Métro de Tachkent
Le métro de Tachkent (en ouzbek : Toshkent metropoliteni ; en russe : Ташкентский Метрополитен), est un réseau de transport en commun ferré desservant la capitale de l'Ouzbékistan, Tachkent. Il s'agissait du seul réseau de chemin de fer souterrain en Asie centrale jusqu'à l'ouverture du métro d'Almaty fin 2011. Construit à partir de 1972[1], à l'époque soviétique, il a ouvert avec neuf stations le . La majorité de ses stations se distingue par une architecture particulière composée de matériaux nobles.
| Métro de Tachkent (uz)Toshkent metropoliteni | ||
Logo du métro de Tachkent. | ||
Une rame à la station Yunusobod. | ||
| Situation | Tachkent |
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|---|---|---|
| Type | Métro | |
| Entrée en service | 1977 | |
| Longueur du réseau | 70,8 km | |
| Lignes | 4 | |
| Stations | 50 | |
| Rames | 168 | |
| Fréquentation | 200 000 voyageurs par jour | |
| Écartement des rails | 1 520 mm | |
| Propriétaire | République d'Ouzbékistan | |
| Exploitant | Toshkent Metropoliteni | |
| Site Internet | https://uzmetro.uz/uz | |
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En 2000, l'achalandage du métro de Tachkent était de 93 millions de passagers par an. En 2010, il aurait atteint plus de 68 millions de passagers par an.
Histoire
modifierL'idée de construire un métro à Tachkent, ville d'alors plus d'un million d'habitants, émerge plus sérieusement en 1968, deux ans après que la ville ait été victime d'un important séisme (en) détruisant une bonne partie des infrastructures et bâtiments de la ville et ayant fait plus de 300 000 sans-abri[2]. Le chef d'État soviétique, Léonid Brejnev ordonne la reconstruction de la ville et la construction d'un réseau de métro, le 7e de l'Union soviétique, et ce, par des spécialistes venus partout de l'Union. Est amorcée en 1972 la construction de ce réseau de métro avec la première ligne, la ligne Chilonzor, qui sera composée de neuf stations (entre les stations Olmazor et Amir Temur Xiyoboni) et ouvrira le [2],[3]. Cette ligne est étendue vers le nord-est en 1980 jusqu'à la station Buyuk Ipak Yo'li.
Une deuxième ligne, la ligne O'zbekiston, est construite puis inaugurée en 1984, entre les stations Alisher Navoiy et Toshkent. Cette ligne sera successivement prolongée par petites sections en 1987, 1989 et 1991 pour totaliser 14 kilomètres et 11 stations[3]. Une troisième ligne, la ligne Yunusobod, est inaugurée en 2001 puis prolongée en 2020 pour relier le centre-ville de Tachkent à une large zone résidentielle. En , une quatrième ligne, circulaire et aérienne, est également inaugurée, la ligne Halqa, afin de desservir le sud de la capitale.
Subséquemment à l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, l'Ouzbékistan déclare son indépendance et plusieurs stations du métro de Tachkent ayant un nom à consonance soviétique voient graduellement leur nom changer pour prendre un nom faisant référence à la langue ou à l'histoire ouzbèke[4]. L'une des premières à voir son nom modifié est la station Lenin Maidoni qui devient la station Mustaqilliq Maidoni.
Le métro de Tachkent est le seul réseau de métro en Asie centrale de son inauguration en 1977 jusqu'en 2011, année où est inauguré le métro d'Almaty, un réseau de bien moins grande envergure construit dans la capitale kazakh.
Chronologie des inaugurations
modifierRéseau
modifierStations
modifierLe métro de Tachkent est décoré avec des matériaux nobles (marbre, granite, fonte, bronze, etc.)[5], et aucune station ne se ressemble. Plusieurs techniques artistiques sont utilisées, comme le bas-relief ou la mosaïque. Beaucoup de stations, dont les noms avaient une référence communiste ou russe, ont été renommées après l'indépendance en 1991[5] (par exemple la place et la station Lénine ont pris le nom de Mustakillik, ainsi que la station « Révolution d'Octobre », devenue Amir Temur Khiyoboni)[6] et les décors à motifs évoquant le passé soviétique ont été également démantelés et remplacés. Les stations portent actuellement les noms de poètes et hommes d'État ouzbeks ou de lieux vers lesquels elles donnent accès.

Construit après le tremblement de terre qui avait ravagé la ville en 1966, le tunnel du métro de Tachkent est conçu selon des normes antisismiques qui lui permettent de résister jusqu'à 10 degrés selon l'échelle de Richter. Il peut également servir d'abri nucléaire. Le métro étant considéré comme un site stratégique, faire des photos ou y filmer était strictement interdit jusqu'en , et la militsia (police) y est omniprésente[6]. Il faut d'ailleurs passer par un portique de détection de métaux à l'entrée de chaque station où se trouve d'ailleurs un officier de police.
