Zoé Ruzic, « Voix déterres : un collectif écoféministe contre le capitalisme patriarcal », Silence, vol. 536, no 10,‎ , p. 12–14 (ISSN 0756-2640, DOI 10.3917/sile.536.0012, lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ Margaux Ledonné et Léna Silberzahn, « L'écoféminisme n'est pas qu'un outil théorique ! Entretien avec Myriam Bahaffou », Terrestres,‎ (lire en ligne)
  7. ↑ Juliette Quef, « Des paillettes sur le compost, un manifeste écoféministe joyeux et profond », sur Vert, (consulté le )
  8. ↑ Marie Rondou, « Des paillettes sur le compost de Myriam Bahaffou : sous le blister, la pensée indomptable. », sur Missives, (consulté le )
  9. ↑ Bahaffou, Myriam, « Se détacher de cette idéologie nauséabonde qu'est l'humanisme. », L'Amorce. Revue cotre le spécisme.,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ Myriam Bahaffou, « Désirer le monde avec Myriam Bahaffou », Censored,‎ (lire en ligne)
  11. ↑ Guillaume Gamblin, « Myriam Bahaffou : "Remettre les marges au centre" », Silence,‎ (lire en ligne)
  12. ↑ Justine Guitton-Boussion, « Myriam Bahaffou : « La nature est pétrie d’érotisme » », sur Reporterre,
  13. ↑ Sophie Benard, « Myriam Bahaffou pour un désir frondeur et déviant », sur Le Monde,
  14. ↑ « Désirer le monde avec Myriam Bahaffou », Censored,‎ (lire en ligne)
  15. ↑ Octave Larmagnac-Matheron, « Qu’est-ce que l’“éropolitique”, le concept qui réconcilie la politique et le désir ? », sur www.philomag.com, Philosophie Magazine, (consulté le )
  16. ↑ Inès Tahi, « Myriam Bahaffou : désirer le monde », Zone Critique,‎ (lire en ligne)

Liens externes

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