Les stations, à l'exception de celles de la ligne Halqa, sont pour la plupart construites entre huit et 25 mètres de profondeur, avec une distance moyenne de 1,4 kilomètre entre chaque station[2].
Lignes du réseau
modifierEn 2026, le réseau de métro de Tachkent dispose de quatre lignes, totalisant 50 stations et 70,8 km de voies, dont la majorité sont souterraines, à l'exception de la ligne Halqa et de l'extrémité sud de la ligne Chilonzor. Les sections non souterraines du métro sont pour la plupart aériennes, rares sont les sections en surface. Le métro circule sur des lignes qui ne comportent que deux voies, ce qui ne permet pas le roulement de trains express comme à New York. La circulation des trains s'effectue sur la droite et l'écartement des rails est russe, soit de 1 520 mm. Une particularité du métro de Tachkent réside dans le fait que les stations de correspondance ne portent pas le même nom selon la ligne qu'elles desservent. Le métro de Tachkent est, en 2026, le troisième réseau de métro de l'ex-Union soviétique avec le plus grand nombre de kilomètres de voies, et ce, après le métro de Saint-Pétersbourg et devançant le métro de Kiev. Il est également le réseau le plus étendu hors Russie parmi les pays de l'ex-Union soviétique. En termes de nombre de stations, il est le quatrième réseau le plus développé de l'ex-Union soviétique, après le métro de Kiev et devançant le métro de Minsk.
Le métro de Tachkent fonctionne de 5 heures du matin à minuit[7].
| Ligne | Numéro | Ouverture | Dernier prolongement | Longueur (km) | Stations |
|---|---|---|---|---|---|
| Chilonzor | 1977 | 2020 | 23,7 | 17 | |
| Oʻzbekiston | 1984 | 1991 | 14,3 | 11 | |
| Yunusobod | 2001 | 2020 | 10,5 | 8 | |
| Halqa | 2020 | 2024 | 22,3 | 14 | |
| Total : | 70,8 | 50 | |||
Ligne Chilonzor
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La ligne Chilonzor (Tchilanzar en français) est la plus ancienne, datant de l'époque soviétique. Ouverte en 1977, elle est fréquentée par les touristes, car elle dessert le centre-ville avec les stations Mustakillik et Amur Timur et à son extrémité occidentale, la gare routière avec la station Olmazor (autrefois Sabir Rakhimov)[7]. S'étendant sur 23,7 kilomètres, la ligne comporte 17 stations.
Ligne O‘zbekiston
modifierLa ligne O‘zbekiston (Ouzbékistan en français) dessert le quartier de Tchoursou avec la station Chorsu et la grande avenue Navoï, principale artère de Tachkent, avec la station Alisher Navoiy. Elle date également de l'époque soviétique car elle a été inaugurée en 1984 et prolongée successivement en 1987, 1989 et 1991. S'étendant sur 14,3 kilomètres, la ligne comporte 11 stations.
Ligne Yunusobod
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La ligne Yunusobod, inaugurée en 2001 puis prolongée de deux stations en 2020, dessert l'avenue Amur Timur où se trouvent de grands hôtels, par les stations Minor et Bodomzor. S'étendant sur 10,5 kilomètres, la ligne comporte huit stations.
Ligne Halqa
modifierLa ligne Halqa (signifiant « ligne circulaire » en français) est inaugurée le puis prolongée en 2024. Elle relie les stations Do'stlik (en correspondance avec la ligne O‘zbekiston) à Qipchoq (en correspondance avec la ligne Chilonzor). Contrairement aux autres lignes du réseau, la ligne Halqa est entièrement extérieure, pratiquement uniquement sur des structures aériennes, à l'exception d'un tronçon de 1,6 kilomètres situé en surface. S'étendant sur 22,3 kilomètres, la ligne comporte 14 stations.
Opérations
modifierSur chaque quai des stations, un afficheur électronique montre l'heure et le temps écoulé depuis le dernier passage du train[2].
Achalandage
modifierEn 2000, l'achalandage du métro de Tachkent était de 93 millions de passagers par an. En 2010, il aurait atteint plus de 68 millions de passagers par an.
En 2026, l'achalandage quotidien du métro est estimé à environ 1 million de passagers.
Tarification
modifierFonctionnement
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Le passager qui désire emprunter le métro paye pour un montant fixe qui ne varie pas en fonction de la distance ou du nombre de stations qu'il parcoure. L'usager régulier peut opter pour un paiement via la carte ATTO (uz), qui constitue une carte rechargeable. Plusieurs cartes sont disponibles selon le type d'usager : la carte régulière (au coût de 20 000 sums en 2026), la carte étudiante et la carte sociale pour citoyen sous protection sociale (au coût de 15 000 sums en 2026) et la carte pour enfant d'âge scolaire (gratuite en 2026). L'usager peut ensuite recharger des titres de transport sur sa carte rechargeable[8]. Il est aussi possible d'opter pour un paiement via l'une des nombreuses applications de paiement mobile pris en charge par le réseau de métro de Tachkent. (ATTO (uz), Paynet (uz), Click, Uzum (en), Alif (en) et Paynet (uz)) ou encore via les cartes de paiement bancaire (Uzcard (uz), Humo, Visa, Mastercard et UnionPay). Un passage payé par une carte ATTO, un moyen de paiement mobile ou une carte de paiement bancaire coûte 1 700 sums[9].
Un usager peut aussi acheter à une borne électronique disponible en station un coupon-caisse muni d'un code QR qu'il est possible de lire aux bornes d'entrée de la station. Un paiement fait par ce moyen entraîne des frais de passage plus élevés que le paiement via une carte rechargeable (3 000 sums contre 1 700 sums en 2026). Des paiements par moyens biométriques sont d'ailleurs également possibles, par reconnaissance faciale ou par empreintes digitales. Un profil biométrique peut être créé et lié à une carte ATTO[9].
Évolution historique
modifierAu , les prix des billets est fixé à 1 200 sums (environ 0,096 euros). C'est la tarification la moins chère de tous les métros de l'ex-URSS[6].
Au , le prix des billets est fixé à 2 000 sums (environ 0,15 euro). Au , le prix des billets est fixé à 3 000 sums (environ 0,22 euro), sauf si le paiement est fait par moyen électronique, auquel cas il est fixé à 1 700 sums (environ 0,12 euro)[9].
Matériel roulant
modifierEn 2024, le matériel roulant est constitué de trois séries de matériels. Ces séries ont toutes été produites par la société russe Metrovagonmash et chaque rame est constituée de quatre voitures.
| Matériel | Livraison | Suppression | Constructeur | Nombre de rames | Lignes desservies | Illustration |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ezh3/Em-508T | 1977 | 1985 | Metrovagonmash | 20 | ||
| 81-717/714 | 1980 - 1993 | en service | 47 | |||
| 81-718/719 | 2001 | en service | 5 | |||
| 81-765/766/767 | 2019 - en cours | en service | 45 |
Projets futurs
modifierLe président ouzbek, Shavkat Mirziyoyev, approuve un plan en 2026 visant à améliorer la desserte du métro de Tachkent dans les prochaines années et de faire progresser son achalandage à 1,8 million de personnes par jour. Il est prévu d'y étendre le réseau de métro afin qu'il atteigne 103 kilomètres et 79 stations et de réduire la fréquence des passages pour qu'il varie de 1,5 à 3 minutes. Il est également prévu d'étendre la ligne Yunusobod vers le sud pour atteindre le marché de Chilonzor[10].
Galerie de photographies
modifier- Sortie de la station Chkalov, aujourd'hui de l'Amitié.
- Une rame.
- Un ticket avec code QR émis par une borne électronique pour un passage individuel et employé depuis les années 2020.
- Jetons utilisés antérieurement dans le réseau.
Notes et références
modifier- ↑ Calum MacLeod et Bradley Mayhew, Ouzbékistan, Éditions Olizane, collection Découverte, Genève, 2008, p 88-89 (ISBN 978-2-88086-361-6)
- 1 2 3 4 (en-GB) Avaunt, « Tashkent Metro Stations », sur avauntmagazine.com (consulté le )
- 1 2 (en) Ministry of Transport of the Republic of Uzbekistan "Tashkent Metro" JSC, « Tashkent Metro - History », sur uzmetro.uz (consulté le )
- ↑ (en) Traveler, « Tashkent Metro: An Underground Landmark of an Ancient City », sur 4traveler.me, (consulté le )
- 1 2 (en) Lucia de Stefani, « See photos of beautiful underground train stations in Tashkent, Uzbekistan », sur National Geographic | Travel, (consulté le )
- 1 2 3 (en-GB) Amos Chapple/RFE/RL, « Uzbekistan's secret underground – in pictures », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Ouzbékistan, guide « Le Petit Futé », éd. 2012, p. 89
- ↑ (en) Ministry of Transport of the Republic of Uzbekistan "Tashkent Metro" JSC, « Tashkent Metro - ATTO transport cards », sur uzmetro.uz (consulté le )
- 1 2 3 (en) Ministry of Transport of the Republic of Uzbekistan "Tashkent Metro" JSC, « Tashkent Metro - Metro Payment Methods », sur uzmetro.uz (consulté le )
- ↑ (en-GB) API TA, « Uzbekistan Greenlights Plan for Tashkent Metro Expansion », (consulté le )







